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pigripi

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Electrone très libre garantie sans colorants ni conservateurs.
Détricoteuse des faits et des opinions.
Féministe éclairée et fière de l’être.
Ardente partisane du libre arbitre.
Citoyenne du monde.
Trop grave pour ne pas privilégier l’humour.

Tableau de bord

  • Premier article le 28/08/2008
  • Modérateur depuis le 23/09/2008
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Derniers commentaires



  • pigripi pigripi 19 juillet 2009 13:35

    DIEU n’est pas tout puissant !

    Trois femmes, dont deux enceintes et un ado noyés à Trouville.

    Ce triste fait divers illustre les conséquences du communautarisme qui conduit au grégarisme et à l’absence de respect des lois et règlements.

    70 personnes évangélistes, fortes de la présence divine sur leur groupe, se rendent au bord de la mer et, « naturellement » s’isolent pour rester entre soi.
    Sans respecter la réglementation sur les les baignades autorisées, elles se regroupent dans un endroit non surveillé et tranquille. Et pour cause, les baigneurs qui se renseignent savent que l’embouchure de la Touque à marée montante est une véritable souricière pour eux.
    C’est pour cela qu’il n’y a personne sur la place à cet endroit.

    Quel rapport avec la burqa ? Le fanatisme religieux qui obscurcit la pensée, y compris la sécurité individuelle.



  • pigripi pigripi 19 juillet 2009 13:18

    @Pasou

    La culture musulmanne place l’homme musulman au dessus de tout, c’est le patriarche qui controle jusqu’à la sexualité de ses filles (+ de 100 crimes d’honneur par les frères et pères en Angletterre l’année dernière).

    Les articles que je viens de mettre en ligne confirment vos propos.
    De plus, j’ajouterais qu’à partir de 8 ans, quand le garçon musulman est « initié » et circoncis, il devient intouchable et est élevé comme un roi. Il prend plus d’importance que sa propre mère qu’il est alors autorisé à surveiller, celle-ci ’ayant plus le droit de le critiquer et le gronder d’où l’incapacité de l’éduquer.
    Et il reporte cette conviction sur ses professeurs, en particulier sur les enseignantes dont ils ne respectent pas l’autorité.

    A ce conditionnement s’ajoute le principe : « les lois d’Allah sont supérieures à celles de la République ».

    Il en résulte que le garçon musulman ne respecte ni les femmes, ni la loi. Et comme on peut faire dire ce qu’on veut au Coran, il s’abrite des « textes » qui vont dans le sens de ses intérêts égoîstes, passionnels et indifférents au bien commun qui permet le vivre ensemble.



  • pigripi pigripi 19 juillet 2009 13:06

    vendredi 21 décembre 2007


    Le marketing du voile islamique

    par Louise Mailloux, professeure de philosophie

    Dans son livre Que pense Allah de l’Europe ?, l’iranienne Chahdortt Djavann demande : « Pourquoi les nombrils dénudés, les strings, le piercing et pas le voile ? » Hein ? Après tout, notre ardent défenseur du multiculturalisme, le juriste Julius Grey, n’a-t-il pas déjà dit « qu’au Canada, les gens sont libres de s’habiller comme ils le veulent. Quelqu’un peut même s’habiller en clown, si ça lui chante, et circuler sur la rue, sans que cela ne dérange personne. » Réponse de Djavann : « Jusqu’à ce jour, aucun régime n’a obligé à coup de kalachnikov toutes les femmes d’un pays à sortir nombril dénudé en été comme en hiver. » Alors, si vous choisissez l’Iran comme destination vacances cet hiver, et que vous êtes une femme, on vous obligera à vous déguiser en clown dès votre descente d’avion. C’est pour vous dire comme le voile n’a rien d’une tuque !

