l’analyse marxiste de l’impérialisme en tant que stade ultime du capitalisme a quelques arguments pour étayer sa thèse, de laquelle découle que les formes de conquête du capitalisme à ce stade ne se contentent plus d’un accaparement ciblé de ressources précises, mais a besoin d’une réelle stratégie de puissance globale.
L’impérialisme n’est pas l’apanage des empires revendiqués ou évidents comme celui des états-unis aujourd’hui, ou de l’URSS hier, ces deux derniers dont les guerres répondaient précisément de la stratégie de puissance précitée. C’est un principe de conquête inhérent à toute entité capitaliste qui a épuisé son potentiel de conquête à l’intérieur d’un cadre restreint considéré (en général la nation), ou qui a conscience de ses limites à moyen terme.
Aujourd’hui que le capitalisme a à peu près ruiné les frontières, le concept de l’impérialisme doit être revu en tant que force de destruction des structures qui encadrent, régulent, contraignent ou contrecarrent les tendances des capitalistes, puisque en gros, il y a de moins en moins de marchés étrangers à conquérir, la conquête est de plus en plus d’ordre structurelle, et globalisée.
Donc pour revenir à votre objection, la guerre se fait toujours par désir d’au moins une entité au départ, puis d’au moins deux une fois que l’ennemi déclaré réagit. Mais ce désir est-il toujours matériellement fondé ? Prenons un de vos exemples :
- les guerres civiles : lorsque le roi de France et les autorités chrétienne qui sévissent en France et à Rome, font la guerre au protestantisme, c’est clairement là une affaire de religion. Mais quelle signification, en terme de puissance, aurait pour ces gens une émancipation d’une large partie de la classe bourgeoise en France, au profit du protestantisme ? Quelles seraient les perspectives matérialistes de la royauté chrétienne de l’époque dans un contexte où les bourgeois, et par suite pourquoi pas les paysans, aurait une religion différente de la leur, qui tient la source rigide de leur pouvoir ? Au fond, si le pouvoir ne dépendait pas de la religion, le Roi se moquerait bien du protestantisme, et si l’économie ne dépendait pas du pouvoir et vice versa, le Roi se moquerait bien de sa cassette, mais ces trois aspects sont ceux d’une même réalité dans laquelle ils sont intriqués.
Au fond, l’authenticité du prétexte (religion, idéologie...), est il est vrai plus ou moins élevée selon les cas, et il serait bien laborieux de faire une inventaire détaillé pour cerner les proportions. Ce qu’on peut dire en tous cas, c’est que moins la religion et l’idéologie ont d’autorité, plus l’économie, mécaniquement, est dominante, et d’autre part que plus une entité est forte matériellement (financièrement, technologiquement, en termes de ressources de base...), plus elle a les moyens de faire valoir son idéologie ou sa religion, ou tout autre aspect non matériel de cette entité.
Je dirais donc pour conclure et trancher votre objection, qu’on ne fait pas la guerre bien longtemps en dehors des clous de l’intérêt matériel, et que par conséquent, la guerre est essentiellement d’ordre matériel, et accessoirement d’ordre différent, et c’est pourquoi si je ne partage pas toute l’analyse de l’article, je conviens de l’idée générale défendue.
La nature des normes « écologiques » reflète simplement la nature de ceux qui les rédigent et les influencent : des technocrates et des industriels.
Lorsque les normes écologiques seront écrites par des citoyens réellement indépendants de tout intérêt et ne formant aucune corporation, les normes seront intelligentes, ou du moins représentatives de la volonté commune, liée aux intérêts communs : ni à des intérêts particuliers (ceux des industriels), ni à des représentations particulières de la réalité (celles des technocrates).
On a les lois qu’on mérite, puisqu’on est à peu près tous contre la démocratie, et pour que ce soit une corporation ultra-minoritaire qui, contre la volonté du peuple et en accord avec celle d’une oligarchie industrielle, nous gouverne.
