@QAmonBra Les sacrifices d’enfants ont existé dans l’antiquité, mais justement, ces religions qui sacrifient des humains sont critiquées dans la Bible : Jr32.35 « Ils ont édifié, au Val-de-la-Géhenne, les lieux sacrés de Baal pour y faire passer par le feu leurs fils et leurs filles en l’honneur de Moloch. Cela, je ne l’ai pas ordonné, ce n’est pas venu à mon esprit. Commettre une telle abomination, c’est faire pécher Juda ! » De toutes façons, la Bible n’a été mise par écrit qu’au 7ème siècle avant notre ère. Tous les récits sont des mythes qui ne sont pas forcément l’expression d’une réalité, forcément différente du récit. Nous ne pouvons donc nous appuyer sur ces récits qui ne sont que le doigt qui nous monte Dieu. C’est ce qui est dit de Dieu qui est intéressant et ce qui est dit a fortement évolué entre Abraham qui était hénothéiste et Jésus. C’est à partir des Evangiles que nous pouvons comprendre l’Ancien Testament. La Bible ne montre que ce que les Hébreux ont progressivement découvert à partir des différentes manifestations de Dieu.
@QAmonBra « un père ayant refusé d’immoler son gamin » Ce n’est pas ce qui est écrit dans la Bible. Dans la traduction la plus courante, il est dit que Dieu demanda à Abraham de sacrifier son fils, mais l’Hébreu est une langue subtile. Ce n’est pas Dieu qui a demandé à Abraham de sacrifier son fils, mais c’est Abraham qui a penser pouvoir sacrifier ce qu’il avait de précieux, c’est-à-dire son fils. Cela monte une grande confiance d’Abraham à Dieu, mais Dieu n’a pas puni ni fait de reproches à Abraham pour cette faute. Il lui a permis de sauver la face en venant habiter la faute d’Abraham. Cela nous montre déjà la puissance de l’amour de Dieu.
@Gollum ouf, le lien fonctionne. Je lis dans la présentation : « l’homme doit réaliser sa vraie nature par la compréhension intime qu’il ne fait qu’un avec le Tout » Une telle phrase est gnostique, certainement pas chrétienne. ans le Christianisme, nous ne sommes pas Dieu ou une partie de Dieu mais seulement des créature de Dieu. Si l’Esprit-Saint peut venir en nous, c’est uniquement à notre demande et il reste séparé de nous. Nous gardons donc notre personnalité et notre liberté. Au fait, votre expression « Dieu bon » pour les Chrétiens est une caricature. Dieu n’est pas bon, il est amour et cela ne veut pas du tout dire la même chose.
@Eratosthène En 1962, les études sur l’islam étaient inexistantes et cela explique des erreurs sur la déclaration Nostra Aetate, mais une déclaration n’a pas un niveau très élevé dans les textes du Magistères. De plus l’islam fait l’objet d’un traitement séparé au n°3, ce qui signifie que le n°2 n’en parle pas. Les erreurs de Nostra Aetate ont été corrigées dans une autre déclaration : Dominus Jesus qui dénonce le relativisme et dans un décret : Ad Gentes. Il y a toujours eu des erreurs dans ces textes des papes et il y en a toujours. Les seuls textes qui engagent complètement l’Eglise sont les constitutions dogmatiques qui n’émanent pas des papes mais de l’Assemblée des Evêques dans les conciles.
« partisans les plus extrêmes de Vatican II est de faire table rase du passé et croire que Vatican II est le point de départ de l’Eglise » Je ne vous donne pas tort. Mais les textes de Vatican II valent infiniment mieux que ces élucubrations. L’Esprit Saint était sans doute compris auparavant, mais son action était extrêmement limitée dans l’Eglise d’avant Vatican II et même des années qui ont suivi. Cela fait tout de même un paquet d’années que je fréquente les églises et je n’avait jamais vu ce que je vois aujourd’hui en terme d’actions de l’Esprit Saint. Celui-ci n’agit que si on est ouvert à son action. Les prêtres sont de mieux en mieux formés, mais j’en connais qui ont toujours des réticences. L’Esprit-Saint ne passe jamais par dessus.
« quand on me dit que grâce à Vatican II l’expression peuple déicide a été abandonnée alors que le concile de Trente en avait déjà pris l’exact contre-pied. » C’est un peu plus compliqué. Cette expression n’a jamais fait partie du catéchisme catholique ni même des textes de la liturgie, bien qu’il y ait eu des ambiguïtés de ce côté. Le concile de Trente s’est fait en réaction à la naissance du protestantisme et c’est bien Luther qui avait répandu cette idée de déicide. Mais côté Catholique, cette idée à été reprise par Pie V dès 1560 dans sa bulle « Hebraeorum gens ». Nous voyons donc que, bien que rarement affirmée publiquement, cette idée reste bien ancrée chez bon nombre de catholiques. Le Concile Vatican II intervient moins de 20 ans après la 2ème guerre mondiale où des personnes qui se disent catholiques ont bien soutenu le nazisme. Il devenait donc urgent de réaffirmer qu’il n’y avait pas lieu d’accuser les Juifs de quoi que ce soit. Le n°4 de Nostra Aetate a été écrit pour cela.