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On n’en parle guère dans les sous-médias occidentaux, mais c’est maintenant l’ensemble de l’OTSC qui commence à s’impliquer en Syrie et Irak contre les islamistes suscités par les occidentaux. Avec retard, mais l’urgence devant la possible utilisation des islamistes sur leur territoire les a décidés à passer à l’action :
http://www.voltairenet.org/article188739.html
L’OTSC arrive en Irak et en Syrie
L’intervention de l’OTSC contre le terrorisme en Irak et en Syrie peut être le début d’un ordre mondial fondé sur la coopération et la défense des populations ou, au contraire, d’une période d’affrontement Est-Ouest dans laquelle l’Occident soutiendrait ouvertement le terrorisme. Contrairement à une idée reçue, ce déploiement militaire vise moins à défendre l’Irak et la République arabe syrienne que les États-membres de l’OTSC eux-mêmes. Il n’est donc pas négociable. Les débats de l’Assemblée générale de l’Onu et du Conseil de sécurité du 30 septembre permettront de connaître la réponse de Washington et de ses alliés à l’OTSC. Quoi qu’il en soit, plus rien ne sera comme avant.
Alors que la presse occidentale persiste à discuter d’un possible soutien militaire russe au président Bachar el-Assad, l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC) a décidé de lutter contre le terrorisme en Irak et en Syrie.
Il semble que les Occidentaux n’ont toujours pas compris les conséquences de leur politique.
Une question existentielle pour l’OTSCRappelons que l’OTSC est une alliance militaire classique de six anciens États membres de l’Union soviétique : la Biélorussie, la Russie, l’Arménie, le Tadjikistan, le Kazakhstan, le Kirghizistan. À la différence de l’Otan et du Pacte de Varsovie, dans lesquels les États membres perdent leur souveraineté (au profit des États-Unis et du Royaume-Uni dans l’Otan, de l’URSS dans le Pacte de Varsovie —ce qui contrevient à la Charte des Nations unies—), les États membres de l’OTSC conservent leur pleine souveraineté, ne placent pas leurs armées sous le commandement de la principale puissance de leur alliance, et peuvent se désolidariser à tout moment de cette alliance [1]. L’Azerbaïdjan, la Géorgie et l’Ouzbékistan se sont ainsi retirés librement de cette organisation pour se tourner vers le Guam [2] et l’Otan.
Depuis les années 80, —avant même que n’existent les États membres de l’OTSC— les États-Unis et l’Otan déploient un système de missiles, d’abord tourné contre l’URSS, aujourd’hui encerclant l’OTSC. Ces missiles, censés détruire les missiles intercontinentaux adverses dans leur phase de décollage, ne peuvent en réalité que détruire des aéronefs évoluant à faible vitesse et en aucun cas les missiles hypersoniques russes. Présentés par le Pentagone comme une arme défensive —ce qu’il était peut-être à l’origine—, ce « bouclier anti-missiles » ne peut donc avoir qu’un usage offensif. L’OTSC est le seul groupe d’États au monde à être ainsi directement menacé par des missiles pointés sur lui à ses frontières.
Depuis la Seconde Guerre mondiale, l’URSS puis les États membres de l’OTSC, assistent au recrutement des Frères musulmans par la CIA et à l’emploi de certains de leurs membres ou ex-membres par les États-Unis pour les déstabiliser [3]. Ainsi les hommes d’Oussama Ben Laden (formé par le frère de Sayyid Qutb) et d’Ayman al-Zaouahiri (qui avait rejoint la Confrérie un an avant l’arrestation et l’exécution de Sayyid Qutb) combattirent-ils l’URSS en Afghanistan, puis la Russie en Yougoslavie et enfin sur son propre territoire dans le Caucase [4].
En 2011, les États membres de l’OTSC ont assisté à une opération de l’Otan, le « Printemps arabe », visant à renverser des régimes ennemis aussi bien qu’amis au Moyen-Orient au profit des Frères musulmans (Tunisie, Égypte, Libye, Syrie). Et depuis 2014, ils assistent au triomphe de l’idéal des Frères musulmans avec la proclamation d’un califat remettant en cause à la fois le droit international et les droits de l’homme. Actuellement, ce califat a confié ses postes d’officier majoritairement à des islamistes venus de l’ex-URSS, parfois même de pays membres de l’OTSC.
