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Philippe Vassé

Philippe Vassé

Historien de formation initiale, humaniste attaché au savoir, libre penseur et laïque, je réside à Taïwan, au bord de l'Océan Pacifique et aux pieds de magnifiques montagnes.

Tableau de bord

  • Premier article le 02/05/2007
  • Modérateur depuis le 26/06/2007
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Derniers commentaires



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 2 juillet 2007 14:21

    Internaute,

    Merci de votre commentaire auquel je réponds avec un souci de vérité et d’ojcetivité sur les faits et les chiffres.

    Je ne pense pas que la France, comme la plupart des pays européens, ou les Etats-Unis, aient eu une presse qui faisait l’impasse (vous parlez de « black-out ») sur la Russie : il s’agit plutôt, à lire les articles qui ont été consacrés depuis 1991 à ce pays et à son principal dirigeant actuel depuis 1999, d’un manque de prise de conscience de ce qui se passait.

    On pourrait aussi parler, à la limite, d’une absence d’intérêt véritable ou d’une certaine incompréhension.

    Quant au réarmement en cours, que vous m’accusez étrangement de mettre en relief, s’il ne faut pas le surestimer, il serait tout aussi injuste et inadéquat de le mésestimer, voire de tronquer l’information publique : il ne s’agit pas d’un programme uniquement tourné vers l’armement nucléaire- ce qui est une erreur de compréhension- puisqu’une partie de l’effort financier annoncé par les médias russes va servir à moderniser, selon les responsables russes eux-mêmes, d’abord les systèmes ballistiques, en clair, les missiles d’attaque et de défense anti-missiles.

    Toujours selon les sources officielles russes, deux autres priorités sont fixées : l’aviation et sa modernisation technologique (incluant la défense anti-aérienne et anti-missiles) et l’armée de terre, notamment les blindés et les forces motorisées.

    Pour résumer, l’effort de réarmement est global et touche autant les armes conventionnelles que nucléaires.

    Pour la marine, je n’ai pu obtenir d’informations fiables, à l’exception de la construction en cours de sous-marins nucléaires du type BOREI. Mais, sous toute réserve, il semblerait qu’elle ne soit pas pour le moment une priorité pour les autorités.

    L’explication en est d’ailleurs assez simple : les carnets de commande des industries navales militaires russes de navires et de sous-marins sont déjà remplis, outre les programmes russes en cours, par des demandes étrangères (Vénézuela entre autres récemment), et le pays a besoin de devises.

    Sur la question du budget militaire russe, il paraît peu sérieux de se fier aux seuls chiffres officiels budgétaires. Ainsi, la vente de matériel militaire à divers Etats fournit aussi des moyens financiers à l’Etat russe pour accélérer ses programmes définis comme prioritaires.

    Un chiffre pour réfléchir : en 2006, le seul Vénézuela a acheté pour 3 milliards de dollars US de matériel militaire russe : des navires, des hélicoptères, des avions de combat récents et divers types d’armes portatives. Et il n’est pas le seul client de la Russie....

    C’est ce que disait en substance avec « finesse » voici 3 jours le Ministre de la Défense russe en rappelant à tous que la Russie disposait de nouveau d’un « complexe militaro-industriel » de haute technologie et rénové !

    Le message était clair et accompagné du tir réussi d’un nouveau missile (le Bulava) à partir d’un sous-marin, le Dimitri Donskoï, missile qui a parcouru 6700 km. Rappelons que le premier essai du Bulava en décembre 2006 n’a pas été annoncé du fait de son échec.

    Bien cordialement vôtre,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 2 juillet 2007 13:27

    Zen,

    Bravo et félicitations pour cet article qui résume et concentre toute la problématique liée à la « mise en concurrence du marché de l’énergie » comme le disent d’un air savant les politiques français, et surtout européens, avec leur cortège de « faiseurs de discours » déconnectés de la réalité vécue par les citoyens.

    On se dirige droit vers une situation à la californienne, avec ceci de particulier que si, crise il y a, elle touchera largement plus de personnes et sera plus coûteuse à réparer pour l’ensemble de la société.

    J’habite pour le moment dans un pays- Taiwan- dont le gouvernement, pourtant se revendiquant de l’économie de marché, contrôle les transports, l’eau potable et l’énergie, à travers des entreprises d’Etat. Résultat : les transports publics fonctionnent bien, sont peu côuteux et confortables (trains et autobus y sont climatisés depuis des lustres) ; l’eau, de qualité normale, y est fournie au prix quasi-coûtant, c’est à dire presque 8 fois moins cher qu’à Paris et l’électricité, outre les dépannages rapides et gratuits en cas de problèmes techniques, est 3 fois moins chère qu’en France....

