Nous avons tous 2 parents, 4 grands-parents, ..., environ 1 million (2 puissance 20) d’ascendants à la 20ème génération : nous sommes tous frères mais nous avons aussi, inévitablement, quelques criminels parmi nos ancêtres.
Le système capitaliste sera toujours anti-écologique.
Il est vrai que les systèmes de dictatures (qui n’avaient rien à voir avec le communisme) ayant essayé autre chose n’étaient pas des réussites mais ils ne représentent pas la seule autre chose que l’on pourrait faire.
Pour qu’un autre système puisse exister il faudrait que l’éducation rentre en réel conflit avec la société pour former des démocrates dans l’âme qui pensent communautaire et pas individualisme. Mais l’éducation est profondément élitiste et on ne construira jamais une communauté qui fonctionne avec des individualités.
Donc effectivement, les systèmes qui marchent bien mieux sur la papier sont utopiques et la nature va disparaître lentement mais sûrement car elle n’est pas rentable.
Mais la société entière est basée sur l’arnaque consommatrice et destructive. On gagne de l’argent plus facilement et en plus grande quantité en arnaquant qu’en répondant le plus économiquement possible au problème, parfois infime. La seule volonté du gain personnel conduit à une inefficacité globale où chacun travaille trop pour des services rendus infimes.
Changer de chaudière tous les 5 ou 10 ans fait augmenter le PIB, mais n’améliore pas le service rendu d’avoir de l’eau chaude. C’est parfaitement inefficace globalement et anti-écologique, même si la fabrication de chaudières est, à n’en pas douter pour les industriels du secteur, individuellement très efficace.
Le système capitaliste, basé sur le gain personnel, tend globalement vers l’inefficacité par la généralisation de l’arnaque comme mode de consommation, même si l’on peut croire à une certaine efficacité quand on regarde de façon isolée le travail individuel (spécialisation, technique, productivité,...). Je rajouterai même que ceux qui ne cherchent pas à arnaquer sont voués à disparaître en faisant faillite ou en étant rachetés par les arnaqueurs de leur secteur. Le capitalisme engendre une forme de sélection par l’arnaque et il finit par chasser les entrepreneurs honnêtes.
Le capitalisme est fondamentalement anti-écologique. Et c’est la raison pour laquelle il faut être anti-capitaliste si l’on veut une société durable.
Pourquoi ? La propriété privée des moyens de production conduit à ce que chaque possédant (actionnaire) veut rentabiliser au maximum son capital, ses infrastructures. Il va donc favoriser la vente (consommation) en diffusant de la publicité. Mais cela ne s’arrête pas à la publicité : il devient inintéressant de fabriquer du durable qui limiterait les achats futurs. La volonté de consommation, pour enrichissement personnel, conduit à fabriquer des choses de plus en plus fragiles ou plus rapidement obsolètes : on génère des modes pour rendre les choses obsolètes même quand elles fonctionneraient parfaitement. L’influence consommatrice des médias est issue du capitalisme, et c’est totalement dévastateur pour l’environnement et pour notre qualité de vie.
Dans une société où les moyens de production seraient collectifs, personne ne s’enrichirait en fabriquant du matériel bas de gamme peu durable. La volonté serait de farbriquer des choses garanties à vie. La publicité pourrait simplement être interdite pour limiter les envies de consommation inutiles et nuisibles à l’environnement. Dans une société de décroissance non capitaliste, on travaillerait 10h par semaine pour un niveau de vie meilleur (moins de nuisances et moins de consommations inutiles). Il faudrait penser à développer les loisirs collectifs pour les personnes incapables de se divertir dans leur temps libre.
Mais c’est utopique. On ne passe pas d’un système dictatorial comme le notre (vraie démocratie = absence de hiérarchie) à un système démocratique de décisions collectives : parmi les esclaves d’aujourd’hui, il y a ceux qui veulent devenir seigneurs, ceux qui aiment leur sort (larbins) mais sûrement trop peu qui veulent réellement la démocratie. Les intérêts privés de quelques décideurs qui s’avantagent conduiront toujours à un échec écologique : on estime toujours pouvoir s’écarter de la pollution avec l’argent, même si c’est totalement faux.