Le 1er août, l’Ukraine et la Turquie (membre de l’Otan) ont annoncé la création d’une « Brigade islamiste internationale », formée de combattants d’Al-Qaïda et de Daesh, et stationnée à Kherson (Ukraine) [5]. Cette Brigade se propose de combattre la Russie en Crimée.
En d’autres termes, sauf à intervenir maintenant contre le terrorisme, l’OTSC devra bientôt affronter à la fois un ennemi extérieur, l’Otan et ses missiles, et un ennemi intérieur, les islamistes initialement formés par l’Otan.
La réunion de l’OTSC à DouchanbéLe 15 septembre, l’OTSC a tenu la réunion annuelle de ses chefs d’État à Douchanbé (Tadjikistan). Comme je l’avais annoncé il y a un mois [6], le président russe, Vladimir Poutine, a présenté à ses collègues les études réalisées par ses armées sur la possibilité de combattre dès à présent le califat, avant qu’il n’entre massivement dans le territoire de l’OTSC.
Le président Poutine était parvenu à convaincre préalablement ses partenaires qu’il ne les engageait pas à soutenir les ambitions de la Russie en Syrie, mais bien de répondre à une menace directement dirigée contre l’OTSC.
En définitive, l’OTSC décida de se déployer en Irak et en Syrie pour combattre l’ensemble des jihadistes, qu’ils se réclament ou qu’ils soutiennent Daesh ou al-Qaïda. Cette opération est légale en droit international car elle répond aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies relatives à la lutte contre le terrorisme. Elle prolonge d’ailleurs l’opération, elle aussi légale, de la Coalition formée par les États-Unis contre le seul Daesh.
Cependant, à la différence de cette Coalition, l’OTSC entretient de bons rapports à la fois avec les gouvernements irakien et syrien ce qui lui permet d’envisager une bien plus grande efficacité.
De manière à préparer l’intervention de l’OTSC, un couloir aérien a été installé entre l’Organisation et la Syrie. Il devait au départ passer au dessus des Balkans, mais les alliés des États-Unis s’y sont opposés à l’exception de la Grèce. Ce couloir a donc été installé au dessus de l’Iran et de l’Irak. En moins d’une semaine, de très importantes quantités de matériel et plus de 2 000 hommes ont été acheminés. Techniquement, l’OTSC dispose de la capacité de déployer jusqu’à 50 000 hommes en moins de deux semaines.
Au sujet des « bombes-barils » (qui apparaissent être des bombes comme les autres), il faut se rappeller ces manipulations :
http://arretsurinfo.ch/human-rights-wat … es-photos/
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Syrie : Human Rights Watch poursuit ses accusations à l’aide de fausses photos
Par Moon of Alabama le 17 mai 2015
Kenneth Roth de HRW poursuit ses accusations mensongères à l’aide d’une autre fausse
photo
La semaine dernière, nous avons constatéque le directeur de Human Rights
Watch, Kenneth Roth, avait utilisé une image des destructions à Gaza provoquées
par Israël pour accuser le gouvernement syrien d’utiliser aveuglément des
« bombes barils ». Nous écrivions alors:C’est donc au moins la troisième fois
qu’HRW utilise une photo détournée pour accuser des ennemis actuels de
l’impérialisme américain d’avoir causé des destructions que l’empire américain
et / ou de ses amis ont causées. Ce n’est pas seulement du parti-pris de la part
d’HRW, c’est de la fraude pure et simple.
Suite
à notre post et à de nombreuses protestations sur Twitter, Kenneth Roth
a été obligé de se rétracter et de supprimer ce tweet. Il a posté :
http://www.moonofalabama.org/images4/kenroth2.jpg
Furieux
d’avoir à retirer le tweet accusateur, il en a envoyé un autre,
accusant une fois de plus le gouvernement syrien d’avoir provoqué avec
des « bombes barils » les destructions qu’on voit sur cette image :
http://www.moonofalabama.org/images4/kenroth3.jpg
Mais cette image ne représente pas davantage des destructions causées par les « bombes barils » du gouvernement syrien.
