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J’avais oublié l’intervention au Liban en 1982 et 83.
Sinon, voici une liste d’interventions en Françafrique avant 1990, qui ne s’en tient qu’aux interventions opérationnelles directes, ne mentionnant pas le soutien apporté par des conseillers militaires français aux dirigeants locaux afin de les épauler dans une répression, et parfois par quelques troupes discrètes, comme cela a probablement été le cas à l’ancien président camerounais Ahidjo pour mater dans le sang les Bamilékés dans les années 60 (je parle de soutien approuvé par le gouvernement, pas de celui apporté par des mercenaires comme Bob Denard) :
http://www.legrandsoir.info/liste-des-interventions-militaires-francaises-en-afrique.html
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1. Date : 1961
Opération : Lancée le 18 juillet 1961, avec pour but le maintien de la base militaire navale de Bizerte.
Lieu : Tunisie
Chef de l’État : Habib Bourguiba
Nom de l’opération : « Bouledogue » (transformée en opération « Charrue longue » pour le maintien de la base militaire navale de Bizerte en Tunisie).
2. Date : 1964
Opération : Rétablissement, le 18 février 1964, du président Léon M’ba après un putsch d’une partie de l’armée.
Lieu : Gabon
Chef de l’État : Léon M’ba
Nom de l’opération : ???
3. Date : 1968-1972
Opération : Opérations contre la rébellion du Tibesti au Tchad. L’armée française enregistre des pertes importantes. 39 tués dans les rangs français durant l’opération « Limousin » ainsi qu’une centaine de blessés.
Lieu : Tchad
Chef de l’État : François Tombalbaye
Nom de l’opération : « Bison »
4. Date : 1969
Opération : La France intervient, de mars 1969 à juin 1971, contre les rébellions du Tibesti et du Frolinat (Front de libération national du Tchad soutenu par la Libye à partir de 1969).
Lieu : Tchad
Chef de l’État : François Tombalbaye
Nom de l’opération : « Limousin »
5. Date : 1977
Opération : Intervention conduite de décembre 1977 à juillet 1978 par l’armée de l’air dans le but de repousser le Front Polisario du territoire mauritanien, dans le secteur du train minéralier Zouérat-Nouadhibou et de libérer les coopérants français enlevés quelques mois auparavant.
Lieu : Mauritanie
Chef de l’État : Mokhtar Ould Daddah
Nom de l’opération : « Lamantin »
6. Date : 1977
Opération : Soutien au maréchal Mobutu Sese Seko contre la rébellion du Shaba. (19 mai - 14 juin)
Lieu : Zaïre
Chef de l’État : Mobutu Sese Seko
Nom de l’opération : « Verveine »
7. Date : 1978
Opération : Opération menée dans la ville minière de Kolwezi envahie au début du mois de mai par les rebelles katangais, soutenus par l’Angola.
Lieu : Zaïre
Chef de l’État : Mobutu Sese Seko
Nom de l’opération : « Léopard » ou « Bonite ».
8. Date : 1978
Opération : La France intervient une nouvelle fois de mars 1978 à mai 1980 pour contrer l’avancée du Frolinat (Front national de libération du Tchad)
Lieu : Tchad
Chef de l’État : Félix Malloum
Nom de l’opération : « Tacaud »
9. Date : 1979
Opération : L’empereur Jean-Bedel Bokassa est renversé. David Dacko est réinstallé au sommet de l’État. La France intervient de septembre 1979 à septembre 1981.
Lieu : Centrafrique
Chef de l’État : Jean-Bedel Bokassa
Nom de l’opération : « Barracuda »
10. Date : 1983
Opération : Le 18 août, 4 000 soldats français sont mobilisés en appui au président Hissène Habré mis en difficulté par les rebelles de Goukouni Oueddeye, soutenus par la Libye. L’opération durera jusqu’en février 1986.
Lieu : Tchad
Chef de l’État : Hissène Habré
Nom de l’opération : « Manta »
11. Date : 1986
Opération : Le 15 février 1986, l’aviation française bombarde la base aérienne avancée de l’armée libyenne à Ouadi-Doum (Nord).
Lieu : Tchad
Chef de l’État : Hissène Habré
Nom de l’opération : « Épervier »
12. Date : 1986
Opération : 150 parachutistes français débarquent en renfort au Togo : Sauvetage du président Gnassingbé Eyadéma, menacé par une tentative de coup d’État, le 23 septembre 1986. Des Chasseurs Jaguar dans le ciel de Lomé.
