Qui
est responsable du chaos en Syrie :la
réponse on la connaît, les occidentaux (surtout les USA, la France
et le Royaume-Uni), les pays arabes du Golfe, la Turquie et Israël.
Et il est utile de rappeller que ce
qu’on voit en application, ce sont des procédures destinées à
conditionner l’opinion à un renversement du gouvernement mises au point il y a longtemps, dans le
cas de la Syrie on sait qu’elles
remontaient à 1957 ! Ainsi
que le montrait cet article du Guardian
datant déjà de 2003, à relayer :
Des
documents nouvellement découverts montrent comment en 1957 Harold
Macmillan et le président Dwight Eisenhower approuvèrent un plan de
la CIA et du MI6 pour monter de faux incidents de frontière comme
prétexte pour une invasion de la Syrie par ses voisins
pro-occidentaux, et alors d’ « éliminer » le triumvirat le
plus influent au sein du pouvoir à Damas.
[.....]
Bien
que les historiens savent que des services secrets avaient essayé de
renverser le régime syrien à l’automne 1957, c’est la première
fois qu’on trouve un document montrant que l’assassinat de trois
figures importantes était au cœur du plan. Dans ce document rédigé
par un groupe top-secret à très haut niveau réuni à Washington en
septembre 1957, aucun doute n’était laissé à Mr Macmillan et au
président Eisenhower au sujet de la nécessité d’assassiner les
hommes liges à Damas.
Une
partie du « plan préféré » disait : "Afin de
faciliter les actions des forces libératrices, de réduire la
capacité du régime syrien d’organiser et de commander ses actions
militaires, de maintenir les pertes et destructions au minimum, et de
parvenir aux buts recherchés le plus vite possible, un effort
particulier doit être mené afin d’éliminer certains individus.
Leur élimination devrait être réalisée tôt au début du
soulèvement et de l’intervention, et à la lumière des
circonstances du moment."
Le
document, approuvé par Londres et Washington, désignait trois
hommes : Abd al-Hamid Sarraj, chef des renseignements militaires ;
Afif al-Bizri, chef d’état-major général ; et Khaled Bakdach,
dirigeant du parti communiste syrien.
L’inquiétude
avait grandi à Downing Street et à la Maison-Blanche au sujet des
sentiments anti-occidentaux et pro-soviétiques grandissant en Syrie
depuis le renversement du régime militaire conservateur du colonel
Adib Chichakli par une alliance des partis baassites et communistes
et de leurs alliés au sein de l’armée syrienne en 1954.
[......]
Le
plan préféré ajoutait : "Une fois qu’une décision politique
sera atteinte de procéder à des perturbations internes en Syrie,
la CIA sera préparée, et le SIS [MI6] tentera de monter des
sabotages et coups mineurs au sein de la Syrie, en travaillant avec
des contacts dans le pays.
Les
deux services devraient s’entretenir de la façon appropriée
d’éviter toute interférence dans leurs activités mutuelles... Les
incidents ne devraient pas se limiter à Damas ; l’opération ne
devrait pas être excessive ; et dans la mesure du possible on
devrait s’efforcer d’éviter que les leaders syriens clés prennent
des mesures de protection personnelle supplémentaires.
Sabotage
Le
rapport affirme qu’une fois le degré nécessaire de peur atteint,
des incidents de frontières seraient mis en scène pour fournir
un prétexte pour une intervention militaire irakienne et
jordanienne. "On devra faire apparaître la Syrie comme
l’organisation de complots, de sabotages et de violences contre les
gouvernements voisins« , ajoute le rapport. »LA CIA et
le SIS devraient utiliser leurs moyens à la fois dans le domaine
psychologique et celui de l’action violente afin d’augmenter la
tension." Cela signifiait des opérations en Jordanie, en Irak
et au Liban, prenant la forme de "sabotages, conspirations
nationales et diverses activités violentes" devant être
attribuées à la Syrie.
Le
plan demandait le financement d’un « Comité Syrien Libre »,
et d’armer des "factions politiques dotées de capacités
paramilitaires ou pour d’autres actions violentes" à
l’intérieur de la Syrie. La CIA et le MI6
succiteraient des insurrections intérieures, par exemple par les
druzes dans le sud, aideraient à libérer des prisonniers
politiques détenues à la prison de Mezze, et soulèveraient
les Frères Musulmans à Damas.
Ahurissant
comme on retrouve la même propagande mot-pour-mot,
à
54 ans
d’intervalle.
Ce
document montre aussi que loin d’être des accidents ou des
aberrations isolés, comme certains veulent le croire, les attaques
sous fausse bannière sont un procédé couramment utilisé par les
impérialistes occidentaux.
