Effectivement, même une
personne n’ayant aucune connaissance, ni de préférence politique
... en écoutant les Obama, Hollande et Poutine, serait obligé (sauf
mauvaise foi) de constater que le premier cherche des excuses à ses
bavures, crimes et autres erreurs, l’autre ne vient que pour
chialer son suivisme du premier ajouté à de l’incompétence,
Eh bien désolé, mais il
n’est toujours pas question de suivisme chez Hollande. Comme à son
habitude, celui-ci est un extrémiste jusquauboutiste, en pointe dans
l’agression contre la Syrie, qui essaye pitoyablement d’entraîner
Obama à sa suite (car il est évidemment dépourvu des capacités
militaires pour mener à bien sa politique criminelle néo-coloniale).
De toute façon, il a déjà perdu. Bien que sa place soit dans une
cellule à La Haye, il devrait échapper à la vraie justice, mais
sera renvoyé du pouvoir bien avant Assad.
Il n’y a aucune raison
que l’UE refuse la Catalogne.
Plusieurs pays
non-membres ont pour monnaie l’Euro ...
Il y a au contraire
plein de raisons pour cela. Déjà, la qualité de membre de l’UE de
l’Espagne. Ensuite, d’autres dirigeants, dont David Cameron, ont déjà
rappellé aux dirigeant catalans l’évidence : ces derniers ont beau
se gargariser de leur phantasme délirant selon lequel une Catalogne
indépendante serait de facto membre de l’UE, mais en réalité,
ayant rompu avec l’Espagne, elle se retrouvera de droit comme un
nouveau pays, en dehors de tous les traités que l’Espagne aura
signés. Pour l’Écosse, on a essayé de sortir l’argument selon
lequel étant partie constituante d’un Royaume-Uni spécifique, même
si elle se séparait, elle resterait liée par ses traités, mais
cette interprétation n’a pas été acceptée par les autres pays
membre de l’UE (le Royaume-Uni est né de l’Union des deux royaumes
écossais et anglais, mais il n’est pas une ligue d’États, une
confédération, une union d’États souverrains etc...). Une Écosse
indépendante devrait donc renégocier son adhésion. Pour la
Catalogne, on ne peut même pas ressortir une telle argumentation
(même si le comté de Barcelone a rejoint de son plein gré le
royaume d’Aragon au 12ème siècle).
La décision de la
commission européenne, qui a de toutes façons admis
l’interprétation défavorable aux sécessionistes, n’est que de peu
d’importance, car ce n’est pas elle qui décide.
La question de l’euro
est elle différente, puisque comme vous le dîtes, plusieurs pays
non-membres le prennent comme monnaie ! L’UE ne pourrait pas empêcher
une Catalogne indépendante de faite de même (l’Écosse séparatiste
envisage de même de conserver la livre sterling, même si ce qui
reste du Royaume-Uni s’y oppose). On sait cependant qu’utiliser la
monnaie d’un pays (ou union de pays) tiers, sur laquelle on n’a pas
de contrôle, est dangereux. L’Argentine, avec le dollar, l’a payé
cher.
Et il faut arrêter
de ressortir la théorie simpliste selon laquelle l’UE, ou l’OTAN,
ou les USA, etc... en bref les intérêts atlantistes qui
contrôleraient l’UE essaieraient de dynamiter les États-nations.
Certes, certains idéalistes verraient d’un bon oeil la formation
d’une Europe faite de petites entités naturelles (j’admets que je
préfère cette solution au maintien de grands ensembles impériaux
qui ont jeté l’Europe dans de sanglantes guerres), et il y en a sans
doute au sein des institutions européennes, mais ils ne sont pas
guidés par l’atlantisme. Il est certain que les dirigeants
atlantistes sont très ennuyés par la perspective de voir le
Royaume-Uni, leur principal allié et le vecteur de l’influence
politique d’outre-Atlantique, être démantelé. L’inquiétude des
dirigeants états-uniens n’était pas feinte. Voir la multiplication
de cas semblables en Europe continentale ne risque que de faciliter
la sécession écossaise (sans oublier qu’il demeure encore aux USA
des mouvements séparatistes, pas toujours folkloriques). Après, ils
ont voulu jouer avec les séparatismes, par exemple au Kosovo. Ils se
prennent donc simplement le retour de bâton.
Dans l’ensemble des
nations européennes, l’Espagne tient une place particulière en ce
qu’elle fonde sa légitimité historique sur la soumission par la
violence du Pays basque et de la Catalogne,d’abord par la monarchie
castillane, puis par le franquisme
C’est faux à tous
les titres. D’abord, parce que même s’il était vrai que "l’Espagne
fondait sa légitimité historique sur la soumission par la violence
du Pays basque et de la Catalogne", elle n’aurait là aucune
spécificté, puisque la France est allé beaucoup plus loin
historiquement dans la négation des pays et peuples qu’elle a
annexées.