    Dites, honnêtement, avez-vous déjà vu au Québec des manifestations pour ou contre le port de la tuque chez les femmes ? Et pourtant, le voile islamique, qu’on impose à des centaines de millions de femmes dans le monde, suscite partout de vives controverses, y compris dans le monde musulman lui-même. Depuis nombre de décennies, ce bout de tissu extraordinairement explosif enflamme hommes et femmes, qui, ma foi, sur cette question, semblent tout aussi islamophobes qu’un bon nombre de Québécois... Non, croyez-moi, notre tuque identitaire en pure laine d’habitants que nous sommes, n’est vraiment rien à côté de cela ! Faut croire que l’enjeu politique qui se cache sous ce voile n’a rien à voir avec une paire de bas de nylon.

    Voile 101

    Depuis l’Antiquité, on a toujours voilé les femmes, mais il n’y a que dans l’islam où cette pratique perdure encore. Pourquoi ? Pourquoi, par exemple, dans un régime totalitaire comme l’Iran ne peut-il exister de femmes non voilées ? Pourquoi les femmes chrétiennes et juives sont-elles obligées, elles aussi, de se voiler ? Et pourquoi les surveille-t-on, armé de kalachnikovs ? Pourquoi seules les femmes doivent-elles se voiler ? Et pourquoi voile-t-on aussi les fillettes de six et de sept ans ? Choix vestimentaire ? Élan de pudeur ? Expression d’une foi profonde ? Foutaises que tout cela. Les intégristes nous prennent pour des valises, des grosses à part ça.

    Que signifie ce fameux voile ? Que cache-t-il et que montre-t-il ? On sait que les religions ne font pas bon ménage avec les sciences mais elles ont tout de même compris quelque chose à la biologie ; la paternité est toujours douteuse, la maternité, jamais ! Donc, la seule façon pour un homme de s’assurer que son enfant est bien le sien, et non celui de son voisin, c’est de contrôler l’hymen de la femme. En termes politiques, cela s’appelle le patriarcat, où les mâles contrôlent la circulation des ovules. Le plus simple, me direz-vous, serait de les enfermer à double tour avec des chips, du coke et un jeu de Parchési, de la puberté jusqu’à la ménopause, dans un gynécée ou un harem, une espèce de centre pour femmes. Mais cela ferait un peu archaïque sans compter qu’aujourd’hui, il y a l’ONU, le Haut Commissariat aux Droits Humains et ses ONG, qui ont tous l’œil de maman Arbour...

    Alors, si on ne peut plus les enfermer dans du ciment, enfermons-les autrement ! Sous la tente ambulante qu’est la burqa ou en version plus décapotable comme le niqab, le tchador ou son plus “moderne“ cousin, le voile islamique. Rendons-les invisibles, anonymes, et détruisons en elles toute velléité d’avoir une vie à soi. Maintenant, mettez un peu de chair autour des ovules, et cela donne une femme, un “bien“ familial à contrôler pour garantir la filiation agnatique, parce qu’ici, les enfants n’appartiennent qu’aux mâles, et que la femme musulmane doit d’abord, et surtout, être une génitrice de petits musulmans. Même si elle fait un doctorat.

    Et pour bien s’assurer de cela, voici le programme islamique, pour femmes seulement : l’interdiction pour une femme musulmane d’épouser un non-musulman, sauf s’il se convertit à l’islam (ce qui n’est pas forcément bon pour l’intégration, mais enfin...). Une législation (la Charia) qui, en matière de mariage, de divorce, de garde d’enfant, de succession et d’adultère, est à l’extrême désavantage des femmes (voir Les Rapports arabes sur le développement humain des Nations Unies publiés en 2002-2003). Une morale sexuelle patriarcale exigeant la chasteté pré-maritale, sur laquelle repose l’honneur des hommes et le respect de leur communauté, d’où l’étroite surveillance des jeunes filles, leur isolement, la violence, les crimes d’honneurs, souvent impunis, pour rendre ces femmes invisibles à tout jamais, comme cette jeune ontarienne, Aqsa Parvez, qui, il y a quelques jours, est devenue soudainement invisible, à seize ans. Le mariage précoce et arrangé qui minimise les dangers d’hymens déchirés, soulage du fardeau de la surveillance et met à l’abri l’honneur des mâles. Une véritable aubaine ! L’exigence de fidélité durant le mariage alors que la polygamie est permise pour les hommes, et une condamnation plus sévère de l’adultère féminin. Et finalement, l’exigence de la non-mixité qui transpose l’espace religieux des mosquées dans la sphère publique, afin de limiter les contacts des femmes avec d’autres hommes. Pas terrible pour rêver de Roméo, et même de Juliette...

