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Philippe VERGNES

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Tableau de bord

  • Premier article le 27/04/2012
  • Modérateur depuis le 17/12/2012
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Derniers commentaires



  • Philippe VERGNES 9 janvier 2018 23:29

    @ Gollum,


    Je comprends bien ce que vous dites même si de mon côté mon approche est essentiellement psychologique. Je m’intéresse à la mythologie et au symbolisme au travers de certains auteurs qui ont étudié ces disciplines, mais je n’ai pas encore suffisamment de culture sur le sujet pour me forger ma propre opinion. De fait, j’apprécie de vous lire. Cependant, d’un point de vue psychologique, j’en arrive également aux mêmes conclusions le Mal originel est partie intégrante du Bien originel. Cela se comprends lorsque l’on essaie d’adopter un point de vue plus « holistique » comme celui d’entrevoir le fait que nous puissions servir une conscience universelle par exemple. Dans cette perspective, on peut comprendre le mal comme un fervent moteur de notre évolution sachant que l’homme est par nature paresseuse et qu’il a tendance à s’endormir sur ses lauriers. Il aime donc se faire peur en flirtant avec les limites.

    De fait, comme le disait Stephan Sweig : « Puisque la violence réapparaît à chaque époque sous de nouvelles formes, il faut constamment reprendre la lutte contre elle. »


  • Philippe VERGNES 9 janvier 2018 20:45

    @ Bonsoir mikawasa,


    Interrogations légitimes... et beaucoup d’infos contradictoires sur le sujet. Je n’ai que peu de temps maintenant, mais j’essaierais de vous apporter un petit éclairage sur le sujet dès que je serais un peu plus tranquille.


  • Philippe VERGNES 9 janvier 2018 19:43

    @ alinea,


    Ce n’est pas moi qui vous jetterais la première pierre tant je peux comprendre ce sentiment qui parfois me gagne aussi. On me le reproche bien assez souvent, même si je m’efforce d’être le plus réaliste possible (ni optimiste, ni pessimiste). Je ne peux toutefois me départir ni de ma curiosité ni de mon empathie, car sinon, j’aurais le sentiment de me trahir.

    Il est vrai que pour apporter la vie aux autres, les actes comptent plus que les mots, mais les mots sont également importants et il faut aussi les apprendre et savoir les manier pour ne pas s’en laisser facilement compter, car c’est souvent par eux qu’agissent les manipulateurs de tous poils.

    Vous posiez la question de savoir pourquoi nommer la perversion ? J’ai oublié de vous citer C. G. Jung que nous avions évoquez dans une précédente discussion avec Gollum. A la sortie de la seconde guerre mondiale, interviewé par Eugen Kolb pour le journal Mishmar sur la question de savoir comment guérir le peuple de l’infection psychopathique de la mentalité collective, C. G. Jung répondit : « ... éducation pour une plus grande conscience ! Prévention... de la psychologie des masses ! »

    De même que dans un interview filmé il déclara : « One thing is sure, a great change of our psychological attitude is imminent, that is certain… because we need more… we need more psychology, we need morre understandign of human nature because the only real danger that exists is man himself, he is the great danger, and we are pitifully unaware of it, we know nothing of man, far too little. His psyche schould bi studied because we aure the origin of all coming evil. » (Une chose est sûre, un grand changement de notre attitude psychologique est imminent, c’est certain... parce que nous avons besoin de plus... nous avons besoin de plus de psychologie, nous avons besoin de plus de compréhension de la nature humaine parce que le seul danger réel est l’homme lui-même, il est le grand danger et nous en sommes pitoyablement inconscients, nous ne savons rien de l’homme, beaucoup trop peu. Sa psyché doit être étudiée parce que nous sommes à l’origine de tout le mal à venir.)

    A sa suite, j’ai trouvé de très nombreux auteurs ayant étudié le problème qui posaient exactement le même constat en ayant envisagé toutes les solutions qu’ils leur étaient possible d’envisager.


  • Philippe VERGNES 9 janvier 2018 19:10

    @ Rincevent,


    Oui... nous sommes bien d’accord. C’est pourquoi parfois l’entêtement de certains « puristes » (qu’ils soient psychanalystes, systémiciens, TCC ou autres) me « gonfle » au plus haut point. J’en fais très souvent l’expérience pour tenter de comprendre un tel aveuglement. Mais je crois bien que cela rejoint une discussion précédente que nous avions eu avec Gollum et alinea sur les caractéristiques des cerveaux droits Vs cerveaux gauches, etc. (il existe de multiples représentations de cette dichotomie qui selon moi doit être dépassée).

    L’historique des sciences humaines évoque bien cette évolution que vous décrivez. Peut-être me faudrait-il en faire un article pour situer la théorie de Racamier, car nous sommes passés d’un tout intrapsychique au début du XXe siècle à un tout systémique (ou TCC) vers les années 1950-1970 pour ensuite entrevoir une alliance intégrative entre ces différents courants (encore peu développée actuellement). C’est ce que propose en partie Racamier et bien d’autre avec lui, mais cette question d’intégration peine encore à pénétrer les milieux psys. Toutefois, je me réjouis que vous puissiez constater que cela avance du côté des jeunes générations.

