Lorsqu’une entreprise est en faillite, elle ne rembourse plus ses dettes et ce n’est pas considéré comme du vol !
Techniquement, un état n’est jamais en faillite, il n’est pas possible de fermer la Grèce. Mais un état peut ne plus avoir les moyens de rembourser ses dettes.
C’est un peu facile de considérer que l’Etat ce sont les citoyens quand ça va mal, mais pas quand ça va bien.
De toutes façons, avec le système monétaire actuel, une dette, ce n’est pas de la monnaie qui a été pris quelque part, c’est une création de monnaie à partir de rien. La banque augmente juste son risque de non paiement lorsque ceux-ci ne sont pas équilibrés à la fin de la journée.
Une dette non remboursée, c’est un peu plus de monnaie en circulation, cela peut diminuer la valeur de l’Euro, mais avec le manque de monnaie actuel, le risque est faible et c’est donc plutôt une bonne chose. Les banques vont devoir emprunter un peu plus de billets à la BCE, mais la BCE a tellement peur d’un Credit Crunch qu’elle l’accorde automatiquement.
Le risque pour les banques, c’est si elle ont fait du Ponzi avec les dettes et elles l’ont fait…
Bon, après la Grèce viendra le tour de la France, car le système monétaire mis en place ne permet pas de sortir de la dette sans un effondrement total de l’économie du Pays. Attendez-vous donc à vous faire traiter de voleurs...
@Dwaabala Steve Keen n’est pas un néoclassique, mais est relativement proche des postkeynésiens, encore qu’il soit difficile à enfermer dans une classification. Lisez-le, puisque son livre « l’imposture économique » a été traduit en français. Dans son livre, il démonte à peu près la totalité des théories néoclassiques. Son travail fait un large usage des mathématiques, mais de manière très différente des néoclassiques. Il récuse, entre autres, les notions d’équilibre économique et utilise les équations différentielles pour faire une analyse dynamique un peu sérieuse. Il a tout de même anticipé de 3 ans les crises de 2000 et 2007 alors que les néoclassiques n’ont rien vu. Sa position est défendue en France par Gaël Giraud et il n’y a aucun Prix Nobel de la Banque de Suède dans ses soutiens.
A propos des Théories marxiste, il s’avère que Marx lui-même n’était pas marxiste et l’affirmait avec force. On parle aujourd’hui de théorie marxienne lorsque l’on fait reférence aux travaux de Marx. Il s’est en particulier défendu d’avoir désigné le travail comme seule source de valeur et c’est pourtant ce que les marxistes ont retenu (de toutes façons, pour la valeur, les fianciers aujourd’hui n’ont plus besoin du travail). Les théories économiques marxistes n’ont pas plus de valeur aujourd’hui que les théories néoclassiques mais il y a heureusement beaucoup plus que deux écoles de pensée en économie : vous pouvez faire référence aux écoles autrichienne, postkeynésienne, sraffienne, aux écoles de la complexité ou éconophysique ou évolutionniste... Ce n’est pas le choix qui manque et notre monde n’est pas binaire. La simplification s’accompagne toujours de déformations.
Je suis toujours sidéré par la mauvaise compréhension des populations en général sur le fonctionnement d’une monnaie, un peu comme si le sujet était tabou. Ce n’est d’ailleurs pas enseigné dans les universités. C’est pourtant là, la clé du changement.
Non, ça c’est ce que croyaient les marxistes, mais il faut maintenant dépasser ce niveau d’analyse. Cela fait un siècle et demi que « Le Capital » a été écrit et beaucoup d’eau a coulé sous les ponts depuis.
La relation entre la dette et le chômage est une vérité mathématiquement démontrée, il n’y a aucune volonté derrière. Lorsque les mécanismes actuels de la monnaie ont été créés dans les années 70, cette relation n’était pas connue (Steve Keen, c’est les années 90).
L’économie marxiste s’est régulée avec une pénurie massive. L’économie capitaliste se régule avec du chômage de masse, que ce soit dans les pays occidentaux ou en voie de développement. Il n’y a pas un système meilleur que l’autre, sauf que l’économie marxiste a duré moins longtemps alors qu’ils avaient parié sur la réduction des marges mais en oubliant le rôle de l’innovation.