    Femmes infantilisées, humiliées, placées sous haute surveillance, subissant à chaque jour le marquage discriminatoire de leur sexe, sur la planète entière, là où les hommes du clan islamique délimitent leur territoire, justement par ce voile, qui est leur plus éclatant succès (rien qu’en Égypte, huit femmes sur dix le portent). Ce voile, qui ne diffère de la burqa qu’en degré, mais absolument pas en nature, et qui symbolise l’autorité du père, des frères, des oncles ou du mari, à toutes les fois qu’elles vont au dépanneur ou montent dans un autobus de l’Espace Public mixte. Rien à voir avec nos tuques !

    Et évidemment, pour que la sauce prenne, pour rendre l’aliénation moins grossière, couler le tout dans le béton de la Parole révélée, par Dieu lui-même, en personne. Y a pas meilleure recette que la religion pour faire de la politique. Vous en doutez ? Lisez bien ceci : « Les hommes sont supérieurs aux femmes à cause des qualités par lesquelles Dieu a élevé ceux-là au-dessus de celles-ci, et parce que les hommes emploient leurs biens pour doter les femmes. Les femmes vertueuses sont obéissantes et soumises ; elles conservent soigneusement pendant l’absence de leurs maris ce que Dieu a ordonné de conserver intact. Vous réprimanderez celles dont vous aurez à craindre l’inobéissance ; vous les reléguerez dans des lits à part, vous les battrez ; mais aussitôt qu’elles vous obéissent, ne leur cherchez point querelle. Dieu est élevé et grand. » Le Coran, sourate IV, verset 38. Et une dernière citation pour les femmes voilées ayant un doctorat : « Voici le Livre ! Il ne renferme aucun doute ; il est une Direction pour ceux qui craignent Dieu. » S. II, v.2. Relisez maintenant la sourate IV, verset 38.

    Alors, quand j’entends une militante politique du Forum musulman canadien dire « qu’il faut cesser de semer les amalgames en liant le hijab à la question de l’égalité des hommes et des femmes » et, dans un même souffle, Michèle Asselin, présidente de la Fédération des femmes du Québec, ajouter « que le port du voile ne contrevient pas nécessairement au principe de l’égalité hommes-femmes » (in Le Devoir du 11 déc.), vraiment là, c’est à vous écoeurer d’être féministe !

    Le port des signes religieux à l’école

    Pour que cette égalité hommes-femmes ne soit pas qu’un vœu pieux, il va falloir que nous soyons moins frileux, plus avisés et plus fermes avec les représentants de l’islam politique parce qu’il serait franchement odieux de brader en douce les droits des femmes pour acheter la paix sociale. En ce sens, je me réjouis et j’appuie la recommandation de la CSN et du Conseil du statut de la femme, faite à la Commission Bouchard-Taylor, exigeant la neutralité religieuse des agents de l’État dans les institutions publiques du gouvernement du Québec, mais je considère que celle-ci demeure insuffisante parce qu’elle laisse intacte l’épineuse question politique du port des signes religieux à l’école.

    Nous ne pouvons pas prétendre que l’égalité hommes-femmes soit une valeur qui nous est chère et, en même temps, abandonner des jeunes filles musulmanes de nos écoles primaires et secondaires publiques qui, parce qu’elles subissent des pressions familiales, doivent porter le voile islamique. Une pareille indifférence à leur sort serait de l’hypocrisie et de l’irresponsabilité de notre part. Pour préserver notre confort... Quant à l’argument voulant qu’interdire le voile ne fasse que nuire à l’intégration de ces jeunes Québécoises, je réponds que ce sont justement ces jeunes filles musulmanes, qui souhaitent vivre comme nous, qui sont le gage le plus sûr d’une intégration réussie, et que de permettre le port du voile à l’école sera un encouragement à porter le voile au Québec. Et cela va, fort probablement, se passer en français...