Ensuite parce que
l’Espagne n’a pas en général essayé de détruire les identités de
ces deux contrées, ni des autres qui la constituent. Au contraire,
elle s’est longtemps signalée par le respect des particularismes des
pays qui la constituaient. Ne parlait-on pas de l’Espagne des 7
royaumes (et ce sont les Bourbons originaires de France qui les
supprimés). Même au niveau du droit, Catalogne et Pays Basque, avec
l’ensemble des provinces du Nord (Aragon, Asturies, Cantabrie,
Galice) conservaient le leur. Ce n’est que le napoléonisme jacobin
assimilateur (donc français), suivi par le franquisme, qui ont
travaillé à défaire les identités locales (Napoléon travaillait
d’ailleurs à annexer la Catalogne à l’Empire français des 130
départements, et aurait parachevé cette oeuvre s’il n’était resté
que un an de plus au pouvoir – ce qui aurait signifié la fin de
tout particularisme catalan).
Ensuite, une autre
interprétation possible de vos propos, celle selon laquelle
l’Espagne se serait construite en annexant de force ces deux pays,
est entièrement fausse. Les basques ont participé à la
construction du royaume castillan, un des deux fondements de
l’espagnol. Les catalans disent parfois qu’à leur différence ils
étaient en dehors du processus d’édification du royaume d’Espagne.
Mais il s’agit de pure propagande de leur part. Le comté de
Barcelone, auquel on est en droit d’assimiler le fondement de la
nation catalane, était au coeur du processus d’édification et
d’agrandissement du royaume d’Aragon. Or le royaume d’Espagne, c’est
le résultat de la fusion des couronnes de Castille et d’Aragon. Ils
ont donc bien participé à sa formation. C’est toute la différence
avec la construction du royaume de France, qui lui s’est fait en
annexant de force de nombreuses provinces (bien que l’assimilation
soit surtout le fait des régimes successeurs de la Révolution).
Le problème avec la
Catalogne, c’est qu’on a affaire à un nationalisme égoïste
typique. Celui qui ne veut participer d’aucune solidarité. C’est
toute la différence avec l’Écosse, car les Écossais bénéficient
de leur rattachement au Royaume-Uni, et l’indépendance est rès
incertaine économiquement, quoi qu’ils puissent en dire. Leur
séparatisme est donc plus sincère.
@Layly Victor
Dans la première
moitié du XXème siècle, il pouvait déjà être difficile de
savoir dans quelle région de France on se trouvait quand on la
traversait. L’uniformisation n’a pas commencé avec l’après-guerre
(même si l’imposition de nouvelles constructions modernes a
précipité les choses, mais ce n’est pas vrai qu’en France).
Errata : grosse bourde, que beaucoup auront bien sûr rectifiée : il ne s’agit pas du tout de 1887 pour la fondation des États-Unis en tant qu’État fédéral, mais de 1787.
suite : ------------------------------------------------------- [......]
Le forum des Nations unies
Par souci d’efficacité et sans préjuger de la bonne ou de la mauvaise
foi occidentale, les chefs d’État de l’OTSC ont prévu d’intervenir
devant l’Assemblée générale de l’Onu (à partir du 28 septembre) pour
appeler la communauté internationale à unir ses efforts contre le
terrorisme.
En outre, la Russie présidant le Conseil de sécurité pour le mois de
septembre, Vladimir Poutine —qui n’est pas venu à l’Onu depuis une
décennie— présidera la séance du 30 septembre consacrée à la lutte
contre le terrorisme en Irak et en Syrie.
Dans le cas où la Coalition et l’OTSC trouveraient un accord, elles
pourraient mener des actions communes ou se répartir le travail (l’Irak
pour la Coalition et la Syrie pour l’OTSC). Dans le cas contraire, les
deux organisations conduiraient des campagnes distinctes en essayant de
ne pas se gêner mutuellement.
Du point de vue atlantiste, la campagne de l’OTSC profitera à la
République arabe syrienne et garantira la poursuite du mandat du
président élu Bachar el-Assad que l’Otan souhaitait renverser.
Cependant, il est faux de prétendre que cette intervention a été conçue
pour sauver la Syrie de l’Occident. En effet, lors de la préparation de
la Conférence de Genève, en juin 2012, le président Poutine avait
envisagé de déployer l’OTSC comme force de paix [7].