Lieu : Togo
Chef de l’État : Gnassingbé Eyadéma
Nom de l’opération : ???
13. Date : 1989
Opération : Intervention menée, du 7 au 16 décembre 1989, après l’assassinat du président Ahmed Abdallah et la prise de contrôle du pays par les mercenaires de Bob Denard. 1200 ressortissants français sont également sécurisés.
Lieu : Comores
Chef de l’État : Ahmed Abdallah
Nom de l’opération : « Oside »
14. Date : 1990
Opération : De mai à juillet 1990, la France évacue 1800 étrangers après les émeutes de Libreville et de Port-Gentil.
Lieu : Gabon
Chef de l’État : Omar Bongo
Nom de l’opération : « Requin »
@Michel Maugis
Vous n’ avez pas démontré que l’ auteur n’ a pas démontré que les USA forment la nation la `plus belliqueuse de l’ Histoire, quand justement c’ est ce qu’ il vient de faire.
Et encore moins démontré que l’ auteur n’ a pas donné des éléments de comparaisons, alors même qu’ UN SUPERLATIF en donne, en disant que tous les autres ne sont pas aussi belliqueux que les USA. Vous avez donc ample facilité pour nous proposé un contre exemple.
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Il semblerait que vous souffriez d’un petit (gros) problème de logique : en aucun cas le fait d’établir une liste d’interventions par année pour les USA ne prouve qu’il s’agit de la nation la plus belliqueuse de l’histoire. Il faudrait pour cela qu’il ait passé en revue tous les pays de la même façon. Tant qu’il ne l’a pas fait, il ne s’agit de sa part que d’une affirmation gratuite.
Et se contenter d’affirmer "que les USA soit le pays le plus belliqueux est une évidence crasse" n’a aucune valeur de démonstration.
Et puisqu’on parle de démontrer pour d’autres pays, dont la France est un de ceux qui revient le plus, jetons justement un coup d’oeil sur son histoire depuis 200 ans. Les USA ont indiscutablement un palmarès de conflits impressionant, mais la France ne paraît pas être en reste. La Révolution puis Napoléon Ier, c’était la guerre permanente. Cela se calme peut-être un peu sous Louis XVIII, mais avec Charles X et Louis-Philippe, on avait des campagnes de « pacification » permanentes en Algérie et des guerres civiles violentes. Sous le règne de Napoléon III, il n’y a pas du y avoir une seule année sans guerre (Crimée, Italie, Mexique, conflit de 1870, expansion coloniale). Sous la IIIème République, après la répression de la Commune, tout le reste a été une campagne coloniale permanente. C’est à dire une occupation militaire constante de vastes territoires. Cette occupation n’étant pas toujours « froide », mais souvent très chaude, il n’a pas du y avoir beaucoup d’années où il n’y avait pas de révolte suivie de répressions sanglantes, entrecoupées de campagnes de travaux forcés à grande échelle. Après la première guerre mondiale (et une expédition contre les boxers et quelques cannonières par-ci par-là), il y a la campagne du Rif, l’intervention en URSS, l’occupation du Levant et de l’Anatolie, les multiples répressions en Afrique Noire, l’occupation de la Ruhr etc... 1937 at 1938 étaient peut-être plus calmes (à vérifier), mais ensuite, de 1939 à 1962 au moins l’état de conflit était permanent (Syrie, Algérie, Sénégal, Vietnam, Cameroun, Congo, Côte-d’Ivoire etc...). Les deux décennies et demi suivantes sont moins chargées, elles sont entrecoupées de quelques interventions néo-coloniales (Kolwezy, Tchad et d’autres que j’oublie). À la fin des années 80, il y a la répression des Canaques, et depuis, cela n’arrête plus. Irak en 1990-91, Rwanda, Somalie, Bosnie-Herzégovine, Kosovo, Afghanistan, Côte-d’Ivoire, Libye, Mali, Centrafique, intervention masquée en Syrie... Au mieux, la France talonne les USA de très près.
Suite :
http://www.psychomedia.qc.ca/societe/2011-11-23/information-et-confiance-envers-les-gouvernements
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De l’ignorance à la confiance envers les gouvernements
Soumis par Gestion le 23 novembre 2011
Se sentir non informés ou incapables de comprendre des questions sociales importantes favorisent un sentiment de dépendance envers les gouvernements plutôt que de motiver à rechercher de l’information, selon une étude canado-américaine publiée dans le Journal of Personality and Social Psychology, une revue de l’American Psychological Association (APA).
