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Voltaire

Voltaire

Humaniste de ce siècle. La science a longtemps été ma passion, avant de devenir mon métier. Celui-ci a évolué depuis, mais je lui dois quelques enseignements fort utiles : curiosité, raison, un peu de sens commun et point trop de crédulité aveugle. A cela se rajoutent quelques passions sans doute déraisonnables, pour la justice, la bonté, les gens d’esprit, le bon vin et autres égarements, mais nul n’est parfait. Si je n’ai le talent de mon illustre pseudonyme, je tâcherai du moins de ne lui point faire honte, en demeurant aussi honnête que possible.

Tableau de bord

  • Premier article le 05/09/2006
  • Modérateur depuis le 06/10/2006
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Derniers commentaires



  • Voltaire Voltaire 6 octobre 2006 13:42

    Je serais moins compréhensif sur les excuses des candidats à ne pas être venu dialoguer.

    Nicolas Sarkozy a des idées assez tranchées et ambitieuses sur la recherche, et il est regrettable qu’il n’est pas pu/voulu en débattre. Certes, son problème aurait été de défendre la contradiction entre son soutien à la politique du gouvernement ces dernières années et les ambitions en terme de moyens et de projets qu’il propose pour la recherche, mais les chercheurs sont en général des gens bien élevés qui savent écouter les arguments de chacun. François Bayrou n’a pas hésité à venir alors que l’essentiel du public ne lui était certainement pas acquis.

    Quant aux candidats du PS, c’est certainement cette confusion entre image médiatique et débat d’idée qui peut leur être reproché. Ne pas venir afin d’éviter de « gêner » l’annonce de Fabius (ou plutôt de voir leur message absent des média pour cause d’annonce de candidature) me semble une mince excuse.

    Je partage par contre votre opinion sur la faible représentation de jeunes chercheurs, mais le lieu choisi, éloigné des voies d’accès principales, a pu en être la cause. Le problème de l’emploi des jeunes chercheurs est sérieux. Mais je partage l’opinion de Bayrou quand il dit, pour résumer, qu’on ne pourra pas avoir d’un coup le beurre, l’argent du beurre et le sourire de la crémière (plus d’embauches, plus de moyens dans les labos, et de meilleurs salaires). Même avec le consensus sur l’accroissement des moyens, il faudra choisir, au moins dans un premier temps, et c’est à la communauté scientifique de définir quelques priorités.

    A mon avis, la priorité est dans le salaire des jeunes chercheurs. Le nombre de chercheurs dans le public en France est assez satisfaisant, même s’il y a des disciplines sinistrées et d’autres qui se portent bien. On pourra sans doute accroître un peu le nombre d’embauches (surtout avec les prochains départs en retraite des baby-boomers), et un plan prévisionnel de l’emploi scientifique est une bonne chose. Mais il faut surtout que les docteurs trouvent toute leur place dans notre économie, et pas uniquement dans la recherche publique.



  • Voltaire Voltaire 6 octobre 2006 13:22

    Effectivement, François Bayrou et Laurent Fabius ont paru nettement mieux connaître ce sujet que les autres intervenants (qui étaient d’ailleurs souvent accompagnés d’« aides »).

    Laurent Fabius a fait ce qui m’est apparu comme un bon discours programme, que je qualifierais de « candidable ». François Bayrou (c’est mon impression personnelle) était un niveau au dessus, avec une vision plus « présidentielle » ; cela a pu être frustrant pour certains car un peu moins précis, mais il y avait certainement une conviction sur l’importance de l’enjeu.



  • Voltaire Voltaire 6 octobre 2006 08:54

    Effectivement, comparé au prix Nobel attribué à Fire et Mello, celui-ci est un peu moins enthousiasmant. L’identification de la structure de l’ARN polymerase est une jolie prouesse technique, mais on attend un peu plus d’un prix Nobel, donc décevant pour moi (ou alors il eut fallu l’associer à d’autres pionniers de la découverte du fonctionnement du système polymérase).

    La conclusion est assez juste. C’est bien en favorisant la prise de risque et l’inventivité que l’on découvre, et cela nécessite de l’autonomie pour les jeunes chercheurs. Le défaut principal de nombre de gouvernements en France est de penser que l’on peut imaginer à l’avance quelles vont être les domaines « payants » en terme notamment économique, et de lancer des programmes lourds sur ces axes. La recherche est pleine de surprise, et la qualité de la recherche devrait servir de critère principal de financement, même si l’on peut bien sûr dédier des fonds spécifiques pour des domaines de recherche utiles à la société (environnement, énergie, santé etc...), tant que cela reste suffisamment ouvert.

    A noter pour notre collègue travaillant aux US qu’après une courte pause (en 2003-2004), le gouvernement américain a de nouveau décidé une forte augmentation des crédits pour la recherche, que ce soit pour la NSF (National Science Foundation), le département de l’énergie (DoE) etc... (au rythme de 7% annuel), dans le cadre de l’« American Competitiveness Initiative ». La pause dans le financement de la recherche sur la santé (NIH) est venue après un doublement des crédits en 5 ans... Je pense que si en France on avait un doublement des crédits en quelques années, on accepterait volontiers une petite pause ensuite...



  • Voltaire Voltaire 4 octobre 2006 16:47

    Il me semble que vous faites une erreur fondamentale dans votre analyse des critères de choix. Il serait en effet extrêmement réducteur de choisir un ou une candidat(e) en fonction de quelques mesures que celui-ci s’engagerait à appliquer. D’abord parce que cela repose d’abord (ou devrait reposer) sur le parlement (vos critères sont donc plutôt ceux d’un choix pour un parti lors des législatives). Ensuite parce que l’expérience montre combien il est illusoire de croire en des mesures trop précises (sauf quelques mesures symboliques).

    Plutôt que juger sur des promesses ou des programmes précis, il est probable et logique que les citoyens prendrons d’abord en compte la personalité et le projet de société des candidats. Le rôle d’un président de la république est bien d’impulser une politique, pas de rentrer dans des détails qui doivent être définis par son gouvernement et sa majorité. Un certain nombre des mesures que vous décrivez méritent donc être discutées, mais à la fin, j’espère que vous ne baserez pas votre choix sur des réponses précises à ces quelques questions.



  • Voltaire Voltaire 4 octobre 2006 12:59

    Le sujet est intéressant mais hélas la quasi totalité des arguments produits sont erronés...

    Le problème de l’accès libre des données scientifiques produites par financement public a récemment fait l’objet de travaux à l’OCDE ; un fort soutien en faveur de cette liberté d’accès a été réaffirmé. Cette liberté d’accès est depuis peu encore plus défendue par les organismes de financement de la recherche pour lutter contre la fraude scientifique.

    Cela fait maintenant plusieurs années que les organismes de brevet refusent d’accorder des brevets sur des séquences génétiques seules, et la liberté d’accès des données en physique ou en astronomie n’est pas menacée (le problème étant plutôt de mettre en place les systèmes de grille informatique nécessaire à l’échange de ces données).

    Enfin, très peu d’universités, y compris américaines, arrivent à rentabiliser (c’est à dire faire des bénéfices) leur propriété intellectuelle. Déposer et défendre des brevets coûte cher, et à part quelques exemples célèbres mais rares, cela ne rapporte qu’une infime partie du budget de ces universités.

    Tout cela pour dire que s’il est utile de continuer à défendre cette liberté d’accès aux données scientifiques, il est contre-productif d’être inutilement alarmiste.

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