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Philippe VERGNES

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Tableau de bord

  • Premier article le 27/04/2012
  • Modérateur depuis le 17/12/2012
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Derniers commentaires



  • Philippe VERGNES 10 janvier 2018 14:51

    @ Bonjour PIPO,


    Précisions importantes auxquelles j’adhère. (Je n’ai pas voulu rebondir sur la phrase d’Hervé Hum que vous citez en début de commentaire, car J.-P. Caillot m’a demandé d’écrire sur cette idée que vous développez. J.-P. Caillot est le co-fondateur du CPGF avec P.-C. Racamier et c’est aussi le légataire testamentaire de son oeuvre. Il vient de créer une association avec Maurice Hurni, Giovanna Stoll et Jeanne Defontaine. Pour vous resituer exactement le truc, vous qui la connaissez, j’avais communiqué cette idée à Ariane Bilheran qui l’a inséré dans son livre Psychopathologie de la paranoïa. Peut-être l’avez-vous lu puisque vous la suivez également sur sa page FB).


  • Philippe VERGNES 10 janvier 2018 14:21

    @ alinea,


    C’est bien ça le problème, chacun apporte sa petite pierre à l’édifice, car je ne pense pas que nous ayons trop le choix. Perso, je pense que nous servons un dessin plus grand qui dépasse notre entendement, mais que l’on peut entrevoir lorsque l’on suit un certain fil rouge (cf. ma série d’articles sur l’empathie).

    D’accord pour la patience. Perso, je n’ai aucune prétention et je sais pertinemment qu’il faudra beaucoup de temps à l’humanité pour accepter de ne plus être dominé par son cerveau gauche. Mais en tant que cerveau droit qui apprend à rééquilibrer son déséquilibre depuis qu’il en a pris conscience (ça commence à dater), je sème mes petits cailloux sans forcer quiconque à me suivre à condition que ceux qui cherchent à m’imposer leur opinion me lâche les baskets, car je n’ai pas plus de propension à m’imposer à autrui que ce qu’autrui cherche à m’en imposer et je conchie les personnes qui adoptent de telles attitudes envers moi. Autrement dit, ma devise serait plutôt « respecte-moi si tu souhaites que je te respecte » et je dois dire qu’à ce niveau-là, j’ai changé, car en tant que cerveau droit, j’avais trop souvent coutume de respecter même ceux qui se montraient incapables de me respecter. Or, c’est aussi le propre des pervers d’agir ainsi et de profiter des personnes qui leur témoigne un respect qu’ils sont incapable de rendre.

    On en revient au schéma du cerveau droit / cerveau gauche, car ce manque de respect est bien une propension liée à l’absence d’empathie des cerveaux gauches (sans pour autant prétendre que tous les cerveaux gauches sont « pervers »). Il y a sûrement là quelques enseignements à tirer de ces observations. C’est d’ailleurs ce que font me semble-t-il les concepts de yin et yang. Mais de ce point de vue là, cette connaissance-là, il faut aller la chercher comme vous le dites. Cela ne peut se faire que par l’introspection. Tiens... encore une chose pour laquelle les cerveaux gauches ne sont pas doués. Comme quoi, il y a bien un bug de la matrice dans une société qui valorise le serviteur fidèle (mental rationnel/cerveau gauche) au détriment du don sacré (mental intuitif/cerveau droit).

    En tout état de cause, je trouve votre commentaire moins désabusé que le premier qui reflétait peut-être une lassitude passagère (compréhensible) ?


  • Philippe VERGNES 10 janvier 2018 12:15

    @ Hervé Hum,


    Il y avait beaucoup de choses dans ton commentaire précédent auxquelles je n’ai pu répondre. Par exemple, sur un sujet qui me tient à cœur, tu disais : « Maintenant, se pose la question de savoir si l’absence d’empathie est une maladie. Malheureusement, ce n’est pas aussi simple ! »

    L’absence d’empathie n’est absolument pas considérée comme une maladie dans notre société d’aujourd’hui, mais peut-être le sera-t-elle un jour ?

    Cette absence ou ce manque (c’est graduel) est étudié de nos jours sous le concept d’alexithymie. J’ai un article en réserve sur le sujet depuis fort longtemps et peut-être serait-il nécessaire que je le termine, car il concerne également le problème de la perversion (mais pas que).

    «  Il faut donc croire que le pervers, l’est « malgré lui » puisque tout son être se développe à partir du déni et que la condition pour être catalogué pervers, est que la personne refuse de prendre conscience de son déni. »

    Oui... absolument ! Contrairement à ce que l’on peut lire souvent, le pervers l’est malgré lui.

    Autre exemple de déni du déni : le cas de la haine. « La haine s’établit sur la négation de l’existence de l’âme pour faire obstacle à la naissance de l’identité humaine, en niant son acte de négation (c’est le déni du déni). » Ainsi, lorsqu’un individu ne cesse de témoigner par divers mantras et constructions pseudo-intellectuelles son mépris pour quelqu’un tout en niant par ailleurs la haine qu’il lui témoigne, alors cet individu fait acte de perversion (dans le sens de perversité puisqu’il s’agit alors « d’abattre » cet adversaire, cet ennemi, cette cible qui dérange le pervers). La fréquence, la durée et l’intensité de ses mantras et autres constructions pseudo-intellectuelles « mesurent » le degré de perversité d’un tel individu. Lorsque l’on à affaire à de tels actes qui s’éternisent sur plusieurs années, on peut présumer sans trop de risque de se tromper une perversion de caractère.