    Ces querelles de chapelles sont pour moi horripilantes et en bout de chaîne, c’est bien les patients qui trinquent alors que de formidables avancées ont pu être enregistrées à l’étranger avec certaines méthodes. Je pense notamment à la thérapie des schémas de Jeffrey Young qui me semble bien adaptée aux personnalités narcissique et borderline là où justement la plupart des autres thérapies sont en échecs vis-à-vis de ce genre de patients.

    En tout état de cause, nous constatons bel et bien les mêmes choses, mais si j’insiste tant sur Racamier, c’est justement que, comme a pu l’écrire Jean-Claude Maes, systémicien, dans son livre Emprise et manipulation : peut-on guérir des sectes ?, s’il n’y avait qu’un seul concept à retenir de la psychanalyse, se serait celui d’incestuel. Bon, à mon sens, il n’y a pas que celui-là, mais c’est déjà bien qu’un systémicien l’admette, car ce climat incestuel contamine peu à peu toute notre société au travers de la pornographie, de certaines publicités, de l’éducation à la sexualité dès le plus jeune âge, etc.


  • Philippe VERGNES 9 janvier 2018 15:34

    @ Bonjour Hervé Hum,

    J’irais jeter un œil à ton article lorsque j’aurais terminé ma journée. Beaucoup de choses cependant dans ton commentaire.

    « Le déni simple, consiste à nier une réalité malgré son évidence, sinon, il y aurait prise de conscience et fin du déni. Le déni du déni, par le principe de la double affirmation, implique la prise de conscience du déni simple et sa confirmation. »

    Non, c’est là où beaucoup de gens se trompent. Je te cite la définition du déni du déni dans le cadre clinique : « Classiquement, [le déni] est défini comme une défense psychique, mise en jeu par le sujet, qui consiste à nier l’existence d’une réalité qui le fait souffrir. Dans le cas de la position perverse, le déni devient une stratégie permettant d’établir l’emprise sur l’autre, tout en niant par une illusion mensongère, l’intention destructrice mise en jeu. A ce propos, nous parlons du déni de déni. » (Marie-Claude Defores et Yvan Piedimonte, La contitution de l’être, un livre remarquable que je recommande à tous). Il n’y a pas de perversité sans ce redoublement : déni de l’emprise exercée sur autrui et déni de l’intention destructrice ou malveillante mise en jeu. Par exemple, quelqu’un qui méprise autrui par ses interventions abusives et hors-propos (pulsion d’emprise) va ensuite dénier le caractère haineux qui transparaît pourtant à chacune de ses interventions. On a un cas d’école sur ce site. Et n’en déplaise à certains, c’est totalement pervers !

    « Ainsi donc, si on part du postulat que la perversité est une tare, une maladie, alors, il n’y a pas de « déni du déni » possible, car toute prise de conscience devrait avoir pour conséquence d’en sortir, mais pas celle d’y rester, car cela veut dire dire que la personne choisit sciemment de rester dans sa tare. Accepter la fatalité d’une maladie est une chose, mais refuser de se soigner et revendiquer sa maladie en est une autre ! »

    Mais la perversité n’est pas une maladie, ni même une tare, c’est plutôt une « caractérose perverse », un trouble du caractère ou de la personnalité qui interdit justement toute prise de conscience. Le pervers ne choisit pas de rester dans sa « tare », mais il s’y conforte par refus d’en prendre conscience. Il ne peut donc en aucun cas se revendiquer « malade ». il ne l’acceptera jamais, d’autant que son cas ne relève pas de la maladie, mais bien plus de la formation d’un caractère.

    « On distingue donc le pervers au fait qu’il agit en conscience de son propre déni d’accorder à l’autre une valeur autre que celle d’objet. »

    Justement, le pervers n’a aucune conscience de dénier. Ou plutôt, si cette prise de conscience venait à lui, il l’a chasserait immédiatement de sa pensée. Dans le langage psy on dit qu’il « switche » ou « permute ». C’est-à-dire qu’il est capable de passer d’une personnalité à une autre en une fraction de seconde et c’est très spectaculaire à observer. Ce phénomène a tendance à « méduser » les cibles ou les proies d’un pervers tant il est « sidérant ». Il faut en avoir été témoin pour vraiment comprendre. Gollum fait référence plus haut à l’univers de Tolkien et justement, le gollum du Seigneur des anneaux (pas celui de ce fil de discussion) « switche » à la manière des pervers. Ce genre de comportement n’est pas que du cinéma et le personnage de gollum est une bonne métaphore du processus.

    Quelqu’un qui agit en conscience de sa perversité, c’est le méchant, pas le pervers. Tu fais là une confusion courante.

    Après, je suis parfaitement d’accord avec toi sur le fait que : « Quoiqu’il en soit, la perversion la plus difficile à révéler, c’est celle qui porte sur le raisonnement logique lui-même... » (pas sur les auteurs que je cite cependant). Je pense que, comme moi, tu as pu le constater souvent et notamment dans certains échanges sur ce site.
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