Ce qui a pour conséquences, montrent Steven Shepherd de l’Université de Waterloo et Aaron C. Kay de l’Université Duke, d’augmenter la confiance dans les gouvernements, d’augmenter la tendance à les justifier et d’augmenter le désir d’éviter d’apprendre sur le sujet, surtout si l’information est négative.
Plus la situation est urgente et que les gens se sentent potentiellement menacés, moins ils veulent en savoir et préfèrent faire confiance aux gouvernements.
Les chercheurs ont mené une série de 5 études au Canada et aux États-Unis. Ils décrivent une "réaction en chaîne allant de l’ignorance concernant un sujet à la confiance envers le gouvernement et à la dépendance envers celui-ci".
Dans une étude menée avec 197 Américains, âgés en moyenne de 35 ans, les participants qui se sentaient les plus touchés par la récession économique évitaient les informations qui pouvaient remettre en question la capacité du gouvernement de gérer l’économie.
Dans une autre étude, les chercheurs fournissaient une description simple ou complexe de l’économie à un groupe de 58 Canadiens (moyenne de 42 ans). Les participants qui ont reçu la description complexe rapportaient des niveaux plus élevés de sentiment d’impuissance pour passer à travers la crise économique ainsi que de dépendance et de confiance envers le gouvernement pour gérer l’économie, et moins de désir d’en apprendre davantage sur la question.
"Ceci en dépit du fait que, toutes choses égales par ailleurs, on devrait avoir moins confiance en quelqu’un pour gérer efficacement quelque chose qui est plus complexe« , commente Aaron Kay. »Au contraire, les gens ont tendance à répondre psychologiquement en s’en remettant au gouvernement, ce qui amène à faire confiance et à se sentir plus dépendants de celui-ci."
"Finalement, ils évitent d’en apprendre sur la question parce que cela pourrait ébranler leur foi dans le gouvernement."
Dans une autre étude menée avec 163 Américains (moyenne de 32 ans), non seulement les participants qui se sentaient peu connaissants sur la question des approvisionnements en pétrole évitaient les informations négatives à ce sujet, mais devenaient encore plus réticents si la question semblait urgente.
Deux autres études montraient que les participants qui recevaient des informations complexes sur les sources d’énergie faisaient plus confiance au gouvernement que les participants qui recevaient des informations simples.
Les chercheurs recommandent de poursuivre les recherches pour déterminer comment les gens réagissent face à d’autres questions importantes comme la sécurité alimentaire, la sécurité nationale, la santé, les inégalités sociales, la pauvreté et les conflits moraux et éthiques, ainsi que dans quelles conditions ils ont tendance à répondre par une augmentation de l’engagement plutôt qu’une diminution.
Ces travaux s’insèrent dans le cadre d’un courant de recherche basé sur la théorie de la justification du système introduite en 1994 par le psychologue John. T. Jost.
Voyez également :
Pourquoi les gens défendent-ils des systèmes injustes, incompétents et corrompus ?
Lorsque des croyances sont menacées, le recours à des arguments non vérifiables augmente
La désinformation : pourquoi elle fonctionne et comment la contrer
Psychomédia avec sources : Journal of Personality and Social Psychology, APA.
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Sur la propagande et la désinformation, le nerf de la guerre :
http://www.psychomedia.qc.ca/societe/2012-09-21/desinformation-mecanismes-strategies-pour-la-contrer
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Pourquoi la désinformation fonctionne et comment la contrer
Soumis par Gestion le 21 septembre 2012
Alors que les exemples de désinformation ne manquent pas, notamment sur la scène politique, le chercheur en psychologie Stephan Lewandowsky de l’Université of Western Australia et ses collègues (1) décrivent, dans un article paru dans la revue Psychological Science in the Public Interest, les facteurs cognitifs qui font que certaines personnes adhèrent si fortement à certains éléments de désinformation.
Ils identifient certaines techniques qui peuvent être efficaces pour contrecarrer les croyances erronées.
La raison principale pour laquelle la désinformation fonctionne, estiment-ils, est que le rejet de l’information exige un effort cognitif. Évaluer la plausibilité et la source d’un message requière plus de ressources cognitives et motivationnelles que d’accepter simplement le message comme vrai. Si un sujet n’est pas très important pour une personne ou si elle a d’autres choses à l’esprit, la désinformation est plus susceptible de fonctionner.
