Nous avons tous 2 parents, 4 grands-parents, ..., environ 1 million (2 puissance 20) d’ascendants à la 20ème génération : nous sommes tous frères mais nous avons aussi, inévitablement, quelques criminels parmi nos ancêtres.
@quijote Il faut quand même être assez précis. Nous sommes tous plus ou moins spécialiste. Un pâtissier apprenti n’ira pas demander à un maçon comment faire les choux à la crème. Quand on parle de hiérarchie, on parle de subordination, ce qui implique une soumission. De mon point de vue, un jeune ingénieur peut s’informer auprès d’un ouvrier expérimenté pour moins se planter sur ses prévisions, par exemple. En ce sens, nous avons tous notre mot à dire dans notre domaine ce qu’une hiérarchie forte n’admet pas. Un exemple parmi d’autres : les médecins, qui sont censés être responsables de leurs patients, n’ont pas pu les soigner comme ils l’auraient voulu pendant la plandémie Covid : ce sont les politiques qui leur ont imposé un protocole strict et ils ont été poursuivis s’ils ne le respectaient pas (ce qui les rend de facto irresponsables : des pions manipulés, en aucun cas des médecins). Et comme le pouvoir corrompt et qu’il conduit à en vouloir systématiquement plus, il faut le limiter très fortement dès le départ et se passer de « chef » autant que possible.
@quijote La hiérarchie apparaît avec le besoin d’organisation et la nécessité de faire des choix.
Vous mélangez 2 choses : la hiérarchie des choses et les relations hiérarchiques dans une société pyramidale. Il est évident que quand on conduit, on doit faire des choix et on ne doit pas être perturbé par un piéton qui serait habillé de façon excentrique sur le trottoir, mais une voiture même sans priorité dont la trajectoire entre en collision avec la notre doit nous faire réagir immédiatement. Il a bien une hiérarchie des choses quand on veut résoudre des problèmes, et ce serait être autiste que de ne pas être capable de faire le tri entre ce qui est important et ce qui est secondaire. Mais décider qu’un chef doit être nommé systématiquement pour organiser les relations entre les hommes dès qu’un problème se pose montre qu’on ne veut régler justement aucun problème. On va juste accepter la décision du chef en s’y soumettant, ce qui ne s’approche nullement de la liberté. C’est en fait la voix de la dictature, de la facilité. Plutôt que de discuter, de débattre, on nomme quelqu’un. C’est bien plus « efficace » pour une action isolée (pas de débat, pas de vote), mais sur long terme, ça peut conduire 2 chefs à se faire la guerre, ce qui rend l’efficacité d’une telle structure pyramidale très faible globalement.
Et ce qui compte c’est le long terme et les discussions qui aboutissent à une solution négociée n’ont aucune raison d’être jetées à la poubelle, c’est une construction collective qui doit être partagée, améliorée, contrairement aux décisions d’un chef qui peuvent être parfaitement arbitraires et non divulguées.
Tout est choix. Donc tout est hiérarchie.
Je dirais au contraire que dès qu’une hiérarchie s’installe, le choix de la plus grande partie de la population (il y a moins de chefs que d’exécutants) s’amenuise. La liberté c’est le choix et le choix est maximal sans contrainte, donc sans hiérarchie. Mais nous avons effectivement des contraintes naturelles (et autres) qui limitent évidemment tous nos choix (on ne choisit pas son sexe, par exemple).
@NICOPOL Merci également pour votre réponse. Je crois que la seule manière de développer ce sujet (à mon avis fondamental) serait d’écrire un roman complet expliquant minutieusement la vie d’une civilisation « semblable à la notre » mais sans aucun chef. C’est un gros travail (trop gros pour moi pour le moment), il faudrait de nombreux articles-chapitres et un peu d’humour pour faire avaler ce sujet très sérieux. Nous n’avons pas de culture anarchique car tous les « artistes » sont eux-mêmes élitistes et n’imaginent rien d’autre que des mondes hiérarchiques : ils participent même largement au mythe de super-chef super-héros qui va, à lui seul, sauver la galaxie.
@quijote Et il se trouve que nous sommes exactement à ce moment de l’histoire en
occident : nos élites sont pourries jusqu’à la moelle. Il faut
absolument qu’on s’occupe de ça. Mais ce n’est possible que quand une
majorité suffisante s’en est rendu compte. Ça vient. Mais doucement.
Vous avez tout dit. Une société hiérarchique n’est qu’une succession de crises plus ou moins violentes. Je pense sincèrement qu’on peut les éviter en apprenant à collaborer réellement. C’est à l’opposé de notre monde mais invoquer la nature humaine pour dire que c’est impossible nous ramène au niveau de la bête. Je crois qu’un humain peut devenir à peu près n’importe quoi selon ce qu’on lui enseigne. Je ne dis pas de rejeter l’animal qui est en nous mais être civilisé, c’est avoir le dessus sur cet animal, ce n’est pas être piloté par cet animal. Et quand on voit notre monde, je ne vois pas de civilisation : je vois la violence la plus bestiale, à tous les niveaux. Se massacrer avec des canons n’a rien de civilisé.
@NICOPOL Le problème, c’est que la confusion est dans notre cerveau reptilien et elle est exploitée à outrance par ceux qui veulent tout le pouvoir. En fait, dans la nature, de nombreuses espèces doivent collaborer en groupe pour survivre (canidés, singes, etc...). Et cette « collaboration » se fait (pour les espèces les plus évoluées) par la force d’un chef qui domine, les autres se soumettent. Cette soumission est nécessaire pour la pacification, cela évite que les groupes s’autodétruisent ce qui conduirait à la disparition de l’espèce.
Depuis que l’homme a suffisamment de technique pour dominer toutes les autres espèces, il n’a absolument plus besoin de ce schéma dominant-dominé dans ses relations internes. Tous les « chefs » utiles que vous donnez ne sont pas des vrais chefs : ce sont des planificateurs, des formateurs, etc... Mais la confusion est entretenue pour que les chefs soient considérés indispensables.
Notre éducation est très mauvaise car elle nous apprend à être spécialiste mais elle ne nous apprend pas à collaborer sans chef justement. Les projets de fin d’études réalisés à plusieurs sont loin du résultat à rechercher. On devrait presque commencer à travailler par petit groupe dès la primaire et faire passer la taille des groupes du niveau de la classe au niveau d’équipes répartis sur tout le territoire (voire à l’international) pour les études supérieures. Et cette collaboration devrait être tellement évidente (avec une mixité des âges) que la séparation entre les études et le travail devrait être très floue. Cette collaboration apprise nous rendrait autonomes et responsables, moteurs et réalisateurs de nos propres besoins et désirs en allant s’associer automatiquement avec ceux qui ont envie et qui permettent à nos projets mis en communs de se réaliser.
Cela parait utopique mais quand on voit l’absurdité du monde actuel, si on vivait dans un monde sans « chef », on trouverait encore plus aberrant que des milliers de personnes puissent s’entretuer sans se connaitre, simplement parce qu’elles sont classées dans différentes catégories (nations, religions, etc...) et que leur chef respectif les pilote dans cette direction.
Et pour ceux qui pourraient penser que c’est l’argent qui permet la collaboration, c’est complètement faux. L’argent est dans la logique de la soumission : sans argent, on nous fait croire que rien n’est possible. Avec de l’argent, une personne possède le temps des autres (relation chef-soumis).