    Et, le détail est croustillant pour nos eurocrates si compétents et nos économistes si suivistes, personne, absolument personne ne veut changer cette situation, qui, si elle n’est pas parfaite, est en tout cas fort satisfaisante pour la population ..et les caisses de l’Etat, même sur le plan du rapport qualité-prix.

    Mais, avec l’UE, il faut privatiser, privatiser encore, privatiser toujours : et on a le trains anglais, les routes bloquées par la neige faite de moyens ou le Tunnel du Mont Blanc qui devient un piège mortel pour cause de rentabilité...

    Il semble que le dogmatisme « économique » qui règne en maître à la Commission Européenne se désintéresse totalement de la vie quotidienne et du niveau de vie des citoyens européens, et surtout met en péril l’avenir de nos sociétés.

    Cette mise en concurrence qui se dit et se lit aussi privatisation avec hausse continue des prix et baisse concomittante de la qualité des services rendus aux utilisateurs est bien une aberration politique absolue et un non-sens économique total.

    Les citoyens abusés pour l’heure s’en rendront vite compte !!! A l’heure des comptes sous forme de factures....

    Il m’a semblé entendre dans les actualités internationales qu’en Californie, et dans d’autres pays qui se développent, on se prépare à renationaliser le secteur électrique ou on l’a déjà fait....C’est dire si cette orientation européenne est « pragmatique » et intelligente !!!

    Bien cordialement vôtre,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 2 juillet 2007 04:25

    65beve,

    Oui, vous avez raison de souligner que, dans les conflits, de tous temps, les femmes, et derrière les enfants, sont des victimes autant directes qu’indirectes.

    Ce qui s’est passé avec les « femmes de confort » de l’armée japonaise ne doit pas être l’arbre qui cacherait la forêt des exactions des militaires de toutes nationalités et de toutes les époques.

    En Irak, la situation, surtout depuis l’affaire de la prison Abou Ghraib, est connue. Aux Philippines, meurtres ciblées et viols de femmes de personnes suspectées d’activités « de gauche » sont devenues une habitude que Human Rights Watch a dénoncés par un communiqué le 28 juin dernier.

    La guerre est le non-droit et la barbarie à 100%. Et le viol et la mise en esclavage sexuel des femmes, que ce soit dans les camps nazis, pour les soldats japonais ou pour les militaires américains, est une forme de cette barbarie.

    Pour ce qui concerne le sujet abordé, je constate que, pour l’heure, les autorités japonaises actuelles font la sourde oreille et se placent un bandeau devant les yeux.

    Mais, comme je concluais dans l’article, ce qui se passe au Japon même dans l’opinion publique contre ce gouvernement qui allie une corruption profonde à un cynisme odieux, annonce que ce négationnisme indigne d’une vraie démocratie est condamné à se retourner fortement contre ses initiateurs.

    Le gouverneemnt de Monsieur Abe ne voit pas et ne comprend pas que les temps changent. Mais, pour paraphraser un érudit célèbre affrontant le négationnisme des autorités papales en matière scientifique au Moyen-âge, « les temps changent » et la situation tourne....

    Bien cordialement vôtre,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 1er juillet 2007 06:58

    Gokyo,

    J’ai oublié dans ma précédente réponse de manifester mon accord avec ce que vous dites sur l’Afrique et l’Amérique du Sud, mais aussi de préciser que, concernant la Chine, il me semble nécessaire de ne pas confondre ethnies,nationalités diverses et questions des minorités religieuses, cultures et langues régionales au sein d’un même peuple se rattachant à une même culture et même langue.

    Comme il me paraît souhaitable, pour la Chine, de ne pas confondre « répression ethnique » avec répression politique, actuelle ou passée, qui visait et vise exclusivement à maintenir et promouvoir un pouvoir central stable et les privilèges propres de ses membres. Concernant la Chine, des historiens passés ont parfois qualifié, à tort, « d’ethnies » des populations Han ou assimilées qui avaient des caractéristiques culturelles distinctes.

