C’est simple : combien de personnes étudie une langue étrangère pendant son temps libre, sans y être obligé par le travail ou le lieu d’habitation ? La majorité absolument écrasante étudie une ou deux langues étrangères pendant la scolarité, et rares sont ceux qui le continuent par plaisir. Si l’espéranto était aussi présent et accessible dans les établissements scolaires que l’anglais, il compterait bien plus de locuteurs que les deux millions mentionnés.
« Certains intervenants de ce forum ont avoué n’avoir que quelques dizaines d’heures d’espéranto derrière eux. »
Une heure d’espéranto équivaut à plusieurs mois d’une langue moins régulière. Les 16 règles de grammaire se tiennent sur une feuille - comparez-les avec la taille de Grevisse
De l’autre côté, quand on nous assène des sondages bidons (ceux d’Eurobaromètre, pa exemple), en présentant les chiffres des personnes « qui parlent anglais », il ne s’agit évidemment pas du bilinguisme. Certains prétendent parler anglais après l’avoir étudié au primaire (ce détail croustillant est également sur la page d’Eurobaromètre).
Evidemment, les traductions doivent être bonnes, mais cela va de soi, comme pour n’importe quel métier. Pour la fréquente remise à jour, ça dépend - Molière se lit bien, ce qui n’est pas le cas de Rabelais, et mettre le vocabulaire trop actuel dans un roman de Hugo ne serait pas vraiment indiqué
« Oui, pouvoir lire Shakespeare en VO est une puissante motivation pour apprendre l’anglais. »
Certes. Maintenant dites-moi : combien de gens qui apprennent l’anglais dans les établissements scolaires (faute de choix) sont mûs par cette motivation ? Et comment peut-on vouloir apprendre une langue pour lire tel ou tel écrivain sans rien connapitre de lui ? La première connaissance se fait par les traductions.
« Ceux d’entre vous qui me répondent que »des traductions des classiques existent« ont-ils déjà pris la peine de lire le même livre dans sa langue originelle et dans sa traduction ? »
Oui. En tant que personne pouvant lire en VO en plusieurs langues, j’affirme que si une part de l’intraduisible est toujours présente, son importance n’est pas si élevée que ça.
Et puis, pourquoi toujours Shakespeare ? Et les autres classiques des autres pays ? Qui serait capable de les lire tous en VO ? Sans oublier que l’apprentissage d’une langue jusqu’à un niveau permettant de retirer le plaisir de la lecture, apprecier les nuances au lieu de peiner avec le dico et buter sur des mots inconnus et des expressions difficiles à saisir, demande beaucoup de temps. Alors ne dénigrons pas la traduction, c’est elle qui nous offre l’ouverture sur les autres cultures.
« culture hippie, culture rock, culture black, culture olympique, culture rugbystique, culture paysanne (qui ne vivent pas tous ensemble), culture des banlieues, culture gay, etc, etc. »
« Culture pub ». Et pourtant, ses créateurs ni ses spectateurs ne vivent pas ensemble, et pour les traditions, il faudra repasser
La définition de l’UNESCO n’est pas aussi large pour rien. Sinon il suffit d’établir une liste, déclarer qu’il faut possèder toutes les caractéristiques de cette liste, et on se retrouve avec tout plein de cultures « fausses ».
Faut-il absolument « habiter ensemble » ? Diriez-vous le le yiddish n’a pas de culture, parce que ses locuteurs ne vivent pas ensemble ?
Les francophones ont-ils tous les mêmes traditions, les mêmes références culturelles ? Et les anglophones ? Et bien d’autres dont les modes de vie, les traditions diffèrent ?
L’exemple de l’humour n’est pas très pertinent, parce que certaines références deviennent obscurs même pour une autre génération, et si une personne ne regarde pas tel un tel jeu télévisé, est-il mis automatiquement en dehors de sa culture ?
Les espérantistes ont des mots bien à eux, des références humoristiques spécifiques, tout en restant ouverts sur l’ensemble des cultures.
« Mais ne pourrait ni lire Shakespeare, ni Goethe, ni Dante, ni Hugo, ni..., ni... »
Personnes capables de lire à la fois Shakespeare, Goethe, Dante et Hugo sont rares. Le plus souvent, on lit les traductions. Et de ce point de vue, l’espéranto n’a pas à rougir Il existe les traductions des écrivains susnommés. Qui plus est, l’espéranto possède également la littérature originale, ne soyez pas pressé de la dénigrer avant d’en avoir lu
Ensuite, vu le peu de temps que prend l’espéranto pour doter les gens d’un moyen de communication performant, rien n’empêche d’étudier une langue de son choix (par forcément l’anglais « utile »). D’ailleurs, parmi les espérantistes le pourcentage de polyglottes est élevé (c’est sans compter l’espéranto dans la liste).
Et « notre histoire », on l’apprend dans notre langue maternelle, n’est-ce pas ?
« euh, je n’ai pas trouvé comédie dans mon dictionnaire en ligne d’EO »
« Komedio ». Et le titre de l’oeuvre de Dante est « La Dia komedio »