@Sozenz En fait cette phrase marque le décalage culturel qui existe entre les cultures musulmanes et les cultures greco-chrétiennes européennes. L’islam ne reconnait pas la personne et la notion d’individu n’existe qu’au travers de ce qu’il fait et non de ce qu’il pense. C’est donc logiquement le groupe qui est maudit et non un individu.
Pour les Chrétiens et par extension les sociétés issus du Christianisme, la notion de personne est issu de la trinité (un seul Dieu en trois personnes) et cette notion permet d’initier une relation d’amour entre les trois personnes de la trinité, mais par extension entre ces trois personnes et les personnes que nous sommes.
L’insistance du concept d’unicité dans l’islam ne permet pas de créer une relation. Il n’y a aucune relation entre Allah et Muḥammad et il n’y a aucune relation entre Allah et les hommes. Même au paradis des croyants, Allah est absent ! L’unicité de Dieu introduit l’unicité de l’oumma (la communauté) qui doit porter les fautes du groupe.
Il a été démontré (thèse de doctorat de Jean-Jacques Walter) que l’unicité dans l’islam n’a été au départ qu’un argument réthorique pour contrer les Chrétiens. Nous voyons maintenant où la réthorique nous a mené 13 siècles plus tard.
@Amaury Grandgil « Le Christ a dit qu’il apportait le glaive »
La citation complète est : « Ne pensez pas que je sois venu apporter la paix sur la terre : je ne suis pas venu apporter la paix, mais le glaive. Oui, je suis venu séparer l’homme de son père, la fille de sa mère, la belle-fille de sa belle-mère : on aura pour ennemis les gens de sa propre maison. » (Matthieu 10, 34-36)
Le royaume de Jésus n’est pas dans notre monde, ce qui signifie qu’il est illusoire d’attendre la paix dans notre monde. Oui, la parole de Jésus n’est pas appréciée de tout le monde, il suffit de lire ce fil pour s’en rendre compte. Mais Jésus n’a jamais demandé de répondre par le glaive. A Pierre qui avait cherché à le défendre avec l’épée il répond : « Rentre ton épée, car tous ceux qui prennent l’épée périront par l’épée. » (Matthieu 26, 52).
Saint Paul précise « Oui, tenez bon, ayant autour des reins le ceinturon de la vérité, portant la cuirasse de la justice, les pieds chaussés de l’ardeur à annoncer l’Évangile de la paix, et ne quittant jamais le bouclier de la foi, qui vous permettra d’éteindre toutes les flèches enflammées du Mauvais. Prenez le casque du salut et le glaive de l’Esprit, c’est-à-dire la parole de Dieu. » (Ephésiens 6, 14-17). Ici le glaive devient glaive de l’Esprit, ce qui ne fait pas mal au corps, mais c’est la parole même de Dieu qui est le glaive avec lequel les Chrétiens doivent se défendre.
@bright13 « Les droits de l’homme ne sont en somme qu’une laïcisation de la morale évangélique » La morale évangélique n’existe pas. Les seules lois qui ont été instaurées par Jésus sont : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. » (Matthieu 22, 37-40). De fait, par amour, un disciple de Jésus est amené à faire plus que obligation légale ou morale. Les droits de l’homme ou la morale républicaine se sont inspirées des valeurs chrétiennes, mais sans l’amour, il manque l’essentiel. Dès que le gendarme a le dos tourné, la morale est oubliée et notre intérêt passe avant celui de tous les autres.
« 1 à 2% de pratiquants réguliers » Dans vos rêves. Probablement autour de 5% en dehors des grandes fêtes et plus du double à Noël, en tout cas c’est ce que je mesure sur ma commune. Une récente enquête nous disait que plus d’un quart des jeunes se revendiquent chrétiens même si beaucoup ne pratiquent pas, et c’est en augmentation sur la génération précédente. C’est comme dans les partis politiques ; il y a les encartés et les sympathisants.
« Je ne suis pas certain que les valeurs de notre société ne soient pas ancrées dans des civilisations antérieures à celle que vous évoquez » Sans doute, le Christianisme n’a jamais cherché à sortir les nouveaux convertis de leur culture. Une civilisation se construit avec des apports multiples.
« vous n’ignorez pas que le christianisme est une récupération de pratiques religieuses qui l’ont précédé » Il na faut pas exagérer tout de même. l’Eucharistie qui est le centre des sacrements chrétiens n’existait pas avant le Christianisme. Le Christianisme est basé sur la foi en Jésus ressuscité et donc vivant, les pratiques anciennes n’ont pas de rapport avec cette foi. Le chamanisme qui n’était pas compatible avec le foi chrétienne n’a pas été repris dans rites chrétiens car l’appel des Esprits s’oppose à la spiritualité chrétienne. Le chamanisme subsiste encore en dehors de l’Eglise dans des pratiques de guérisons ou de sorcellerie et également chez bien des voyants.
« la haine du catholicisme ? non » alors je ne sais pas comment définir votre attitude vis à vis du catholicisme que vous connaissez bien mal.
« C’est en encourageant l’émergence de communautarisme »
« en fréquentant ostensiblement temples, églises ou mosquées »
« met en danger ce « vivre ensemble ». »
C’est vous qui refusez le vivre ensemble car c’est en refusant de dialoguer que l’on favorise l’émergence du communautarisme. Le communautarisme disparaitra quand tout le monde pourra dialoguer librement avec tout le monde et acceptera de vivre avec ceux qui ne font pas parti de leur communauté. Mais comment vivre « ensemble » si l’on refuse le dialogue ? Dialoguer ne signifie pas que l’on accepte la position de l’autre, mais que l’on accepte de discuter de ce qui nous sépare. Mettre ce qui nous sépare sur la table est une marque de respect et non d’allégeance. Le Collège des Bernardins n’a rien d’une église, si ce n’est les belles voutes anciennes. C’est un lieu de réflexion qui est parfaitement adapté à toutes sortes de rencontres.
