On
peut se demander pourquoi les russes essaient de cacher que leur
avion au Sinaï était victime d’un attentat
Les
russes décident simplement de ne pas brûler les étapes, et cela
même s’ils ont sans doute acquis de bonnes raisons de penser à un
attentat très tôt dans l’enquête. Et ils doivent faire face aux
arrière-pensées des pays occidentaux, dont les services secrets ont
inondé la presse de fuites non confirmées sur de soit-disant
enregistrements, qui équivalent ni plus ni moins à du ouï-dire
(basées sur des informations qu’ils se seraient gardés de fournir
aux enquêteurs russes et égyptiens), dans des buts sans doute peu
honnêtes. Ils étaient probablement de faire croire que les russes
subissaient le contrecoup de leur politique en Syrie ; ce qui est
certainement le cas, mais la façon de l’amener était hostile et
destinée à provoquer un éventuel ressentiment contre Poutine. En
fait, l’attentat renforcera inévitablement la détermination du
peuple russe. Il s’agissait aussi sans doute de punir l’économie
égyptienne du tourisme par une révélation précipitée, le
président Sissi étant en délicatesse avec USA, Grande-Bretagne et
Arabie Séoudite. Il est vrai que la sécurité semble assez laxiste
à l’aéroport de Charm El Cheikh (double raison pour la lenteur des
égyptiens à confirmer), mais pour le moment les auteurs de
l’attaque restent inconnus.
Car
d’un attentat, il s’agit probablement. Il paraît établi que ’lavion
a été coupé en deux par une explosion très puissante, et il n’y a
pas de cause interne plausible à une explosion aussi puissante.
N’oublions pas que cela vaut aussi pour d’autres catastrophes comme
le vol TWA 800, qui a de toute évidence été détruit par un
missile.
Exemple
typique d’information invérifiable donnée par les services de
« renseignement » britanniques (les mêmes qui avaient menti
au sujet des attaques chimiques en Syrie) :
Le
journal britannique Sunday Times a dévoilé le nom du terroriste
présumé ayant organisé l’attentat à bord de l’avion russe qui
s’est écrasé dans le Sinaï le 31 octobre.
Le gouvernement de la
Grande-Bretagne aurait obtenu le nom du terroriste qu’il soupçonne
d’avoir organisé l’attentat à bord de l’Airbus A321, hypothèse
privilégiée par les autorités britanniques, a rapporté le Sunday
Times en se référant à sa source.
"Le nom du
terroriste présumé est dévoilé… Les hauts responsables des
services de renseignement estiment que l’avion avec 224 personnes à
son bord s’est écrasé suite à l’explosion d’une bombe fabriquée
par une filiale de l’EI dans le Sinaï. Le chef de la filiale Abu
Osama al-Masri a conclu un accord avec l’EI l’année passée en
Syrie", a fait savoir le journal.
Le 4 novembre,
l’individu connu sous le nom d’Abu Osama al-Masri a revendiqué la
responsabilité de l’attentat ayant abouti au crash de l’avion russe
en Egypte en publiant une vidéo avec sa revendication.
Il est à noter que les
services secrets britanniques affirment avoir intercepté des
messages de djihadistes de l’EI laissant comprendre que le crash de
l’avion aurait été provoqué par l’explosion d’une bombe installée
à bord de l’avion russe. Le gouvernement britannique penche donc
vers la version de l’attentat.
D’autre part, le
porte-parole du président russe a déclaré aujourd’hui que les
services de renseignement britanniques avaient transmis certaines
informations à la partie russe, sans pour autant préciser leur
contenu.
Donc,
les britanniques auraient enfin commencé à partager leurs
informations, mais pour le moment on ne sait pas ce qu’ils auraient
bien pu leur dire.
J’ai
l’impression que vous connaissez très mal l’histoire ....
Et
si vous appreniez juste un petit peu ?
Un
seul exemple pour vous rafraichir la mémoire : première imprimerie
du moyen-orient à Safed, en 1578. On y imprimait des livres en
hébreu, la langue des autochtones.
La
langue des autochtones ? Ouh là là... Je vois que vous aviez bien
du culot de demander à d’autres d’apprendre l’histoire, car c’est
vous qui ne la connaissez pas : l’hébreu n’était plus la langue des
autochtones de Palestine, ni de personne d’ailleurs, depuis deux
millénaires. Et inutile de me rappeler qu’il était la langue
léturgique des prêtres juifs, le latin l’était aussi des
catholiques jusqu’à une date récente et l’est toujours de certains
d’entre eux, il n’en est pas moins une langue morte. Comme l’hébreu
jusqu’à ce que certains illuminés le ramènent. À ce titre, on
aurait bien plus de raisons de considérer que le cornique est la
langue maternelle de la Cornouailles (cela ne fait que quatre siècles
qu’il a disparu).
@Massada,
vous ressortez la grossière propagande mensongère des sionistes,
les vrais autochtones de Palestine sont bien les palestiniens, et
même les éventuels levantins et syriens immigrés au XIXème siècle
sont plus autochtones et légitimes que les juifs d’Europe (et eux au
moins s’étaient intégrés, ils ne venaient pas prendre la terre des
indigènes).
Et bien vous tombez
parfaitement bien. Il se trouve que je suis en train de relire « Les
traites négrières » d’Olivier Grenouilleau-Pétré, formidable
travail d’historien, parfaite synthése de tous les travaux
précédemment effectués sur le sujet, qui ne nie nullement
l’horreur de la traite, mais eut le malheur de rappeler que la
traite intra-africaine existait, que les négriers européens
achetaient leur stock à des africains qui vendaient leurs
semblables, et que la traite musulmane représentait en « volume »
à peu prés le double de la traite transatlantique.
