Une
troisième objection n’a pas été mentionnée dans l’article, dont
l’auteur semble très étrangement faire preuve des mêmes à priori
naïfs que Grimes ou que l’ensemble de la classe médiatique. Grimes
fait apparemment la confusion entre la révélation d’un complot et
le fait que quelqu’un « ait parlé ». Comme si à chaque fois
qu’une personne impliquée dans un vaste complot d’État révélait
ses agissements, la presse embrayait derrière et en faisait la une !
Des révélations par un informateur de l’intérieur peuvent très
bien être ignorées par la grande presse, passivement ou activement,
celle-ci pouvant même travailler à les ridiculiser. De sorte que le
public dans son ensemble en ignorera l’existence, ou quand il en
entendra parler, en concluera qu’il ne s’agit que de rumeurs ou de
fantaisies. Là encore, les exemples en sont innombrables. Ce qui
n’empêchera pas dans chaque cas les officialistes au cerveau ramolli
de clamer que « quelqu’un parlerait forcément ». En fait, ils
jouent à un jeu du type face je gagne pile tu perds. Quand ils sont
confrontés à une absence supposée de fuites, ils disent qu’il
devrait y en avoir, quand on leur fait remarquer qu’il y en a ils
disent qu’elles ne comptent pas ou même qu’il ne devait pas y en
avoir.
Trois
objections de taille à l’encontre de cette étude qui commet des
erreurs de débutant.
Une
qui est largement évoquée ici, mais qui nécessite de nouvelles
importantes précisions. L’auteur de l’ « étude » délire
totalement sur le nombre de personnes au sein d’une organisation qui
nécessiterait de mener certains complots. Même le caricatural
exemple d’une falsification des missions lunaires impliquant des
milliers d’employés de la NASA, sempiternellement avancé par les
anti-conspirationnistes comme l’argument massue devant assumer les
complotistes de tout poil, n’est nullement probant. Il est évident
que les hypothèses évoquant une mystification des missions Apollo
ne supposent pas qu’une majorité, ni même un très grand nombre des
employés de la NASA, aient été complices. Laissant de côté le
fait que quelques personnes aient bel et bien prétendu avoir été
impliquées dans le trucage de photos venant prétendument des
missions Apollo, et que le moon hoaxer David Percy ait affirmé de
manière répété avoir été informé de l’intérieur par d’anciens
employés, deux exemples nous prouvent que des agences spatiales
peuvent conduire des manipulations à grande échelle en laissant la
plupart de leurs employés hors du coup, même les fournisseurs
pouvant être laissés dans l’ignorance du but final de leurs
travaux.
Le
projet de satellite destiné à la recherche scientifique Discoverer,
conduit par une agence civile spécifique (mais les leçons peuvent
s’appliquer à la NASA), initié en 1959, en réalité une couverture
pour le projet d’espionnage Corona, les charges à but scientifique
étant remplacées par des charges à but militaire sans que le
personnel civil en soit informé, ni que les fabricants sachent
comment étaient utilisés leurs fournitures en raison de la
compartimentalisation. Seul un petit nombre de hauts responsables
savaient de quoi il retournait (de façon intéressante, il est à
noter que les fusées étaient lancées et tombaient dans l’océan,
servant de couverture aux vraies fusées cargos).
Le
programme d’espionnage militaire conduit à l’aide de la NASA dans
les années 60 et 70, surnommé Astrospies, consistant à envoyer dans
l’espace des astronautes espions. Il impliquait l’entraînement en
secret des astronautes espions et le développement d’une station
spatiale destinée à l’espionnage de l’URSS, là encore avec
l’essentiel du personnel civil tenu dans l’ignorance, ce qui se
montait à des milliers de personnes.
Donc
les agences spatiales peuvent conduire de vastes programmes en
laissant l’essentiel de leur personnel dans l’ignorance. Leçons qui
peuvent s’appliquer à quantité d’administrations, surtout celles
qui fonctionnent sur le secret défense et la compartimentalisation.