Pour ce tweet Kenneth Roth a utilisé une photo de l’AFP prise par George Ourfalian et distribuée par l’agence Gettyimages.
http://www.moonofalabama.org/images4/kenrothgetty.jpg
Voilà ce qu’on lit sur la capture d’écran de l’image originale de Getty :
La destruction du quartier Hamidiyeh de la ville d’Alep au nord de la Syrie où les
combattants des comités populaires locaux, qui soutiennent les forces
gouvernementales syriennes, tentent de défendre ce quartier traditionnellement
chrétien, au troisième jour de combats intensifs contre les djihadistes du groupe Etat
islamique, le 9 avril 2015. AFP PHOTO / GEORGE OUFALIAN
Ce
qu’on voit sur l’image, c’est la destruction d’un quartier attaqué par
les djihadistes anti-syriens et défendu par des forces pro-syriennes
qui appuient le gouvernement. Kenneth Roth insinue-t-il que le
gouvernement syrien a causé ces ravages en bombardant ses partisans avec
des « bombes barils » ? Ne serait-ce pas plutôt les « rebelles modérés »,
que lui soutient apparemment, qui ont détruit ces bâtiments ?
A en
juger par la manière dont Human Rights Watch et Kenneth Roth utilisent
habituellement les photos, on peut supposer sans risque que la seconde
hypothèse est la bonne.
Et tandis que Kenneth Roth fait tout un
barouf avec les « bombes barils » en Syrie, qui ne sont pas différentes
des autres bombes standard, nous attendons toujours qu’il tweet contre
l’usage des bombes thermobariques* par le gouvernement saoudien au Yémen
sur les structures solides, des armes qui tuent ou mutilent en même
temps de nombreux innocents.
Avec ses accusations très sélectives et ses fausses images, Kenneth Roth a fait de Human Rights Watch une
organisation
de relation publique de mensonges–à-but-lucratif à la solde de
gouvernements « occidentaux » et de diverses dictatures du Golfe.
Moon of Alabama | 15 mai 2015
Note : *http://blog.silverhive.com/?p=1648
Article original : Moon of Alabama.org – Traduction : Dominique Muselet
Chacun
est libre de diffuser les articles publiés par Arrêt sur info à
condition de mentionner le nom de l’auteur et le lien de la source.
De toute manière, on peut se demander pourquoi on a mis l’accent sur ces bombes, en utilisant un vocabulaire destiné manifestement à faire croire qu’elles consistaient simplement en barrils d’explosifs bruts. Le but étant évidemment de susciter un sentiment de répulsion primaire. En réalité, ces bombes, qui ne sont pas des barils, n’ont été utilisées que sur des positions tenues par des terroristes-rebelles, avec une efficacité limitée d’ailleurs.
Quant au chlore, il a été utilisé là encore par les rebelles-terroristes, dans la droite lignée de leur utilisation de sarun il y a déjà deux ans. Les dirigeants occidentaux criminels font tout pour essayer de salir Bachar al Assad, pour la seul raison qu’il représente un dirigeant qui ne se plie pas à leurs injonctions. La guerrre d’agression, ils l’ont déjà perdue à plusieurs reprises, mais ils ne veulent pas perdre la face. Eh bien, qu’ils la perdent, en Syrie, comme en Irak, Libye, Ukraine et Yémen.
http://www.almanar.com.lb/french/adetails.php?fromval=1&cid=18&frid=18&eid=225916
http://www.voltairenet.org/article188668.html
La préparation du déploiement militaire russe se poursuit en Syrie
par Thierry Meyssan
Une campagne a été lancée par les opposants à l’accord entre les États-Unis et l’Iran pour accuser la Russie de vouloir annexer militairement la Syrie comme la Crimée. En réalité, Moscou prépare une opération contre les jihadistes, en application des résolutions de l’Onu, et la mènera avec ou sans Washington. D’ores et déjà la Maison-Blanche a organisé une opération conjointe de la Coalition internationale et de la Syrie. La France tente de prendre le train en marche tout en espérant encore saboter la réconciliation États-Unis/Iran.
Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 14 septembre 2015
En marge du Forum économique de Vladivostok, le 4 septembre 2015, le président Vladimir Poutine a confirmé son intention d’intervenir en Syrie contre les jihadistes.
La préparation du déploiement militaire russe se poursuit en Syrie provoquant la colère des Occidentaux. L’annonce que j’avais faite, dans ma chronique hebdomadaire d’Al-Watan [1], de la création d’une Commission militaire conjointe syro-russe, de la transmission d’informations satellitaires russes, de l’arrivée de nombreux experts russes et de la livraisons d’armes plus sophistiquées que précédemment a soulevé une tempête lorsqu’elle s’est trouvée confirmée par les sites israéliens Ynet [2] et DebkaFile [3]. Par la suite, j’ajoutais à ces éléments la modernisation et l’agrandissement de l’aéroport de Lattaquié [4].
Pourtant, une fois encore, les journalistes israéliens tordaient la réalité. Ils laissaient entendre que la Russie allait déployer son aviation et son infanterie pour défendre un Gouvernement syrien proche de la défaite. Certains commentateurs, notant un possible transfert depuis Sébastopol de la 810ème Brigade de la Marine russe, évoquaient l’exemple de la Crimée et parlaient d’une possible annexion militaire russe de la Syrie [5].
Il n’en est évidemment rien. La Fédération de Russie continue à rechercher une solution politique au conflit inter-Syriens, en organisant un dialogue entre le gouvernement et son opposition, en application du Communiqué de Genève du 31 juin 2012 [7].
Simultanément, répondant à l’appel de la République arabe syrienne dans le cadre des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, la Fédération de Russie envisage de suivre l’exemple de la Coalition conduite par les États-Unis contre Daesh, et de lancer sa propre opération contre les jihadistes.
La Russie en a informé l’émissaire états-unien, Michael Ratney, lors de son voyage, le 28 août, à Moscou [8]. En outre, Sergey Lavrov a publiquement appelé à une coordination avec l’armée états-unienne face aux jihadistes [9].
Et c’est bien ce qui fait peur au clan Petraeus/Allen/Clinton/Feltman/Juppé/Fabius. En Syrie, un gouffre sépare la réalité de la fiction médiatique. Et comme toujours dans ce type de situation, avec le temps, ce sont les producteurs de propagande qui sont emprisonnés dans leur rhétorique et, en définitive, qui sont intoxiqués par leurs propres mensonges.
La Fédération de Russie envisage non pas de « réduire » Daesh, mais de vaincre tous les jihadistes, qu’ils se réclament de l’Émirat islamique, d’al-Qaïda, du Front islamique ou de toute autre organisation. Du coup, chacun réalise qu’il n’y a actuellement plus aucun groupe armé anti-gouvernemental qui ne soit pas lié aux jihadistes. C’est tellement vrai que le Pentagone reconnaît ne plus avoir de nouvelles des « rebelles modérés » qu’il avait formés pour lutter contre Daesh, car tous, sans exception, ont déjà rejoint al-Qaïda. Les Syriens qui s’étaient joints aux combattants étrangers au début de la guerre ont réintégré la République, à travers les nombreux accords de réconciliation mis en œuvre depuis trois ans par le gouvernement, ou ont adopté les objectifs des jihadistes.
Par conséquent, s’ils décident de passer à l’acte, les Russes vont attaquer la totalité des groupes armés qui sèment la terreur en Syrie. Les Occidentaux ne pourront plus cacher que la « Coalition nationale des forces de l’opposition et de la révolution », qu’ils ont reconnue comme la représentante du peuple syrien, soutient les jihadistes. Ils devront donc prendre en considération les partis politiques de Syrie, y compris ceux qui se sont alliés au Baas pour faire face aux jihadistes.
Une erreur complète de diagnostic
Les Occidentaux, qui ont fermé leurs ambassades et se sont privés de tout moyen d’analyser ce qui se passait dans le pays, ont commis plusieurs erreurs de jugement. Ils ignorent la transformation de la société syrienne par quatre années de guerre.