C’est l’occasion
de rappeler deux brillantes déclarations de cette dame à ce sujet.
Lors de la
promulgation de la loi infâme qui porte son nom , elle déclara «
qu’il ne fallait pas évoquer la traite arabo-musulmane afin que
les jeunes arabes ne portent pas sur le dos tout le poids de
l’héritage des méfaits des arabes » ( L’express 4 Mai 2006 )
Eh bie, ce qu’elle a
dit là, c’est en effet très très bête, et à plusieurs titres. Le
moindre n’étant pas que ces traites imaginées par Olivier
Pétré-Grenouilleau n’ont jamais existé en tant que telles, qu’elle
ne sont que le produit d’une volonté de relativiser à tout prix la
vraie taite négrière, la transatlantique. Un discours qui a fait
florès au sein des médias français, trop contents de dédouaner
leur si précieuse civilisation blanche occidentale. J’avais déjà
fait une mise au point ici :
Il est certain que le
rôle extrémiste de la France se doit d’être signalé. Les français
paraissent très en pointe dans l’hostilité contre la Syrie par
rapport aux autres pays européens, y compris le Royaume-Uni, et par
rapport aux USA. Ils demeurent l’ultime trublion, à égalité avec
la Turquie d’Erdoğan et les
séoudiens.
Pourquoi la France veut-elle renverser la République arabe syrienne ?
par
Thierry Meyssan
Revenant
sur l’histoire de la colonisation française de la Syrie et la comparant
avec l’action des présidents Sarkozy et Hollande, Thierry Meyssan met
en évidence la volonté de certains dirigeants français actuels de
recoloniser ce pays. Une position anachronique et criminelle qui fait de
la France actuelle un État de plus en plus haï dans le monde.
Réseau Voltaire
| Damas (Syrie)
| 12 octobre 2015
Nicolas
Sarkozy et David Cameron signent les Accords de Lancaster House. Ils
réitèrent, un siécle plus tard, l’entente cordiale des Accords
Sykes-Picot.
La France est aujourd’hui la principale puissance
qui appelle au renversement de la République arabe syrienne. Alors que
la Maison-Blanche et le Kremlin négocient en secret la manière de se
débarrasser des jihadistes, Paris persiste à accuser le « régime de
Bachar » (sic) d’avoir créé Daesh et à déclarer qu’après avoir éliminé
l’Émirat islamique, il conviendra de renverser la « dictature alaouite »
(re-sic). La France est publiquement soutenue par la Turquie et
l’Arabie saoudite, et en sous-main par Israël.
Comment expliquer ce positionnement de perdant alors que la France
n’a aucun intérêt économique ou politique dans cette croisade, que les
États-Unis ont cessé de former des combattants contre la République, et
que la Russie est en train de réduire en cendre les groupes jihadistes ?
La plupart des commentateurs ont souligné à juste titre les liens
personnels du président Nicolas Sarkozy avec le Qatar, sponsor des
Frères musulmans, et ceux du président François Hollande, également avec
le Qatar, puis avec l’Arabie saoudite. Les deux présidents ont fait
financer illégalement une partie de leurs campagnes électorales par ces
États et ont bénéficié de toutes sortes de facilités offertes par ces
mêmes États. En outre, l’Arabie saoudite détient désormais une partie
non-négligeable des entreprises du CAC40, de sorte que son
désinvestissement brutal causerait de graves dommages économiques à la
France.
Je voudrais évoquer ici une autre hypothèse explicative : les
intérêts coloniaux de certains dirigeants français. Pour cela, un retour
en arrière est nécessaire.
(Note
: je doute que l’opposition aux accords de Sykes-Picot aurait été
bien grande en France. L’idéologie colonialiste y était alors bien
implantée, et tout ce qui flattait la grandeur de la France était
bien accueilli)
Permettez-moi de sourire
et de vous renvoyer au début du chaos syrien, lorsque Al-Assad s’est
senti menacé par la montée des oppositions et a : d’une part,
engagé des moyens armés - notamment aériens - pour détruire cette
opposition, fût-ce au prix d’un nombre élevé de victimes civiles
; d’autre part, tout fait pour encourager l’émergence des
islamistes radicaux devenus depuis le noyau dur de Daech.
Là encore, vous
reprenez la propagande discréditée des occidentaux. Non, El-Assad
n’a pas essayé de détruire son opposition (une partie de celle-ci
participe même au gouvernement) ; la légende des manifestations
pacifiques réprimées dans le sang n’est que ça, une légende.
Ensuite, non, il n’a ni créé ni favorisé Daech, les islamistes
étaient au contraire les adversaires les plus dangereux, les
soit-disant terroristes/rebelles « modérés » ne
représentaient que des forces impérialistes et affairistes
pro-occidentales très minoritaires, ou des miséreux manipulés (qui
ont pour la pulpart rendu les armes ou rejoint les milices
pro-gouvernementales). Dire que l’EI est sa créature revient à
reprendre la tactique éculée employée par les occidentaux, à
savoir accusez leurs ennemis de la situation qu’ils ont eux-mêmes
créée. Les islamistes ont été mis en place, armés, entraînés,
par les occidentaux et leurs turcs et séoudiens afin de plonger la
Syrie dans l’enfer le plus barbare et de déstabiliser toute la
région, Daech n’en est que l’incarnation la plus récente.