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Rounga

Rounga

Le "r" se roule.

Tableau de bord

  • Premier article le 19/07/2013
  • Modérateur depuis le 12/02/2014
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Derniers commentaires



  • Rounga Roungalashinga 14 octobre 2013 08:50

    epicure,
    Je vous invite à relire l’article et à observer comment il est construit. Cela vous évitera de faire des contre-sens sur ce que j’ai écrit, ainsi que de faire certaines confusions de concepts que l’article se propose justement de distinguer. Ainsi, quand vous dites que l’humanisme remonte à l’Antiquité, vous ne contredisez absolument pas le texte, qui classe justement cet humanisme, de même que celui de la Renaissance et celui des Lumières, dans la catégorie de l’humanisme païen.

    Par contre je me dois de rectifier certaines contre-vérités que vous écrivez. Ainsi, quand vous dites :

    l’unité de l’humanité ça existait déjà plusieurs siècles avant le christianisme.

    Il faut peut-être vous rappeler que dans l’Antiquité l’étranger (extérieur à l’Empire romain ou à la Cité grecque) était qualifié de « barbare », que l’esclavage des vaincus ou de ceux qui ne pouvaient plus payer leurs dettes était tout à fait normal. Il y avait donc pour les anciens une partie de l’espèce humaine qui pouvait être considérée comme un objet, et par conséquent il est absolument faux de prétendre qu’ils avaient une quelconque notion de « l’unité de l’humanité ». C’est le christianisme, en revanche, qui dès le début a proclamé l’universalité de la Nouvelle Alliance, et qui a fait peu à peu disparaître l’esclavage antique.

    En ce qui concerne Marx, on ne trouve pas, à ma connaissance, de considération sur la personne humaine. C’est la classe sociale qui est mise en avant, ou alors l’Humanité dans son ensemble, une fois que l’appropriation du travail (conception du travail d’ailleurs héritée du christianisme, ça aussi je l’ai retiré de mon texte soit dit en passant) lui aura permis de parvenir à son émancipation ultime et définitive (une parousie temporelle). Je reconnais par ailleurs que l’économie était sans doute moins prépondérante pour Marx que ne le suggèrent ses écrits, produits dans un cadre polémique, ce qui a tendance à exagérer le caractère péremptoire des déclarations.



  • Rounga Roungalashinga 14 octobre 2013 08:28

    C’est vria qu’un dieu immatériel, hors de l’univers, qui toutes les qualités et leur contraire, ce n’est aps du tout abstrait, ça c’est du concret....


    Vous n’êtes pas sans savoir que le christianisme est justement la religion de l’Incarnation. Dans le christianisme, Dieu s’est fait homme. En s’abaissant jusqu’à épouser notre condition, Dieu nous permet de nous élever vers Lui. Si le Père est, à la limite, abstrait, le Fils et le Saint Esprit ne le sont absolument pas.
    Mais quand bien même Dieu serait abstrait, cette abstraction serait préférable à toute autre, car elle serait par définition sans limite, infinie, et donc serait incapable de réduire l’être humain dans des bornes figées. Une abstraction qui englobe toutes les potentialités humaines et l’oriente vers un absolu est préférable à l’abstraction libérale qui prétend faire de l’Homme un être générique, obéissant à ses seuls intérêts particuliers, sans attaches d’aucune sorte.

    C’est vria que l’égalité des droits, la santé pour tous, l’éducation pour tous, la démocratie universelle

    Attention aux confusions, la santé pour tous, l’éducation pour tous, ce sont des mesures, pas des conceptions. L’égalité des droits est bien une abstraction, puisque pour la postuler, il faut d’abord adopter la conception libérale de l’Homme que je viens de rappeler. C’est l’égalitarisme abstrait, au nom duquel on réclame par exemple le « droit » de se marier entre personnes du même sexe. Quant à la démocratie universelle, je ne sais pas ce que c’est. Nous avons la démocratie, nous avons le suffrage universel, mais de démocratie universelle, point.



  • Rounga Roungalashinga 11 octobre 2013 13:25

    il n’ y a qu’un seul anthropocentrisme : l’anthropocentrisme chrétien ou plus exactement « bibliste »

    Attention, même s’il est vrai que dans la Bible l’Homme reçoit l’autorisation de Dieu de recouvrir la Terre et de domestiquer la Nature, ce qui revient à donner une place prépondérante à l’espèce humaine, il n’en est pas mois vrai que le récit de la chute nous enseigne que la misère de l’Homme vient de ce qu’il a voulu devenir Dieu, et se passer de Lui. Par conséquent, le judéo-christianisme est à la fois anthropocentrique et théocentrique. Ce que j’ai appelé « théocentrisme modéré ».

    c’est ainsi que par une farce que seuls peuvent gouter les taoistes une volonté de un processus de séparation et d’élévation de l’homme abouti a l’inverse : la négation de l’individu et son rabaissement au rang de l’animal ....