    Le problème de la distinction entre la méchanceté et la perversité tient également au fait que le méchant n’est que méchant et fait le mal consciemment en certaines circonstances, mais le pervers qui fait le mal inconsciemment le fait parfois aussi en toute connaissance de cause. C’est-à-dire qu’il peut être méchant et pervers. C’est toute la difficulté qu’on les victimes de tels individus : savoir distinguer la méchanceté de la perversité. Et c’est extrêmement casse-tête pour les victimes de tels individus parce qu’elles ont bien conscience que « leur » pervers fait parfois du mal inconsciemment, d’où le fait qu’elle le défende et le plaigne.

    Bref, comme tu le dis si bien, la frontière est extrêmement ténue entre le fait de faire le mal en conscience ou inconsciemment. C’est la raison pour laquelle, si l’on veut aller plus loin dans la compréhension de cette problématique, il faut comprendre ce qui motive le pervers. Autrement dit, quelles sont les pulsions qui le « contrôlent » et pourquoi cherche-t-il à contrôler son environnement.

    Au fond, le pervers est un individu extrêmement lâche qui préfère s’en prendre à autrui plutôt que d’avoir à affronter ses propres peurs qui le terrifient tant. D’où le fait qu’il projette sans cesse et que cette projection s’accompagne d’un double déni et d’un clivage (généralement en bon/mauvais).

    «  Cela dit, je ne crois pas que les pervers dominent tant la société, je crois plutôt que pour bon nombre, ce n’est pas la personne qui est perverse, mais le conditionnement du cogito selon une pensée perverse. »

    Effectivement, il n’est pas utile qu’il y ait beaucoup de pervers pour dominer une société tout entière, il suffit juste qu’il n’y en ait qu’un seul qui ait acquis suffisamment de pouvoir pour instiller sa pensée perverse dans toute la société. L’organisation hiérarchique fera le reste par le biais de la contagion psychique.

    Remettre la pensée à l’endroit est un projet de taille compte tenu du fait que les pervers ont acquis dans ce domaine des compétences hors pair à l’heure actuelle puisque l’un de leurs sports favoris est de pervertir le langage à la façon décrite par G. Orwell : « La ’novlangue’ du psychopathe ». Ainsi, le comble de la perversion est de prétendre défendre le langage (remettre la pensée à l’endroit) en en transgressant les règles d’analyse comme sortir un propos de son contexte et séparer la forme du fond, par exemple. On a un spécialiste sur ce site qui sévit depuis des années en enfumant la plupart des ses interlocuteurs sans que personne ne s’en aperçoive. Autrement dit, il contamine la pensée d’autrui en leur communiquant ses propres dénis. C’est assez spectaculaire à observer comme phénomène, mais il n’y a guère d’autre remède qu’une pensée critique très affinée. Or, ce n’est pas à l’école ou dans les universités que l’on apprend à développer son esprit critique (dans le bon sens du terme) ni même sur un site tel que celui-ci où les jugements à deux balles et les insultes l’emportent le plus souvent sur le débat d’idée.


  • Philippe VERGNES 10 janvier 2018 10:52

    @ Rincevent,


    Conclusion très judicieuse. En attendant mieux, puissions-nous œuvrer dans le sens d’une meilleure intégration des différentes disciplines dans le champ des sciences humaines pour sortir de certains dogmes totalement abscons de nos jours.


  • Philippe VERGNES 10 janvier 2018 10:49

    @ alinea,


    « Comment se fait-il qu’il y ait des gens qui ne veulent, ne peuvent, ne supportent pas ni d’exercer le pouvoir ni le subir ? »

    Très bonne question. Je dirais pour ma part que le problème n’est pas tant qu’il existe des gens qui ne veulent, ne peuvent, ne supportent pas ni d’exercer le pouvoir ni de le subir, mais plutôt qu’il en existe beaucoup plus qui souhaitent dominer autrui. Si c’est gens-là sont rares, c’est selon moi qu’ils ont acquis une autonomie suffisante qui les dispense de recourir à l’exercice du pouvoir. C’est une question de maturité psychique qui peut être contrariée par les expériences de vie acquise dans les toutes premières années, pendant la phase que les éthologues appellent l’empreinte.

    Une société sans pouvoir est quasi impossible en la circonstance. L’humanité a quitté ce chemin depuis... depuis sa naissance probablement. Cela me rappelle une citation d’Henri Laborit : « Tant que l’on n’aura pas diffusé très largement à travers les hommes de cette Planète, la façon dont leur cerveau fonctionne, la façon dont ils l’utilisent, tant que l’on n’aura pas dit, que jusqu’ici cela a toujours été pour dominer l’Autre ; il y a peu de chance qu’il y ait quelque chose qui change ! » (extrait du film Mon oncle d’Amérique d’Alain Renais)

    Pour avoir un peu étudié Henri Laborit, il m’est difficile de contredire son avis. Ce qui signifie que nous n’avons pas d’autre choix que de coller des sparadraps et de réparer avec des bouts de ficelle ce qui est vicié en espérant qu’un jour il y ait suffisamment de personnes qui comprennent pourquoi les choses sont viciées et tentent de les changer. Cela va dans le sens d’une meilleure connaissance de l’humain telle que la préconisaient également C. G. Jung et bien d’autres à leur suite.

    Maintenant, j’admets parfaitement que l’on puisse trouver la tâche trop complexe, trop rébarbative ou je ne sais quoi d’autre, mais personnellement, j’ai beau tourner le problème dans tous les sens, je n’en vois pas d’autre.
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