Ce
n’est pas l’Eglise qui rabaissait la femme mais bien le type de
société dans lequel vivaient les populations au Moyen âge.
Trouvez
moi dans les propos de Jésus ou dans les Evangiles des citations
visant au rabaissement de la femme .
Les
évangiles je ne sais plus, mais dans les Épitres (part intégrante
du Nouveau Testament) au minimum, oui. Et l’Ancien Testament,
toujours partie des textes de référence souvenons-nous en, oui,
certainement. La religion chrétienne a donc bien contribué à
aggraver la condition des femmes. N’oublions pas aussi le rôle
modèle en la matière de l’Église catholique, qui interdisait toute
prêtrise aux femmes (c. a. d. toute fonction de cadre).
Quant
à la question de la nature patriarcale des sociétés et autres dans
lesquelles vivaient les chrétiens, elle est indiscutable ; sinon,
les femmes pouvaient y exercer une influence sur la politique, oui,
en tant que courtisane, comme dans toute société patriarcale.
L’existence de rôles de modèles ne doit pas non plus faire
illusion, de telles présences, y compris de figures religieuses,
existent dans bien des société patriarcales (y compris chez celle
des scythes, ultra-machiste s’il en était).
Mais
ce que votre message montre, c’est une très grande partialité. Car
la même chose pourrait être dite du traitement des femmes dans les
pays musulmans, qui s’explique largement par leur caractère
patriarcal pré-existant. Le cloîtrage des femmes n’existe pas dans
le Coran, ni les burqas, ni même le simple voile.
Pour
le côté politique, ce que vous dîtes est faux. L’Église
catholique qui faisait de la haute politique, qu’est-ce que cela veut
dire ? Cela signifiait qu’elle contrôlait toutes les destinées des
monarchies européennes, qui devaient obtenir son imprimatur pour
gagner leur
légitimité.
Ce sont bien les souverains qui ont essayé de gagner leur autonomie
vis-à-vis d’elle, avec plus ou moins de succès avec le temps. Dans
le cas de ses relations avec les empereurs romains, en fait, en 718,
Rome, c’est à dire la papauté, a rompu ses liens avec l’Empire de
Constantinople en raison des conflits d’influence avec lui pour
contrôler la chrétienté, elle voulait nommer son propre empereur
(ce qui sera fait avec Charlemagne) ; c’est d’ailleurs à cette
époque qu’a eu lieu la vraie séparation au sein de l’Empire romain.
Cela a été une étape importante du chemin vers le schisme de 1066,
on voit qu’il n’y avait là aucune séparation entre temporel et
religieux. Quand la papauté fait sécession, c’est Rome qui fait
sécession avec son territoire.
De
façon générale, le christianisme est politique par nature, le
simple fait de vouloir répandre la bonne nouvelle de l’arrivée de
Jésus et de l’existence de son Père est en soi tout un programme
social et politique ; il ne s’arrête que lorsque le dernier humain
sur Terre est converti et suit les préceptes de Dieu, le
christianisme est par nature totalitaire comme l’islam ; en fait,
Jésus dans les Évangiles appelle au règne de Dieu sur Terre, qui
va arriver bientôt. La fameuse maxime « rendez à César ce qui est
à César et à Dieu ce qui est à Dieu » est interprétée d’une
façon erronée, elle signifie simplement que les pouvoirs des deux
ne sont pas du même ordre, et que seul celui de Dieu compte, celui
de César n’étant que subordonné et destiné à prendre fin (et
rapidement pour les chrétiens des origines). C’est une aberration de
vouloir dire que les deux sont égaux ou équivalents.
En
bref, de par sa prétention de détenir la vérité ultime sur le
monde, le christianisme ne peut être que totalisant et par là
totalitaire, et submerge inévitablement le pouvoir. Que le royaume
de Dieu ne soit pas arrivé comme prédit n’a pas empêché les
chrétiens de vouloir continuer à s’en revendiquer, on sait que
l’échec d’une prophétie ne condamne pas la foi qui se base sur elle
; voir à ce sujet les enseignements du livre L’échec d’une
prophétie (When prophecy fails), relatant une expérience
au sein d’une secte apocalyptique, dont l’échec d’une prédiction de
fin du monde n’avait entraîné la fin.
L’islam
n’a fait que s’inscrire dans sa tradition, se voulant son
prolongement, corrigeant le message de Jésus déformé par ses
disciples.
@César
Castique :
Comme
je le disais, l’islam était en très bonne voie de soumission dans
la deuxième moitié du 20ème siècle, si on excepte les monarchies
rétrogrades du Golfe. Ce ne sont que les manipulations destinées à
promouvoir le choc des civilisations, affaiblissant les régimes
séculiers et faisant monter la colère contre l’Occident, qui ont
enrayé le processus. Tant qu’on continuera d’essayer de dresser les
arabes et les musulmans contre les occidentaux, alors cette dérive
vers l’intégrisme continuera. C’est tout.
C’est
la religion chrétienne qui est à la base, à l’origine, au
fondement des sociétés occidentale. C’est grâce à elle que nous
sommes devenus ce que nous sommes et que les pays musulmans sont
restés ce qu’ils sont !