D’abord, il y a certes des conflits politiques en Syrie, mais pas de guerre civile. La presque totalité des citoyens s’est rassemblée derrière le président el-Assad contre l’agression étrangère qui menace la survie de la civilisation du Levant.
La presse atlantiste estime que le régime ne contrôle plus que 20 % du territoire et qu’il va donc bientôt tomber. C’est qu’en effet le territoire syrien habitable est restreint, tandis que le désert est vaste. La République a choisi de défendre les populations plutôt que le territoire avec ses champs de gaz et de pétrole tant convoités. Du point de vue gouvernemental, 20 % de la population a été contrainte par les combats de se réfugier à l’étranger, 75 % se trouve sous la protection de la République, et au maximum 5% dans les vastes territoires dans lesquels les jihadistes évoluent.
Ensuite, si en 2011 beaucoup croyaient au mythe du « Printemps arabe », il n’en est plus de même aujourd’hui. Le projet du département d’État de placer les Frères musulmans au pouvoir dans tout le monde arabe a fait long feu. L’expérience égyptienne est devenue un repoussoir. Depuis l’opération « Volcan de Damas » de juillet 2012, le conflit est une guerre de jihadistes. Le choix n’est plus d’être pour ou contre le parti nationaliste Baas, mais d’être pour ou contre la modernité. Les jihadistes défendent un modèle de société gouverné par des hommes polygames, où les femmes ne peuvent sortir de chez elles que voilées et escortées par un homme de la famille, où les homosexuels sont mis à mort, où seul l’islam est autorisé et où la pratique wahhabite est obligatoire. Il est déjà surprenant que 5 % de la population accepte de vivre dans les zones où évoluent les jihadistes. Et il est absurde d’espérer qu’ils puissent devenir plus nombreux [10].
En s’accrochant au mythe du « Printemps arabe », qu’ils ont eux-mêmes créé et eux-même détruit, les Occidentaux ont perdu contact avec la réalité. Ils prétendent soutenir un mouvement démocratique hostile au président el-Assad. Mais, outre qu’en temps de guerre la démocratie paraît être un luxe, non seulement les démocrates soutiennent le président el-Assad contre les jihadistes, mais il apparaît comme leur meilleur champion.
En prenant ses informations exclusivement auprès de l’Observatoire syrien des Droits de l’homme, la presse atlantiste a choisi de s’intoxiquer et d’intoxiquer l’opinion publique. L’OSDH n’est pas une association neutre, mais un organe de propagande des Frères musulmans. Et la confrérie est la matrice de tous les groupes jihadistes. Tous leurs leaders sont des membres ou d’anciens membres des Frères musulmans, d’Ayman al-Zaouahiri à Zahran Allouche. Les Occidentaux payent aujourd’hui les conséquences de quatre années de propagande.
Le cas de la France
Le président Hollande a annoncé qu’il autorisait ses armées à survoler le territoire syrien pour accumuler des informations sur Daesh et qu’il pourrait ultérieurement les autoriser à bombarder l’organisation jihadiste.
Il y a une part de gesticulation désespérée dans cette annonce. En effet, François Hollande la justifie par l’impossibilité de lutter efficacement contre Daesh en ne le bombardant qu’en Irak ; mais c’est précisément l’argument que le président Obama avait employé pour le convaincre en 2014 et qu’il avait alors rejeté. De même, il y a une forme de fanfaronnade à clamer que les opérations aériennes ont débuté le 8 septembre alors qu’une tempête de sable d’une intensité historique s’abattait sur le Proche-Orient, brouillait les systèmes de navigation électronique et rendait impossible le décollage des avions. Surtout, il y a une rare mauvaise foi à déclarer que l’Armée arabe syrienne ne détruira pas les aéronefs français parce qu’elle ne contrôle plus le Nord du pays, alors qu’il a secrètement envoyé une ambassade militaire à Damas pour obtenir l’autorisation de survol nécessaire.
Obama poursuit l’application de l’accord de Lausanne
Il semble cependant que la France a tiré les conséquences de l’accord signé par Washington et Téhéran, le 14 juillet à Lausanne, et qu’elle ne souhaite pas se trouver isolée dans un Proche-Orient en pleine réorganisation.