Quand on est un pays avec d’énormes ressources naturelles et des dirigeants et des institutions plus évolués intellectuellement et moralement, ça passe encore (Norvège par exemple), mais sinon, une fois que l’énergie devient chère, que les matières premières se font rares, et que la concurrence est établie avec le reste du monde, plutôt que son exploitation (colonies, domination sur des régions peu développées...), et bien la dure réalité vous revient sévèrement dans la gueule, et vous constatez qu’en fait non, on ne peut pas léguer le pouvoir à une corporation de politiciens professionnels, mais qu’on doit tous gérer les affaires publiques, à moins de préférer se faire enculer collectivement par les plus entreprenants, qui sont souvent les plus gros chacals, ou à défaut le deviennent.
oui, parce que son programme consiste d’abord à convoquer une assemblée constituante pour établir une nouvelle République, le tout dans le cadre d’une révolution citoyenne.
La révolution citoyenne, c’est le fait que les citoyens s’emparent du pouvoir qui leur est du.
Bien entendu, il ne faudra pas compter sur Mélenchon ou les parlementaires pour donner le pouvoir au peuple tout bêtement et d’un seul coup. Ce sera au peuple de pousser dans ce sens, afin que les transferts de pouvoir se fassent, mais la différence avec d’habitude c’est que là le candidat et sa majorité seraient plutôt favorables à cette évolution.
Un exemple de mesures concrètes contenues dans le programme de Mélenchon, c’est outre la constituante et la 6ème république, l’élection du président de France Télévisions.
Ce serait énorme de choisir celui qui fait les programmes de la télé non ? on pourrait avoir des gars meilleurs que Patrick de Carolis ou Hees. qui sait, on pourrait même avoir un intellectuel à la tête, qui choisisse non pas de faire de l’audience, mais de la qualité avant tout, quitte à perdre de l’argent, on gagnera des neuronnes en France, et on ferait une économie de propagande !
Pour répondre à la question sur la démocratie directe, attention, il faut être précis : s’il s’agit de multiplier les référendums, je dis que c’est de la merde. Mais s’il s’agit de rendre très accessible le référendum d’initiative populaire, alors là oui. Le référendum doit être l’initiative du peuple, et non des gouvernants et autres élus. Je serais même pour l’interdiction de tout autre référendum que celui d’initiative populaire. si le président ou un autre élus ou gouvernant, veux poser un référendum, il n’a qu’à obtenir suffisamment de signatures.
A partir de là, je vois mal comment demander aux présidentiables de mettre ça sur la table puisque de telles mesures diminueraient leur propre pouvoir. Seul Mélenchon pourrait être compatible, dans le cadre de sa campagne pour une constituante, parce que s’il sent que l’idée est porteuse, il l’utilisera. De plus, Mélenchon et le FdG souhaiteraient que la fonction de président de la république joue un rôle mineur, comparable au président Allemand ou Italien, pour avoir une démocratie parlementaire, donc tout ce qui affaibli le président est bon pour eux. Par contre, l’initiative populaire affaiblit aussi le parlement, mais en même temps, elle s’inscrit bien dans le cadre de la révolution citoyenne.
Donc une pétition qui aurait un gros succès permettrait peut-être, via certains candidats (je pense à Mélenchon mais y en a peut-être d’autres, comme Poutou), de faire passer le message en force dans le débat, d’autant que Mélenchon est une grosse geule donc pourrait ben réussir à se faire entendre.
Pour les indignés : une idée comme ça, balancée depuis le Sénégal où je vis et ne vous soutien que moralement.
Manifester, c’était bien, il fallait le faire. Les assemblées, c’est bien, ça a permis de poser des questions claires, voire des orientations assez nettes.
Mais maintenant il faut passer à l’action, faire de la politique réelle. Quelques déclinaisons de politique réelle :
1/ Visibilité : se constituer en entité militante visible et identifiable. Pas de chef, pas de leader, pas de noms, mais une identité forte, un esprit, une marque. Pour cela, réaliser des clips sur internet, en mobilisant le talent des nombreux artistes et autres imaginatifs du mouvement, et même en sollicitant l’engagement d’artistes et autres personnalités qui n’appartiennent pas au mouvement. Ces clips doivent être puissants et emblématiques des questions et problèmes soulevés par le mouvement : l’originalité est le maître mot, SURTOUT, SURTOUT pas de larmoyant. De l’humour, de l’esprit, du punch, plus que jamais.