Et, quand nous prenons effectivement le temps d’évaluer les informations reçues, nous sommes susceptibles de ne prêter attention qu’à quelques aspects : Est-ce que les informations concordent avec certaines autres croyances ? Est-ce qu’elles constituent une histoire cohérente avec ce que nous savons déjà ? Cela vient-il d’une source crédible ? Les autres croient-ils cette information ?
La désinformation fonctionne particulièrement quand elle est conforme aux points de vue politiques, religieux ou sociaux pré-existants. Pour cette raison, les visions du monde et les idéologies personnelles peuvent être des obstacles particulièrement difficiles à surmonter. Pire encore, disent les chercheurs, les efforts pour rectifier l’information n’ont souvent pour conséquence que d’amplifier l’effet de la croyance erronée.
Lewandowsky et ses collègues proposent quelques stratégies pour remettre les pendules à l’heure :
Identifier l’information manquante et fournir l’explication alternative ;
Répéter son message pour réduire l’influence de la désinformation (ce qui peut cependant avoir pour conséquence une répétition accrue de la désinformation qui la rend plus familière) ;
Mettre l’accent sur les faits à mettre en évidence plutôt que les mythes (afin d’éviter d’exposer encore davantage à ces derniers) ;
Fournir un avertissement explicite avant de mentionner un mythe pour s’assurer que les gens sont cognitivement sur leurs gardes et moins susceptibles d’être influencés par la désinformation ;
S’assurer que les informations à transmettre sont simples et brèves (si le mythe est plus simple, il est plus attirant cognitivement) ;
Considérer les croyances de l’auditoire. En cas de croyances fortement opposées, l’effet pourrait être contraire à celui souhaité. Les personnes plus réceptives sont celles dont les croyances ne sont pas fortement ancrées ;
Si les faits à présenter menacent une vision du monde de l’audience, il est possible de réduire le risque de renforcement de la désinformation en confortant cette vision (ex. en se centrant sur les opportunités et les bénéfices potentiels plutôt que sur les risques et les menaces) ;
Contourner le rôle de la vision du monde de l’audience en se centrant sur des techniques comportementales, telles que les architectures de choix, plutôt que de viser à dé-biaiser l’information explicitement.
La recherche a montré que les tentatives pour dé-biaiser l’information peuvent être efficaces lorsque basées sur des stratégies qui ont fait leurs preuves, soulignent les chercheurs.
Voyez également :
15 biais cognitifs qui nuisent à la pensée rationnelle
12 principes de la propagande
Des campagnes électorales qui misent sur illusion de compréhension chez les électeurs
De l’ignorance à la confiance envers les gouvernements
Lorsque des croyances sont menacées, le recours à des arguments non vérifiables augmente
Pourquoi les gens défendent-ils des systèmes injustes, incompétents et corrompus ?
Psychologie politique : dernières actualités
Source : Misinformation and Its Correction Continued Influence and Successful Debiasing.
(1) Ullrich Ecker, Colleen Seifert, Norbert Schwarz et John Cook.
Psychomédia avec source : Association for Psychological Science.
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Ces constatations ne lassent pas d’inquiéter. Les citoyens de régimes soit-disant démocratiques et/ou avancés n’étant pas moins vulnérables que ceux de régimes dits autoritaires, et pouvant l’être en fait plus car pensant défendre leur liberté et leur confort de vie, et tout simplement ce qu’ils ressentent comme leur « supériorité »,contre la menace d’un monde extérieur primitif et barbare. La nature même de ces sociétés avancées à défendre renforce ce problème de dépendance à l’autorité. Il est évident que moins on se sent compétent pour résoudre un problème, plus on aura tendance à le confier à des personnes qu’on considère comme compétentes. Mais cela nous mène souvent à une attitude clairement illogique, à savoir faire de plus en plus confiance à des gens dont on ne peut pas vraiment déterminer s’ils ont vraiment les qualités requises pour mener à bien les tâches que nous leur confions. Dans nos sociétés complexes et élaborées maniant des savoirs de plus en plus complexes et élaborés, on en est réduit à un sentiment d’impuissance grandissant nous conduisant à remettre nos destinées entre les mains de personnes de plus en plus lointaines et dont le degré de sincérité et de compétence nous est de plus en plus inconnu. Ce qui ouvre la porte à bien des manipulations et catastrophes en devenir.