    C’est tout à fait cela.



  • Rounga Roungalashinga 11 octobre 2013 11:34

    Oui, c’est cela le problème. Et pour moi cela vient du fait que l’anthropocentrisme du paganisme antique, encore imprégné de cette conception selon laquelle les étrangers sont des barbares, a été rendu impossible par l’universalisme du christianisme. Le nouvel anthropocentrisme s’est donc dit universaliste. Le libéralisme n’a pas souhaité répondre à la question de ce qui rend une vie digne d’être vécue, et l’a laissée à l’appréciation de chacun, le droit étant là pour empêcher que la liberté des citoyens ne nuise pas à ses semblables. Alors que le christianisme avait pour centre de gravité la personne humaine, concrète, dans son individualité et sa particularité propres (le Dieu incarné, les saints), le libéralisme a pris pour hypothèse un homme abstrait, sans aucune particularité, ni de nationalité, ni d’appartenance sociale, ni d’opinion, ni de caractère. On comprend dès lors pourquoi le roi, incarnation personnelle du pouvoir, a été remplacé par la constitution et la déclaration des droits de l’Homme. Verbe incarné contre écrit figé. Ainsi, la modernité a individualisé les hommes en les coupant de leurs racines traditionnelles, territoriales, religieuses, ainsi qu’en détruisant les relations de sociabilité élémentaires nécessaires à l’épanouissement personnel. L’aboutissement du libéralisme est donc la propagation à la terre entière de milliards d’individus standards, atomisés, n’entretenant entre eux que des rapports judiciaires et commerciaux. Or ce type d’individu est la négation même de la personne humaine, complexe, paradoxale, sociale.
    La même négation de la personne est faite dans les totalitarismes modernes, où l’individu n’existe que dans la mesure où il fait partie d’une collectivité. Même si les espoirs eschatologiques marxistes ont clairement une origine judéo-chrétienne, il n’en reste pas moins que Marx, en prétendant avoir trouvé dans l’économie la clef ultime de l’explication du monde, ne regarde les phénomènes humains (sociaux, artistiques) que de l’extérieur, à travers une vitrine. En expliquant une oeuvre par le contexte économique qui l’a vu naître, il ne dit cependant rien sur ce qui fait sa qualité intrinsèque. Ce point aveugle de sa théorie lui interdit de même se poser la question de la valeur de la vie (même s’il avait conscience des effets désastreux du capitalisme sur les personnes particulières). Pour lui, la seule chose qui vaille la peine qu’on se motive est l’appropriation des moyens de production par le prolétariat, but ultime de l’Histoire et de l’Humanité. Marx a ainsi fait descendre les promesses de parousie du Ciel vers la Terre. 



  • Rounga Roungalashinga 11 octobre 2013 10:33

    Vous avez tout à fait raison. Je précise d’ailleurs que ma réflexion se limite à l’Occident. Les civilisations extra-européennes, rattachées à ce qu’on pourrait appeler le « filon traditionnel », ont su conserver une vision de l’existence qui ne soit pas anthropocentrique. Il n’y a qu’en Occident que la tentation de mettre l’Homme sur un piédestal ait été aussi forte. C’est d’ailleurs peut-être la raison pour laquelle le christianisme, qui modérait cet élan, s’y est particulièrement implanté.
    L’intérêt du prisme que je prends est de souligner des traits particuliers de la modernité, qui n’est qu’un paganisme (=anthropocentrisme) qui a dû muter à cause des acquis qu’il ne pouvait plus remettre en cause, dûs au christianisme. Par exemple, quand je dis que le Salut, ou le Bonheur, n’est plus garanti par la progression individuelle d’une personne dans une discipline de vie, mais par le Progrès qui est censé résoudre tous les problèmes du monde (la faim, le froid, la maladie, la misère) à longue échéance, on comprend très bien que la conception de la connaissance que nous avons aujourd’hui a radicalement changé par rapport aux anciens. Ce n’est plus l’individu qui progresse tout au long de sa vie dans la connaissance et qui en tire une richesse intérieure donnant accès à la Sagesse (conception ancienne, commune aux chrétiens et aux païens anciens), mais les individus qui font progresser le savoir total de l’Humanité, qui donnera aux générations futures plus de confort. Les ramifications de la science se multiplient ainsi à l’infini, et on comprend alors très bien l’émergence des « experts » à l’ère moderne.
    C’est un exemple de développement que j’avais envisagé de faire figurer dans mon texte, mais que j’ai finalement enlevé pour ne pas que ça parte dans tous les sens.

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