Le déploiement de forces russes apparaît maintenant confirmée par diverses sources, ce n’est plus seulement Le Figaro ou Le Monde (et la France continue de se discréditer...) :
http://www.voltairenet.org/article188616.html
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La France tente d’entraver le déploiement militaire russe en Syrie
Réseau Voltaire | 6 septembre 2015
La Russie poursuit la préparation de son déploiement militaire en Syrie [1]. Des équipes syriennes s’activent jour et nuit pour agrandir l’aéroport de Lattaquié et y construire une nouvelle piste et des hangars pour les avions russes. Répondant à des journalistes en marge du Forum de Vladivostok, le président Poutine a confirmé ses intentions tout en précisant qu’il était encore trop tôt pour évoquer ce déploiement [2].
Selon toute vraisemblance, la Russie devrait annoncer son entrée en guerre contre Daesh à la demande de la Syrie, avant la fin septembre. Il est peu probable que les forces aériennes russes puissent être coordonnées avec celles de la Coalition conduite par les États-Unis. On assistera alors à une répartition des rôles, Moscou bombardant l’ensemble des jihadistes en Syrie, sans intervenir dans le conflit entre le gouvernement et son opposition autochtone, tandis que Washington et ses alliés se concentreraient sur le seul Émirat islamique (« Daesh ») en Irak.
Depuis un an, la Coalition anti-Daesh s’est contentée d’empêcher les jihadistes de gagner du terrain, mais n’a pas cherché à les détruire. Bien au contraire, de très nombreux témoignages attestent du largage répété d’armes aux jihadistes. Toutefois, la Coalition semble avoir changé de stratégie en juillet. Elle a ainsi bombardé Daesh et a aidé l’Armée arabe syrienne à défendre Hassaké, tuant environ 3 000 jihadistes.
Le déploiement russe contre Daesh en Syrie mettrait fin aux ambitions de la France de renverser la République.
Le président François Hollande, qui déclarait le 25 août son intention de « neutraliser » son homologue syrien [3] cherche donc à s’y opposer. Il faut comprendre « neutraliser » au sens militaire du terme, c’est-à-dire éliminer du jeu au besoin en tuant.
C’est pourquoi la France devrait annoncer le 7 septembre son intention de bombarder Daesh en Syrie, sans l’accord de la République arabe syrienne. Les avions français voleraient ainsi au secours du Front al-Nosra (al-Qaïda) et entraveraient le déploiement militaire de la Russie.
Cependant, au sein des armées françaises, on relève que la France a déjà brièvement participé aux actions de la Coalition en Syrie, même si cette participation est restée secrète [4]. Lorsque le président Hollande ordonna de se retirer, Washington réagit en cessant tout partage de renseignement. Par conséquent, la France, qui a fermé l’ensemble de ses installations en Syrie depuis le début du « Printemps arabe », ne dispose aujourd’hui d’aucune information sur ce qui s’y passe et parle d’un sujet dont elle ignore tout. L’état-major français fait remarquer qu’il lui faudra des semaines d’observation avant de comprendre la situation au sol et de pouvoir débuter des bombardements efficaces ; un délai qui pourrait réduire à néant les ambitions de François Hollande.
[1] « L’armée russe commence à s’engager en Syrie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 24 août 2015.
[2] “Vladimir Putin answered Russian journalists’ questions”, by Vladimir Putin, Voltaire Network, 4 September 2015.
[3] « Discours de François Hollande à l’ouverture de la semaine des ambassadeurs », Réseau Voltaire, 25 août 2015.
[4] « Le Royaume-Uni et la France bombardent Daesh en Syrie », Réseau Voltaire, 21 juillet 2015.
L’évolution de la position russe en Syrie et les annonces d’une coopération militaire renforcée :
http://www.voltairenet.org/article188499.html
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L’armée russe commence à s’engager en Syrie
par Thierry Meyssan
C’est un changement profond et significatif qui vient de s’opérer au Levant : l’armée russe commence à s’engager contre le terrorisme en Syrie. Alors qu’elle est absente de la scène internationale depuis la dissolution de l’Union soviétique et bien qu’elle avance avec prudence, elle vient de constituer une Commission russo-syrienne, de livrer des armes et du renseignement, et d’envoyer des conseillers. Tout ceci plus ou moins coordonné avec la Maison-Blanche.