Une série d’articles qui explorent les mêmes problématiques au sujet du conformisme et de l’impuissance acquise, décortiquant les mécanismes du conformisme spécifiquement en vigueur dans des groupes dominants, s’intéressant à savoir pourquoi des populations entières peuvent refuser de reconnaître la malfaisance de leurs dirigeants :
http://www.psychomedia.qc.ca/psychologie-sociale/2014-05-20/justification-du-systeme
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Pourquoi les gens défendent-ils des systèmes injustes, incompétents et corrompus ?
Soumis par Gestion le 20 mai 2014
Comment se fait-il que les gens défendent et appuient des systèmes sociaux (gouvernements, institutions, entreprises…) qui s’avèrent injustes, incompétents et corrompus ?
Dans le cadre de la théorie de la justification du système (1), en psychologie sociale, des études montrent qu’ils cherchent à maintenir leurs vues selon lesquelles leurs systèmes sociaux sont relativement légitimes, même lorsqu’ils sont confrontés à des informations qui suggèrent le contraire. Ils s’engagent alors dans des processus psychologiques qui visent à défendre le système et à le justifier.
Mais ils ne justifient pas leurs systèmes sociaux en tout temps, expliquent les psychologues Aaron C. Kay de l’Université Duke et Justin Friesen de l’Université de Waterloo. Certains contextes, proposent-ils dans une étude publiée en 2011 dans la revue Current Directions in Psychological Science, motivent davantage à défendre le statu quo.
Selon leur analyse des études sur le sujet, 4 conditions peuvent motiver à justifier un système.
Le système est menacé
Lorsque menacés les gens se défendent eux-mêmes et défendent leurs systèmes. Par exemple, illustrent les chercheurs, avant la destruction des tours du World Trade Center de New York le 9 septembre 2001, le président George Bush plongeait dans les sondages. Aussitôt après, sa cote de popularité a grimpé ainsi que le soutien au Congrès et à la police.
Autre exemple, lors de l’ouragan Katrina, les Américains ont été témoins de l’insuffisance « spectaculaire » de la capacité de la FEMA (Federal Emergency Management Agency) à sauver les victimes. Pourtant, beaucoup de gens ont blâmé les victimes plutôt que d’admettre les ratés de l’agence et de soutenir des idées pour l’améliorer.
En temps de crise, disent les auteurs, "nous voulons croire que le système fonctionne".
Les gens sont dépendants du système
Les gens défendent également des systèmes desquels ils dépendent. Dans une expérience, illustrent les chercheurs, des étudiants ayant été mis dans un contexte les incitant à se sentir dépendant de leur université défendaient une politique de financement de cette dernière, mais désapprouvaient la même politique de la part du gouvernement. Mais lorsque mis dans un contexte les amenant à se sentir dépendants du gouvernement, ils approuvaient la politique de la part du gouvernement mais pas de la part de l’université.
Les gens ne peuvent échapper au système
"Lorsque nous sentons que nous ne pouvons pas échapper à un système, nous nous adaptons. Cela inclut d’accepter des choses que, autrement, nous pourrions considérer indésirables", expliquent les chercheurs.
Dans une étude, mentionnent-ils, les participants étaient informés que les salaires des hommes dans leur pays étaient 20% plus élevés que ceux des femmes. Plutôt que de considérer le système injuste, ceux qui estimaient qu’ils ne pouvaient pas émigrer avaient tendance à attribuer l’écart salarial à des différences innées entre les sexes. "On penserait que quand les gens sont coincés avec un système, ils voudraient davantage le changer« , dit Kay. »Mais en fait, plus ils sont coincés, plus ils sont susceptibles d’expliquer ses lacunes."
Les gens ont peu de contrôle personnel
Finalement, des études suggèrent que quand les gens sentent un manque de contrôle personnel sur leur propre vie, ils ont tendance à compenser en soutenant les systèmes et les dirigeants qui offrent un sens de l’ordre, afin d’être rassurés que les choses sont sous contrôle.
La justification, soulignent les chercheurs, n’est pas la même chose que l’approbation. En justifiant un système, les gens lui attribuent souvent des qualités qu’il n’a pas mais devrait avoir.
Il y aussi des limites, des point de basculement, au-delà desquels les systèmes ne sont plus considérés comme étant moins légitimes, mais comme complètement illégitimes et donc presque impossibles à défendre.