Donner du travail aux pays dits en voie de développement, ce n’est pas une mauvaise chose, le problème vient de ce que nous ne créons plus ici les emplois dont nous avons pourtant besoin.
Du travail, il pourrait y en avoir partout, ce qui manque, c’est le financement. Par exemple, on manque d’hôpitaux, il y aurait donc du travail pour des maçons, des médecins, des infirmières… sauf que peux de personnes ont les moyens de se garder en bonne santé. Si nous donnons une valeur à notre santé, nous pouvons appuyer la création d’une monnaie en contreparte de cette richesse future et la monnaie peut alors être utilisée pour créer les hôpitaux. Les bénéfices sont à long terme avec une société qui en bonne santé qui travaille mieux. Avec la mécanique actuelle, il faut emprunter pour construire l’hôpital et rembourser capital et intérêts bien avant que les bénéfices puissent se faire sentir. C’est perdu d’avance. C’est la même chose pour l’éducation.
« Faut-il rappeler aux ressortissants des pays d’Europe de l’Ouest que leur niveau de vie actuel ils le doivent amplement et indirectement à la misère endémique qui règne dans le tiers monde ? »
Rien n’est simple dans ce bas monde. Si l’occident n’avait vécu que de pillages, ils seraient pauvre comme les autres. La terre ne serait pas capable de nourrir la population actuelle s’il n’y avait pas eu également une quantité impressionnante d’inventions pour reculer toujours plus les limites du possible.
La vie ici est donc une imbrication de créations et de pillages. L’extraordinaire développement intellectuel d’Alexandrie au IIIème siècle avant notre ère n’a été possible que grâce au pillage et à l’esclavage. Il a fallu tout de même que quelques-uns comprennent que le pillage pouvait devenir une impasse et qu’il ne fallait pas utiliser ces ressources pour eux-mêmes, mais pour toute la collectivité. La naissance d’une forme de solidarité, 3 siècles avec Jésus-Christ.
De tout temps et partout sur la planète, il y a des personnes qui pillent et des personnes qui construisent. L’équilibre entre ces deux tendances dépendra de l’organisation mise en place localement. Nous pouvons déplorer dans notre monde occidental la montée de la prédation alors que la création y a été prépondérante pendant de nombreuses années (de la fin de la guerre aux années 70), mais les victimes de cette prédation sont actuellement autant dans le monde occidental que dans les pays les plus pauvres.
Il revient à chacun d’analyser les causes de cet état de fait dans sa propre société. Quelle que soit la source du pillage, il existe partout des relais locaux et des mécanismes dans la société qui encouragent ce pillage et freinent la création de richesses. Entre autres, la perte du sens de la solidarité est un phénomène mondial et chacun doit balayer devant sa porte.
Et donc, au lieu de réserver la religion aux malades, il faudrait peut-être s’intéresser à ce qu’elle peut apporter à la société tout entière. Les religions ont de tous temps donné du sens à ce que nous faisons pour les autres et s’opposent à l’individualisme, même si elles ont reconnu très tôt la responsabilité individuelle. Ce sens, nous devons aller le chercher au plus profond de nous-mêmes car il n’est pas dans l’application bureaucratique de règles juridiques. La religion, selon la manière dont elle est pratiquée, peut alors être une aide ou un frein.
@[email protected] Il existe effectivement une relation entre la dette et le chômage de masse. Cette relation a été mise en évidence et modélisée par l’économiste australien Steve Keen dans les années 90 lorsqu’il a étudié les phénomènes d’instabilité cycliques théorisés par Minski.
Ce que semble démontrer Steve Keen, c’est qu’il n’y a aucun besoin d’une volonté des financiers pour qu’elle se mette en place. Je pense même que les financiers n’y ont aucun intérêt sur le long terme. Les crises cycliques qui résultent de cet état de fait ruinent aussi les financiers, même s’ils savent mieux rebondir que le reste de la population. Si nous ne créons plus de richesses, que reste-t-il à se partager ? Or le système monétaire actuel ne permet plus de rentabiliser la création de richesse à cause des coûts financiers. La prédation est beaucoup plus rentable. Seule une transformation des règles de création monétaire permettraient de rétablir l’équilibre mais qui, parmi ceux qui peuvent le faire, en ont l’envie ?