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  • Pascal L 20 mai 2015 22:03

    @lephénix
    Ce n’est pas la technologie qui est une richesse, c’est ce qu’on en fait et ce, depuis l’invention de l’élevage et de l’agriculture. 

     Le progrès, il faut prendre ce qu’il nous apporte et travailler pour en diminuer les effets négatifs. Internet consomme de l’Energie, mais qu’elle est la valeur réelle de la difusion universelle des savoirs ? Les systèmes actuels de téléconférence Haute Définition nous font économiser combien de kilomètres ?
    L’énergie a toujours été la clé de notre développement. A chaque révolution sur l’énergie correspond des sauts qualitatifs dans le développement de l’humanité. Le problème n’est pas de réduire notre consommation d’énergie, mais trouver les énergies abondantes les plus durables possibles, sachant que l’on peut toujours travailler sur les limites. 
    Pour les prédateurs qui nous manipulent, ce n’est pas l’énergie qui est la richesse, c’est sa rareté. Que le système financier actuel ne nous permette plus de préparer l’avenir, il me semble que c’est également calculé pour maintenir cette rareté.



  • Pascal L 20 mai 2015 15:48

    @lephénix
    "sans oublier celui des épuisements terrestres rencontrés jour après jour par une « politique extractive »

    C’est pourquoi je n’ai pas parlé de ces éléments comme richesse contrairement aux prédateurs qui vont en exploiter la rareté. Le concept de richesse est donc également assez différent du concept de valeur développé par les marxistes, notamment autour du travail. Il me semble qu’il n’y a de richesse que durable. Les ressources minières terrestres doivent être pensées comme un outil dont l’utilisation est provisoire et liée à notre incapacité de faire mieux aujourd’hui. Il est dans notre devoir de chercher des solutions de remplacement plus durables qui pourront alors être considérées comme des richesses. On sait qu’il existe des limites dans l’exploitation du pétrole, mais il reste plein de pistes à explorer pour pouvoir s’en passer. Nous ne pourrons les explorer pleinement que lorsque la création de richesse sera devenu prioritaire sur la prédation. 
    Notre système politique et économique actuel fait tout pour nous faire penser notre univers de manière statique et de nous faire oublier l’avenir, car sa survie dépend de l’immobilisme de la société. La réalité s’oppose à cette vision statique. Nous sommes en fait dans un monde en perpétuel changement que nous pouvons comparer à la tectonique des plaques. Plus les failles résistent au mouvement des plaques, plus les tremblements de terre sont importants. Il est de notre devoir d’enlever tout ce qui peut empêcher la faille de glisser.

    « la complexité est energivore » mais nous ne pouvons plus faire marche arrière du fait du nombre croissant d’habitants sur la planète. De nouvelles formes d’organisation moins centralisées et les outils informatiques sont là pour nous aider à prendre en compte cette complexité sans simplifier. Cela ne m’inquiète pas, mon métier est justement de mettre cela en musique.


  • Pascal L 20 mai 2015 11:28
    « et une parenthèse « enchantée » d’ores et déjà refermée »
    Certainement si nous restons dans ce système financier pervers, mais si nous redonnons à la finance son rôle de création de « vraies richesses », il peut en être autrement.

    Faute d’avoir défini ce que peut être la richesse, la croissance aujourd’hui n’est qu’une croissance de la prédation des richesses mondiales existantes. Créer de la richesse aujourd’hui n’est plus rentable, aussi c’est devenu une activité marginale.
    La création monétaire quasi-exclusivement par la dette est le pire fonctionnement possible pour une monnaie, car la dette devient un piège dont personne ne peut se relever.
    Pour faire fonctionner correctement l’économie, il faut que la monnaie puisse circuler, il faut donc emprunter. Les intérêts finissent toujours par réduire la monnaie en circulation et il faut donc emprunter encore plus, mais les emprunteurs finissent toujours par trouver le poids des intérêts trop élevés et cherchent à rembourser. Dans ce cas la diminution de monnaie en circulation étouffe l’économie et le chômage de masse apparaît. Le poids de la dette augmente du fait du ralentissement de l’économie.
    Ce fonctionnement a déjà été théorisé par l’économiste Minsky dès les années 80. Les modélisations qui ont été faites dans les années 90 ont confirmé les hypothèses et montré le lien entre la variation de la dette et le chômage. Le chômage de masse dans notre économie a le même rôle régulateur que la pénurie dans les économies marxistes. Il n’y a aucune solution sans refonte des règles monétaires.