Voyez également :
Lorsque des croyances sont menacées, le recours à des arguments non vérifiables augmente
De l’ignorance à la confiance envers les gouvernements
15 biais cognitifs qui nuisent à la pensée rationnelle
(1) Introduite par le psychologue John. T. Jost et ses collègues en 1994.
Psychomédia avec sources : Association for Psychologial Science, Current Directions in Psychological Science.
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Deuxième article :
http://www.psychomedia.qc.ca/psychologie/2014-12-14/croyances-avantage-des-arguments-non-verifiables
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Lorsque des croyances sont menacées, le recours à des arguments non vérifiables augmente
Soumis par Gestion le 14 décembre 2014
Les croyances ne reposent pas toujours sur les faits, notamment parce qu’elles peuvent répondre à des motivations psychologiques (telles que maintenir une vision du monde, une identité ou une appartenance…), ont illustré plusieurs études.
Ainsi, mentionne le journaliste Tom Jacob dans Pacific Standard, si le besoin de sécurité exige de percevoir la société comme équitable et juste, les gens seront plus susceptibles de rejeter les évidences d’inégalité économique et de brutalité policière.
Il fait ainsi référence à un étude récente des psychologues Troy Campbell et Aaron Kay de l’Université de Duke montrant que les gens qui n’aiment pas les solutions proposées à des problèmes (dans ce cas : réchauffement climatique, criminalité) sont plus susceptibles de nier ces problèmes.
Mais qu’arrive-t-il, lorsque les gens sont confrontés à des données qui contredisent leurs croyances.
Dans une nouvelle étude, publiée dans le Journal of Personality and Social Psychology, ces chercheurs et Justin Friesen de l’Université York proposent qu’ils seront plus susceptibles d’intégrer dans leur systèmes de croyances (par exemples, religieux ou politique) des aspects non vérifiables qui ne peuvent être testés et réfutés de manière empirique et concluante.
Dans deux expériences, ils montrent une fonction offensive à la non vérifiabilité : des arguments non vérifiables permettaient à des participants de défendre leurs croyances religieuses avec plus de conviction et à des partisans politiques de polariser et critiquer leurs adversaires plus fortement.
Dans deux autres expériences, les chercheurs montrent une fonction défensive : quand les faits menaçaient leur vision, les participants choisissaient des arguments qui étaient davantage infalsifiables ("opinion moral") plutôt que falsifiables (des faits vérifiables).
Par exemple, des participants lisaient un texte dans lequel il était exposé que des découvertes dans le domaine de la physique (boson de Higgs) remettaient en cause l’existence de Dieu ou lisaient un texte dans lequel il était exposé que ces découvertes ne remettaient pas les croyances religieuses en cause. Ils devaient ensuite ordonner 10 raisons de croire en Dieu. Ceux qui avaient lu le texte menaçant la croyance priorisaient davantage les arguments non vérifiables.
Les chercheurs concluent en discutant comment dans un monde où les croyances et les idées sont de plus en plus facilement vérifiables par des données, les arguments dont la véracité ne peut être vérifiée peuvent être attrayants à inclure dans les systèmes de croyance et comment ils peuvent contribuer à la polarisation et à la marginalisation de la science dans le discours public.
Les croyances religieuses n’ont pas le monopole de la non-vérifiabilité, souligne la journaliste Jesse Singal dans Science of Us. La psychanalyse, par exemple, contient beaucoup de croyances non vérifiables.
Voyez également de la même équipe de chercheurs :
Pourquoi les gens défendent-ils des systèmes injustes, incompétents et corrompus ?
De l’ignorance à la confiance envers les gouvernements
Psychomédia avec sources : Journal of Personality and Social Psychology, University of Duke, Pacific Standard, Science of us
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Un autre article :
http://www.psychomedia.qc.ca/societe/2012-09-21/desinformation-mecanismes-strategies-pour-la-contrer
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Pourquoi la désinformation fonctionne et comment la contrer
Soumis par Gestion le 21 septembre 2012
Alors que les exemples de désinformation ne manquent pas, notamment sur la scène politique, le chercheur en psychologie Stephan Lewandowsky de l’Université of Western Australia et ses collègues (1) décrivent, dans un article paru dans la revue Psychological Science in the Public Interest, les facteurs cognitifs qui font que certaines personnes adhèrent si fortement à certains éléments de désinformation.
