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@oncle archibald
et je fais le pari que République et démocratie ne sont pas incompatibles.
Le fait est que pour le moment elles le sont. Donc, parler de défendre la démocratie en France est à côté de la plaque, dans la mesure où celle-ci n’existe pas. Le décalage de plus en plus profond entre les élites oligarchiques au pouvoir (ce qui est un pléonasme) et le peuple est de plus en plus flagrant, et dire qu’il faut voter n’y changera rien, car voter ne fait que renforcer ces élites illégitimes. La peur est maintenant de leur côté, entre autres parce que leur piège de la non-comptabilisation de l’abstention et des votes blancs et nuls finit par se refermer sur eux.
Pourquoi le Front de Gauche boit-il le bouillon face au Front National ? La réponse est toute simple : la bêtise de Mélenchon. Ce dernier prétendait fédérer tous ceux qui étaient dégoûtés du système et des élites. Or, avant le second tour des présidentielles de 2012, qu’a-t’il fait ? Il n’a rien trouvé de plus intelligent que d’appeler à voter Hollande. En appelant à voter pour un homme du système honni de ses électeurs au même titre que la droite, il a prouvé que tout son discours anti-système n’était que du vent. Qu’il restait un pur produit de ce système, prisonnier de toutes ses archaïsmes. Son acharnement anti-Front National qui le détourne de la lutte contre les élites, le dessert également. Les électeurs anti-élites se reconnaissent dans une approche ni-droite ni-gauche, en s’obstinant à s’accrocher à ces distinctions dépassées il a fini par se discréditer à leurs yeux, et a ouvert un boulevard au FN. Incapable d’assumer la rupture avec les partis dominants tout en prétendant les combattre, son hypocrisie plaît peut-être au PS, mais pas auprès des électeurs qu’il prétend courtiser... Et maintenant il se traîne cette image de voiture-balai du PS, et il a perdu leurs votes.
@Massada
pas de chance pour le spécialiste, le directeur du
Service fédéral de sécurité (FSB) Alexandre Bortnikov a annoncé le 16
novembre au président russe Vladimir Poutine que l’Airbus A321 de la
compagnie aérienne Metrojet (Kogalymavia) s’était écrasé le 31 octobre
suite à l’explosion d’un engin explosif placé à bord.
Si l’EIIL vient d’affirmer avoir les photos de la bombe placée au sein de l’Airbus, une confirmation bien tardive, il est curieux que ni russes ni égyptiens ne soient pressés de confirmer la découverte de traces d’explosifs qu’ils ne peuvent pas ne pas avoir faite ; les fuites dans la presse égyptienne disant toujours qu’il n’y en a pas. Cela peut avoir changé entre temps, mais pour l’affirmation du directeur du FSB qui l’aurait confirmé à Poutine, cela ne tient que du on-dit (le journal Kommersant aurait publié un article selon lequel des agents du FSB aurait découvert un trou de bombe sous un siège passager, mais toujours pas de mention de traces d’explosifs semble-t’il*) ; une telle confirmation serait là encore très tardive, alors qu’ils n’avaient plus de raison de la retarder (cela fait plus de deux semaines que les égyptiennes ont passé le stade où ils étaient motivés par la protection de leur industrie touristique). Et il reste que seul un piratage informatique pourrait éclaircir le comportement étrange de l’avion dans les minutes ayant précédé le crash, ainsi que la coupure des communications, ce que la thèse de la bombe ne peut pas expliquer. Toute personne qui n’a pas répondu à ça est donc renvoyée à ses études. Il se peut qu’il y ait eu des décisions prises en coulisses, comme cela a pu être le cas pour le Koursk et certainement pour l’USS Liberty (après tout, Israël s’était bien tiré sans conséquences visibles de ce dernier, bien qu’il soit hors de doutes qu’il l’avait attaqué délibérément). Ou comme pour la destruction de l’avion de ligne iranien par le USS Vincennes, dont on sait maintenant qu’en dépit des dénégations, les autorités des USA avaient dédommagé les iraniennes.
Donc, au point où on en est, même une révélation russe et égyptienne tardive de la découverte d’explosifs ne lèverait pas les doutes et laisserait la possibilité d’un arrangement en coulisses.