Ce qui nous mène directement à une deuxième objection, Grimes
suppose erronément que tout le monde a la même tendance à parler,
celle du vulgaire homme de la rue, alors que les personnes
impliquées dans des projets d’État obéissent à une logique de
secret et de classification des informations, et s’y tiennent dans la
quasi-totalité des cas. De nombreux exemples de secrets qui n’ont
pas ou peu filtré peuvent être avancés en démonstration de cette
vérité.
Un
article qui est là pour nous rappeler que le nationalisme le plus
débridé n’est pas mort. Je ne cherche nullement à défendre un
rapeur que je ne connais même pas, et que j’aurais bien peu de
chances d’apprécier, vu que je n’aime pas beaucoup le rap et encore
moins les rappeurs. Mais bon sang ce que l’auteur donne dans
l’hypocrisie, la xénophobie crasse et l’adoration de la guerre.
Le
sommet de la tartufferie est atteint quand il prétend plaindre le
sort des soldats africains et asiatiques. Il est incongru pour son
point de vue de rappeler la présence de tous ces colonisés, qui non
seulement subissaient de plein fouet l’oppression massive par les
français, mais en plus se sont vus imposer l’infamie d’aller se
battre aux côtés de leurs oppresseurs. Massacrer pour défendre
ceux qui les massacraient. Il n’y a aucune gloire à en tirer, mais
vraiment pas la moindre. Essayer de faire passer pour glorieuse leur
tragédie est un immense morceau d’infamie colonialiste. S’il y a
vraiment la moindre critique « progressiste » à faire de la
décision du maire, ce serait qu’en cédant aux critiques il se
retrouve dans la lignée des dirigeants racistes et colonialistes qui
considéraient les populations comme de la main-d’œuvre gratuite
corvéable à merci et de la chair à canon. Mais ce sont d’abord ces
critiques qui sont dans leur lignée. La seule commémoration à
faire qui vaille est donc celle de l’exploitation des colonisés
africains par des dirigeants français immondes et criminels de
guerre, comme le sont leurs successeurs. Les xénophobes ne veulent
des nègres et des bougnoules que soumis et obligés de se faire tuer
pour leur bon plaisir. Pour un peu, on pourrait tout aussi célébrer
les malgré-nous ou les membres de Das Reich. Ah, mais c’est vrai que
eux, bien qu’étant exactement dans le même genre de situation que
les « héros » déportés des colonies, ne sont juste pas du
bon côté du politiquement correct ambiant.
Et
plus largement, tout cela peut aussi se dire au sujet des soldats
blancs, tout autant victimes de l’État français. Au lieu de ne
mentionner leurs souffrances que pour s’étendre sur l’ « hommage »
guerrier à leur rendre, l’article ferait mieux de condamner
l’asservissement dont ils ont été l’objet de la part des dirigeants
de leur soit-disant pays. Dirigeants qui ne les concevaient comme des
compatriotes que pour les envoyer se faire tuer à leur place pour
mener la politique qu’ils avaient décidé, après leur avoir fait
subir des décennies de décervelage nationaliste. Toutes les
provinces de France étaient là ? Ah oui, c’est facile de dire ça,
surtout quand l’État jacobin oppressif persécutait ces provinces,
détruisait leur identité, quand il ne violait pas la neutralité
savoisienne. Facile de dire aussi que toutes les conditions y
étaient, quand on a tout fait pour que ça arrive.
Ce
n’est pas de faire chanter un rapeur sur les lieux de la bataille ou
de brûler un drapeau français qui est insultant ou outrageant pour
les victimes du premier conflit mondial. C’est de leur avoir infligé
ce sort, de les avoir envoyés au front comme de vulgaires
esclaves/chair à canon (la conscription n’étant de toute façon
que de l’enrôlement forcé), fusillant tout réfractaire ou
récalcitrant. Ces commémorations nationalistes, qui insistent sur
le « sacrifice » de ces gens, ajoutent l’insulte odieuse à
l’humiliation en prétendant rendre un « hommage » perverti.
