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Voltaire

Voltaire

Humaniste de ce siècle. La science a longtemps été ma passion, avant de devenir mon métier. Celui-ci a évolué depuis, mais je lui dois quelques enseignements fort utiles : curiosité, raison, un peu de sens commun et point trop de crédulité aveugle. A cela se rajoutent quelques passions sans doute déraisonnables, pour la justice, la bonté, les gens d’esprit, le bon vin et autres égarements, mais nul n’est parfait. Si je n’ai le talent de mon illustre pseudonyme, je tâcherai du moins de ne lui point faire honte, en demeurant aussi honnête que possible.

Tableau de bord

  • Premier article le 05/09/2006
  • Modérateur depuis le 06/10/2006
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Derniers commentaires



  • Voltaire Voltaire 15 juin 2009 10:23

    Imaginer que Bayrou est fini, comme on le lit ici ou là, est aussi ridicule que d’imaginer Sarkozy fini quand il était à 35% d’opinion favorables, ou quand il avait obtenu 14% des voix en tant que tête de liste RPR aux élections européennes de 1999. Il faut arrêter d’interpréter des sondages au jour le jour.

    Nicolas Sarkozy beneficie de sa fonction et de réseaux très importants, notamment dans la presse. Son image sera toujours présentée de façon favorable, sauf quand les circonstances lui seront très défavorables. Il va traverser une période difficile l’an prochain en raison des chiffres du chômages, mais demeure favori pour 2012. En revanche,la situation est plus délicate pour la « majorité présidentielle » en raison de l’absence de réserves de voix pour un second tour. Tout dépend pour eux de la division de l’opposition, qu’il continueront d’entretenir par débauchages interposés.

    Les écologistes ont bénéficiés de circonstances favorables, d’une très forte abstention, et d’une orientation très environnementale de cette fin de campagne. Objectivement, il faut aussi souligner que le parlement européen est en pointe en matière de polltique environnementale, et que l’Europe joue un rôle majeur dans les politiques de l’environnement. Mais la situation risque vite de se dégrader faute de leadership au niveau national, et du retour de l’électorat vers des préoccupations plus concrètes.

    Le PS continue d’être dans la tourmente : l’affaire Vals les secoue dûrement, Ségolène Royal et François Hollande jouent 2012, et le parti est tiraillé entre modérés et aile gauche. En raison du gadin du MoDem, il est probable que c’est cette aile gauche qui va se renforcer, au grand dam des responsables des régions, qui auraient préférés un accord avec les Verts et le MoDem pour gérer les régions, plutôt qu’avec l’extrême gauche. Mais je pense que le PS et ses alliés feront de très bons scores aux régionales si la participation remonte un peu.

    Quant au MoDem et à Bayrou, on peut compter sur les media pour tenter de les achever. Mais je n’y crois pas : faute de leader au PS, Bayrou demeure incontournable. Si le MoDem parvient à se ressouder durant l’été, ce qui est dans l’intérêt de ses responsables (les « traitres » ne sont plus très nombreux...), je pense que Bayrou et son parti reviendront sur le devant de la scène à la rentrée. Les élections régionales sont un test piège : une bonne campagne de premier tour peut les rendre incontournable, mais il leur faudra sans doute s’allier au second tour avec la gauche pour être crédible. Il leur faudra un très bon score pour négocier en tant que partenaire réel et non comme simple appoint. En réalité, le plus subtile pour les Verts et le MoDem serait de faire liste commune au premier tour, afin de négocier en position de force au second tour, mais il est fort peu probable que les Verts en France, très à gauche, acceptent ce type d’accord.



  • Voltaire Voltaire 12 juin 2009 15:35

    @le chat

    Je parlais des sympathisants du PS, pas de ses chefs ! c’est déjà bien compliqué comme cela, inutile de rajouter de l’huile sur le feu...



  • Voltaire Voltaire 12 juin 2009 14:04

    Plusieurs amis étrangers, neutres, m’ont tous fait la même remarque. Pour eux, l’attitude de Bayrou lors de ce débat a été plutôt mesuré par rapport à celle de Daniel Cohn Bendit, et son attaque légitime du moment qu’elle ne relevait pas de la calomnie mais de faits établis. Ils ont donc été surpris des commentaires de la presse, unanimement défavorable à Bayrou.

