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Philippe Vassé

Philippe Vassé

Historien de formation initiale, humaniste attaché au savoir, libre penseur et laïque, je réside à Taïwan, au bord de l'Océan Pacifique et aux pieds de magnifiques montagnes.

Tableau de bord

  • Premier article le 02/05/2007
  • Modérateur depuis le 26/06/2007
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Derniers commentaires



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 27 juin 2007 09:14

    Parkway,

    Je ne sais pas si l’ironie est appropriée dans une situation qui voit plusieurs continents- à savoir des populations de plusieurs centaines de millions de personnes- basculer dans les guerres et les violences quotidiennes, avec leur cortège de pauvreté et de malheurs.

    Il me semble plutôt que certains citoyens, en Europe et en Amérique du Nord, ont de la réalité une vue si déformée, ou plutôt reçoivent une information si lointaine par rapport aux réalités du terrain, qu’ils sont en quelque sorte « déconnectés » des processus qui sont en cours sur la planète et les menacent directement à plus ou moins long terme, d’une manière ou d’une autre.

    C’est cette absence de réalisme, cette inexistence de regard sur ce qui est, ce refus de regarder en face les faits et de les comprendre que je vise dans cet article.

    Je ne fais qu’énumérer des faits connus en les rassemblant en un seul tableau. On peut le juger catastrophique ou pessimiste. Là n’est pas la question de fond.

    La question de fond est que ces événements sont vrais. Et qu’ils sont la réalité exacte.

    A chacun ensuite d’en tirer ses propres conclusions...

    Bien cordialement vôtre,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 27 juin 2007 07:35

    Dilettante,

    J’avoue avoir quelque difficulté à comprendre le but de votre commentaire et son sens exact.

    Dans une démocratie en construction comme Taiwan, le principe d’égalité des droits vaut pour tous les citoyens, et ce indépendamment de leurs origines diverses.

    Il ne rentre pas dans le cadre forcément limité de cet article de présenter des chiffres, par nature sujets à caution, de la part des uns et des autres. Seuls sont posés les grands paramètres qui peuvent contribuer à une réflexion collective féconde.

    J’ai cité la problématique du problème « ethnique » dans la société taiwanaise en marche vers la démocratie comme une problématique qu’il faudra résoudre avec sagesse par la constitution d’une identité collective rassembleuse, à savoir autour de la notion de citoyenneté pleine et entière, le tout dans une relation de fraternité et de bon voisinage décomplexée avec la Chine.

    Votre relation avec les Etats-nations en Europe et en Asie paraît fort peu adaptée au cas particulier de Taiwan. Pour y vivre au quotidien, je note que se constitue dans l’immense majorité de la population de l’île, et surtout dans la jeune génération, un processus d’identité nationale taiwanaise.

    Etablir un constat objectif et mesurable ne signifie pas prendre parti pour une des forces politiques en présence. Il s’agit ici de présenter les faits concrets, les processus dynamiques vivants, dans toute leur diversité et leur complexité.

    Il me semble que beaucoup de Taiwanais se sentent et se définissent comme tels, sans toujours donner à l’expression le même sens.

    D’où les débats « polémiques » en cours que la vie réelle résoudra au cours du temps, mais qu’il ne m’appartient pas de juger ou de trancher.

    Bien cordialement vôtre,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 27 juin 2007 03:02

    Renard Argenté,

    La Chine est un pays immense, mais aucun problème « ethnique » significatif n’est détectable pour le moment.

    Le cas des pays africains ou moyen-orientaux est ici sans objet. D’autant plus que l’ethnie Han est plus que quasi-majoritaire (95% de la population), ce qui exclut le risque que vous citez et la crainte que vous exprimez derrière.

    La désagrégation de l’Etat chinois s’exprime de la même façon, si on peut comparer les deux situations dans deux moments historiques bien différents, que l’effondrement progressif de l’Empire entre la fin du XIXème siècle et 1911. L’Etat chinois tend littéralement vers l’explosion et il ne tient encore en un seul morceau que par une répression impitoyable quotidienne contre les tendances qui le morcellent, répression qui ne peut durer bien longtemps tant les forces dislocatrices à l’oeuvre sont puissantes et sans cesse plus fortes.

    Le Parti unique est lui-même totalement disloqué comme tel. Ce n’est plus, pour reprendre une image parlante, qu’un Conseil d’Administration de la corruption, qui tend plus ou moins à éviter que ce fléau porté par lui ne tarisse la source collective d’enrichissement indû. Le Parti reste uni, en apparence, par le seul « ciment » très friable de la corruption massive et parce que que le pouvoir central dictatorial qu’il soutient est le garant de cette corruption générale à tous les niveaux.

    L’affaire du « dentifrice » dangereux a exprimé ce rôle « arbitral » du pouvoir central, comme la loi sur les medias et les informations avec son texte de compromis manifeste entre factions opposées.

    L’Etat chinois affaibli et impuissant ne peut plus qu’agir ponctuellement et seulement sur tel ou tel plan tant il est incapable dorénavant de jouer son rôle d’Etat pleinement et de façon pérenne.

    En résumé, pour répondre à votre interrogation fort légitime, l’explosion de l’Etat chinois risque bien de produire une situation « balkanique » où le pays éclaterait en zones livrées à de véritables maffias régionales issues du Parti et de l’Etat disloqués, des sortes de « Seigneurs de la Guerre », mais économique plus que militaire.

    C’est là la pire des hypothèses, la meilleure étant un processus de dislocation -reconstruction de l’Etat autour de forces politiques nouvelles implantées au niveau de tout le pays.

