Nous avons tous 2 parents, 4 grands-parents, ..., environ 1 million (2 puissance 20) d’ascendants à la 20ème génération : nous sommes tous frères mais nous avons aussi, inévitablement, quelques criminels parmi nos ancêtres.
Rien empêche les tribus de s’associer pour fabriquer quelque chose qui n’aurait pas de rentabilité ou de sens à leur petit niveau.
De toutes façons, la globalisation telle qu’on la pratique sera toujours associée à un système d’uniformisation très autocratique. Et un tel système ne générera qu’inégalités, mécontentements et instabilités. Pour moi, c’est anti-civilisationnel, c’est violent. Chacun a ses idées pour un gouvernement mondial, donc il sera impossible de s’accorder avec des lois universelles. Les tribus sont plus civilisationnelles si la mobilité inter-tribu n’est pas entravée. Si on a autant de systèmes que de tribus alors on a une association de tribus qui permettent la liberté donc le respect : c’est à cela qu’une civilisation d’humains doués d’empathie devrait prétendre.
Vouloir conquérir la galaxie est complètement animal même si ça n’est pas tribal (je reconnais). Tout le monde n’a pas envie de participer à un tel but et je pense que chercher un but pour une civilisation, c’est déjà vouloir contraindre les autres.
Pour l’intelligence, on peut faire le parallèle avec le physique. L’invention de machines (plus puissantes que nous) a accompagné la décadence physique de l’homme. Si on invente une Intelligence Artificielle qui puisse remplacer l’humain au travail, alors on aura la même décadence intellectuelle. Globalement, les humains rechignent à faire des efforts mais il y a toujours des personnes pour s’entretenir physiquement de manière purement gratuite, il y aura toujours des gens pour entretenir leur intellect.
Ce que je pense, c’est que notre système sélectionne les personnes les plus animales pour les postes de pouvoir (c’est complètement « naturel » la domination, la hiérarchie), ce qui conduit à une grande frustration de ceux qui sont un peu plus humains et qui constatent avec tristesse les résultats d’une telle politique.
Finalement, les personnes de pouvoir (dans un système mondialisé), ont un comportement purement tribal : moi et ma famille d’abord. Il faudrait prendre les bons côtés de la tribu (la diversité) et rejeter ses mauvais (le nombrilisme).
Ainsi sortir du Capitalisme c’est accepter une inconnue.
C’est le problème de fond.
Finalement tout le monde raisonne avec le système capitaliste puisqu’on en fait partie. Mais peu de gens sont capables d’imaginer quelque chose de différent. Pire, les gens s’attendent à ce que le changement viennent d’en haut, ou en utilisant les règles du système actuel qui verrouille justement tout changement.
La seule solution est d’organiser des échanges locaux basés sur des monnaies locales qui doivent être définies de multiples façons (tout devrait être expérimenté). On ne peut pas fabriquer des ordinateurs avec des économies locales, mais on devrait être capable de se nourrir et de se loger (résister à une éventuelle grave crise) et puis, petit à petit, comparer et juger la diversité des systèmes possibles (chaque test local serait une exemple de plus pour éliminer l’inconnue en face du capitalisme), organiser des échanges entre économies locales avec des systèmes différents sans chercher à uniformiser les règles (la diversité c’est la liberté), permettre aux personnes (par mobilité géographique) de choisir leur système local en fonction de leur goût. Et voilà !
En somme, on ne changera pas de système si on n’expérimente rien à attendre le changement. Les révolutions ne changent que les têtes, pas le système : un système sans tête s’obtient de manière volontariste.
@Jean Keim Il y a 2 problèmes qui sont les mamelles de l’exploitation de l’homme par l’homme : l’argent et la propriété privée. L’argent ne représente absolument rien (l’auteur le montre d’ailleurs : le prestige, c’est du vol). L’argent permet le vol indolore.
Une « monnaie » qui aurait la valeur d’une heure de travail (normalisée) empêcherait le vol dans les échanges, mais elle nécessite également l’absence de propriété privée (des moyens de production au minimum). Mais avec une telle monnaie, il n’y a plus de riches possibles. Ceux qui travaillent plus s’en sortent mieux mais pas de manière scandaleuse. Cette monnaie nécessite également une connaissance précise des procédés de fabrication (pour une fixation des prix en temps de travail) : c’est la base des échanges non basés sur le vol.