Ils identifient certaines techniques qui peuvent être efficaces pour contrecarrer les croyances erronées.
La raison principale pour laquelle la désinformation fonctionne, estiment-ils, est que le rejet de l’information exige un effort cognitif. Évaluer la plausibilité et la source d’un message requière plus de ressources cognitives et motivationnelles que d’accepter simplement le message comme vrai. Si un sujet n’est pas très important pour une personne ou si elle a d’autres choses à l’esprit, la désinformation est plus susceptible de fonctionner.
Et, quand nous prenons effectivement le temps d’évaluer les informations reçues, nous sommes susceptibles de ne prêter attention qu’à quelques aspects : Est-ce que les informations concordent avec certaines autres croyances ? Est-ce qu’elles constituent une histoire cohérente avec ce que nous savons déjà ? Cela vient-il d’une source crédible ? Les autres croient-ils cette information ?
La désinformation fonctionne particulièrement quand elle est conforme aux points de vue politiques, religieux ou sociaux pré-existants. Pour cette raison, les visions du monde et les idéologies personnelles peuvent être des obstacles particulièrement difficiles à surmonter. Pire encore, disent les chercheurs, les efforts pour rectifier l’information n’ont souvent pour conséquence que d’amplifier l’effet de la croyance erronée.
Lewandowsky et ses collègues proposent quelques stratégies pour remettre les pendules à l’heure :
Identifier l’information manquante et fournir l’explication alternative ;
Répéter son message pour réduire l’influence de la désinformation (ce qui peut cependant avoir pour conséquence une répétition accrue de la désinformation qui la rend plus familière) ;
Mettre l’accent sur les faits à mettre en évidence plutôt que les mythes (afin d’éviter d’exposer encore davantage à ces derniers) ;
Fournir un avertissement explicite avant de mentionner un mythe pour s’assurer que les gens sont cognitivement sur leurs gardes et moins susceptibles d’être influencés par la désinformation ;
S’assurer que les informations à transmettre sont simples et brèves (si le mythe est plus simple, il est plus attirant cognitivement) ;
Considérer les croyances de l’auditoire. En cas de croyances fortement opposées, l’effet pourrait être contraire à celui souhaité. Les personnes plus réceptives sont celles dont les croyances ne sont pas fortement ancrées ;
Si les faits à présenter menacent une vision du monde de l’audience, il est possible de réduire le risque de renforcement de la désinformation en confortant cette vision (ex. en se centrant sur les opportunités et les bénéfices potentiels plutôt que sur les risques et les menaces) ;
Contourner le rôle de la vision du monde de l’audience en se centrant sur des techniques comportementales, telles que les architectures de choix, plutôt que de viser à dé-biaiser l’information explicitement.
La recherche a montré que les tentatives pour dé-biaiser l’information peuvent être efficaces lorsque basées sur des stratégies qui ont fait leurs preuves, soulignent les chercheurs.
Source : Misinformation and Its Correction Continued Influence and Successful Debiasing.
(1) Ullrich Ecker, Colleen Seifert, Norbert Schwarz et John Cook.
Psychomédia avec source : Association for Psychological Science.
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Ces constatations ne lassent pas d’inquiéter. Les citoyens de régimes soit-disant démocratiques et avancés les citoyens de régimes considérés comme démocratiques et/ou avancés n’étant pas moins vulnérables que ceux de régimes dits autoritaires, et pouvant l’être en fait plus car pensant défendre leur libertéet leur confort de vie, et tout simplement ce qu’ils ressentent commeleur « supériorité »,contre la menace d’un monde extérieur primitif et barbare. La nature même de ces sociétés avancées à défendre renforce ce problème de dépendance à l’autorité. Il est évident que moins on se sent compétent pour résoudre un problème, plus on aura tendance à le confier à des personnes qu’on considère comme compétentes. Mais cela nous mène souvent à une attitude clairement illogique, à savoir faire de plus en plus confiance à des gens dont on ne peut pas vraiment déterminer s’ils ont bien ls qualités requises pour mener à bien les tâches que nous leur confions. Dans nos sociétés complexes et élaborées maniant des savoirs de plus en plus complexes et élaborés, on en est réduit à un sentiment d’impuissance grandissant nous conduisant à remettre nos destinées entre les mains de personnes de plus en plus lointaines et dont le degré de sincérité et de compétence nous est de plus en plus inconnu. Ce qui ouvre la porte à bien des manipulations et catastrophes en devenir.
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