@ObjectifObjectif « une monnaie doit toujours être créée par les citoyens, en parts égales »
Si vous faites cela, votre monnaie va perdre toute sa valeur très rapidement.
La monnaie n’est jamais une richesse en soi et n’a aucune valeur à priori. Vous ne pouvez pas fixier arbitrairement la valeur d’une monnaie qui est donc nulle par défaut.
Une monnaie est un moyen de créer de la richesse (souvent aussi un moyen de prédation des richesses, mais cet aspect est largement connu et je n’en parlerai pas). Une monnaie doit toujours être créée avec une contrepartie qui peut être une richesse existante ou à construire. Lorsqu’elle est utilisée pour construire une richesse, la monnaie devient le capital des créateurs et doit être utilisé exclusivement pour la création de richesse.
La distribution ne peut intervenir que dans un deuxième temps à partir des richesses réalisées.
Si vous voulez construire une école, il est possible de créer de la monnaie pour rémunérer les maçons et les professeurs. Cette école va permettre de former des jeunes qui à leur tour créeront des richesses. Cette école peut être gratuites puisque les frais ont déjà été couverts et c’est là qu’intervient la redistribution.
La valeur de la monnaie utilisée est garantie par la richesse future qui sera créé par les élèves. Le retour sur investissement se compte en dizaines d’années, ce qui fait qu’une école ne peut pas être financée par de la dette.
La recherche publique est aujourd’hui victime d’une bureaucratisation rampante. Je ne vois pas comment le fait de confier toute la recherche privée au public et d’augmenter la centralisation va permettre d’améliorer la recherche.
Je suis d’accord sur le fait qu’il y a un problème sur la recherche aujourd’hui, mais je ne peux pas suivre sur les solutions.
Une partie du problème provient de la diminution des financements et la transformation des sujets de recherche en projets qui absorbent une énergie considérable rien que pour pouvoir être acceptés. Ces projets souffrent également d’une trop grande centralisation dans le choix des sujets.
Mais la recherche publique doit commencer par faire le ménage dans ses sujets de recherche et éliminer les labos dont on sait pertinemment qu’il ne servent qu’à créer un écosystème de publications et de citations. Les sujets les plus en pointe sont souvent les moins cités, ce qui crée une forme de sanction pour les chercheurs.
@eau-du-robinet « Restaurer la souveraineté nationale »
C’est quoi la souveraineté nationale ?
Si c’est pour assumer le pouvoir à la place des citoyens, cela n’a pas plus de sens que le système actuel. Nous n’avons pas besoin de pouvoirs, mais de contre-pouvoirs.
En matière monétaire comme pour le reste, les décisions doivent être prises au bon niveau : local, régional, pays, continent… et surtout avec de vrais contre-pouvoirs qui peuvent agir lorsque le travail n’est pas bien fait. La BCE aurait une légitimité au niveau international, si on pouvait la sanctionner.
De même une banque locale a une légitimité pour irriguer l’économie locale et doit être sanctionnée quand elle fait du Ponzi avec la dette.
Une monnaie doit toujours appartenir à ses utilisateurs, une monnaie peut donc être émise par une banque si elle est mutualiste et si la monnaie circule chez les clients de la banque.
Chaque monnaie poursuit une intention économique qui doit être clairement établi. Le problème avec l’Euro est que cette monnaie ne couvre pas l’ensemble des besoins économiques et qu’elle en situation de monopole, ce qui empêche la création de monnaies réellement complémentaires. Les monnaies locales actuelles sont un mauvais exemple car la contrepartie en est l’Euro. Elle ne font donc pas de concurrence à l’Euro.
@Jason Bâle III donne l’impression d’un contrôle de la quantité de monnaie créée. Dans la réalité, il n’en est rien ; les banques créent autant de monnaies qu’elles ont de demande et réclament ensuite des fonds à la BCE qui les accorde quasi systématiquement à un prix totalement non dissuasif. Surtout si on pense que cette somme va être prêtée 9 fois environ.
Et si ce n’est pas suffisant avec la BCE, la banque titrise ses dettes dans de magnifiques pyramides à la Ponzi.
Avec le système actuel, toute réduction de la dette conduit à une crise, car il existe un lien entre la variation du crédit et le chômage qui sert de variable d’ajustement. Les Etats n’ont pas d’autres choix que d’augmenter la dette jusqu’à ce que le système éclate.
Il faut modifier les règles de fonctionnement de la monnaie pour réduire le poids de la dette dans le fonctionnement de l’économie.
La monnaie redeviendra un objet démocratique lorsque l’on pourra choisir la monnaie que l’on peut garder et celle que que l’on doit dépenser le plus rapidement possible. Il faut donc avoir plusieurs monnaies en circulation simultanée pour que nous ayons ce choix. Techniquement, ce n’est plus un problème avec les moyens de paiement électroniques.
Il faut se rappeler que les Suisses ont deux monnaies :
- le Franc Suisse, utilisé par les étrangers et tous les Suisses,
- le Franc Wir créé par une banque mutualiste (la banque WIR) et utilisé par 70000 entreprises, il est non convertible mais on trouve toujours un intermédiaire qui va le faire.
Le franc Wir fait 10% environ du PIB suisse et existe depuis plus de 80 ans.
Ce qui est intéressant avec le Franc Wir, c’est que la monnaie appartient aux utilisateurs (les clients de la banque) qui peuvent donc prendre les décisions dans les instances prévues.
La création du Franc Wir intervient là où le Franc Suisse est faible et rééquilibre le Franc Suisse.
Les chèques de la banques Wir ont deux lignes, ce qui permet le panachage dans un paiement, mais les choses peuvent devenir encore plus transparentes aujourd’hui.
Redonner le pouvoir de création monétaire à l’Etat ? Pourquoi pas si c’est encadré. L’Etat a une légitimité démocratique, mais il faut des contrepouvoirs pour éviter de revenir aux excès d’avant 1973.
L’Etat a une vrai légitimité pour définir les infrastructures nécessaires au fonctionnement du pays et il devrait pouvoir en créer le financement, d’autant plus que pour beaucoup d’infrastructures, le retour sur investissement se fait par une augmentation des recettes fiscales.
Pour que la dette ne mette pas en péril le fonctionnement de l’économie, il faut que la création monétaire ne se fasse que très partiellement sur de la dette. Le reste doit être émis sous forme de capitaux permanents ou quasi-permanents en contrepartie des projets d’infrastructure ou d’investissement. La relation entre la création monétaire par la dette et les crises a été théorisé par Minsky et modélisé par Steve Keen. La conclusion de leur travaux est qu’il y a une relation directe entre notre manière de créer la monnaie et l’instabilité économique.
Les banques peuvent garder une légitimité pour le financement des investissements si celui-ci se fait en fonds propres comme les banques le pratiquaient autrefois…
Quand au financement de la consommation, on peut garder la mécanique actuelle.
Il est indispensable de bien séparer les domaines d’intervention des banques pour que les jeux du type casino ou Ponzi sur la dette ne mettent pas en péril l’économie réelle qui ne fait plus que 2 à 3% environ des transactions bancaires.