    Au nom du respect des droits de la personne, au nom du respect des droits des enfants, au nom de la protection des mineur-es, il faudrait que l’État interdise le port des signes religieux dans les écoles primaires et secondaires publiques du Québec.

    Mis en ligne sur Sisyphe, le 17 décembre 2007



  • pigripi pigripi 19 juillet 2009 12:28

    Un féminisme non interventionniste face à l’extrémisme religieux

    par Micheline Carrier


    Ce texte est la deuxième partie de l’article « Un féminisme gangrené par le relativisme ».

    Aux résistantes de tous les horizons.

    Avant la récente vague de fondamentalisme religieux dans le monde, très peu de Québécoises musulmanes portaient un foulard islamique dans les lieux publics. Il aurait été étonnant que la montée de l’islamisme politique dans certains pays musulmans n’exerce aucune influence sur la diaspora. Combien de femmes et d’adolescentes porteraient le foulard si elles ne subissaient pas les pressions de leur milieu ? Des extrémistes religieux, qui sont loin de représenter la communauté musulsane du Québec et du Canada mais n’en jouissent pas moins d’une grande influence dans les domaines privé et public, encouragent à se servir du foulard islamique comme symbole identitaire. Ils se fabriquent ainsi un prétexte pour taxer de racisme les éventuels critiques : « Quand vous critiquez le fait que je porte le voile ou le hijab, vous m’attaquez en tant que musulmane, donc vous êtes raciste. » Celles qui ne le portent pas sont-elles moins musulmanes ?

    Des gens s’exclament : « On ne les oblige tout de même pas à le porter, ce voile ! » Certes, pas toutes.

      « Sûrement que, contrairement à d’autres contextes où l’on oblige ces femmes à le porter, c’est vrai dans un contexte canadien, c.-à.-dire de société démocratique, dit une internaute québécoise musulmane. Je suis tentée de vous dire que la définition même de l’aliénation, c’est d’en être consentant(e) ! Ces femmes ont raison de vous dire que le voile est dicté par dieu. C’est normal, c’est dans le Coran ! C’est là qu’intervient la nécessité d’être vigilant. Il ne s’agit pas de prendre un fouet et de fouetter ces pauvres femmes, ou de leur mettre une étoile verte sur le costume. À titre individuel, il n y a pas d’autres choix que de les respecter dans leur...choix consentant !

      « Mais à titre collectif, ma foi, il est temps d’affûter ses arguments et d’oser s’attaquer à l’essentiel, c’est-à-dire les idées. Le voile n’est pas un simple habit : c’est un étendard idéologique. Derrière le voile se cache non pas une violence physique (la plupart des voilées d’ici ne sont pas sujettes à des violences physiques, bien au contraire), mais une violence symbolique. »

    Il existe bien des manières d’influencer la liberté d’autrui. Menacer et manipuler la vérité sont parmi les plus fréquemment employées. L’automne dernier, le site du Centre communautaire musulman de Montréal
    - ce Centre où s’entraînaient les petites filles de 8 a 12 ans (l’âge des grands choix “libres“, n’est-ce pas ?) qui ont fait les manchettes au Québec parce qu’“elles voulaient“ porter le hijab lors de compétitions de Tae Kwan Do (1) - a publié un article menaçant les femmes musulmanes qui ne portent pas le foulard islamique : « Ne pas porter le hijab peut entraîner “des cas de divorce, d’adultère, de viol et d’enfants illégitimes“, disait l’avertissement pour le moins ahurissant. On y disait aussi que celle qui enlève son voile voit sa “foi détruite“, adopte un “comportement indécent“ et sera punie en “enfer“. On y traitait aussi la femme occidentale de “prostituée non payée“ ». (2)

    Combien de discours semblables avait entendus dans des mosquées, ou lus sur des sites, le père ontarien qui a tué sa fille de 16 ans, Aqsa Parvez, rebelle aux règles islamiques (dont le port du hijab) ? Parce qu’elle souhaitait s’intégrer à la société canadienne et à son milieu scolaire, cette adolescente avait antérieurement quitté sa famille qui voulait l’en empêcher. On a essayé de faire croire que ce meurtre n’était qu’un crime familial comme il y en a tant au pays, sans connotation religieuse ni politique. Les groupes féministes, une fois encore, même ceux qui militent contre la violence envers les femmes, se sont montrés plutôt discrets sur ce crime et sa signification. Il faut peut-être se demander dans quelle mesure l’autocensure engendrée par le relativisme culturel restreint les luttes des femmes.