@Pierre J’admets que je n’y comprends rien, car c’est bien l’intitulé du lien de l’article du Guardian,
mais étrangement il semble avoir été « scotché » avec celui de rt. Je le
remets, en espérant que ce curieux bogue ne se reproduise pas :
@Fifi Brind_acier Documents de Wikileaks qui expliquent que les USA préparaient la déstabilisation de la Syrie depuis 2006. C’est
là qu’il convient de se rappeler que ces procédures remontaient à
bien plus longtemps, remontant à 1957, ainsi que le montrait cet
article datant déjà de 2003, à relayer :
Des
documents nouvellement découverts montrent comment en 1957 Harold
Macmillan et le président Dwight Eisenhower approuvèrent un plan de
la CIA et du MI6 pour monter de faux incidents de frontière comme
prétexte pour une invasion de la Syrie par ses voisins
pro-occidentaux, et alors d’ « éliminer » le triumvirat le
plus influent au sein du pouvoir à Damas.
[.....]
Bien
que les historiens savent que des services secrets avaient essayé de
renverser le régime syrien à l’automne 1957, c’est la première
fois qu’on trouve un document montrant que l’assassinat de trois
figures importantes était au cœur du plan. Dans ce document rédigé
par un groupe top-secret à très haut niveau réuni à Washington en
septembre 1957, aucun doute n’était laissé à Mr Macmillan et au
président Eisenhower au sujet de la nécessité d’assassiner les
hommes liges à Damas.
Une
partie du « plan préféré » disait : "Afin de
faciliter les actions des forces libératrices, de réduire la
capacité du régime syrien d’organiser et de commander ses actions
militaires, de maintenir les pertes et destructions au minimum, et de
parvenir aux buts recherchés le plus vite possible, un effort
particulier doit être mené afin d’éliminer certains individus.
Leur élimination devrait être réalisée tôt au début du
soulèvement et de l’intervention, et à la lumière des
circonstances du moment."
Le
document, approuvé par Londres et Washington, désignait trois
hommes : Abd al-Hamid Sarraj, chef des renseignements militaires ;
Afif al-Bizri, chef d’état-major général ; et Khaled Bakdach,
dirigeant du parti communiste syrien.
L’inquiétude
avait grandi à Downing Street et à la Maison-Blanche au sujet des
sentiments anti-occidentaux et pro-soviétiques grandissant en Syrie
depuis le renversement du régime militaire conservateur du colonel
Adib Chichakli par une alliance des partis baassites et communistes
et de leurs alliés au sein de l’armée syrienne en 1954.
[......]
Le
plan préféré ajoutait : "Une fois qu’une décision politique
sera atteinte de procéder à des perturbations internes en Syrie,
la CIA sera préparée, et le SIS [MI6] tentera de monter des
sabotages et coups mineurs au sein de la Syrie, en travaillant avec
des contacts dans le pays.
Les
deux services devraient s’entretenir de la façon appropriée
d’éviter toute interférence dans leurs activités mutuelles... Les
incidents ne devraient pas se limiter à Damas ; l’opération ne
devrait pas être excessive ; et dans la mesure du possible on
devrait s’efforcer d’éviter que les leaders syriens clés prennent
des mesures de protection personnelle supplémentaires.
Sabotage
Le
rapport affirme qu’une fois le degré nécessaire de peur atteint,
des incidents de frontières seraient mis en scène pour fournir
un prétexte pour une intervention militaire irakienne et
jordanienne. "On devra faire apparaître la Syrie comme
l’organisation de complots, de sabotages et de violences contre les
gouvernements voisins« , ajoute le rapport. »LA CIA et
le SIS devraient utiliser leurs moyens à la fois dans le domaine
psychologique et celui de l’action violente afin d’augmenter la
tension." Cela signifiait des opérations en Jordanie, en Irak
et au Liban, prenant la forme de "sabotages, conspirations
nationales et diverses activités violentes" devant être
attribuées à la Syrie.
Le
plan demandait le financement d’un « Comité Syrien Libre »,
et d’armer des "factions politiques dotées de capacités
paramilitaires ou pour d’autres actions violentes" à
l’intérieur de la Syrie. La CIA et le MI6
succiteraient des insurrections intérieures, par exemple par les
druzes dans le sud, aideraient à libérer des prisonniers
politiques détenues à la prison de Mezze, et soulèveraient
les Frères Musulmans à Damas.
Ahurissant
comme on retrouve la même propagande mot-pour-mot,
à
54 ans
d’intervalle.
Ce
document montre aussi que loin d’être des accidents ou des
aberrations isolés, comme certains veulent le croire, les attaques
sous fausse bannière sont un procédé couramment utilisé par les
impérialistes occidentaux.
Thierry
Meyssan est lui d’avis que Obama et Kerry ont fini il y a déjà
plusieurs mois de cela par passer un accord secret avec les russes
sur la sortie de crise, et que les exigences répétées sur le
départ d’Assad masquent en fait une tactique d’accoutumance
progressive du public à son maintien – en bref, il s’agirait de ne
pas perdre la face après avoir appellé si longtemps à son départ,
en jouant sur la mémoire courte des gens. Il faut reconnaître que
les choses évoluent dans un sens compatible avec cette
interprétation, Kerry reculant progressivement mais constamment sur
cette question :
-
La Résolution 2253 interdit aux sponsors de Daesh et d’al-Qaïda
de poursuivre leur action. La Résolution 2254 confirme le Communiqué
de Genève de juin 2012. Les deux Grands s’accordent pour maintenir
la République arabe syrienne et soutenir un gouvernement d’union
nationale.