« la religion (une affaire d’hommes) tue plus qu’elle ne relie et la foi (une affaire personnelle avec dieu(x)) n’a rien à voir là dedans. »
Quelquefois l’homme tue au nom de sa religion mais plus encore au nom de sa communauté. Beaucoup de guerres dites de religion sont en fait des guerres nationalistes.
La situation est différente d’une religion à l’autre et les religions qui proposent l’élimination de d’êtres humains sont en général des messianismes qui demandent la purification de la terre pour permettre le royaume de Dieu. A ce titre le marxisme ou le nazisme sont des messianismes sans Dieu, mais avec un paradis terrestre. Le Christianisme n’est pas un messianisme, car le salut n’a rien de terrestre et ne concerne que ceux qui voudront être sauvés. Les Chrétiens savent que des personnes ne seront pas sauvées, mais il ne peuvent faire plus que de l’annoncer. Il revient à chacun de faire le choix selon ses préférences, sachant que le salut demande d’accepter l’amour qui nous est donné et ce n’est pas facile pour tout le monde. De ce fait, il est impossible et impensable d’imposer le Christianisme par respect pour la liberté de chacun et faire la guerre pour le Christianisme n’a aucun sens.
La foi est certainement une affaire personnelle comme vous le dites, car il s’agit de notre relation à Dieu mais la foi à aussi des conséquences sur les relations que nous pouvons avoir avec les autres. La foi chrétienne ne peut se vivre que dans l’amour et cet amour ne peut s’exprimer seul dans notre chambre. Il nécessite une relation avec les autres, Chrétiens ou pas. Cet amour nous est donné par Dieu via les sacrements, ce qui implique une pratique religieuse visible. Bien évidemment, personne ne vous demande de le croire.
@Dzan IG Metall est efficace chez Airbus et Daimler et beaucoup moins dans la restauration. La fortune d’IG-Metall est sa force. En Allemagne, le syndicat paye les salaires pendant les grèves et une grosse cagnotte fait donc peur aux employeurs. Le taux de syndicalisation dans les grands groupes est élevé malgré des cotisations que nous trouverions insupportable. Globalement, le syndicalisme est plus efficace dans les grands groupes en Allemagne qu’en France.
En Allemagne, le chômage est faible, mais le salaire moyen aussi. Difficile de s’en sortir sans cumuler deux salaires, sauf là ou IG-Metall est présent. Les salaires dans les grands groupes restent confortables, mais c’est également le cas en France. En Allemagne comme en France, il manque une approche globale de l’emploi et de son financement.
Le syndicalisme est aujourd’hui dans une impasse en France. En entreprise, son seul pouvoir réel est celui d’informer les salariés, mais l’information est aussi un outil de contrôle du pouvoir et beaucoup de syndicalistes ne sont de fait pas très partageurs pour protéger leurs petits avantages. Par ailleurs, dans les grandes entreprises, le CE est à la fois un outil de contrôle de l’entreprise et un distributeur de jouets. Les candidats aux élections sont souvent plus attiré par le pouvoir donné par la distribution de jouets (et autres avantages) que par la lecture des bilans. Il faut savoir que dans les CE, les fournisseurs distribuent des tas de cadeaux qui trouvent facilement un écho dans l’esprit vénal de quelques élus. J’ai aussi connu des délégués syndicaux plus attirés par leur propre protection dans l’entreprise que par la protection de leurs électeurs.
A la fin, il ne reste pas grand chose et cela contribue au sentiment d’impuissance et d’irresponsabilité des élus. J’ai rencontré en Allemagne des responsables d’IG-Metall qui ont montré une autre idée du syndicalisme. Là-bas, le syndicat est co-reponsable avec le DRH de l’évolution des carrières des salariés. Il gère le budget formation et reçoit chaque salarié dans des entretiens de carrière. Il exerce une vraie responsabilité qui leur donne un peu plus de poids dans les négociations.
Aujourd’hui, nous pouvons aussi constater une faillite des idées dans les syndicats français. La société évolue sans qu’ils s’en rendent compte. Les besoins des salariés bougent sans arrêt et ils défendent toujours les mêmes revendications qui datent du front populaire. Les revendications de salaires et de congés sont moins fortes maintenant chez les salariés et les syndicats devraient s’intéresser aux nouvelles organisations du travail, comprenant les nouvelles formes de management et de contrôle qualité qui enferment les salariés et fige l’organisation ainsi que l’irruption de l’entreprise dans la vie privée. Il faut dire que les grandes centrales syndicales sont souvent phagocytées par les syndicats de fonctionnaires et l’entreprise y est mal connue.
Enfin, l’absence de travail (chômage...) n’est jamais pris en compte dans les syndicats ou il est prié de ne pas interférer avec le travail. Une approche plus globale permettrait peut-être de trouver des solutions au problème de la quantité de travail disponible et à son financement. Les syndicats devraient se poser la question de la relation entre le chômage de masse et la variation de la dette, telle qu’elle a été mise en évidence par l’économiste australien Steve Keen. Traiter le chômage de masse autrement que comme une fatalité aiderait aussi les salariés.