    Quoiqu’on essaie parfois de le faire croire, le discours sur le foulard islamique n’a rien à voir avec la liberté de religion. Porter ou non ce foulard relève de croyances, et les croyances ne sont pas à l’abri des critiques. « Tolérer ne veut pas dire se taire ». (3) Quand des hommes, au nom d’une religion créée par eux et qu’ils se disent les seuls à pouvoir interpréter, imposent ce symbole de soumission aux femmes, et à elles seules, c’est faire l’autruche d’agir comme si cet acte n’avait aucune portée particulière. Des féministes devraient être capables de dénoncer ce sexisme sans craindre être accusées d’intolérance.

    Des organisations féministes peuvent prétendre défendre les droits de “toutes les femmes“ dans le respect de la diversité, en s’abstenant de critiquer des symboles politico-religieux réservés aux seules femmes musulmanes. Il me semble que cette attitude n’aide en rien celles qui y résistent ou voudraient y résister. En acceptant la différence des droits au nom de traditions culturelles ou religieuses, ces organisations collaborent d’une certaine façon à la marginalisation et à l’instrumentalisation de ces femmes à des fins idéologiques.

    Un silence troublant

    Des musulman-es progressistes admettent que des traditions archaïques et discriminatoires pèsent lourdement sur les femmes et les adolescentes de leur communauté, mais ce n’est pas dans les médias du Québec que ces progressistes s’expriment habituellement. Certain-es disent connaître plusieurs adolescentes qui doivent se battre, comme Aqsa Parvez, pour leur liberté. Les mariages forcés ne sont pas rares au sein de la communauté musulmane canadienne, selon une femme qui a refusé un mariage qu’on voulait lui imposer, il y a 20 ans, et qui en a payé le prix, dont la mise à l’écart de sa communauté (facteur qui influe sur le “choix“). Un professeur à la retraite déclare connaître « au moins 9 familles dont les filles ont dû se débattre comme Aqsa avec une double vie, arrivant au collège vêtue des traditionnels hijab et vêtements amples, avant de se changer dans les toilettes et en émerger en jeans serrés, avec la chevelure dénouée. Lorsque trois des pères ont découvert le pot aux roses, leurs filles furent rapidement mariées à des hommes du Pakistan qu’elles n’avaient jamais rencontrés : les cérémonies religieuses de mariage se déroulèrent au téléphone ! » (4). Leur communauté évite d’en parler afin ne pas accroître les sentiments islamophobes... Si on ajoute à ce silence le non-interventionnisme du reste de la société, les extrémistes islamistes ont la voie libre tandis que les femmes qui voudraient leur échapper se retrouvent seules.

    Ces musulman-es progressistes déplorent que trop peu d’entre eux dénoncent ces extrémistes. Ce silence relatif est troublant car il indique la force réelle de l’intégrisme qui réussit par la peur à imposer ses règles du jeu. Les intégristes religieux savent aussi tirer profit du relativisme culturel et religieux. Des femmes et des hommes musulmans ont quitté des fonctions en vue au sein de leur communauté à la suite de menaces de mort lancées contre eux et leur famille. « Pour des raisons de sécurité », une intellectuelle musulmane canadienne nous a demandé de retirer son nom d’un communiqué annonçant sur Sisyphe une conférence à laquelle elle avait participé quelques mois plus tôt. Le fait que des individus ou des groupes se sentent à l’aise d’intimider autrui et même de menacer leur vie, dans un pays qui se prétend à la fine pointe de la défense des droits fondamentaux, donne la mesure de la complaisance dont ils se savent gratifiés.

    Le syndrome de l’accommodement : tout le monde est féministe !