Grâce à une monnaie qui fixe les prix avec la loi de l’offre et de la demande, des commerçants peuvent vivre sur le dos des travailleurs : on achète des produits au meilleur prix pour les revendre plus chers sans aucune valeur ajoutée. De même, des produits apparemment identiques (emballage ou aspect identique) peuvent être très différents à l’usage ou à la consommation. Mais si les procédés ne fabrication sont secrets, seul compte l’aspect lors de l’achat, peu importe la qualité. Pour contrer ces vols permanents dûs au problème d’une monnaie qui ne représente rien, on invente des labels, des normes ... tout un tas de trucs qu’il faut contrôler mais comme on ne peut pas payer trop cher tous ces contrôleurs largement corruptibles, tout est plus ou moins bidon.
De même, la propriété privée permet aux possédants de voler de manière scandaleuse. Pourquoi des locataires ne peuvent pas acheter leur logement (salaire trop bas, le banquier dit non pour un crédit), mais payent plusieurs fois la valeur de leur logement au cours de leur vie ?
L’investissement n’a pas besoin de capitaux, d’argent : c’est un simple calcul de rentabilité de temps de travail passé. Si on faisait tout de manière artisanale, on passerait beaucoup trop de temps sur des produits courants (qui coûteraient donc cher en monnaie-travail). Augmenter la productivité sur les produits les plus demandés est l’évidence de la bonne gestion économique.
@Clocel Vous avez raison, la liberté ne peut pas venir d’un monde pyramidal où la tête impose son point de vue à la base, même si (dans une démocratie hypothétique) la contrainte choisie est la plus largement acceptée : démocratie ou système pyramidal impose une uniformité, rien à voir avec la liberté. C’est l’exemple du vélo en ville : c’est dangereux en ville à cause des voitures, donc les gens se rabattent ... sur la voiture et rendent le vélo encore plus dangereux. La seule solution : des lois géographiques. On interdit la voiture sur certaines zones (le vélo serait roi sans les dangers) et on laisse la voiture dominer dans d’autres zones (chacun étant libre de choisir sa zone). L’uniformisation par des lois universelles n’a jamais été la liberté, car nous ne sommes pas identiques et le grand principe de la liberté est de respecter les différences des autres, d’être tolérant. Mais la tolérance a toujours ses limites sur une zone géographique donnée, d’où la segmentation nécessaire. Quant aux contraintes, nous sommes des animaux, nous vivons sur Terre, les contraintes sont nombreuses mais inutile de rallonger la liste. Nous devrions avoir le choix de ne pas accepter l’argent, la propriété privée (de ne reconnaître que la valeur travail sans laquelle nous ne pouvons être que des cannibales), ... Il y a assez de place pour faire coexister des systèmes différents.
@Agafia C’est quoi la liberté ? Posséder une machine à laver ?
La question est intéressante, finalement beaucoup de personnes ne savent pas ce que c’est, et ils croit parfois se libérer alors même qu’ils se soumettent de plus en plus...
La liberté c’est pouvoir choisir sans contrainte. Mais pour ne pas avoir de contrainte, il faut être autonome. Parfois, les gens se soumettent toute leur vie à « des choix » très coûteux. En fin de compte, la première règle pour être libre est de ne pas être capricieux, ou plus exactement d’avoir une maîtrise saine, celle qui ne vous rend pas triste de ne pas « avoir » ou « faire » quelque chose, mais celle qui vous assure que ce n’est pas cette chose qui va vous rendre « heureux ». En gros, moins on est matérialiste, moins on est animal (volonté de domination ou de reproduction) plus on est libre. Si certains philosophes, comme Diogène, prônaient justement le dénuement total pour accéder à la liberté, je pense que dépendre des autres (mendicité ou générosité dans Easy Rider) est une absence d’autonomie, donc de liberté. Il faut un juste milieu entre le dénuement total et la psychopathie des millionnaires qui sont esclaves de leurs désirs sans limites.
Vendre de la drogue est en soi un acte de soumission à l’argent et donc au matérialisme. On se croit libre en enfreignant la loi mais on rend des consommateurs dépendant (donc moins autonomes) d’une chose au départ inutile qui peut pourtant les détruire. La pratique de sa liberté ne doit pas soumettre les autres, sinon c’est la liberté du maître qui possède des esclaves et qui conduit un jour ou l’autre à la guerre. Rouler en moto est bien moins libre que de rouler en vélo. Il faut mettre de l’essence dans une moto. Faire du bruit n’est pas respecter la liberté des autres de vivre dans le calme (nuisance, la liberté s’arrête là où commence celle des autres). Que savent-ils faire dans Easy Rider, pour montrer qu’ils sont autonomes ? Rien, comme d’ailleurs dans la plupart des films : il n’y a guère que les documentaires pour montrer des gens ayant une compétence, une activité...
Bref, si la liberté c’est la déchéance, vivre sur le dos des autres sans scrupules (comme nos élites en tout genre), alors Easy Rider est un film qui parle de liberté.