Tout d’abord, l’article me paraît quelque peu décousu : si la question est « l’apprentissage du français », que vient faire ici l’affirmation sur les « nuls en anglais » ? Les Français ne sont pas plus nuls en anglais que les autres, je le dis sans chauvinisme aucun, vu que je ne suis pas une Française ethnique. Ah oui, c’est vrai : il y a les gentils Nordiques qui apprennent l’anglais bien plus assidûment, mais il y a un prix à payer, et ils le payent.
D’ailleurs, les Anglais ne sont pas tellement bien avec l’anglais, la preuve : on ne baisse plus les notes des élèves anglais à cause dea fautes d’orthographe... Et il faut 3 ans environ à un enfant anglophone pour apprendre à lire, contre 1,5 pour son homologue francophone.
« Nous sommes un des pays qui a le plus de mal avec les langues des autres »
Encore une fois : pas plus que les autres. Ne déformons pas la réalité avec des clichés.
« En séparant la langue-outil de la langue-culture, en séparant la langue du vivre de la langue du livre, nous affinerons les compétences de nos profs »
Je pense que la façon d’enseigner la grammaire est un peu trop compliquée. Mais une langue, c’est à la fois un outil et ses applications culturelles. Oui, il existe les verbes irréguliers en français (et dans plein d’autres langues), oui, un petit Indonésien évitera beaucoup de pièges linguistiques dans Bahasa Indonesia qu’un petit Français ou Russe devra combattre, mais les difficultés, il faut les apprendre. J’espère que vous ne proposez pas l’apprentissage d’une langue simplifiée (comme le franchiche, par exemple ? )
« Le texte traite de l’alphabétisation pragmatique des immigrés en France et par voie de conséquence de l’enseignement du français pour les immigrés et fils d’immigrés en France, et par voie de conséquence de l’enseignement du français à nos jeunes et aussi à nos adultes. »
Les méthodes de français ne sont pas les mêmes pour un immigré adulte et un immigré enfant, pour un enfant natif et un adulte illettré. Est-ce que vous proposez de virer toute mention culturelle de l’apprentissage ?
Oui, les vacances payés, c’est bien Alors qu’ils le mettent sur le site d’Erasmus : nous payons les séjours à un petit pourcentage d’étudiants, et on s’en fout s’ils apprennent quelque chose ou pas. D’ailleurs, le fait que le site officiel d’Erasmus n’a été traduit dans aucune langue en 20 ans montre clairement la volonté d’angliciser l’Europe.
On sait que la position de l’anglais est dominante grâce aux Etats-Unis. Mais on parle ici de l’Europe ! Alors au niveau européen, comment peut-on justifier la place de l’anglais, sinon, d’un côté, par un besoin de communiquer, et de l’autre - par l’aplatventrisme devant le puissant pays outre-Atlantique ? De plus en plus souvent on dit que l’anglais ne suffit pas ; aucun accord ne l’instaure en tant que LA langue de communication européenne. Pendant que nos enfants s’escriment à étudier l’anglais et autres langues, les petits Britanniques perfectionnent d’autres matières, et certains s’essaient au mandarin (langue jugée plus « économiquement intéressante » ; depuis peu rien ne les oblige d’étudier les langues européennes). Alors pourquoi devons-nous rester soumis et culpabilisés par le fait de ne pas parler anglais comme les natifs ?
Récemment dans une émission les participants étaient d’accord qu’il n’est pas possible de construire l’Europe sans les Européens. Et il ne s’agit pas d’une petite élite plus mobile ou plus polyglotte que la moyenne ; non, ce sont les Européens ordinaires, monolingues et sédentaires, qui doivent être d’accord pour faire l’Europe ensemble. Il faudrait peut-être réfléchir sur les moyens d’assurer la communication entre les citoyens ordinaires, de diffuser plus largement la culture des voisins (au lieu d’être perfusés par la production étatsunienne), d’ouvrir les esprits, comme on répète tout le temps, sans déplacer les populations et faire voyager tout un chacun. Sinon c’est de la poudre aux yeux.
Laissons les langues vivre... si aucune ne les domine. Laissons les gens apprendre les langues qu’ils désirent... sauf que l’anglais est le seul choix dans la majorité d’établissements scolaires et obligatoire dans certaines universités. Difficile de parler de la liberté dans ces conditions.
Pas cher Asp, je vois que vous avez toujours cette propension de parler avec aplomb des choses en ayant peu (voire pas du tout) de connaissances dans la matière Pas grave, je vous ferai un petit likbez : non seulement NKVD a cessé d’exister bien avant ma naissance, mais il ne ridiculisait pas les gens... Ce qu’il faisait au juste, je vous laisse découvrir par vous-même, car un petit effort intellectuel ne fait de mal à personne.
D’ailleurs dans le film déjà cité (L’auberge espagnole) les étudiants sont venus pour suivre les cours en espagnol, à en juger par les quelques passages. Cependant, dans leur appart ils discutent en anglais... uniquement parce que parmi eux il y a une Anglaise. Cela se comprend, quand on voit la scène où elle est obligée d’aligner quelques mots en espagnol Les pires cancres linguistiques, ce ne sont sûrement pas les Français.