    Une sorte de démission face à la complexité et à la difficulté des luttes à mener incite des femmes et des groupes à essayer d’accommoder le féminisme à toutes les sauces. Le féminisme est presque devenu une sorte d’auberge espagnole. On voit du féminisme dans n’importe quoi et n’importe qui peut se dire féministe. On devrait la ou le croire du moment qu’elle ou il le dit. Qui sommes-nous pour en douter ? Dans les années 1970, Playboy affirmait aussi servir la cause féministe en favorisant la libération sexuelle des femmes... Un tel brouillage sert parfois à masquer les hésitations et les craintes face aux religions ou aux groupes extrémistes. Ce “syndrome de l’accommodement“ se développe dans des circonstances où l’on imagine l’adversaire invincible. On préfère se replier, se taire et collaborer au lieu de l’affronter.

    Quelques femmes ainsi que la Fédération des femmes du Québec (FFQ) ont déclaré devant la Commission Bouchard-Taylor qu’on peut être féministe et porter le voile islamique. C’est peut-être le cas pour certaines et, sans doute, la FFQ ne voulait-elle exclure personne. Mais sur quelles bases une telle affirmation s’appuie-t-elle ? Les Québécoises musulmanes qui portent le voile et ceux qui les incitent à le porter sont-elles/ils favorables à la mixité dans les institutions et les lieux publics ? À la liberté sexuelle des femmes ? Au droit à la contraception et à l’avortement ? Aux droits des lesbiennes et des homosexuels ? À l’égalité des conjoints et au divorce ? À la liberté d’une femme musulmane de choisir son conjoint, sa carrière, ses engagements politiques, sociaux ou religieux ? Peuvent-elles s’opposer à la polygamie et au mariage arrangé ? Reconnaissent-elles dans les faits l’égalité sociale, juridique, politique et économique des femmes et des hommes ? Bref, sont-elles et sont-ils favorables à la liberté et à l’égalité des femmes ? Si oui, comment concilient-elles cette profession de foi féministe et l’adhésion à des codes religieux et culturels qui nient tout cela ? Si la communauté musulmane traite hommes et femmes également - le principe d’égalité est défendu par les féministes de toutes tendances -, quel est l’équivalent du voile pour les hommes ? Quelle forme de marquage infériorisant leur impose-t-on, à eux, prétendûment au nom de la religion ?

    On s’insurge contre des femmes qui voient un symbole de soumission dans le foulard islamique ou la burqa. À la lumière du relativisme qui tend à tout niveler, on leur reproche de juger.

      « Mais bien sûr qu’il n’y aura pas de femme voilée pour venir dire qu’elle le porte en guise de soumission, commente l’internaute musulmane citée plus haut. Du moins, surtout pas parmi les militantes islamistes. Elles ont même réussi à s’approprier le discours féministe occidental et à l’adapter à leur idéologie. [...] Il s’agit d’une ruse, une escroquerie intellectuelle que les islamistes manient très bien pour détourner le débat sur l’essentiel, à savoir que le voile reste un signe de discrimination et de minorisation des femmes. Elles ont réussi à développer toute une rhétorique autour du voile en empruntant à l’Occident les notions de liberté et de libre-arbitre. Mais laissez-moi vous dire que là où le contexte socio-politique et culturel s’y prête, les femmes voilées sont les suppôts directs de tous les islamistes et autres conservateurs qui s’opposent aux droits fondamentaux des femmes. »

    À un homme qui la mettait “paternellement“ en garde contre le risque de “diaboliser“ les femmes musulmanes portant le voile, elle répond :

      « Celles qui seraient diabolisées dans le contexte que je décris [l’Algérie] sont les féministes démocrates qui se battent depuis des décennies pour arracher aux femmes le droit au divorce, le droit de refuser la polygamie, le droit de signer un quelconque document (scolaire, bancaire, etc.), à leur enfant ». Et elle conclut ainsi : « Ce n’est pas le voile qui menace [...], mais la mollesse des débats féministes, la perte de sens, le manque d’affirmation des idéaux et justement les dérives de ce féminisme folklorique où il suffit de prononcer le mot patriarcat pour être promu féministe ».

