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Voltaire

Voltaire

Humaniste de ce siècle. La science a longtemps été ma passion, avant de devenir mon métier. Celui-ci a évolué depuis, mais je lui dois quelques enseignements fort utiles : curiosité, raison, un peu de sens commun et point trop de crédulité aveugle. A cela se rajoutent quelques passions sans doute déraisonnables, pour la justice, la bonté, les gens d’esprit, le bon vin et autres égarements, mais nul n’est parfait. Si je n’ai le talent de mon illustre pseudonyme, je tâcherai du moins de ne lui point faire honte, en demeurant aussi honnête que possible.

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  • Premier article le 05/09/2006
  • Modérateur depuis le 06/10/2006
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Derniers commentaires



  • Voltaire Voltaire 1er décembre 2009 09:32

    Voltaire n’était pas athée ni même agnostique. Il croyait en un être suprême, créateur. Mais ne voyait guère de différences intrinsèques entre dieux de religions différentes ; en ce sens, nous pourrions le qualifier de déiste.

    Ce qu’il abhorait en revanche, c’était les religions et leur cortège d’abus commis au nom d’un dieu et de préceptes éminemment humains. En ce sens, il appréciait bien plus l’islam tel qu’il le voyait appliqué en l’empire ottoman que le christianisme tel qu’il était pratiqué en occident. A ce titre, je doute fort qu’il eût partagé votre affinité pour ce concept de laïcité chrétienne.

    En praticulier, Voltaire était un fervent défenseur de la tolérance, y compris religieuse. Je doute fort qu’il eût approuvé une décision interdisant à l’une d’elles un élément architectural sur leurs lieux de culte, dans la mesure où celui-ci est sans influence sur les croyances des autres.

    Notez bien que je ne souhaite pas nier le problème que peut poser l’interprétation de certaines religions, dont l’islam, et leur pratique dans nos sociétés. C’est un sujet de fond qu’il convient de débattre, et le cas de la burqa est assez emblématique. En revanche, ce qui me semble contre-productif est une décision discriminatoire envers une religion sans que des éléments objectifs d’atteinte aux citoyens puissent être mis en avant. 



  • Voltaire Voltaire 30 novembre 2009 22:24

    « Laïcité chrétienne », voici un nouveau concept intéressant...
    Néanmoins, avant de vous aventurer sur des concepts de droits historiques de la religion chrétienne, je vous invite à lire ou à relire ce que disait mon illustre homonyme sur les différentes religions... quant aux diverses méfaits des uns et des autres, la liste serait trop longue d’un côté comme de l’autre pour s’y appesentir.

    La laïcité, par définition, est neutre vis à vis des religions. Et donc en aucun cas ne peut être invoquée pour avantager l’une ou l’autre croyance. Il ne faut pas confondre traditions héritées d’un passé religieux (comme le jour de repos fixé au dimanche, qui ne joue pas sur la pratique ou les symboles) et interdiction d’un signe distinctif sur un édifice religieux, qui, s’il est dirigié spécifiquement envers une religion, rompt avec le principe d’égalité de traitement.



  • Voltaire Voltaire 27 novembre 2009 14:08

    L’allusion à Obama fera sourire les amateurs des guignols de l’info, mais bien entendu l’analogie s’arrête là.

    Il faut tout d’abord remarquer que Mr Dolium n’est pas le seul candidat « typé » du MoDem puisque, bien que nous ne connaissions qu’une douzaine de têtes de liste potentielles pour ce parti, et si l’on exclue l’outre-mer, il existe au moins une autre candidature de ce type, en la peronne de Mr Begag, en Rhone-Alpes (et sur 3 députés MoDem, l’un est aussi métis, Mr Aly).

    L’auteur pose une double question : Mr Bayrou a t-il été raciste, ou au moins biaisé envers les personnes de couleur (et il se referait une « virginité » par cette candidature), et la candidature de Mr Dolium n’est-elle qu’un coup marketing.