    Des solutions sont possibles, mais demandent d’appuyer principalement la création monétaire sur autre chose que la dette. C’est à ce niveau qu’une bonne définition de la richesse peut aider. Nous pouvons apppuyer la monnaie sur la réalisation de richesses futures. La réalisation de ces richesses demande beaucoup de temps (parfois plus de 20 ou 30 ans) et beaucoup d’énergie. La création monétaire peut être une anticipation à long terme sur ces richesses. Par exemple dans les années 1920, une ligne de chemin de fer s’est construite en Allemagne avec des bons pour des kilomètres sur la future ligne. Ces bons s’échangeaient facilement dans la région devenant de fait une vrai monnaie, bien plus stable que le Mark de l’époque. 
     La richesse aujourd’hui ce sont les infrastructures, un logement pour tous, mais aussi des éléments plus immatériels que sont la santé, l’éducation, un environnement sain… Les moyens électroniques actuels permettrait de démultiplier de manière transparente les monnaies pour obtenir un effet optimal, beaucoup plus large que la dette et diminuerai les charges financières.


  • Pascal L 18 mai 2015 11:51

    @joletaxi
    Vous attendez une émission monétaire et il n’y en a pas. La banque n’a fait que relever son risque de découvert lorsque le client utilisera le prêt. Le fait est que sauf situation exceptionnelle, aucune banque n’a connu ce type d’incident en plusieurs siècles de pratique. 

     Ce qui a changé ces dernières années, c’est que l’émission de la BCE se fait exclusivement vers les banques commerciales qui en augmente la circulation par les prêts et que les sommes émises sont très minoritaires dans la cirulation monétaire (ce qui reste de billets).
    Contrairement à l’émission monétaire, la création monétaire est très anodine. Lorsque que vous faites un chèque, celui-ci n’est comptabilisé par la banque qu’au moment de sa destruction lorsque l’argent est transféré. Tant que le chèque reste dans la poche, la somme inscrite reste disponible pour l’émetteur ce qui revient à dire que la masse monétaire a provisoirement augmenté de la valeur du chèque. Il s’agit encore de création de monnaie, mais la banque n’a rien enregistré.


  • Pascal L 17 mai 2015 22:17

    @joletaxi
    Heureusement que la comptabilité reste équilibrée, sinon cela voudrait dire que ces opérations engendrent une perte ou un bénéfice, ce qui n’est pas le cas à ce stade.

    En fait a banque doit posséder ces 5000€ dans ses réserves (M0 = monnaie fiduciaire prêtée par la BCE), mais votre écriture est simplifiée mais juste.
    En théorie, l’opération se passe en deux temps :
    1) on crée le titre de créance de 5000€ à l’actif et on retire cette somme des réserves (inscription au passif).
    2) on dépose 5000€ sur le compte de l’emprunteur (au passif et on remet cette somme sur les réserves à l’actif)
    On peut simplifier ces deux écritures en supprimant les opérations sur les réserves et on obtient votre résultat.

    Maintenant que la somme est repartie dans les réserves, rien n’empêche la banque de recommencer à prêter cette somme quasiment à l’infini sinon les accords de Bâle III.
    A ce stade, la somme dans les réserves n’a pas bougé et de votre point de vue on peut considérer qu’il n’y a pas de création monétaire, en tout cas, M0 n’a pas bougé. D’un autre côté, les clients de la banque peuvent potentiellement dépenser par chèque ou carte bancaire beaucoup plus qu’il n’y a de monnaie dans les réserves. Il est possible de dépenser M1 constitué de M0 + les dépôts des clients. Les dépenses en billets sont elles limitées aux réserves.
    En fait, quand les clients font des chèques, une partie de ces sommes partent vers d’autres banques et une partie revient vers la banque lorsque le bénéficiaire est également client. C’est un jeu à peu près à somme nulle sur l’ensemble des banques, les réserves de la banques évoluent peu du fait des paiements croisés et il est parfaitement inutile de disposer en réserve de l’équivalent de la totalité des comptes clients.

    D’un point de vue comptable ou de votre point de vue, seul M0 compte lors de la création d’un prêt. Effectivement M0 n’a pas bougé et M1 n’est qu’un potentiel de dépenses pour le client. D’un point de vue économique, il faut prendre M1 (et également M2 et M3) en compte comme monnaie réellement disponible pour faire fonctionner l’économie. On parle d’émission monétaire pour M0 et de création monétaire pour M1. Le vocabulaire a son importance puisqu’il s’agit d’opérations fondamentalement différentes et c’est probablement là l’origine de nos divergences. Si nous ne disposions que de M0, le niveau des réserves n’est pas suffisant pour faire fonctionner l’économie. M1, M2 ou M3 sont une masse monétaire disponible variable dont la croissance ou la décroissance a un impact direct sur le niveau d’emploi.

    La vision de l’économiste n’est pas la vision du comptable.
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