    La revanche du patriarcat

    Un mot ne fait pas une analyse. Et le terme même patriarcat est rejeté dans certains milieux, par exemple ceux qui se disent postféministes, tandis que dans d’autres milieux, on fait un usage très sélectif de l’analyse patriarcale. La majorité des féministes évoquent volontiers la culture patriarcale pour expliquer et dénoncer la violence en milieu conjugal et le viol, mais elles hésitent à appliquer la même analyse à la prostitution, une institution patriarcale parmi les plus anciennes et qui équivaut aux religions en termes d’oppression des femmes. Une rhétorique ambiguë, qui fait appel à la liberté individuelle, s’élabore pour masquer la peur de se compromettre sur cette question au coeur de laquelle se situe la responsabilité de beaucoup d’hommes.

    Plus sérieux encore pour l’avenir des luttes féministes est la concurrence qui semble exister entre le combat contre le racisme et le combat contre le sexisme et la misogynie. Il semble qu’on se croie parfois obligé de choisir entre les deux. La misogynie et le sexisme traversent pourtant, et depuis toujours, toutes les cultures, toutes les religions, tous les systèmes de pensée et de droit, mais leurs attaques contre les femmes continuent d’être perçues - même par des femmes - comme moins importantes que le racisme, et les luttes pour les éliminer paraissent moins légitimes que celles qui visent l’élimination du racisme. Les femmes sont toujours prêtes au renoncement quand il s’agit de servir d’autres causes que la leur... Cette perception de la hiérarchie des luttes contre le racisme et le sexisme, ainsi qu’une estime de soi vacillante, jouent un rôle certain dans l’attitude non-interventionniste de la majorité des féministes québécoises et canadiennes face à l’extrémisme islamiste. Elles se croient obligées de démontrer ainsi leur rejet du racisme. (5)

    « Ainsi, plusieurs décennies après la refonte des droits de la personne provoquée par l’émancipation sociale des femmes, commente la chroniqueure Rosie DiManno, les féministes les plus aguerries et les plus combatives marchent sur des œufs et hésitent à lancer la pierre. Le dieu du multiculturalisme, réincarné en un avatar autorisant une interprétation radicale des impératifs religieux et culturels, transcende l’égalité des sexes. » (6)

    Pris entre le relativisme culturel, le néolibéralisme et les théories révisionnistes du postmodernisme, le féminisme québécois (majoritairement libéral) ne semble pas conscient de la gravité de la menace que représente l’extrémisme religieux pour les droits et l’égalité des femmes. Il semble renoncer à combattre le système patriarcal sur ce front. Avec, d’un côté, l’esclavage sexuel (prostitution et traite des femmes et des enfants) propulsé et banalisé par la mondialisation et, de l’autre, l’intégrisme religieux protégé par le relativisme, le patriarcat prend sa revanche sur le féminisme des dernières décennies... avec la complicité de féministes...

    Notes

    1. “Des musulmanes refusent d’enlever leur hijab pour un tournoi de tae kwon do“, Nouvelles musulmanes, décembre 2006.
    2. Rima Elkoury, , “Voile et viol“, La Presse, 17 décembre 2007.
    3. Daniel Baril, “Tolérer ne veut pas dire se taire“. Communication présentée au débat-conférence “Kirpan, kippa, voile : la tolérance, jusqu’où“, organisé par Tolérance.ca, le 20 mai 2004.
    4. “La mort d’Aqsa Parvez, attribuée à son père, est le résultat d’un choc culturel“, par Michele Mandel, Sisyphe, le 7 janvier 2008.
    5. Rosie DiManno, “Maintenir notre engagement envers toutes les Aqsa Parvez. Le fanatisme religieux est le pire des péchés“.
    6. Haideh Moghissi and Shahrzad Mojab, Of « Cultural » Crimes and Denials Aqsa Pervez, Znet, January 08, 2008

    Mis en ligne sur Sisyphe, le 3 mars 2008



  • pigripi pigripi 19 juillet 2009 12:21

    Un peu de philosophie ....