On ne fait tout simplement pas d’écologie dans un système individualiste où chacun rêve d’être riche et de consommer. C’est aberrant en soi. Le capitalisme s’est finalement emparé de l’écologie pour vendre plus cher des produits soit-disant écologiques. Mais l’écologie n’est pas de consommer des « produits verts », l’écologie, c’est de minimiser le plus possible la consommation pour le même service rendu mais cela ne rapporte pas dans notre système.
Exemple concret : ma chaudière était entartrée. Le chauffagiste préféra m’expliquer que la cause d’un débit insuffisant d’eau chaude était dû à la vétusté de ma chaudière : il m’a fait un devis pour en changer à plus de 2300€. Pour 100€ (location pompe à détartrer + achat détartrant), je me suis détartré ma chaudière qui est comme neuve. La solution du durable (garder sa chaudière le plus longtemps possible) n’est simplement pas rentable pour le chauffagiste. Toute la société marche selon cet exemple anti-écologique. Le gain individualiste favorise le mensonge ou l’exploitation de la méconnaissance.
La complexification est un peu trop souvent perçue comme un progrès. Dans notre société, quand quelque chose ne marche pas bien, on a tendance à vouloir rajouter une couche de complexité plus qu’à vouloir étudier la cause du mauvais fonctionnement.
Si nous traversons une période d’incertitude, je pense qu’il faut s’attaquer à la cause de l’incertitude (spéculation, objectif unique du court-terme, fortunes démesurées de certains oligarques,...). Maintenant, on préfèrera rajouter une couche et apprendre à profiter de (ou, plus simplement, vivre avec) cette incertitude plutôt que de la combattre. C’est le point de vue normal dans un système qui ne fait que se compliquer sans jamais chercher à analyser les causes.
J’ai pratiqué des métiers aussi ineptes que complexes (sans aucun rapport avec mon diplôme d’ingénieur) et qui, au final, étaient parfaitement improductifs (même si j’étais correctement rémunéré). Si les improductifs de la complexité sont de plus en plus nombreux et bien rémunérés (c’est complexe !), il faudra demander toujours et encore plus aux producteurs réels.
Les indicateurs économiques nous montreront que l’on progressera toujours, mais avec une qualité de vie objective qui va diminuer fortement. C’est ce que génère l’improductivité de la complexité artificielle. Peut-être que la vraie source de complexification artificielle est le chômage, mais attaquons nous aux causes du chômage. La solution n’est pas de créer des emplois improductifs et complexes à la fois pour occuper les diplômés dont la société, telle qu’elle est, ne sait que faire.
Non seulement les dirigeants ne sont pas des supermans, mais ils sont tous des dictateurs en puissance.
La direction n’est pas une fonction, c’est de la spoliation. Il faut supprimer les dirigeants et non pas chercher à les rendre meilleurs. Pour l’autogestion en entreprise, la démocratie, la vraie.
Je rajouterai qu’avec des variations de plus en plus imprévisibles et rapides de paramètres extrêmement importants pour la gestion d’une entreprise (cours des monnaie, des matières premières, solvabilité des acteurs, variation des taux), les dirigeants sont simplement des charlatans. Affirmer que l’on peut diriger quelque chose quand tout varie très vite et dans tous les sens, c’est être extrêmement prétentieux. De grosses entreprises (voire des états tout entier) vont à nouveau tomber et les dirigeants ne seront d’aucune utilité, comme ils l’ont toujours prouvé. Par contre, on ne remettra jamais en cause les salaires et primes qu’ils se seront octroyés avant la chute de leur édifice, preuve qu’ils ne prennent aucun risque à jouer les charlatans.
Prenez un petit producteur laitier : peut-il faire des projections et s’endetter pour se moderniser par rapport au prix du lait actuel ? Non, évidemment. Tous les dirigeants en sont au même niveau d’incertitude : aucune projection possible, donc une direction parfaitement inutile.