    Pour ma part, je pense que Bayrou a fait une erreur politique car il aurait dû prévoir que les réactions de son électorat traditionnel seraient négatives et que la presse ne le louperait pas (sans être paranoïaque, il ne faut pas être clairvoyant pour savoir de Bayrou dérange... et que tout prétexte sera bon pour l’enfoncer). Il aurait donc dû rester au dessus de ce combat médiocre ; cela n’exonère pas la presse de son atttude peu objective, mais je ne pense pas que cela ait une influence sur le long terme. cela pourrait même être salutaire pour Bayrou, si cela le pousse à faire émerger une équipe crédible de portes parole et à se placer au dessus de la mélée.



  • Voltaire Voltaire 12 juin 2009 13:55

    Bonne analyse.

    La majorité présidentielle n’a pas gagné cette élection, mais elle a quand même gagné, par défaut.
    Avec à peine 28%, la majorité présidentielle (et non l’UMP...) fait le plus mauvais score jamais réalisé par une majorité au pouvoir. Dans le passé, cette majorité était représentée par plusieurs listes qui s’en réclamaient. Ici, comme l’auteur le souligne, cette liste était seule. Pire, étant donné le taux d’abstention très élevé qui favorise mécaniquement la droite (en raison du vote des personnes âgées), ce score est encore plus faible par rapport à la population entière.

    Néanmoins, sur le plan médiatique, elle peut crier victoire. Car ses deux rivaux principaux, PS et MoDem, sont défaits. Or, tel était bien l’objectif de la majorité : écarter ses rivaux immédiats. C’est la raison pour laquelle elle a tant soutenu la liste écologique, qui ne représentait aucun danger au niveau national, et ne mordait pas sur son électorat.

    Reste qu’il est bien difficile d’extrapoler ce résultat pour les élections suivantes : minoritaire, la majorité présidentielle aura bien plus de mal à triompher dans un scrutin à deux tours. Aux régionales, la machine socialiste, bien implantée, devrait être plus efficace et bénéficier de l’apport des Verts au premier tour. Et le MoDem, qui représente une alternative pour les modérés, reviendra à son niveau normal (autour de 12%). Si ces listes s’accordent au second tour, le résultat de la majorité présidentielle risque d’être très décevant.
    Quant à 2012, c’est encore loin...



  • Voltaire Voltaire 12 juin 2009 13:45

    Je me permets de reprendre ic le commentaire déjà posté à propos de la lettre ouverte à Martine Aubry.

    Autant le « gadin » du MoDem lors de cette élection a des causes assez évidentes, et peut donc trouver sa solution aisément, autant le cas du Parti Socialiste est un tel casse-tête qu’il est difficile de suggérer des solutions.

    On parle souvent du problème de leadership de ce parti. C’est bien sûr une évidence, et le faible score obtenu aux européennes ne va pas arranger les choses : la guerre des chefs va reprendre de plus belle avec 2012 en perspective.

    Mais le problème de fond, qui me semble toujours insoluble, est l’absence de vision commune de ses membres et de son électorat, qui le condamne au consensus mou et à la confusion. Au PS, un tiers est favorable à une gauchisation du parti (et alliance avec l’extrême gauche), un tiers au modèle jospinien traditionnel, et un tiers au modèle social démocrate (et alliance avec le MoDem). Personnellement, je considère l’équation insoluble. Comment proposer un projet de société lisible quand il existe de tels fossés ? La synthèse est tellement difficile que personne ne s’y risque, et que le combat se reporte par défaut sur les personnes. Or l’enjeu de société est immense (poursuivre ou rompre avec le sarkozysme).

    L’auteur est clairement un avocat du premier tiers. Mais penser qu’en France un PS se déportant à gauche et repoussant tout accord avec les démocrates puisse emporter une élection nationale relève d’une ignorance profonde de la sociologie du pays (je ne mets pas en cause ici l’idéal). En réalité, le seul salut que j’entrevoie pour le PS serait en un projet de société totalement nouveau, qui permettre de transcender les clivages actuels. Mais les luttes de personnes sont tellement pregnantes au PS que cette hypothèse me parait impossible à développer en si peu de temps. Quant à l’arrivée de l’homme (ou la femme) providentiel, tel Obama aux US, il ne faut pas rêver...

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