2/ influence politique : militer pour la refondation de la démocratie. Pour cela, il faudrait peut-être réunir tous les acteurs qui travaillent dessus, et leur proposer un plan de travail, en vue de rédiger un manifeste commun (Etienne Chouard, les auteurs qui ont traité la question de la démocratie, les militants pour une constituante, les partis et courants politiques qui proposent une constituante)
3/ influence économique : mobiliser et sensibiliser les acteurs économiques dans le combat. Bien entendu, il ne s’agit pas de collaborer avec Areva ou Total, mais plutôt de dialoguer, d’échanger et éventuellement de mener des actions d’ordre commerciales stratégiques, tactiques ou symboliques, par le biais d’entreprises par exemple les acteurs du Bio, les ingénieurs qui bossent pour les énergies renouvelables, certaines banques mutualistes etc. Il y a plein d’acteurs, si ce n’est la grande majorité des acteurs économiques, qui y auraient un intérêt, et qui auraient carrément un intérêt à un changement radical de système, même s’ils n’en ont pas conscience, du moins leur image pourrait bénéficier de l’étiquette indignée. Ces démarches demandent énormément d’imagination, surtout pas de platitudes.
4/ Pouvoir technique : il faut absolument mobiliser les techniciens. Je prend l’exemple le plus important à mon avis, celui des informaticiens. Il faudra être capables de développer des outils informatiques de communication autonomes, d’attaquer des ennemis, de saboter la propagande gouvernementale, de perturber la télé pourquoi pas. Mais le plus important : développer des outils d’organisation révolutionnaires en passant par internet. On voit à quel point rien que face book, qui n’est pas fait pour ça à la base, a servit le mouvement. Il faut maintenant que, en parallèle des réseaux sociaux traditionnels, les indignés fabriquent leurs propres outils d’organisation.
5/ Désertion : c’est là plus orienté et personnel, mais je pense qu’il faut regarder du côté des autonomistes. Pour faire échouer ce système, ne faudrait-il pas convaincre de plus en plus de gens, en parallèle de l’activisme interne, d’augmenter leur autonomie ? Lorsqu’on est jeune c’est plus facile. Ne faudrait-il pas s’organiser en utilisant tous les outils imaginables, pour sortir de notre dépendance au système, pour être plus forts contre lui ? Produire soit-même sa nourriture, ses habits, et convaincre tous ceux qui ont à y gagner de faire de même, par le biais d’organisations locales. Je pense que c’est un front d’action, minime dans son impact au départ, mais aux conséquences incalculables.
Évitez les jugements infondés svp : le GUE, le groupe du front de gauche au parlement européen, a fait une proposition de loi pour diminuer de 25% le traitement des députés européens.
Bien entendu, ce qui est passé c’est l’autre projet, de la droite, et qui consiste à augmenter le traitement des députés. C’est pour cela que la vraie gauche ne fait pas des masses de propositions : elles sont systématiquement amendées à tel point qu’à la fin il n’en reste rien, et que si c’est le cas, elles ne passent pas le vote. Donc leur travail ne consiste pas à faire des propositions (sauf exception) qui s’avèrent toujours illusoires, mais plutôy de voter massivement contre tout ce qui va dans le sens autoritaire ou libéral de l’Europe, à commenter, à diffuser, à informer leurs concitoyens de ce qui se passe là-haut.
Le profiteur dont vous parlez vous offre sur son blog tout le travail qu’il abat au parlement, commente et explique chaque vote, dénonce chaque offensive ultra-libérale.
Mais vous préféreriez certainement qu’il n’y ait que des ultra-libéraux au parlement européen, comme ça vous pourriez dire : « haha, tous des traîtres, ils ne vont même pas se battre au parlement européen alors que c’est là-bas que sont votées les lois, et pas dans les parlements nationaux »
Et vos petites phrases honorables, elles témoignent de quelle sorte de courage chez vous ?
Le travail de Mélenchon, on approuve ou pas, mais il n’est pas possible de le nier, et tout est en ligne.