Rafraichissant cet article. J’ai 78 ans et je me retrouve dans ces aspirations, cette utopie. Evidemment quand on a vécu avec ces valeurs de peur, de compétition, renforcées par la religion qui joue sur la peur du châtiment éternel et l’affirmation d’une vérité absolue qui rejette les « mécréants », c’est difficile d’imaginer un autre mode de fonctionnement. Bien sûr, l’auteur, vous n’avez pas la proposition « clé en main » de mettre çà en place, mais vous faites votre boulot : vous semez. Forcément vous dérangez. Et puis on n’a pas été formé non plus pour échanger des points de vue pour avancer ensemble. Mais on est d’accord avec toi et t’es un bon, ou on n’est pas d’accord et t’es un mauvais. Bien sûr on peut discuter sur la notion d’envie et y voir soit le désir de mettre ses forces, son enthousiasme au service d’un projet, soit le refus de sortir de son état végétatif. Bien sûr on peut discuter sur la notion de compétition qui peut être l’aspiration de se dépasser soi-même, de faire encore mieux en se respectant, ou d’écraser l’autre quels qu’en soient les moyens. Je suis tombé sur des commentaires sportifs à la télé ces jours-ci, partculièrement sur les jeux olympiques ; la seule chose qui compte c’est le score final. Peu importe le reste. Tu es troisième tu es un héros glorifié pour la planète. Tu es quatrième à un poil près, tu n’existes pas. L’épreuve sportive elle même, les athlètes eux-mêmes n’intéressent pas, ce qui compte c’est le podium. A condition que tu soit de la même natonalité que moi, bien sûr.
Pour illustrer la justesse de votre analyse, j’ai cet exemple actuel. J’habite en zone rurale. Notre facteur (contractuel et non fonctionnaire) assure depuis 8 ans son boulot à la satisfaction de tous les usagers. C’est à dire qu’il fait quelques entorses à la règlementation pour éviter de mettre en instance les colis quand le destinataire est absent. Il le fait à la demande des clients qui lui indiquent éventuellement à quel voisin le remettre. Tout marche bien. Pas de réclamation. Ancien postier moi-même, je sais que la distribution ne fonctionne bien qu’avec ces ajustements. Et bien, l’intéressé vient d’être mis à pied pour un mois, malgrès une soixantaine de lettres de clients témoignant de la qualité de son service et pas un seule réclamation, tout çà parce que sa hièrarchie a découvert qu’il ne respectait pas la règlementation... A son retour (mais reviendra-t-il, il est tellement écoeuré par cette affaire), je lui suggèrerai une grêve du zèle pour faire la démonstration que l’application stricte de la règlementation désorganise tout... A la Poste circule d’ailleurs un diaporama adapté à l’entreprise sur l’histoire des rameurs...
Je me souviens d’une interview de NS par Pujadas, pendant la campagne présidentielle de 2007. Pujadas abordait l’affaire Clearstream. J’entends encore la réponse de NS ; « j’vais vous dire franch’ment, m’sieur Pujadas, il y a trois semaines, je n’avais encore jamais entendu parler de Clearstream... ». Or il avait été ministre des Finances et Ministre de l’Intérieur... Ce qui m’avait fait dire devant une telle énormité, que si j’avais eu l’intention de voter pour lui, un tel mensonge, ou une telle incompétence (ou les deux) m’en aurait immédiatement dissuadé...
Quand on sait qu’un certain nombre de députés européens ne vont jamais sièger ou très peu (de temps en temps on peut avoir connaissance de leur assiduité), je ne vois pas comment on pourrait dire qu’il s’agit d’une juste rémunération. Car il y a là une rémunération sans commune mesure avec le commun des mortels et sans faire son boulot. Comment peuvent-ils en effet se rendre compte de la "vraie vie" de la majorité des leurs concitoyens ? Comment avec çà ne pas nourrir un sentiment de révolte.
Je viens de lire dans Marianne que, du temps où il était député européen, B. Kouchner, le personnage politique le plus aimé des français, s’était fait domicilier en Corse. Comme il ne devait pas être plus assidu que les autres, je vous laisse le soin d’imaginer le montant des indemnités de déplacement forfaitaires qu’il a dû percevoir.
Allez donc savoir s’il n’y en a pas qui sont domiciliés aux Antilles... Où alors c’est parce qu’il y a une clause qui l’interdit...
Ils ne sont pas tous comme çà, dit-on. Mais en ce qui me concerne je n’en ai jamais entendu un seul manifester un désaccord avec ce systême. Et quand les Chambres votent leurs budgets toujours à la hausse, je n’ai jamais entendu dire qu’il y avait eu une voix discordante.
Pour moi, ce systême, beaucoup en profitent, tous le couvrent.
Si l’épanouissement se fait à travers une activité, il ne faut pas, pour autant, confondre activité et travail, même si, bien sûr, dans un certain nombre de cas, heureusement, on aime son travail. Encore faut-il analyser les raisons qui conduisent à aimer son travail. Et ce ne sont pas souvent des raisons lièes à l’épanouissement, mais plutôt des compensations de frustrations...
Le mot travail, vient du latin "tripalium"", lequel tripalium était un instrument de torture...
A l’entrée du camp d’Auschwitz était inscrit : "Arbeit macht frei", le travail rend libre...
Cette belle formule avait été inspirée, ai-je lu, par le patron du groupe pharmaceutique Farben qui avait obtenu que ce camp soit installé là pour disposer d’un personnel gratuit et de sujets d’ expérimentation.
Associer travail et liberté, bien que celà soit la conception commune est quelque peu hasardeux.
Il y a eu une époque, pas si lointaine, ou des efforts ont été faits pour mettre à sa place le travail et disposer de temps libre pour, justement, se consacrer à des activités choisies et épanouissantes.
En 1977 est sorti un bouquin "travailler 2 heures par jour" . Il en est question , entre autre, dans le lien ci-dessous.
Pour s’épanouir il faut d’abord pouvoir satisfaire ses besoins fondamentaux et, pour en avoir les moyens, exercer un travail. En revanche, devoir consacrer tout son temps au travail, souvent dans des conditions difficiles, pour un salaire le plus souvent insuffisant et/ou être maintenu dans la crainte que ce travail aliénant vous soit enlevé. Celà ne peut, en aucun cas amener à l’épanouissement. Mais vous maintenir dans la crainte qui est l’opposé de l’épanouissement.
Nous sommes arrivés à un stade où après les curés qui voulaient faire de nous des brebis, nos élites veulent faire de nous des moutons. Pour l’instant, globalement sa marche.
Il y a trois quarts de siècle des hommes se sont levés pour dire : "on nous exploite, rassemblons nous pour exiger notre part", maintenant quand on entend quelqu’un réagir, c’est : " Je suis exploité, je ne me pleins pas, on pourrait même m’exploiter plus, alors toi qui est moins exploité tu n’as aucun droit de te plaindre..."