Réseau Voltaire | Damas (Syrie) | 24 août 2015
Originaire du Tatarstan, le général Valéri Guérassimov, chef d’état-major des forces armées de la Fédération de Russie et vice-ministre de la Défense, connait bien l’islam. En outre, il a réprimé des crimes commis par d’autres militaires russes en Tchétchénie et combattu victorieusement les jihadistes de l’Émirat islamique d’Itchkérie.
La Russie qui avait négocié une alliance régionale contre l’Émirat islamique impliquant l’Arabie saoudite, la Syrie et la Turquie a dû changer de stratégie après le revirement turc. Ankara a en effet décidé de rompre avec Moscou, annulant sans motif réel le contrat du gazoduc Turkish Stream, créant avec l’Ukraine une Brigade islamique internationale pour déstabiliser la Crimée [1], et venant en renfort de l’Émirat islamique contre les Kurdes du PKK et de l’YPG.
Identiquement, la Maison-Blanche a dû changer de stratégie après les manœuvres du général John Allen qui s’était engagé auprès du président Recep Tayyip Erdoğan a créer une « zone de sécurité » pour l’Émirat islamique au Nord de la Syrie [2].
En définitive, Moscou et Washington ont coordonné
- le retrait des missiles Patriot stationnés en Turquie ;
- la création d’une Commission militaire russo-syrienne.
La fin de la zone d’exclusion aérienne
Les missiles Patriot avaient été installés à partir de janvier 2013 par l’Otan en Turquie afin d’empêcher l’armée de l’air syrienne de se déployer à la frontière. De la sorte, les jihadistes du Front al-Nosra (al-Qaïda) avaient pu s’emparer du Nord du pays. À partir de l’été 2014, cette zone impossible à survoler avait été occupée par l’Émirat islamique.
Ainsi, lors de la bataille de Kobané, l’armée de l’air syrienne n’avait pu bombarder l’Émirat islamique et avait été contrainte de tenter une percée terrestre pour sauver la ville. Comme elle ne parvenait pas à franchir les 30 derniers kilomètres, la presse atlantiste présenta les forces kurdes du YPG comme indépendantes de Damas, alors que la République arabe syrienne lui avait fourni ses armes et payait ses soldats.
Les missiles Patriot, initialement déployés par l’Allemagne et les Pays-Bas, sont aujourd’hui allemands et espagnols. Ils seront d’abord révisés et modernisés, puis redéployés en Lithuanie, à la frontière russe.
L’entrée de l’armée russe dans la guerre contre la Syrie
Alors que depuis le début du conflit, la Russie s’est abstenue de participer aux opérations militaires, elle vient de créer une Commission militaire russo-syrienne. Pourtant, l’Otan a organisé l’ensemble des événements dit du « Printemps arabe », dont la guerre contre la Syrie, et a coordonné les groupes jihadistes étrangers et leurs collaborateurs libyens et syriens, dits « rebelles », depuis la base turque d’Izmir [3], devenue depuis le siège du LancCom (commandement des forces terrestres des 28 États membres de l’Alliance atlantique).
En quelques semaines, de nombreux conseillers militaires sont arrivés à Damas. On évoque la possibilité d’ouvrir un second port militaire russe.
Six Mikoyan-Gourevitch MiG-31 ont été livrés. Ces avions sont les meilleurs intercepteurs au monde. Ils avaient été achetés en 2007, mais ce contrat avait été bloqué. Leur livraison ne tombe pas sous le coup de l’embargo sur les armes car ils ne peuvent pas être utilisés à des opérations de maintien de l’ordre, mais uniquement à la Défense nationale, en l’occurrence face aux incursions d’Israël ou de la Turquie. Sous des prétextes divers, ces deux États sont intervenus de multiples fois au cours de la guerre pour soutenir les jihadistes lorsqu’ils étaient en difficulté.