*http://fr.sputniknews.com/russie/20151118/1019610372/crash-airbus-bombe-siege.html
>suite
La réhabilitation du maréchal Pétain
En juillet 1984, l’Association pour défendre la mémoire du maréchal Pétain se paie un encart publicitaire dans Le Monde intitulé « Français, vous avez la mémoire courte ». Marie-François Lehideux, président de l’association, et Jacques Isorni, ancien avocat de Pétain, tentent de réhabiliter le Maréchal et expliquent qu’il avait « tout fait » pour sauver la patrie. Aussitôt, l’association nationale des anciens combattants de la Résistance déposa plainte contre Le Monde pour complicité d’apologie des crimes ou délits de collaboration avec l’ennemi. S’ensuivirent de très longs débats et une procédure judiciaire extrêmement nourrie. La question était celle-ci : l’encart publicitaire visait-il à présenter sous un jour favorable la collaboration du maréchal Pétain avec l’Allemagne nazie ou s’agissait-il de montrer les bonnes actions qu’il avait faites lorsqu’il était au pouvoir ? Et par conséquent, quelle était la responsabilité du Monde ? Devant la Cour européenne des droits de l’homme, il fut reconnu une atteinte à la liberté d’expression par 15 voix contre 6. L’opinion concordante du juge De Meyer explique parfaitement ce point de vue : "La liberté d’expression implique tout autant le droit de présenter un personnage public sous un jour favorable que celui de le présenter sous un jour défavorable (...) Il est normal que ceux qui souhaitent faire part d’idées de ce genre mettent en lumière les mérites de l’intéressé ou ce qu’ils pensent être ses mérites. On n’est pas en droit d’exiger qu’ils évoquent aussi ses torts, réels ou supposés, ou certains d’entre eux."
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Pour informatif qu’il soit, cet article omet une autre affaire similaire importante, celle de la condamnation de Noël Mamère pour avoir dit du Pr Pellerin qu’il avait affirmé que le nuage de tchernobyl s’était arrêté à la frontière française. Ce qu’il n’avait certes pas dit textuellement, mais l’écart était véniel dans la mesure où il était certain que le Pr Pellerin avait bel et bien menti en niant le survol de la France par ce nuage. Mamère n’avait pas été le seul à subir en la matière les foudres d’une justice vraiment servile, dont les termes étaient particulièrement obséquieux, mais il semble avoir été le seul à intenter un recours devant la cour de Strasbourg.
http://www.dissident-media.org/infonucleaire/mamere_pellerin.html
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24 Heures (Suisse), 8 novembre 2006 :
Les retombées judiciaires de Tchernobyl
PARIS
La Cour des droits de l’homme a réhabilité Noël Mamère, condamné pour ses propos dénonçant la manière dont la France a minimisé la portée du nuage radioactif.
La liberté d’expression a obtenu, hier à Strasbourg, une nouvelle consécration : la Cour européenne des droits de l’homme a condamné la France pour s’en être pris à Noël Mamère ; le député des Verts avait été reconnu coupable, par la justice de l’Hexagone, de diffamation publique envers un fonctionnaire.
En octobre 1999, lors de l’émission Tout le monde en parle animée par Thierry Ardisson sur France 2, Noël Mamère avait eu des propos très durs à l’égard de Pierre Pellerin, directeur du Service central de protection contre les rayons ionisants au moment de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl. Le député des Verts l’avait qualifié de « sinistre personnage » n’arrêtant pas de raconter que « la France était tellement forte complexe d’Astérix que le nuage de Tchernobyl n’avait pas franchi nos frontières ».
Dans son arrêt, la Cour des droits de l’homme souligne que l’on se trouve dans un cas qui exige un niveau élevé de protection du droit à la liberté d’expression, et ce à double titre. D’une part parce que les termes employés par Noël Mamère se rapportaient à des sujets d’intérêt général (protection de l’environnement et santé publique) et qu’ils s’inscrivaient dans un contexte particulier (insuffisance des informations données à la population quant aux niveaux de contamination et aux conséquences sur la santé). D’autre part parce que « ses propos relevaient de l’expression politique ou militante ».
La Cour reproche à la justice française de n’avoir pas autorisé Noël Mamère à prouver la véracité de ses paroles diffamatoires, parce qu’elles portaient sur des faits datant de plus de dix ans. « Lorsqu’il s’agit d’événements qui s’inscrivent dans l’Histoire ou relèvent de la science (), le débat se nourrit de nouvelles données susceptibles de permettre une meilleure compréhension de la réalité des choses », relèvent les juges qui ne manquent pas de souligner que M. Pellerin a été mis en examen, en mai dernier, pour « tromperie aggravée » dans le cadre d’une instruction ouverte suite à des plaintes de victimes d’un cancer de la thyroïde.
A aussi été reproché la raideur de la justice lorsqu’elle conclut à l’absence de bonne foi de Noël Mamère à cause du « défaut de modération » de son discours. A propos de « prudence dans l’expression », les juges notent qu’elle aurait d’abord dû être le fait de M. Pellerin, sur l’évaluation des dangers et risques courus par les Français au le lendemain de la catastrophe nucléaire...