En
fait, non, les origines profondes de l’Europe sont polythéistes. Les
sociétés occidentales se sont développées quand elles ont
redécouvert leurs racines antiques. La christianisation avait elle
été synonyme d’entrée dans l’Âge des ténèbres, puis de
stagnation sur plus d’un millénaire.
Quant
à ce que nous sommes aujourd’hui... La seule civilisation qui ait
conquis tout la planète et l’ait maltraitée à un tel point, qu’il
s’agisse des populations humaines et de la nature. Celle qui est à
l’origine du sous-développement et du Tiers-Monde, celle qui a
répandu son impérialisme partout, mis en place des régimes
corrompus à sa botte etc... Et il est vain de rappeler l’existence
d’un impérialisme musulman vieux de plus d’un millénaire. Là il
s’agit d’un impérialisme récent et toujours existant, et sans
équivalent dans le monde.
Régulièrement
ressortent, avec une bonne dose de mauvaise foi, les discours selon
lesquels islam et christianisme seraient irréductiblement distincts
en ce que l’un serait fermé et voué à dominer le politique, et le
deuxième ouvert à la laïcité. Rien n’est plus faux ; les deux, par
leur nature même, entendent de la même façon régenter le domaine
de la croyance humaine de façon exclusiviste, et de là investir le
domaine politique. Pour reprendre certaines de ces fausses
distinctions établies ici :
Le
christianisme n’a jamais rabaissé les femmes ? Bien sûr que si !
S’il ne les a peut-être pas cloîtrées (encore faut-il vérifier
que ce ne soit jamais arrivé), il les a bien reléguées au fond de
l’ordre social.
Ce
sont les rois qui ont fait du christianisme une religion politique
voulant s’immiscer partout en l’imposant dans des objectifs de
pouvoir personnel ? Non, pas du tout, ce sont les Pères de l’Église
eux-mêmes, ce sont eux qui en ont fait la religion unique (avec la
seule tolérance des juifs, une tolérance très légère), ce sont
eux qui édictaient les principes moraux auxquels devaient se
soumettre la société, ce sont eux qui ont fourni les cadres de la
société civile en Occident au sortir de l’Empire romain ; dans de
nombreuses régions d’Europe, l’évêque était la seule puissance
temporelle.
La
lutte des souverains chrétiens, même très religieux, contre les
ecclésiastiques afin de conserver leur sphère de pouvoir,
n’a-t’elle pas quand même constitué une différence fondamentale
avec la situation en pays musulmans ? Non, en Islam aussi l’État,
aussi religieux était-il, a toujours essayé de se distinguer de
« l’Église », c’est-à-dire en pays sunnite des imams, avec
qui il était en conflit de légitimité, et qu’il essayait de
soumettre à sa volonté.
La
notion d’Oumma, pas plus que la pratique de l’existence de nombreux
États rivaux, ne distinguent davantage islam et christianisme. D’un
côté on avait une Église orthodoxe-catholique, puis une Église
catholique romaine et plusieurs orthodoxes, qui prônait l’unité de
la communauté des croyants par delà les souverains variés
auxquels ils étaient soumis. De l’autre, la réalité du Dar
el-Islam, par-delà le discours de cette oumma mythique et des
prétentions des différents « caliphes », a toujours été
pareillement une mosaïque d’États divers, et souvent rivaux !
Donc
non, il n’y a pas de différence, ni dans la façon d’appréhender le
monde ni dans la tradition historique, entre christianisme et islam.
Les pays musulmans, si on excepte les pays moyennâgeux comme
l’Arabie Séoudite, en sont en fait à la situation où les pays
européens en étaient vers la fin du XIXème siècle. Ce n’est pas
en en faisant nos ennemis, ni en donnant une influence démesurée
aux plus rétrogrades d’entre eux en raison de leur argent, qu’on
leur permettra de devenir vraiment modernes. Voyez l’exemple de la
Syrie, pays vraiment séculier, que les occidentaux se sont ingéniés
à détruire, tandis qu’ils léchaient les bottes des Séoudiens et
qatariens.
Ce
qui m’étonne beaucoup, c’est que Chesnot et Malbrunot reconnaissent
dans leur livre que des tireurs avaient infiltré les premières
manifestations de 2011 afin de les faire dégénérer en
affrontements avec les forces de l’ordre. Cela revient à reconnaître
que les réinformateurs sur la crise syrienne avaient raison.
Au
sujet de l’attentat du 29 novembre 1981 à Damas, cela fait longtemps
que j’en cherchais confirmation tant de son existence que de celle de
ces accusations contre la France. L’affaire paraissant avoir été
occultée en France.
L’affaire a beau n’en être qu’à ses débuts, il est déjà scandaleux que les autorités universitaires et le procureur d’Avignon aient vu là matière à poursuites. Il y a vraiment des progrès à faire en France. Sinon, voir aussi cet autre article, où j’ai posté une autre condamnation de la France en matière de liberté d’expression, là encore en lien avec l’affaire Borrel : http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-cour-europeenne-des-droits-de-l-138929