    Mais, justement, la répression féroce contre les forces démocratiques tend, entre autres buts, à empêcher physiquement cette solution de paix et de stabilité futures pour le pays. Dans ce sens, le refus externe de soutenir avec détermination une opposition politique unifiée au plan national met en péril l’avenir de la Chine, et donc de son économie.

    Bien cordialement vôtre,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 26 juin 2007 17:04

    Baobab,

    Vous avez parfaitement raison sur le manque de faits venant appuyer les arguments donnés dans l’article. Les produire aurait conduit à allonger l’article de manière excessive et dommageable pour les lecteurs.

    Ceci dit, les échanges via les commentaires apportés peuvent un peu pallier cette carence que vous avez justement relevée à juste titre.

    Je crois que nous parlons de choses totalement différentes. Personne ne met en cause le fait même, qu’au-delà des mensonges permanents et sur tous les sujets de la dictature de Pékin, la Chine dispose de réserves monétaires de change importantes et puisse présenter au monde, toujours en « apparence », des résultats économiques spectaculaires. Ceci dit, il convient de regarder en profondeur les faits et les processus en cours afin de les comprendre mieux et les apprécier en perspective.

    Le déclin accéléré de la qualité des produits chinois aboutit au fait que, de plus en plus de ces produits sont interdits de vente et/ou retirés des marchés étrangers. De fait, une méfiance générale des consommateurs se fait jour quant à la qualité déficiente ou la non-dangerosité des produits « made in China », et ce malgré les réactions indignées des autorités chinoises. Pour l’heure, le phénomène est surtout « asiatique », mais il vient de gagner les Etats-Unis récemment avec une affaire de pate de dentifrice considérée comme nuisible à la santé publique.....

    A l’origine de ce déclin de la qualité des produits et donc de la perte rapide de marchés étrangers, ou du moins, de méventes importantes, la corruption généralisée qui désorganise toujours plus les entreprises tant privées que publiques, et ce à tous les échelons. Autant dire que le mal va s’aggraver, avec ses conséquences prévisibles.

    Il y a d’autres aspects qui étayent plus fortement mon argumentation : en 2006, on a dénombré, et ce n’est que la partie émergée de la réalité sociale du pays, plus de 400.000 « incidents sociaux », selon le langage officiel en cours. A côté de cela, les émeutes locales, urbaines comme rurales, se multiplient (une a eu lieu à Pékin cette semaine avec des milliers de participants), la criminalité et la violence ont envahi le pays et conduisent à des assassinats croissants d’hommes d’affaires, de cadres et d’investisseurs étrangers. L’insécutité gagne partout du terrain, ce qui concourt aussi à un processus en cours de désengagement de certaines entreprises et à des annonces de « délocalisations » vers le Vietnam ou la Thaïlande.

    La presse quotidienne démontre, tek un film en négatif, la perte de contrôle croissante du pouvoir et la dislocation de l’Etat à travers ses annonces de dénonciations incessantes, d’arrestations, de procès, voire d’exécutions des fameux « éléments corrompus », et ce à tous les niveaux hiérarchiques, tant la corruption est devenue un fléau national qui détruit le pays et paralyse l’Etat et son fonctionnement stabilisateur potentiel.

    Le mécontentement est général dans la majorité écrasante de la population, et il est visible et palpable pour peu que l’on aille chercher les informations à la source, sur le terrain. Et malgré les diverses formes de censure....

    Cette situation est aussi attestée par les mouvements « aléatoires », formule polie pour dire en forme de yoyo, de la bourse et de la monnaie chinoise, qui reflètent les incertitudes croissantes des investisseurs face à une situation de plus en plus chaotique.

    Bref, tous les ingédients majeurs d’une crise de dislocation de l’Etat chinois se mettent en place alors même que les indicateurs économiques commencent à donner des signes d’alerte pour l’avenir.

    Si le krach économique reste effectivement une « option », pour reprendre votre mot, la dislocation de l’Etat chinois, elle, est un processus vivant dynamique que chaque jour accélère. Et rien ne semble devoir l’arrêter...

    Bien cordialement vôtre,



  • Philippe Vassé Philippe Vassé 26 juin 2007 15:01

    Miaou,

    Le questionnement que vous avancez est en effet intéressant. En Asie, dans les zones riches en pétrole et gaz naturel, voire en d’autres matières premières, les intérêts des grandes entreprises privées du secteur concerné (presque toujours américaines) sont « promus » de la même manière qu’en Afrique ou en Amérique du Sud, et cette « promotion » est loin, très loin des principes de la démocratie, des on=bligations de la transparence et de la paix entre peuples, ethnies, religions et Etats.

    Le cas de l’Irak et du Moyen-Orient est de ce point de vue instructif, mais ce qui se passe dans les anciennes républiques de l’ex-URSS en Asie Centrale est moins connu du grand public et semble moins intéresser les grands médias.

    Votre remarque pourrait être le point de départ d’une réflexion intéressante sur les conséquences politiques désastreuses pour de nombreux peuples de la « gestion » de ces grandes entreprises afin de s’assurer la « propriété » (le contrôle en clair) des sites de production, la sécurité du transport des produits bruts, et donc en définitive, leurs « parts du marché mondial ».

    C’est un débat qui nécessite d’autres études et la collecte de faits afin de les mettre en lumière et d’en démontrer les connexions, les méthodes et les objectifs.

    A chaque jour suffit sa tâche. Mais, je continue à travailler sur ces sujets brûlants.

    Bien cordialement vôtre,

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