    Accommodements raisonnables. Droit à la différence et non différence des droits

    par Yolande Geadah, auteure


    Dans le débat actuel sur les accommodements raisonnables, on oublie trop souvent que cette question ne concerne pas seulement les libertés individuelles. Elle met aussi en cause la possibilité même de maintenir un espace public commun. Si jusqu’ici on s’en est remis aux tribunaux pour décider de ce qui était acceptable ou non des demandes d’accommodement, on se rend bien compte aujourd’hui que cette approche juridique ne suffit pas. Une réflexion collective sur les exigences du vivre ensemble au-delà de ce que le droit permet est donc nécessaire. Cette question est aussi une question politique.

    Cet essai s’adresse aux citoyens et citoyennes de toutes cultures et religions, aux défenseurs des droits humains, aux hommes et aux femmes politiques, et aux représentants des institutions et des médias. Il fait d’abord le point de façon éclairante sur les différents incidents à l’origine de ce débat, il précise la notion d’accommodement, utilisée souvent de façon abusive.

    Il rappelle les exigences démocratiques de laïcité et il en expose trois modèles institués - français, étasunien et turc. Il permet ainsi de dégager les lignes directrices qui devraient guider l’action des responsables des services publics et des organismes de la société civile, quand ils sont confrontés à des revendications émanant de diverses communautés ethnico-religieuses.

    Extrait de l’introduction :

    Distinction entre inclusion, intégration et assimilation

    À mon avis, l’approche juridique des accommodements repose sur une logique individualiste des droits qui vise l’inclusion restreinte des individus à court terme, mais qui ignore les objectifs d’intégration des communautés à long terme. Selon le Petit Robert, l’inclusion concerne l’introduction d’« un élément dans un milieu de nature différente », tandis que l’intégration renvoie à l’« établissement d’une interdépendance plus étroite entre les parties d’un être vivant ou les membres d’une société ».

    On fait fausse route, me semble-t-il, en privilégiant l’inclusion restreinte qui autorise chaque individu et chaque communauté à conserver ses valeurs intactes, encourageant ainsi un modèle de développement séparé, plutôt que l’intégration qui exige un certain cheminement pour créer un rapprochement au niveau des valeurs communes à respecter. Le modèle fondé sur l’inclusion restreinte entraîne une juxtaposition de communautés culturelles séparées, qui peuvent se côtoyer dans un même espace mais qui continuent de vivre chacune selon son système de valeurs, avec un minimum de communication entre elles. Ce modèle, appuyé par la politique du multiculturalisme, comporte certains avantages. Il a permis jusqu’ici l’insertion de nombreuses communautés immigrantes, surtout d’origine européenne, qui ont réussi à s’établir et à prospérer tout en conservant leur culture d’origine sur plusieurs générations. Malgré les avantages de ce modèle, l’histoire nous montre qu’il est porteur de tensions et de conflits sociaux latents.

    À l’inverse, le modèle de l’intégration permet de sortir de l’enfermement identitaire et de la ghettoïsation qui emprisonnent les individus, et surtout les femmes, à l’intérieur de leur communauté d’origine. Ce modèle est plus favorable au plein épanouissement du potentiel des individus. En favorisant une plus grande interaction entre les membres des diverses communautés, il contribue à consolider les liens sociaux qui sont à la base de la citoyenneté moderne. Certes cela suppose l’abandon de certaines valeurs et pratiques traditionnelles, au profit d’une intégration permettant de jouir des mêmes droits que l’ensemble des citoyens et des citoyennes et d’avoir les mêmes obligations.

    Soulignons ici qu’intégration n’est pas assimilation. L’assimilation suppose la supériorité d’un modèle unique (celui de la société d’accueil), imposé aux membres des minorités immigrantes qui doivent abandonner leur culture d’origine pour épouser entièrement la culture dominante et se fondre dans la société d’accueil. Dans le modèle fondé sur l’intégration, il ne s’agit nullement d’imposer un modèle uniforme dans tous les aspects de la vie, mais plutôt de construire ensemble une société partageant des valeurs et des règles communes, tout en respectant la diversité culturelle. Mais cela ne peut se faire que par le respect prioritaire de la société d’accueil.

    Vlb éditeur
    Coll. « Partis pris actuels »
    Essai, 2007
    ISBN 978-2-8900-5999-3
    12.95 $

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