Ainsi, le 30 janvier 2013, Tsahal bombardait le Centre de recherches militaires de Jemraya, sous prétexte de détruire des armes destinées au Hezbollah. Il s’agissait en réalité de détruire une mallette de communication des données satellitaires de l’Otan, saisie par l’Armée arabe syrienne, avant que celle-ci n’en perce le système de cryptage [4]. L’opération avait été conduite par l’armée de l’Air israélienne en coordination avec l’Armée syrienne libre, elle même encadrée par des officiers de la Légion étrangère française sous la supervision du LandCom de l’Otan. Depuis, les opérations communes se sont succédé. Le 21 août, alors qu’al-Qaïda attaquait au sol et Israël depuis les airs la base militaire syrienne de Quneitra (limite du Golan), la Défense syrienne a été en mesure d’abattre un des avions de la Coalition jihadistes/Israël.
Simultanément, l’armée russe vient de fournir, pour la première fois, des images satellitaires à la Syrie. Cette décision, attendue depuis cinq ans, renverse la situation militaire. En effet, jusqu’ici les jihadistes échappaient souvent à l’armée arabe syrienne grâce aux images satellitaires que l’Otan leur fournissait en temps réel. Même si, depuis un semestre, il semble que l’Otan ne partage plus ses renseignements avec l’Émirat islamique, mais uniquement avec le Front al-Nosra (al-Qaïda).
Enfin, les conseillers militaires russes rassemblent de nombreuses informations de manière à étudier la possibilité d’un déploiement international sous l’égide des Nations unies. Ils devraient présenter un rapport au Kremlin qui étudiera aussi bien la possibilité d’une opération russe que celle d’une opération conjointe de l’Organisation du Traité de sécurité collective (OTSC). Celle-ci se réunira au Tadjikistan, à Douchanbé, le 15 septembre. Un déploiement de l’OTSC avait déjà été envisagé, en juin 2012 lors de la préparation de la « Conférence de Genève 1 » [5]. En effet, cette alliance militaire comprend trois États à population musulmane, le Kazakhstan, le Kirghizistan, et le Tadjikistan, plus aptes que la Russie à lutter contre des terroristes se réclamant de l’islam. Cependant à l’époque, l’OTSC n’avait pas d’accord avec l’Onu pour effectuer des opérations de paix. Ceci a été réglé le 28 septembre 2012 et pourrait être appliqué aussi bien en Afghanistan qu’en Syrie [6].
Les limites de la coopération entre le Kremlin et la Maison-Blanche
Quoi qu’il en soit, la coopération entre le Kremlin et la Maison-Blanche a ses limites : la Russie souhaite éradiquer les jihadistes avant qu’ils ne se retournent contre elle, tandis que les États-Unis espèrent bien que certains d’entre eux pourront être activés dans d’autres conflits, comme ce fut le cas précédemment en Afghanistan, en Bosnie-Herzégovine, en Tchétchénie et au Kosovo.
D’ores et déjà, quelques éléments de Daesh sont arrivés à Kherson (Ukraine), où se trouve déjà un prétendu « gouvernement de Crimée en exil ».
Il est évident que, du côté états-unien, le retrait des Patriot est un piège. Washington serait enchanté que la Russie réduise le nombre de jihadistes, mais ne serait pas mécontent non plus si elle s’enlisait en Syrie. C’est pourquoi l’ours russe avance avec prudence.
Thierry Meyssan
[1] « L’Ukraine et la Turquie créent une Brigade internationale islamique contre la Russie », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 12 août 2015.
[2] « Clinton, Juppé, Erdoğan, Daesh et le PKK », par Thierry Meyssan, Réseau Voltaire, 3 août 2015.
[3] “Izmir base likely to become NATO’s Land Component Command”, Today’s Zaman, 6 juin 2011.
[4] « L’ASL et Israël attaquent un Centre de recherche syrien », Réseau Voltaire, 31 janvier 2013.
[5] « Syrie : Vladimir Poutine propose une Force de paix de l’OTSC », Réseau Voltaire, 3 juin 2012.
[6] « L’OTSC pourra déployer des « chapkas bleues » sur mandat de l’ONU », Réseau Voltaire, 29 septembre 2012.
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