MICHEL EGGS
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La France n’est certes pas un havre de la liberté d’expression, et ça ne date certainement pas d’aujourd’hui. Les condamnations de Dieudonné et l’interdiction de son spectacle ne doivent pas nous faire oublier quantitées d’atteintes souvent très graves, depuis l’interdiction de Hara Kiri aux multiples condamnations de Cabu pour ses caricatures anti-armée. Les autorités françaises,et notamment les juges, sont habitées d’une vraie volonté de réprimer les droits humains. Ils n’ont rien ni de démocrates ni de libéraux.
Sinon, au sujet du nombre condamnations comparées entre pays, il ne faut pas oublier que les statistiques données par le lien cité plus haut concernent des nombres bruts. Il faut tenir compte du fait que la France n’a accepté le recours devant la Cour qu’en 1981, longtemps après la plupart des autres pays de la communauté des 12 puis des 15. En rythme depuis cette époque, elle les bat tous (à part peut-être la Grèce), et cela est particulièrement infamant. Les affaires de Hara Kiri ou de Cabu, par exemple, sont en général antérieures à cette date, et auraient sans doute valu condamnation.
Voici une sélection d’exemples de condamnations de la France en matière de liberté d’expression, compilée par un journal pourtant néo-conservateur :
Les fâcheuses habitudes de la France avec la liberté d’expression
Le Point - Publié le 09/01/2014 à 12:17
La France, contrée des droits de l’homme ? Elle est pourtant un des pays d’Europe les plus condamnés pour ses entraves à la liberté d’expression.
En matière de liberté d’expression, la France est régulièrement condamnée par la Cour européenne des droits de l’homme. © François Destoc / Le Télégramme/Maxppp
Par MARC LEPLONGEON
L’affaire Dieudonné en aura été une illustration parfaite. À peine Manuel Valls a-t-il évoqué la possibilité d’interdire les spectacles de Dieudonné que les juristes se sont enflammés. Au nom de quoi devrait-on censurer a priori les abus de la liberté d’expression, alors que les outils judiciaires existent pour les sanctionner au tribunal ? La France s’est souvent cachée derrière le trouble à l’ordre public ou l’offense à chef de l’État pour faire taire certains propos abjects, intolérables ou diffamants, étouffer une affaire qui fait du bruit ou protéger ses relations diplomatiques. Mais les tribunaux français eux aussi sont souvent désavoués par la Cour européenne des droits de l’homme pour ne pas respecter ses exigences en matière de liberté d’expression. Florilège de ces décisions.
"Casse-toi pov’ con"
Comment oublier cette phrase assassine lancée par Nicolas Sarkozy à un agriculteur qui avait refusé de lui serrer la main ? C’était en 2008 au Salon de l’agriculture. Quelques mois plus tard, Hervé Éon inscrit le désormais célèbre « Casse-toi pov’ con » sur une pancarte et la brandit devant le président de la République, alors en déplacement à Laval. Ni une ni deux, l’homme est immédiatement interpelé par la police, emmené au commissariat, poursuivi pour offense au chef de l’État, convoqué devant le tribunal correctionnel et condamné selon une formule pour le moins amusante : "Si le prévenu n’avait pas eu l’intention d’offenser, mais seulement l’intention de donner une leçon de politesse incongrue, il n’aurait pas manqué de faire précéder la phrase casse-toi pov’ con par une formule du genre on ne dit pas." Hervé Éon refusant de s’excuser, il fut condamné à une amende de 30 euros. Devant la CEDH, il continua à affirmer qu’il s’agissait d’un trait d’humour. La violation de la liberté d’expression sera reconnue.
"TIBERI tu nous casses les URNES"
En 1997, Benoît Brasilier est candidat à Paris aux législatives et a notamment pour adversaire Jean Tiberi. Il affirme avoir imprimé 60 000 bulletins de vote et avoir constaté leur absence dans les bureaux de vote. Il saisit le procureur, lequel l’informe qu’il ne donnera pas suite à sa plainte. Le 23 juillet, Brasilier organise une manifestation durant laquelle des banderoles mentionnaient les slogans : « TIBERI tu nous casses les URNES » ou encore "EN FACE : BUREAU de la FRAUDE, VOLS ET MAGOUILLE". Le candidat publie des communiqués dans lesquels il compare les pratiques de Jean Tiberi à des « pratiques bananières ». Il ajoute : "À l’heure où l’on ne ménage pas les Chinois en matière de démocratie, prenons bien garde à l’idée que la place du PANTHÉON ne s’appelle pas TIENANMEN." Benoît Brasilier se fera condamner pour diffamation et se verra reprocher un « indiscutable » manque de mesure dans son expression. La CEDH considérera, elle, que les propos reflétaient "davantage des jugements de valeur que de pures déclarations de fait". La violation de la liberté d’expression sera reconnue.