-
L’opposition armée soutenue par l’Arabie saoudite a élu
l’ancien Premier ministre bassiste Riad Hijab, en fonction à
l’époque du Communiqué de Genève, pour conduire sa délégation.
Tandis que la Russie a conclu un accord avec l’Armée syrienne
libre et son sponsor, la France.
-
Tout est prêt pour conclure une paix qui permette aux perdants de
garder la tête haute. Mais, comme en 2012, la France a relancé ses
exigences dès la Résolution 2254 adoptée.
Derrière
toutes ses rodomontades l a Maison Blanche aurait en fait capitulé
et avalisé il y a belle lurette le principe d’une paix basée sur
l’arrêt de l’intervention occidentalo-golfo-sionisto-turque, après
avoir tergiversé durant longtemps.
Meyssan
rapporte cependant l’article de Hersh, ajoutant d’intéressantes
précisions. Hersh est cependant sans doute trop pessimiste sur le
caractère imperturbable de la politique états-unienne, Obama ayant
lui-même agi pour écarter les faucons (ce qui ne l’absout cependant
pas de ses propres responsabilités, loin s’en faut) :
-
Au cours des derniers mois, la Rand Corporation (principal think-tank
du complexe militaro-industriel), l’ancien directeur de la Defense
Intelligence Agency Michael T. Flynn, l’ancien président du Comité
des chefs d’état-major Martin Dempsey, et l’ancien secrétaire à
la Défense Chuck Hagel ont mis en cause les contradictions et les
hésitations de la Maison-Blanche.
-
L’intelligentsia militaire US conteste la politique héritée de
l’ère Bush de confrontation avec la Russie. Elle demande une
collaboration en Syrie et en Ukraine aussi bien qu’une reprise en
main des alliés que sont sensés être la Turquie, l’Arabie
saoudite et le Qatar.
-
Pour les officiers supérieurs US (1) il faut soutenir le président
el-Assad qui doit vaincre et rester au pouvoir ; (2) il faut agir
avec la Russie contre Daesh ; (3) il faut sanctionner la Turquie qui
ne se comporte pas en allié, mais en ennemi ; (4) enfin il faut
arrêter d’imaginer qu’il existerait des rebelles syriens modérés
et de se cacher derrière ce fantasme pour laisser la CIA soutenir
les terroristes.
Il
est cependant certain que le processus de paix est fragile, et que
les impérialistes de tout bord feront tout pour le saboter, d’autant
que le chaudron ukrainien reste actif.
suite ------------------------------------------------------------------------------
Certes,
la cour maintient la nécessité de « protéger le pouvoir
judiciaire contre des attaques gratuites et non fondées qui
pourraient n’être motivées que par la volonté d’une stratégie
de déplacer le débat judiciaire sur le terrain strictement
médiatique ou d’en découdre avec les magistrats en charge de
l’affaire ». La cour ne se rallie pas non plus aux arguments du
Conseil des barreaux européens qui souhaitait que la liberté
d’expression des avocats soit calquée sur celle des journalistes.
L’avocat ne saurait être assimilé à un journaliste car « leurs
places et leurs missions respectives dans le débat judiciaire sont
intrinsèquement différentes » : le journaliste est un témoin
extérieur chargé d’informer le public tandis que l’avocat est
acteur impliqué et au service de son client.
Il
reste que la liberté d’expression de l’avocat est une condition
de l’indépendance de la profession d’avocat et du fonctionnement
équitable de la justice.
Ce
n’est qu’exceptionnellement qu’une limite peut passer pour
nécessaire : la cour rappelle les efforts des autorités européennes
(Recommandation 1814 du conseil de l’Europe en 2007) pour aller
vers une dépénalisation progressive du délit de diffamation. Elle
note l’effet dissuasif pour la liberté d’expression d’une
sanction pénale même modérée ; elle considère qu’en l’espèce,
la sanction n’était pas modérée et regrette que la qualité
d’avocat de Me Morice ait servi de base à une aggravation des
sanctions.
En
conclusion, la grande chambre de la CEDH, dans cet arrêt rendu à
l’unanimité par 17 juges, décèle dans la condamnation pénale de
Me Morice une ingérence disproportionnée dans son droit
d’expression, ingérence qui n’était pas nécessaire dans une
société démocratique. Les sommes allouées à l’avocat de notre
collègue Elisabeth Borrel démontrent s’il en était besoin
l’ampleur de l’atteinte portée à ses droits.
Donc,
vraiment pas un havre de la liberté d’expression, la France. Cela
est d’autant plus choquant que la raison d’État continue de planer
sur l’affaire, et que les juges auraient été beaucoup mieux
inspirés de con,damner leurs collègues impliqués dans les
manipulations destinées à enterrer l’enquête.