Elle se double chez les cerveaux dérangés des nationalistes d’un
goût délétère, pervers et macabre pour l’adoration
para-religieuse des monuments aux morts, auto-apitoiement nocif dont
aucun enseignement positif ne peut sortir. En fait, avec ces gens-là,
tout pourrait recommencer exactement comme il y a cent ans, ils
n’apprennent parce qu’il n’en sont de toute façon pas capables. On
retrouve chez eux le même repli sur soi néfaste que chez les
sionistes.
Et
que vient faire là la chancelière qui n’a même pas jugé bon de se
rendre à Waterloo ? Oui, c’est vrai qu’à ce titre, je peux tout
aussi bien vilipender le président militariste, qui sème la
destruction dans plusieurs pays, notamment en Syrie, qui avait
également séché la commémoration de la fin de l’Empire français
en Europe.
Sinon,
pour ceux qui dressent une comparaison avec le patriotisme actuel des
russes, je leur rappelerai que les russes n’ont nullement agressé
les occidentaux, ni même cherché de noises. Les otaniens qui ont
multiplié les provocations contre les russes en Ukraine et semé le
chaos en Syrie et Libye apparaissent comme les héritiers des
nationalistes français (et allemands, serbes, italiens etc...) qui
ont imposé la guerre aux guerres il y a un siècle.
En
fait, sans même parler des innombrables éléments qui accusent une
complicité interne, comme le souligne l’article, Bandar Ben Sultan
était surnommé Bandar Bush en raison de ses très forts liens avec
la famille Bush, et plus généralement avec le complexe
militaro-industriel états-unien et les néo-conservateurs. Amitié
qui s’est poursuivie après le 11-9, tout au long des guerres
d’Afghanistan, d’Irak, de Libye, et de Syrie. Ce n’est que tout
récemment qu’il s’est brouillé avec le gouvernement d’Obama, et ce
n’est que parce que c’est celui d’Obama, opposé dans l’ensemble à
la politique des néo-conservateurs.
Questions
: quelle est la probabilité que Ben Sultan ait décidé avec
quelques princes séoudiens eux aussi liés aux intérêts
stratégiques des USA de monter une attaque contre ces derniers ?
Quelle est celle que Bush et les néo-conservateurs aient poursuivi
leur amitié avec lui après le 11-9 s’il en était le vrai coupable,
à l’insu de leur plein gré ? Réponse : dans les deux cas, zéro.
Que certains puissent envisager de tels « scénarios »
hilarants ne montrent que leur absence complète de la moindre
logique.
S’il
est évident qu’il y avait des complicités parmi les séoudiens
(comme il a pu y en avoir au Pakistan ou en Israël), la piste
séoudienne est une perte de temps.
- Tolkien
est lui-même responsable d’une certaine confusion. Il a bâti toute
une mythologie aux forts relents « païens », même si on retrouve
un monothéisme sous-jacent (mais on pourrait en dire tout autant de
nombre de mythologies soit-disant polythéistes). Ses livres sont
également une ode à une conception écologiste de respect de la
nature, et de rejet de la civilisation industrielle et capitaliste,
représentée de façon transparente par le Mordor et Saroumane. Et
là, c’est bien le contenu de son œuvre (comme lui-même s’est
exprimé en ce sens), et non une interprétation que certains ont
voulu voir après coup.
- «
Avoir combattu le nazisme » ne veut rien dire dans ce domaine.
Nombre de ceux qui ont combattu le nazisme, en fait une majorité,
étaient des racistes patentés et sans honte. Churchill le premier.
Au sujet de Tolkien, je pense en effet que ses œuvres sont en
imprégnées de racisme latent, que ce soit de façon métaphorique
(les orcs) ou plus directe (les Suderons sont les Sémites, les
Easterlings sont les russes, les turcs, les perses et les jaunes,
tous des suppôts de Sauron comme par hasard).