Les essais nucléaires français, c’est tabou !
Dorothée Piermont est une militante écolo, femme politique allemande et ancienne députée européenne. En 1986, elle est invitée en Polynésie par Oscar Temaru, le président du Front de libération de la Polynésie française, alors que les essais nucléaires français battent leur plein. À la veille de nouvelles élections, le contexte politique est extrêmement tendu. À peine arrivée sur le territoire, la police invite Dorothée Piermont à modérer ses propos sous peine d’être expulsée. Aussitôt, elle dénonce dans un meeting ces intimidations et clame haut et fort que les essais nucléaires en Polynésie sont une ingérence de la France. Le lendemain, un arrêté est pris pour l’expulser et lui interdire de remettre les pieds en Polynésie. Elle aurait, selon les autorités, porté « atteinte à la politique de la France » et violé une « certaine neutralité vis-à-vis du territoire » français. La députée écolo ne se démonte pas et se rend en avion en nouvelle-Calédonie, où elle sera retenue à l’aéroport et à nouveau expulsée. Sécurité nationale, sûreté publique, ordre public... Devant les juridictions, le gouvernement use de tous les arguments pour justifier cette restriction à la liberté d’expression. Dorothée Piermont aurait dû, selon lui, user de « prudence » dans ses propos dans un contexte tendu entre partisans de la Polynésie française et indépendantistes. Par seulement cinq voix contre quatre, la CEDH conclura à la violation de la liberté d’expression.
Le roi Hassan II et le trafiquant de hachisch
Dans les années 1990, le Maroc veut intégrer la Communauté européenne. La Commission dépêche alors des enquêteurs pour élaborer un rapport sur l’ampleur du trafic de cannabis dans ce pays. En 1994, le rapport est remis à la Commission, mais la copie doit être revue, car elle comportait le nom de certains trafiquants. C’est donc une version édulcorée qui sera publiée. Le rapport originel restera secret, jusqu’à ce que Le Monde en fasse état dans son numéro du 3 novembre 1995, sous le titre : "Un rapport confidentiel met en cause le pouvoir marocain dans le trafic du hachisch". Résultat : Le roi du Maroc adressera une demande officielle au ministre des Affaires étrangères de l’époque, pour lui demander de poursuivre pénalement Jean-Marie Colombani, directeur de publication du journal Le Monde, et le journaliste Éric Incian. La cour d’appel retiendra une « intention malveillante » des auteurs. Elle va estimer que les articles contenaient une "accusation de duplicité, d’artifice, d’hypocrisie constitutive d’une offense à chef d’État étranger". Et que les journalistes n’avaient pas cherché à vérifier l’exactitude des informations du rapport. La Cour de cassation rejettera elle aussi le pourvoi du Monde en estimant que l’article remettait en cause la "volonté même du roi du Maroc de mettre un terme au trafic de drogue dans son pays". Il faudra attendre un arrêt de la Cour européenne des droits de l’homme (CEDH) de 2002 pour que la violation de la liberté d’expression soit reconnue. La Cour va affirmer que les journalistes doivent pouvoir "s’appuyer sur des rapports officiels sans avoir à entreprendre des recherches indépendantes. Sinon, la presse pourrait être moins à même de jouer son rôle indispensable de chien de garde".
Les feuilles d’impôt du patron de Peugeot « plus bavardes que lui »
En
1989, l’année est à l’agitation sociale. Les salariés de Peugeot
réclament une hausse de salaire qui leur est refusée par le
dirigeant de l’entreprise, Jacques Calvet. Claude Roire, journaliste
au Canard enchaîné, publie alors un article intitulé "Calvet
met un turbo sur son salaire« , dans lequel il écrit : »Ses
feuilles d’impôt sont plus bavardes que lui. Le patron de Peugeot
s’est accordé 45,9 % de mieux en deux ans." Relaxés en
première instance, les deux journalistes seront condamnés en appel
à des amendes de 5 000 et 10 000 francs pour recel de déclarations
d’impôt provenant d’une violation du secret professionnel par un
fonctionnaire non identifié. Devant la CEDH, les journalistes vont
alléguer que la divulgation des revenus de Jacques Calvet aurait
aidé à comprendre « l’importance du conflit social en cours ».
Ils ont affirmé avoir reçu ces documents dans une enveloppe
anonyme, et ont vérifié que les informations étaient authentiques.
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