@Decouz Dans le christianisme, Dieu est séparé de sa création. Il en diffère fondamentalement par sa nature. Ce n’est pas le christianisme qui a fait une modification, c’est dans l’enseignement même de Jésus « Mon royaume n’est pas de ce monde ». Dieu peut être en nous, mais n’est pas nous. Cette immanence est une dérive gnostique, car l’homme, par orgueil, tient à être une partie de Dieu. Si nous étions cela, nous recevions forcément le salut annoncé par Jésus, car Dieu ne peut se rejeter lui-même. Or Jésus a toujours enseigné que le salut ne pouvait être reçu que si nous en faisions le choix. De même Satan peut être en nous, mais nous ne sommes pas une partie de Satan. Quand Jésus chasse les démons, il ne chasse pas la personne qui les accueille. Et cette différence nous laisse une entière liberté. Nous pouvons librement choisir Dieu ou Satan. Vous devriez relire (ou lire) St François d’Assise. Il ne confond jamais la création avec le créateur. Célébrer la création ne veut pas dire adorer la création. « il n’y a pas d’être vivant dépourvu de conscience, mais ce sont des degrés de la pierre à l’homme » Merci pour la confirmation de mes propos sur le gnosticisme. Comment pouvez-vous démontrer ces propos ? N’est-ce pas plutôt un raisonnement à l’envers ? Vous faites une hypothèse sur l’immanence et vous en déduisez la conscience partout. Avez-vous déjà observé l’immanence ? Ne faut-il pas au contraire observer la conscience comme hypothèse permettant d’aboutir à l’immanence ? Les chrétiens ont au moins l’avantage de pouvoir faire l’expérience de la rencontre avec Jésus. Cette expérience est personnelle et ne cherche pas à démontrer quelque chose à ceux qui n’en sont pas les témoins. Cela ne vous force donc pas à y croire. Vous êtes libre. Personne ne possède la Vérité mais les Chrétiens savent, grâce à ces rencontres, de quel côté la chercher.
Le problème du proto-évangile de Jacques, c’est que son auteur ignore le contexte du premier siècle en Judée. Les archéologues ont, par exemple, fait des statistiques sur les noms retrouvés sur les tombes du premier siècle et si la distribution correspond bien à ce qui est présent dans les Evangiles de la tradition des apôtres, on ne la retrouve pas dans ce texte qui de plus n’est jamais attesté avant le 3ème siècle.
Les chrétiens ont également un avantage, c’est que Jésus vient régulièrement à leur rencontre et continue son enseignement par le biais de l’Esprit-Saint. Ces enseignements sont souvent confirmés par des guérisons inexpliquées. Or, jamais Jésus n’est venu confirmer un autre Evangile que les quatre qui étaient connus dès le premier siècle.
Par ailleurs, il apparaît comme certain que l’orgueil est un obstacle pour l’accès au salut annoncé par Jésus...
@Decouz Les spiritualités asiatiques sont des animismes évolués. Il s’agit toujours d’invoquer les Esprits pour obtenir des avantages. Le christianisme se présente comme une rupture de ce schéma, bien que beaucoup d’intellectuels aient proposé d’en écrire une synthèse (Rüdolph Steiner, St-Yves d’Alvèdre...). le christianisme ne nie pas l’existence des Esprits et leurs capacité à agir, mais nous propose de passer au-dessus pour s’adresser directement à Dieu qui nous propose un salut après la mort. Les Esprits deviennent alors des obstacles sur le chemin du salut. Les religions qui sont nées ensuite ont repris cette idée de salut mais l’ont transformé pour le rendre terrestre. C’est même l’origine d’une majorité d’idéologies qui nous proposent des lendemains qui chantent si nous acceptons leurs dogmes et de nettoyer la terre du mal qui la gangrène. L’ésotérisme est présent dans les monothéismes (qui sont bien plus que trois), mais là encore, il s’agit d’une déviation du message de Jésus. L’accès au salut passe par la prière et la spiritualité mais certainement pas par un enseignement caché. Jésus s’est adressé aux plus pauvres, quel que soit la nature de la pauvreté (monétaire, spirituelle, intellectuelle, affective...) et tout le monde peut en trouver le chemin. En fait les riches qui ont déjà tout considèrent que Dieu ne pas leur apporter quelque chose de plus, d’autant plus que Dieu leur montrerait probablement le manque d’amour à l’origine de leurs richesses. Plus nous avons de choses à cacher, plus nous nous éloignons de Dieu. Dieu ne peut agir ainsi en cachant son chemin dans un ésotérisme. Il n’existe pas de morale dans le christianisme. Tous les actes sont conditionnés par l’amour et non contraints par des règles. On fera toujours plus par amour...
@Cartman Bravo pour cette analyse. Juste une remarque pour le point n°1 : Pour l’athée, le récit de la création est purement stochastique. Le Big-Bang est parfaitement accepté par une majorité de chrétiens qui ne remettent pas en cause les avancées de la science qui sont autant de fenêtres ouvertes sur la Vérité. Mais l’existence ou la non-existence de Dieu ne se démontre pas, car Dieu n’est pas dans notre monde constitué d’atomes. Le problème pour les athées, c’est qu’une simple analyse mathématique nous montre que le hasard ne peut être responsable d’une création qui se produit par une augmentation régulière de la complexité du monde. Du chaos, le hasard ne peut créer que plus de chaos. La probabilité que notre monde existe est tellement faible qu’aucun physicien ne peut valider le processus. Cela signifie qu’il y a des lois naturelles que nous ignorons mais l’existence même de ces lois signifie sans doute qu’il existe une intention derrière ces lois. Les gnostiques, dans la gnose de Princeton qui accepte le Big-Bang et qui voudraient bien être une part de Dieu contournent le problème en disant qu’il existe une conscience dans chaque atome et que celui-ci s’assemble en suivant sa conscience... L’Athée ne peut se réfugier derrière la science pour trouver des raisons de ne pas croire. Il est donc face à sa propre responsabilité dans son choix est c’est ce qu’il veut éviter.
@zygzornifle Oui, il laisse faire. Pour un chrétien, Dieu nous veut libre de le choisir ou pas. Et un choix éclairé passe par la connaissance du bien et du mal. C’est parce que nous savons que nous pouvons choisir.