Nous avons tous 2 parents, 4 grands-parents, ..., environ 1 million (2 puissance 20) d’ascendants à la 20ème génération : nous sommes tous frères mais nous avons aussi, inévitablement, quelques criminels parmi nos ancêtres.
Dans l’absolu, vous avez raison. Mais quel intérêt de venir pinailler sur les mots ? Bien évidemment, nous faisons tous quelques raccourcis qui peuvent être faux dans l’absolu.
Ce qui compte, Cyclotron, c’est le fond, pas tellement la forme.
Si avoir des études, pour des gens issus d’un milieu modeste, ne permet pas de s’en sortir quand même (Franck Lepage souligne d’ailleurs que, pour le chômage, c’est bien le système qui est responsable, et pas l’individu), alors dans le fond, il a un peu raison même si sa phrase est dite trop rapidement et, au final, fausse.
Ce qui vous intéresse, c’est juste de décrédibiliser Franck Lepage qui dit quand même beaucoup de vérités ? Vous considérez « votre démarche » plus citoyenne ?
Vous auriez pu dire : « Franck a commis une grosse erreur sur les chiffres, c’est 10% pour les études et non 1%, mais il faut bien reconnaitre qu’à diplôme identique, les fils à papa sont plus avantagés dans cette société pour le travail. Donc en s’intéressant uniquement au travail rémunérateur, le 1% est, dans ce cas, peut-être largement surestimé, même si aucune statistique n’existe ».
Pas du tout, Cyclotron. Il y a études et ce que l’on fait avec.
Quand Jean Sarkozy n’a besoin que de bac plus 1 pour être très bien casé, des étudiants avec bac+5 voire plus mais de milieux modestes n’auront que chômage ou CDD minables sans rapport avec leur diplôme.
Justement bonsens, ceux qui sont fils d’ouvriers et qui sortent avec bac + X, ce qui les attend, c’est le chômage ou des boulots sans rapport avec leurs diplômes.
Mais, au même niveau de diplôme (voire nettement en-dessous), ceux qui sont fils à papa (à la Jean Sarkozy) auront des responsabilités avec le gros salaire que ces responsabilités méritent.
Il n’y a pas de méritocratie du tout, juste une illusion entretenue. De plus, les études sont souvent payantes (en tout cas le logement) et les allocations familiales s’arrêtent comme par hasard au moment des études. Donc, non seulement les fils d’ouvriers devront travailler au Mac Do en plus de leurs études (s’ils trouvent de tels boulots, absolument pas garanti) mais tout ça pour avoir un métier nettement en-dessous de leurs capacités. L’égalité (au minimum l’égalité des chances) est une belle idée de 1789 et elle reste une belle idée.
Merci, paul, je crois que l’on a à peu près le même avis qui pourrait se résumer ainsi :
« Connais-toi toi-même. », Socrate. « Ne fais pas à autrui ce que tu n’aimerais pas que l’on te fasse. », règle d’or.
Appliquer ces 2 maximes est très difficile. La première étant une énorme épreuve personnelle qui ne se termine jamais : un être qui réfléchit est en constante évolution et ne se connait jamais vraiment. La deuxième peut sembler liberticide : respecter les autres, c’est se restreindre soi-même.
C’est beaucoup plus simple de n’avoir aucune maîtrise personnelle (ne pas se connaître) et de vouloir diriger tout le monde en se plaçant en haut d’une pyramide (faire aux autres ce que l’on ne voudrait pas que l’on nous fasse).
Notre entière société est basée sur le principe de la dictature (que ce soit en entreprise, avec la concentration du pouvoir par les possédants ou au niveau des états, par concentration du pouvoir par représentation). La démocratie est une belle idée jamais appliquée. Le pouvoir ne doit jamais être concentré, les fonctions de direction doivent être purement et simplement supprimées mais cela sous-entend que personne ne doit rêver de devenir un jour directeur : l’acceptation de la démocratie est à ce prix. Si la démocratie ne fait rêver personne, alors contentons-nous de nos oligarchies, qui elles, font rêver tous les pauvres, toujours et encore plus nombreux.
Comme toi paul, je ne suis pas sûr que l’esprit humain aie beaucoup évolué et soit prêt à la démocratie. Seule la technique nous donne l’illusion que nous progressons, mais la technique ne change pas notre esprit.
« Comme tout le monde » est quelque part un peu prétentieux : on considère que la majorité est d’accord avec ce qui se passe et que l’on fait partie de l’élite capable de discerner le vrai du faux.
Je pense que la majorité se rend plus ou moins compte, en parole, que le monde tourne très mal mais quand il s’agit de se remettre en cause par rapport au résultat global, il n’y a plus personne.
Juste quelques questions à ceux qui s’estiment différents : Avez-vous besoin de consommer pour être heureux ? corollaire : pensez-vous que l’on peut se divertir sans dépenser d’argent ? Vous-résignerez vous à faire des enfants pour sauver votre couple (ou pour être aidé socialement) ? Est-ce que vous vous comportez de la même façon vis-à-vis d’un supérieur hiérarchique que vis-à-vis d’un subalterne ? Etes-vous pour l’inégalité, car, bien entendu, vous méritez mieux que les autres ? N’avez-vous jamais abusé de gens fragiles pour mieux vous en sortir personnellement ? corollaire : pour vous, la solidarité, c’est faire tout ce que l’on peut pour ses proches, quitte à faire du mal à des gens que l’on ne connait pas. Etes-vous réellement pour la démocratie ? corollaire : ne cherchez-vous pas à vous hisser en haut d’une pyramide, au niveau professionnel, pour avoir des lendemains plus faciles ? Car ceux qui n’y arriveront pas (en haut de la pyramide) seront forcément moins doués (puisque « tout le monde » cherche à aller en haut de cette pyramide) et devront par conséquent se rabaisser.
Bref, le monde est comme il est parce que les gens ne veulent pas se juger eux-mêmes. On peut appeler ça de la superficialité : on voit bien les défauts des autres mais pas trop les siens, l’égoïsme des autres quand on en est victime, mais pas le malheur des autres généré par son propre égoïsme.
Si vous voulez vous en sortir (financièrement) dans ce monde, râlez autant que vous pouvez, montrez vous très dangereux, marchez sur les gens fragiles : de cette façon, on vous craindra et on vous proposera un bon poste, but de votre bluff initial.
Si vous préférez être honnête et n’avoir rien à vous reprocher, il faudra accepter d’être un raté dans cette société mais très peu de gens en sont capables. Si le monde est faux, il est plus rassurant d’être faux à son tour pour ne pas être exclus et croire à une vie pleine, alors qu’elle devient, au contraire, totalement superficielle.