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Analis

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  • Analis 10 juillet 2015 16:50

    @franc

    Je suis d’accord dans l’ensemble avec ces vues. Beaucoup assimilent les mères porteuses à de la prostitution, et j’ai tendance à le suivre. Mais je ne partage pas du tout leur analyse morale quand ils essaient d’en faire usage pour légitimer l’interdiction de la pratique. On peut s’y opposer parce qu’elle remet gravement en cause les règles de la reproduction et risque de bouleverser les règles sociales ; mais à mon avis on ne doit surtout pas s’y opposer pour de pseudo-arguments féministes ou basés sur la lutte contre l’exploitation, ou parce que "le corps ne serait pas à vendre" – idem pour la prostitution classique. On retrouve chez eux le même ton condescendant de ces féministes PC qui ne s’occupent de la libre disposition du corps par les femmes que quand ça les arrange, ou de ces pseudo-intellectuels pontifiants de gauche. En fait, cette opinion trahit un profond puritanisme, basé tant sur la détestation (ou l’’idéalisation excessive, ce qui revient un peu au même) de l’argent que du sexe. Les arguments selon lesquels les mères porteuses seraient exploitées parce qu’elles ne comprendraient pas ce qu’elles font, ou parce qu’elles feraient ça pour de l’argent, ou parce que les rapports entre les parties ne seraient pas égaux, ou parce que les intermédiaires se sucreraient au passage, sont insupportables. Les intermédiaires prennent beaucoup d’argent parce que les services de transplantation d’embryons sont très chers ; probablement font-ils payer leurs services trop chers, comme nombre de professionnels spécialistes de services rares, mais justement, ils ne font pas différemment que tant de ces spécialistes. Si la situation est déséquilibrée entre les parties, là encore, c’est caractéristique de quasiment tout contrat et service ; pourquoi donc insister dans ce cas-là seulement et pas dans tout le domaine des relations humaines  ? Parce que ce serait vain ? Eh bien oui ! Ce n’est donc pas la peine de se concentrer sur celui-ci en particulier. Quant à l’affirmation selon laquelle les mères porteuses (ou les prostituées), même avec leur plein consentement, participeraient de leur oppression, désolé, elles sont mieux placées pour savoir ce qui est bon pour elles. Ce genre de raisonnement, consistant à dire aux gens ce qui est mieux pour eux de penser, relève juste d’une idéologie totalitaire tranquille.

    Une amusante vidéo (en anglais, mais il n’est pas trop dur de comprendre ce qui se passe) :

    https://www.youtube.com/watch?v=n1tFbZ5kaY8



  • Analis 10 juillet 2015 16:09

    @Mmarvinbear

    On peut, si on veut exclure les couples gays de la procédure en appelant à la «  naturalité » de leur fertilité, rétorquer que dès lors, la stérilité de l’homme ou le la femme hétéro est aussi d’origine naturelle, et que leur exclusion se justifie aussi sur ce critère !

    Il y a quand même une différence fondamentale entre les deux, que je mentionnais déjà dans mon message, mais que je vais là expliquer en long et en large  : les difficultés de la femme ou de l’homme hétéro stériles sont dues à une anomalie pathologique, un accident de développement (génétique ou non) ou un accident tout court. Le recours aux mères porteuses, comme à la fécondation in vitro, se voit alors comme une pratique médicale destinée à corriger, à guérir (c’est le terme qui convient) ce défaut – tout comme on essaie de corriger les effets de la perte d’un membre ou d’un organe ou leur défectuosité de diverses manières. Tandis que dans le cas d’homosexuels, il n’y a aucun défaut à corriger, vu que leur impossibilité d’avoir des enfants est normale. En fait là, ce recours crée une anomalie ! Cette différence est fondamentale, et justifie par exemple la comparaison avec le clonage.

    On pourrait par contre comparer à juste titre leur situation à celle d’une femme ménopausée qui essaierait d’avoir recours à de telles techniques. Il est certain qu’il y a des limites à mettre à l’usage des nouvelles techniques. Elles devraient être considérées comme purement médicales, et non destinées au confort de certains.



  • Analis 8 juillet 2015 14:27

    @Mmarvinbear

    Il ne s’agit aucunement là d’interdire la reproduction, mais uniquement le recours à certaines techniques artificielles, ici aux mères porteuses, ce que fait déjà la loi française ! Le conseil constitutionnel ne peut là que s’incliner. Il n’existe aucun droit « naturel » à bénéficier de telles techniques. Comme le dirait la Cour européenne des droits humains, cela dépend de la marge d’appréciation des États (en revanche, quelle serait sa position en cas d’adoption d’une telle loi punissant de peines même ceux qui se rendent à l’étranger, on ne peut pas en préjuger, l’obligation de reconnaissance de la filiation, faite au bénéfice de l’enfant, n’empêchant pas forcément de telles sanctions à l’encontre des parents). Rappelons entre autres que l’Irlande interdit bien à ses citoyens le recours à l’avortement à l’étranger.

    Cet absence de droit naturel en la matière s’appliquant d’ailleurs aussi bien aux couples hétérosexuels qu’homosexuels. Dans le cas de ces derniers, des différences d’appréciation s’imposent cependant, car pour un couple hétérosexuel le recours à la mère porteuse peut servir à corriger une anomalie, un dysfonctionnement. Alors qu’il n’en est rien pour les couples homosexuels, leur infertilité étant naturelle – le rapprochement avec le clonage étant pertinent. Sinon, certaines nations ont bien entravé le droit à se reproduire ; l’exemple qui vient à l’esprit étant celui de la Chine. Comme tout droit, on peut considérer qu’il peut faire l’objet de restrictions.



  • Analis 8 juillet 2015 11:50

    @Mmarvinbear

    d : la justice française ne peut pas poursuivre une personne qui a recours à une GPA dans un pays ou cette procédure est légale. Ce serait un non-sens juridique.

    En fait, la justice française le pourrait. Il suffit juste d’adopter le principe d’extraterritorialité de l’infraction commise par un ressortissant français. Cela est parfaitement acceptable, et existe dans plusieurs domaines. Dont un très voisin, celui du clonage : la loi française prévoit que tout ressortissant français qui s’adonne au clonage y compris dans un autre pays, même s’il y est légal, encourt jusqu’à trente ans de prison. Donc rien n’interdit de prévoir par exemple pour les couples homosexuels qui s’adonneraient à la pratique de ce type de reproduction non-naturelle par le biais de mère porteuse une telle peine.

    Ce n’est pas que je m’en fasse l’avocat ici, mais juridiquement c’est possible. 



  • Analis 6 juillet 2015 18:35

    @morice

    Oui, bon enfin, en matière de ce qu’on peut appeller du négationnisme lié aux OVNIs, vous aviez encore il y a quelque temps sorti la ridicule fadaise de la CIA, déjà mille fois réfutée, selon laquelle ils avaient promu la croyance aux OVNIs afin de camoufler les vols de leurs avionsespions. La vérité bien établie est qu’à lépoque, comme plus tard d’ailleurs, ils travaillaient à discréditer toute mention d’OVNIs (et leur dire selon lequel 50 % des observations d’alors étaient du à l’U2 est risible ; la vérité serait plus proche du centième de ça). 

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