Nous avons tous 2 parents, 4 grands-parents, ..., environ 1 million (2 puissance 20) d’ascendants à la 20ème génération : nous sommes tous frères mais nous avons aussi, inévitablement, quelques criminels parmi nos ancêtres.
Vous vous trompez sur la monnaie. Je connais l’historique sur le côté pratique. Mais la monnaie existe parce que les premiers échanges ont été basés sur le vol et sur le secret : on ne veut pas dire à celui à qui on vend un objet ou un service comment on l’a fait ou comment on va le faire. Et c’est cette culture du secret qui fait que certains se font avoir (travaillent plus qu’il ne reçoivent des autres) et forcément, d’autres sont gagnants... Si on jouait carte sur table, avec des procédés de fabrication connus et divulgués (la propriété intellectuelle est une aberration, pire encore que la propriété foncière), on pourrait déduire de chaque ressource, de chaque objet ou service en vente, un prix juste, un prix « horaire normalisé » (car certains travaux sont plus pénibles que d’autres). Ces calculs sont compliqués (il faut compter les amortissements d’outils et d’infrastructures) mais il sont faisables. Mais pour passer d’un système économique basé sur le secret et le vol à un système juste il faut que l’économie entière fasse la transition que fait l’informatique (du code secret au code libre et ouvert). Il commence à exister des matériels dont les procédés de fabrication sont divulgués (voitures électriques open source,...). Avec l’impression 3D, et des plans en accès libres sur internet, on pourra finalement revenir à une autonomie perdue sans pour autant revenir à l’age de pierre.
@lephénix Oui, la prise de conscience progresse à la vitesse de l’exclusion que le système génère. Espérons simplement qu’avec les moyens de communication et le niveau d’éducation global (qui est objectivement meilleur qu’en 1929), on accouche d’autre chose que d’une dictature ou d’une guerre... Peut-être que nos parasites ont trouvé un virus sympa pour faire du ménage dans nos rangs. On verra bien.
D’accord avec vous sur l’historique. C’est essentiellement la spécialisation (avec l’augmentation des connaissances qu’elle entraîne) qui a permis les gains de productivités ... et la perte d’autonomie. Cependant, on arrive à une époque où le travail disparaît, où notre temps libre réellement libre augmente également et tout cela « grâce » aux machines. Il ne faut pas se voiler la face, le nombre de spécialistes (dont je fais partie : électricien de formation) qui n’ont absolument pas trouvé dans leur domaine et ont fait des choses parfaitement improductives à la place (« jobs de merde ») est gigantesque. Je crois que l’on peut se permettre de demander à chacun un peu de temps pour les travaux (peu valorisants) mais nécessaires aux besoins vitaux et laisser le temps libre pour pratiquer ses passions (on a peu de chances d’imiter le grand bond en avant Chinois, d’une toute autre époque). Le fait de créer un revenu universel va créer un schisme définitif entre ce que l’on appellera les assistés et les travailleurs encore capables d’être compétitifs. Et la société de classe élitiste dans laquelle on se trouve aura une vraie raison d’être. Un enfant qui n’aura jamais vu travailler ses parents aura très peu de chances de passer dans l’autre classe. Mais vous avez encore raison, la recherche d’autonomie est indispensable à un minimum de liberté. En fait, aujourd’hui, à moins d’entrer dans les ordres (et donc d’être obligé de croire en certaines choses : pas vraiment libres), ils n’existent pas de « communautés » autres que privés (entreprises) pour combler nos besoins (élémentaires et autres) et nous donner un certain sentiment de liberté, d’autonomie. L’individualisme tel qu’on le pratique nous permet de penser librement, mais nous montre à quel point nous sommes dépendants de la collectivité et fragiles (diviser pour régner).
@lephénix qui de nos jours ignore le mécanisme de création monétaire ? Je ne suis pas sûr de comprendre. N’y aurait-il pas une révolution si tout le monde savait comment l’argent était créée dans les banques ? Pourquoi finalement certains cherchent à créer une « monnaie libre » alors que c’est la monnaie qui dévoie tout justement ? Avec la monnaie et la sacro-sainte loi de l’offre et de la demande, on peut escroquer des éleveurs qui produisent du lait à perte ou donner des revenus indécents à des traders, des acteurs ou des sportifs qui en fin de compte se rémunèrent tous sur les achats que l’on peut faire au supermarché du coin, qu’on le veuille ou non car on nous demande pas notre avis. Enfin, il y en a qui sont convaincu que regarder une publicité ou cliquer sur un lien rapporte à d’autres (ce sont ceux qui possèdent les boites qui décident de l’enveloppe qu’ils donnent). Je suis effectivement pour la suppression de la monnaie, même « libre ». La seule justice, c’est de rémunérer le travail par le travail. La monnaie créera toujours des déséquilibres car la loi de l’offre et la demande est toujours honteusement trafiquée. Si je regarde autour de moi, la plupart des gens estiment la monnaie indispensable : on n’est pas près de la supprimer... Et c’est vrai que ça a un côté simpliste : donner une équivalence de tout avec une seule échelle.
Pourquoi le travail ne serait pas un moyen d’épanouissement ? Je suis pour la suppression des tâches fastidieuses et on ne peut que souhaiter un monde où tous les métiers pénibles auraient disparu. Mais il se trouve que de nombreux métiers pénibles, pourtant indispensables, sont très mal rémunérés et, justement parce qu’ils sont mal rémunérés, on ne ressent pas le besoin (financier) de les changer (par automatisation (transformation), par plus de reconnaissance (moins d’heures pour le même revenu), etc...). Il existe aussi de nombreux métiers totalement inutiles et pourtant bien rémunérés qui ne permettent pas non plus un réel épanouissement. Les métiers où l’on s’épanouit sont finalement si rares qu’il faut connaître du monde, ou au minimum plaire à ceux qui distribuent de tels emplois. Si l’on veut réellement faire avancer les choses, il faut partager les tâches fastidieuses (tout le monde se sentirait concerné par leur suppression) et laisser libre les gens de pratiquer ce qui les épanouit. Exemple : vous avez des diplômes, pouvez-vous accéder à du matériel pour faire des essais, de la recherche ? Non, il faut être chercheur ou développeur dans une entreprise.