    Il s’agit là d’une attitude que je qualifie « d’europocentriste » car elle tend à vouloir appliquer, à coller les mêmes schémas européens de pensée, de lecture et d’analyse pour tous les pays, peuples et continents,sans essayer de comprendre les réalités specifiques diversifiées étudiées.

    Un exemple concret vient aussitôt à l’esprit : les Hakkas. Ce sont des Han sur le plan « ethnique », avec une langue et une culture spécifiques dérivées de la langue et de la culture chinoises « générales ».

    En Chine, il est naturel, depuis fort longtemps, pour les habitants de se différencier culturellement dans le contexte « chinois », notamment par les parlers régionaux- cantonais-fujianais, etc....- sans conflit et sans remettre en cause le cadre national commun. D’où l’absence de conflits « ethniques » et inter-religieux impliquant la population dans sa grande masse.

    C’est toujours le pouvoir central, comme dans la lutte entre le confucianisme et le bouddhisme, qui a généré une répression ponctuelle contre un groupe ou une croyance, en fonction de ses craintes, besoins et/ou objectifs politiques propres. La population est restée extérieure à ces actes répressifs.

    Il importe, à mon sens, de ne pas transposer en Asie, comme en Afrique et en Amérique du Sud, des modes de réflexion et des instruments d’analyse préconçus inadaptés ou, en tout cas, inadéquats.

    Bien cordialement vôtre,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 1er juillet 2007 06:11

    Gokyo,

    Je vous remercie d’abord de votre message qui est intéressant et constructif.

    Vous abordez les éléments donnés sur 3 pays : le Népal, le Bhoutan et la Chine. Il est vrai que je n’ai fait que rapidement « passer » sur les deux premiers, eu égard à leur influence très réduite sur la situation d’ensemble du continent et afin de ne pas allonger trop l’article.

    Sur le Népal, je pense que nous n’avons visiblement pas les mêmes sources d’information. Je vous invite donc à lire la presse asiatique sur le sujet.... quand elle l’aborde. La guérilla maoïste continue à s’y implanter en profondeur dans le pays tout entier et les jeux officiels d’alliance apparente au niveau du pouvoir actuel ne sont à l’évidence que des manoeuvres tactiques transitoires afin de renverser définitivement la monarchie et instaurer une république. Elles ne peuvent cacher, en tout cas aux yeux des observateurs locaux avertis, la réalité profonde qui existe dans le pays.

    Au Bhoutan, nul n’ignore la situation réelle -même la Banque du Développement Asiatique l’a établie publiquement fin 2006 dans un rapport officiel- et je ne vais pas développer plus ici ce que vous devez aussi connaître.

    Pour la Chine, je répondais à un lecteur qui craignait une explosion de l’Etat chinois qui aurait comme conséquence des conflits ethniques et je précisais que la Chine ne connaît pas de questions « ethniques », ce qui est un fait avéré.

    La question tibétaine n’est pas une question « ethnique », mais comme chacun le sait, une question éminemment politique et nationale. Le problème tibétain n’est pas une source potentielle de « conflits ethniques » pour la Chine.

    Le Tibet est tout au plus, dans la situation actuelle, un fardeau financier supplémentaire inutile dans le budget militaire d’un Etat qui est en phase de dislocation, au pire, une région qui est traitée comme un « Far West » par les autorités de Pékin (cf : la voie ferroviiaire d’altitude construite récemment) et comme une « remise » pour les déchets nucléaires.

    C’est aussi, mais là, nous touchons à la politique étrangère chinoise au sens large, un « pont » que les autorités de Pékin utilisent pour assurer leurs relations vers le sous-continent indien et les républiques de l’Asie Centrale de l’ex-URSS.

    Considérer comme un « conflit ethnique » ou un « problème ethnique » l’occupation violente et la répression incessante de la dictature de Pékin contre le peuple tibétain serait donc une aberration.

    Votre rappel des faits sur le Tibet est utile et nécessaire, mais il me semble qu’aujourd’hui, les Tibétains les plus soucieux de leur pays et de son peuple ont compris le caractère politique de la situation. C’est du fait de cette compréhension qu’ils sont dorénavant en contact étroit avec le mouvement démocratique chinois et son Président fédérateur, Wei Jinsheng.

    L’avenit libre et démocratique du Tibet est lié indissolublement à l’avenir libre et démocratique de la Chine et de son peuple. Telle est l’hypothèse la plus sensée que l’on puisse poser pour l’avenir du Tibet et de son peuple.

    Bien cordialement vôtre,

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