Je ne suis pas sûr que le choix du OUI de Rocard décrédibilise forcément sa proximité relative au mouvement "Utopie".
Si Rocard a voté NON au référundum, c’est peut-être parcequ’il ne l’a pas conçu de la même façon que vous. Peut-être que dans son système il s’agissait de permettre un fonctionnement plus adapté des institutions afin de pouvoir dans un deuxième temps pouvoir agir dans le sens de l’intérêt du plus grand nombre (y compris en amendant la "constitution" par exemple).
Je dis ça parceque c’est à peu près mon cas, j’ai voté oui.
Si je devais revoter, je voterais NON parcequ’avec le recul, mon appréciation a évolué.
Nous pouvons avoir des idées proches mais une approche différente des processus politiques compatibles.
Moi je veux bien tout ce que vous racontez, et quoi qu’il en soit je trouve que porter cet accoutrement, ou même le voile, c’est ne rien comprendre à ce qu’est l’Islam, c’est réactionnaire, et pour résumer le mieux en un mot, c’est imbécile.
Cependant est-ce que Sarkozy, Le Pen, De Villiers, Madelin, et une bonne partie de la droite réactionnaire ou conservatrice sont pour :
- La liberté (autre que celle d’exploiter les faibles) ?
- L’égalité ?
- La fraternité ?
On les destitue de la nationalité Française ?
Il me semble que l’essentiel, ce qui relève de la pertinence démocratique, n’est pas dans le fait d’exclure celui qui ne respecte pas les valeurs de la république, mais au contraire de l’intégrer. Refuser la nationalité française à cette dame pour la raison qu’elle n’adhère pas aux valeurs de la République, c’est de mon point de vue une hatitude qui révèle la faiblesse de la République, et son manque de confiance en ses propres valeurs. Ca me fait peur, et me rappelle le pathétique débat sur le voile d’il y a 5 ans. A cette époque, un débat national sur l’éducation a été phagocité par le débat sur le voile. Qui du publique portait son attention sur l’état de l’école ? On avait tous les yeux et les cerveaux rivés sur le voile de quelques adolescente. "Ahh, horreur, cheval de troie clérical et obscurantiste, vade retro Satanas !" La République est-elle si vulnérable ? N’avons nous aucune foi en la force de la laïcité, du dialogue, et en la capacité de la République de faire vivre ensemble les gens ? La vraie question est peut-être plus l’exclusion et la perte de repères que le voile en lui même : mais ce débat évidemment, est beaucoup plus profond et difficile à assumer, que d’interdire un bout de chiffon.
Ou est la cohérence avec le fait de ne pas remettre une seule seconde en question la légitimité d’appartenance à la République à des gens qui n’adhèrent clairement pas à notre devise (cf plus haut) ?
Au contraire, donner la nationalité à cette dame, donnait à la société et à la République le défi de l’ouvrir aux lumières de nos valeurs, sans l’a priori de rejet que lui pose ce refus de nationalité.
Comme pour la Turquie, il y a la manière audacieuse, celle qui n’a pas peur, mais relève le défi parcequ’elle a confiance en ses propres valeurs, et il y a la manière plus simple, moins prise de tête : on veut pas de vous, vous n’êtes pas comme nous.
Pour ma part, je considère que les valeurs de liberté, d’égalité, et de fraternité sont largement assez fortes pour, lorsqu’elles sont réellement défendues et mises en valeur dans notre propre société, s’infuser plus ou moins lentement, mais sûrement, dans les esprits.
Eh bein dites donc David Bowie est devenu intelligent ? (il a eu sa période limite fascisante)
La vacuité de l’oeuvre de la belle Carla peut-elle laisser supposer que sa démarche est autre que publicitaire et superficielle ?
Je ne sais pas, mais que ce soit directement ou indirectement, son geste participe d’une dynamique chaque jour un peu plus prononcée vers la libération des oeuvres immatérielles des crochets de la marchandisation.
Comme le dit David, l’avenir, c’est les concerts (pour les produits dérivés, ça marchera aussi, mais seulement le temps que les gens deviennent un peu plus sérieux, à moins que ces produits dérivés constituent une vraie valeur culturelle et matérielle), mais aussi, à mon avis, un statut rémunéré en complément des spectacles, étant donné que certaines productions artistiques, et c’est naturel à l’heure du numérique, devront pouvoir s’affranchir de toute prestation ou support matériel, et donc être rémunérées d’une façon qui reste encore à déterminer.
Ce qui est certain, c’est que la démarchandisation de l’art accompagnée d’un dispositif de diffusion transparent et isotrope aurait pour vertue de nous éviter les marchands de soupe, et d’élever un peu les goûts artistiques du plus grand nombre, de favoriser les spectacles où les gens se rencontrent, et éprouvent plus d’émotions en général.
Une donnée que certains oublient souvent, c’est que s’ils jouent le jeu de la gratuité (ou de la mutualisation à un prix qui leur donne droit à un smic) de leur oeuvre immatérielle, les gens seront probablement plus enclins à payer plus pour les petits concerts.
Ce postulat (que les gens seraient prêts à payer plus chers pour les concerts), se base sur le fait, qu’on accorde pas beaucoup de valeur à ce qu’il est facile de se procurer et par absolument tout le monde (ici la musique gratuite), et que par compensation, on reporte cette valeur sur ce qui reste non donné d’avance (ici les spectacles).
Globalement ce sera donc sur les spectacles que se reportera l’intérêt des gens, d’où une plus grande propension à dépenser pour ceux-ci qu’actuellement, où l’intérêt est encore assez partagé entre l’immatériel (payant, même si accessible gratuitement dans une certaine mesure), et le spectacle avec des vrais gens en chair et en os.
Il me semble qu’à terme de cette évolution en soit super progressiste se posera la question de la valeur de façon plus large et fondemmentale, car après tout, pourquoi l’immatériel (qui constitue pourtant une valeur, même si elle est inépuisable), serait gratuit, et le matériel payant ?
On peut répondre dans un premier temps que justement c’est parceque l’immatériel est renouvelable quasiment à l’infini et sans coût, contrairement au matériel.
Mais alors l’étalon devient le coût de reproduction, mais que fait-on du coût de production ? Car créer un album immatériel coûte beaucoup de temps et somme toute pas mal d’argent( instruments etc...), et donc il est peut-être injuste de ne pas rémunérer ce temps consacré.
Car après tout, il faut admettre que le conditionnement de la nouvelle donne serait d’origine technologique (internet, P2P...) et nullement éthique.
L’engraissage de quelques artistes au dépends de la diversité et d’une économie plus axée sur les prestations plus socialisantes comme les spectacles, reste moins juste à mon avis que ce nouveau modèle que nous espérons, néanmoins ce nouveau modèle est le fruit d’une opportunité technologique, ni plus ni moins, et il serait peut-être dangereux de supposer a priori qu’il y a ou qu’il peut y avoir adéquation entre cette donne technologique et une équité économique indépassable.
Il ne faudra donc surtout pas s’arrêter de refléchir pour faire évoluer ce nouveau modèle vers plus d’équité.