Le général Hassan Tourekmani, alors président du Conseil de sécurité
national syrien, avait entrepris diverses démarches pour l’accueillir.
Cependant, ce déploiement n’avait pas eu lieu d’une part parce que
l’Organisation n’avait pas encore signé d’accord avec l’Onu [8] et d’autre part parce que deux membres de l’OTSC ne se sentaient pas alors directement menacés par la situation en Syrie.
Du point de vue de l’OTSC, la proposition faite aux Occidentaux les
contraindra à clarifier leur politique. En effet, jusqu’à la signature
de l’accord entre Washington et Téhéran, le 14 juillet, la Coalition
anti-Daesh, loin de combattre le terrorisme, a parachuté régulièrement
et à grande échelle des armes aux jihadistes. Cependant, au cours des
dernières semaines, la Coalition a effectivement combattu Daesh. Ainsi,
a-t-elle lancé, fin juillet, un bombardement massif en coordination avec
l’Armée arabe syrienne et ses milices (le YPG kurde et le Conseil
militaire syriaque) pour défendre Hassaké. Cette opération, que la
Coalition n’a pas publicisée, permit d’éliminer environ 3 000
jihadistes.
En outre, la Maison-Blanche a d’ores et déjà indiqué qu’elle était
ouverte « à des discussions tactiques et pratiques avec les Russes ». Le
Foreign Office a déclaré ne plus s’opposer à ce que « le président
syrien reste au pouvoir pour une période de transition si cela peut
contribuer à résoudre le conflit ». Rejoignant le mouvement, le ministre
français des Affaires étrangères a laissé entendre qu’il accepterait de
laisser le président el-Assad terminer le mandat que son peuple lui a
confié en déclarant : « Doit-on dire au peuple syrien que M. Bachar
al-Assad détiendra le pouvoir exécutif au cours des quinze prochaines
années ? Si on dit cela, il n’y a pas de solution possible. Entre dire
cela et exiger le départ immédiat de M. Bachar al-Assad, il y a une
marge. Cela s’appelle la diplomatie. » [9].
Thierry Meyssan annonce l’intervention de l’OTSC à la télévision syrienne
Conséquences de l’intervention de l’OTSC
Contrairement à une idée fausse répandue dans la presse atlantiste,
la lutte contre le terrorisme en Irak et en Syrie n’est pas une affaire
de décennies, mais de quelques mois pourvu que tous les États cessent
leur soutien clandestin aux jihadistes.
Dans le cas d’un désaccord à l’Onu, la presse occidentale devrait
dénigrer l’action de l’OTSC en mettant en valeur les pertes civiles. En
effet, malgré toutes les précautions, il n’est pas possible de bombarder
les terroristes sans « dommages collatéraux ». Chaque chef islamiste
dispose de trois « épouses » et, suivant leur exemple, des jihadistes de
plus en plus nombreux ont fait des prisonnières qu’ils ont réduit en
esclavage et « épousées ».
Dans le cas contraire, on ne devrait jamais entendre parler de ces
victimes et la guerre devrait être finie en Syrie pour la Noël
orthodoxe, même s’il faudra une bonne année avant que la situation ne
soit complètement stabilisée sur tout le territoire.
À retenir : L’OTSC
interviendra à partir d’octobre 2015, à la fois en Irak et en Syrie,
contre les individus classés comme « terroristes » par l’Onu, à savoir
al-Qaïda, Daesh et tous les groupes qui se sont alliés à eux.
L’OTSC ne cherche pas à venir en aide à Haïder al-Abadi ou à Bachar el-Assad, mais est directement menacée par les jihadistes.
Les
jihadistes ne sont pas en mesure de résister longuement à une alliance
internationale si celle-ci inclut l’Irak et la Syrie.
Les
États-Unis, qui ont déjà mené secrètement une vaste opération conjointe
avec l’Armée arabe syrienne à Hassaké, sont prêts à un accord avec
l’OTSC. Leurs alliés britanniques et français sont prêts à renoncer à
renverser la République arabe syrienne.
[2]
Le Guam ou Organisation pour la démocratie et le développement est une
alliance pro-US regroupant la Géorgie, l’Ukraine, l’Azerbaïdjan et la
Moldavie ; quatre États visant à terme à rejoindre l’Otan.
[3] A Mosque in Munich. Nazis, the CIA and the rise of the Muslim Brotherhood in the West, Ian Johnson, Houghton Mifflin Harcourt, 2010. Version française : Une Mosquée à Munich. Les nazis, la CIA et la montée des frères musulmans en Occident, Albin Michel, 2011.