@Marc Chinal On peut donc prêter 9 fois la somme sans la créer, mais d’où vient la monnaie des marchés financiers si elle n’a pas été créée ? Un miracle peut-être ? La monnaie préexistait-elle avant la création du monde pour pouvoir être distribuée aux marchés financiers ? Sachant que la BCE ne prête pas directement aux marchés financiers, comment peuvent-ils se retrouver avec 9 fois plus d’agent que la BCE en a créé ?
Comment est-il possible que sur la zone Euro, on ait (15 janvier 2013 source wikipedia) :
M0 = 1630,9 Md€ (la base)
M1 = 5121 Md€ (le disponible sur les dépôts et en liquide)
J’ai beau chercher sur Internet, je ne vois pas un seul article qui soutient votre position qui date de l’époque du la monnaie basée sur l’or et qui était une monnaie de troc. Cette époque est révolue depuis les années 70.
L’ère de la monnaie troc est terminée depuis longtemps ; on est passé à la monnaie scripturale.
On ne crée pas tout à fait à partir de rien puisque la banque centrale prête de l’argent au banques commerciales. Cette monnaie est appelée M0 sert d’amorce à la création monétaire et ne sort jamais de la banque commerciale. L’argent créé par la banque est appelé M1 et est créé par clonage de M0. En fait, supposons qu’il y ait 100€ de M0 à la banque, la banque prête 100€ qu’elle dépose immédiatement sur le compte du client augmentant la monnaie disponible pour la circulation M1 de 100. Le client n’a pas reçu de billets, mais il pourra dépenser ses 100€ un peu plus tard avec un chèque ou une carte bancaire. Cette monnaie étant replacée dans la banque sur M0 du fait du dépôt, elle peut donc être prêtée à nouveau et pratiquement à l’infini. Dans la pratique, le compte de la banque centrale M0 n’a pas bougé, mais la monnaie disponible a augmenté de 100€. Lorsque le prêt est remboursé, la monnaie créée est effacée par l’opération inverse. Les intérêts, eux, ne sont pas effacés…
Les accords de Bâle III qui remplacent les ratios Cooke prévoient que la banque ne peut pas créer plus de 9 fois environ le montant de M0, mais les banques redemandent de la monnaie M0 chaque fois qu’elles en ont besoin et vu les taux d’intérêt actuel, c’est plutôt rentable.
De fait, les banques centrales aujourd’hui ne contrôlent pratiquement plus la création monétaire par les banques commerciales.
La valeur des monnaies aujourd’hui est basé sur la confiance que l’on peut avoir dans le remboursement des dettes. Malheureusement les banques commerciales font du Ponzi avec les dettes en les titrisant et si au hasard les Grecs ne remboursent pas leurs dettes, nous irons vers une nouvelle crise.
Ce type de fonctionnement des banques s’est développé à la fin du XX° siècle. Dans les années 80 l’économiste Minsky a déterminé que la monnaie était devenue une source d’instabilité pour l’économie et Steve Keen en a fait la modélisation dans les années 90. Les conclusions de Steve Keen ont été vérifiées lors des crises de 2000 et 2008. Keen a également montré la relation entre la variation de la dette et le chômage de masse qui est devenu la variable d’ajustement de l’économie.
Ce ne sont pas les emplois qui manquent, mais le financement des emplois, ce qui n’est pas tout à fait la même chose. Si nous pouvions financer la création de richesse, il serait possible de créer des écoles et des des hôpitaux, de payer les professeurs et les médecins, de financer la protection et l’amélioration de notre environnement, de contruire les logements qui nous manquent cruellement…
Il a été démontré qu’il y a une relation directe entre la variation de l’emploi et la variation de la dette.
Aujourd’hui, pour créer de l’emploi, il faut augmenter la dette, mais le paiement des intérêts fini par reprendre d’une main ce qui a été donné de l’aurte main et casse la création d’emploi. Pour réduire la charge des intérêts, la réduction de la dette diminue la monnaie en circulation et étouffe également l’économie. Le problème n’est pas l’informatisation des emplois mais le fonctionnement de la dette et sa relation avec la création monétaire. Cette dette est un piège pour l’économie.
Pour rentabiliser la création d’une école, il faut compter une vingtaine d’années, que les élèves aient fini de grandir et d’apprendre. Pendant cette période, il ne faudrait pas payer d’intérêts et commencer à rembourser (ou plutôt effacer la monnaie créée) seulement à l’issue de cette période.
La solution passe donc par une réforme du fonctionnement de la monnaie.
On nous parle de croissance du PIB, mais cela ne veut pas dire grand chose, car les catastrophes augmentent le PIB. La seule croissance qui nous intéresse et la croissance de la richesse qu’il faudrait commencer par définir avec précision.
Pour se developper, une partie de l’humanité à toujours pensé faire de la prédation sur une autre partie. Il y a eu les guerres, l’esclavage, la colonisation, différentes formes de travail plus ou moins forcé et maintenant la création monétaire sur les dettes.
Avant de désigner des responsables, il est temps de faire cesser toutes les formes contemporaines d’exploitation.
Un des outils pour y arriver est le droit et des règles de fonctionnement claires. Si vous pénalisez la prédation face à la création de richesse, même le financier le plus retord deviendra vertueux...
Depuis l’invention de la création monétaire par la dette dans les années 1970, la dette est devenu un piège dont on ne peut pas sortir.
Si vous remboursez la dette, mécaniquement, la quantité de monnaie en circulation se réduit et l’économie s’étouffe, le chômage augmente. Pour relancer l’économie, il faut augmenter la quantité de monnaie en circulation, donc emprunter et c’est le règlement des intérêts qui étouffe l’économie.
Tout ceci a été théorisé par Minsky dès les années 80 et modélisé par Steve Keen dans les années 90. Keen a également montré qu’il y avait un lien direct entre la variation de la dette et le chômage. Les crises sont devenues cycliques, mais le problème est que la dette est encore plus élevée à la fin de chaque crise. La prochaine crise approche maintenant avant même d’avoir pu se relever de la crise précédente.
La solution passe forcément par une modification du fonctionnement de la monnaie. Les mécanismes possibles sont connus mais personne ne fait rien car ceux qui peuvent changer les règles n’y ont pas intérêt. Il existe un tabou sur le fonctionnement de la monnaie qui interdit de se poser les bonnes questions. Aujourd’hui, on nous parle de décroissance ou de revenu universel, mais ces solutions ne feront que prolonger un système de prédation qu’il faut faire disparaître au plus vite. Cette prédation est dans la droite ligne de l’esclavage ou de la colonisation et est astucieuse, car elle ne demande pas la force pour être appliquée. Les Grecs sont les « colons » des banques.