    A la première question, il me semble que l’on peut sans trop se tromper répondre par la négative. Sans doute Mr Bayrou a t-il pu dans sa jeunesse penser, comme beaucoup, qu’un candidat de couleur présentait moins de chance de réussite électorale qu’un autre, mais depuis de nombreuses années, il ne semble pas y avoir eu de discrimination de ce type, voire même l’inverse, de la part de Mr Bayrou (souvenons-nous que le président du CRAN est issu de l’UDF), et celui-ci n’a jamais, dans ses propos publics ou privés, laissé supposé une telle attitude. On pourrait même penser que la philisophie, voire sa foi, sont à l’opposé d’une telle vision.

    La seconde question est beaucoup plus légitime.

    Que le choix de Mr Dolium réponde à des éléments de visibilité médiatique, cela ne fait aucun doute. Il en va de même dans les autres partis : Europe-Ecologie débauche à tours de bras dans la société civile, l’UMP pousse ses ministres populaires et Mme Yade y a une place éminente etc ; Seul le PS est plus timide à cet égard, principalement car il doit soutenir ses sortants, dont beaucoup ont été élus par surprise en 2004, et demeurent peu connus du grand public.

    Pour autant, il me semble que ce choix s’imposait au MoDem pour plusieurs raisons :

    - le MoDem n’avait aucun élu d’envergure connu en Ilede-France, région qui focalisera bien entendu l’essentiel de l’attention des média

    - la popularité assez faible du MoDem actuellement ne lui permettait pas de trouver un candidat célèbre parmis la société civile (signer pour le Modem, c’est de plus s’assurer d’une haine tenace de la part du président de la république et de son parti, il faut donc ne pas être exposé ou être très courageux...)

    - le MoDem ne peut se permettre actuellement de guerre internes trop violentes, ce qui n’aurait pas manqué d’être le cas si la compétition avait été ouverte entre petits chefs de la région

    - Plus que son origine métis, ou en tout cas en plus de cette origine, Mr Dolium présente surtout un parcours « exemplaire » d’un enfant de classe défavorisée, issue des banlieues, de famille monoparentale, qui a su s’élever par son travail et sa volonté dans l’échelle sociale, et accompagner cette montée par des activités associatives variées dans le même sens. Il contraste donc avec les candidats principaux dans cette région, d’autant qu’il vient de la sphère privée et non publique. Le tout, accompagné d’un certain charisme, en faisait un candidat potentiel intéressant, que l’on pourrait comparer à Aziz Senni, qui avait aussi été « poussé » par Bayrou à Mantes-la-jolie en 2007, avant un parcours plus médiatique que politique.

    Le risque pour Bayrou est double :

    - son inexpérience politique ne dervait pas être trop handicapante dans cetet campagne assez courte, mais pourrait se révéler plus ennuyeuse à long terme, si Mr Dolium prend la tête d’un groupe MoDem au conseil régional, où les intrigues politiques sont nombreuses. Il lui faudra donc apprendre vite...

    - plus ennuyeux, son manque de vision globale pour la région, même s’il a déjà identifié quelques problèmes clés liés aux ghetos sociaux, aux problèmes des PME ou au déficit de proximité. Il lui faudra porter un vrai projet pour la région pour être crédible au delà de sa simple personnalité, aussi intéressante et attachante soit-elle, pour espérer convaincre au delà de son électorat de base et placer le MoDem en situation d’arbitre dans cette élection. Gageons que son parti, qui n’est généralement pas à cours d’idées, lui proposera un projet intéressant, encore-faudra t-il qu’il s’en empare et le défende en convaincu. 

    Si sa première prestation sur RTL a été correcte sans plus, il a semblé prendre ses marques lors de l’émission de France 2 hier soir en étant plus convainquant, et sa présence récurente aux guignols de l’info lui assure une visibilité inespérée. Son défi sera d’apparaitre comme un leader crédible et non de simple témoignage ; Rendez-vous dans quelques semaines pour l’heure de vérité, lorsqu’il lui faudra affronter les coups qui ne manquerons pas d’arriver...



  • Voltaire Voltaire 27 novembre 2009 09:37

    @vilistia
    Bonne question... Le plus proche est sans doute Dupont-Aignant, bien que je connaisse mal son projet économique. Ensuite, je pense que Bayrou est assez proche au niveau économique et valeurs, mais bien sûr avec une vision beaucoup plus européenne que de Gaulle. Mais ces deux là s’entendent assez bien, sauf sur ce point, ce qui confirme cette proximité idéologique.

    @Pierre JC Allard
    Je ne partage pas votre opinion sur le manque de fond idéologique du centre. IL me semble au contraire que celui-ci a, sous Bayrou, su renouveller son corpus idéologique, contrairement aux socialistes. En revanche, je partage avec vous l’opinion sur la difficulté, dans un système majoritaire, d’être une voie puissante aux côtés de la gauche et de la droite. L’évolution du modem dépend de celle du PS : à terme, une redistribution des cartes serait logique d’un point de vue idéologique.



  • Voltaire Voltaire 26 novembre 2009 17:32

    L’auteur pointe un élément intéressant du paysage politique français actuel, l’apparente déconnexion entre la popularité de François Bayrou et celle du MoDem.

    Contrairement à Pierre JC Allard, je ne pense pas que Mr Bayrou soit éliminé de la course à 2012. D’abord parce que les français apprécient que leurs représentants aient une stature et expérience notable pour le poste de président de la république (on est rarement « brulé » en politique française), ensuite parce que Mr Bayrou sera sans doute le seul à représenter un courant de pensée important (le centre démocratique et pro-européen) à l’élection présidentielle de 2012, et enfin en raison de la déliquescence du PS.

    En terme de personne, Mr Bayrou a su imposer son opiniatreté et démontrer sa solidité malgré les vents contraires, et en terme d’espace politique, l’écologie ne sera sans doute pas représentée de façon crédible en 2012, et seul Dominique Strauss Kahn peut affecter son ambition de réunir sur sa candidature la gauche modérée. Les chances de voir Dominique de Villepin ou DSK se présenter me semblent faibles, faute de volonté et de parti. F. Bayrou devrait donc continuer à disposer d’un espace politique important en 2012, et il a prouvé être un candidat avisé.

    Le cas du MoDem est effectivement différent, et je rejoint là partiellement l’avis de Pierre JC Allard : ce parti souffre d’un double handicap.

    Tout d’abord, en terme purement organisationnel, il n’a pas de personnalité à sa tête : F. Bayrou est incontesté au MoDem, mais ne peut vraiment agir en chef de parti, à la fois parce que ce n’est pas sa tasse de thé, et parce que son ambition de rassemblement dépasse largement celle d’un parti. Il manque donc une personne qui puisse se consacrer à structure ce parti, d’où ses remous constants.

    Ensuite parce que son positionnement indépendant lui est très défavorable électoralement parlant. Faute d’alliance claire, ce qui lui serait aussi néfaste, il est contraint à un coup par coup qui brouille son image. Et les scores modestes qu’il a obtenu ont des effets très négatifs sur son nombre d’élus de marque, et donc sur sa crédibilité électorale. C’est sans doute la raison pour laquelle sa stratégie a évoluée vers celle d’un rassemblement anti-UMP de second tour, mais cette stratégie heurte un électorat centriste repoussé par l’idée d’un accord avec un PS plus boulet qu’allié. Et la stratégie gagnante d’Europe Ecologie, qui a su s’ouvrir au delà d’un parti Verts étriqué, lui réduit encore un peu plus l’espace politique dans lequel il pouvait se mouvoir.

    Le MoDem est donc condamné à attendre le succès de son chef : victorieux, F. Bayrou pourra transformer le MoDem en grand parti démocrate suivant l’effet classique d’attraction du vainqueur, et ainsi concrétiser la transformation du paysage politique français en 3 groupes majeurs, droite conservatrice, démocrate progressistes, et gauche antilibérale. Défait, et le MoDem devra sans doute se refondre dans l’un des deux groupes majeurs ou vivoter en attendant la fin du Sarkozysme.

    A court terme, aux élections régionales, il est donc peu probable que le MoDem dépasse de beaucoup son score de base, autour de 10%. Mais cette limite fera de lui soit un allié incontournable, voire un parti indépendant et visible, soit une force d’appoint limitée.
    Pour François Bayrou, l’enjeu en matière de soutiens est important pour 2012.

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