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Une chose me saute immédiatement à l’esprit en la circonstance : les vidéos des attaques chimiques en Syrie, qui comportaient des erreurs grossières. La plus énorme étant que vue leur heure de chargement, il ressortait de façon incontestable qu’elles avaient été filmées à l’avance. On pouvait toujours se dire que personne en ferait une telle erreur, mais ce type de raisonnement ne mène à rien, puisqu’en l’occurence il est indiscutable que c’est ce qui s’est passé. On peut trouver diverses explications, excès d’enthousiasme mêlé à de l’arrogance, l’arrogance de personnes qui se pensent intouchables. Jusqu’au point de croire qu’elles n’ont même plus besoin de faire du bon travail, puisque même les manipulations les plus grossières ne seront pas dénoncées et passeront comme une lettre à la poste. Non sans raison, puisque les médias et gouvernements occidentaux se sont contentés de les reprendre sans noter aucune de ces grosses contradictions. Alors, pourquoi feraient-ils des efforts plus soignés ?
Bon, maintenant, le temps passe, et il devient possible de se pencher avec du recul sur ce qui s’est passé, et notamment sur l’état d’avancement des frappes US contre les djihadistes et ce qu’ils peuvent nous révéler des intentions réelles des états-uniens. Manifestement, ils font traîner les choses, et l’aide à l’Irak ne fait pas partie de leurs vraies intentions.
Une déclaration largement passée sous silence de John Kerry renforce cette impression :
http://www.voltairenet.org/article184494.html
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Comme prévu, les États-Unis ont confirmé qu’ils n’interviendront pas avec des troupes au sol et menacent les États qui viendraient en aide au gouvernement fédéral irakien de Nouri al-Maliki. Ainsi, lorsque ce dernier a remercié la Syrie d’être entrée en territoire irakien pour y bombarder des colonnes de l’ÉIIL, John Kerry a froncé les sourcils : « Nous avons clairement indiqué à tous les acteurs dans la région que nous n’avons pas besoin qu’il se produise quelque chose venant exacerber les tensions sectaires qui sont déjà très élevées » [5].
[5] “Kerry issues warning after Syria bombs Iraq”, par Hamza Hendawi et Lara Jakes, Associated Press, 25 juin 2014.*
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nous n’avons pas besoin qu’il se produise quelque chose venant exacerber les tensions sectaires qui sont déjà très élevées, et donc il ne faut surtout rien faire pour aider l’Irak à se défendre, manifestement Kerry a un sens de l’humour très développé. De toute évidence, soutenir l’Irak n’a jamais été la priorité.
* http://bigstory.ap.org/article/iraq-militants-launch-fresh-raid-oil-refinery
machiavel1983, voici une nouvelle qui semble illustrer que tout ça n’est en effet que poudre aux yeux. Question à 1000 francs : ce énième revirement est-il destiné à simplifier ou complexifier les choses d’un point de vue médiatique ^^ ?
http://www.romandie.com/news/AlQaida-et-lEIIL-fusionnent-a-la-frontiere-syroirakienne/491298.rom
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Al-Qaïda et l’EIIL fusionnent à la frontière syro-irakienne
Beyrouth - Les deux frères ennemis, l’État islamique d’Irak et du Levant (EIIL) et le Front al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaïda, ont décidé de fusionner à Boukamal, la principale localité frontalière entre la Syrie et l’Irak, a indiqué mercredi une ONG.
Le Front al-Nosra a prêté allégeance à l’EIIL dans la nuit de mardi à mercredi permettant à ce dernier d’être désormais des deux côtés de la frontière puisqu’il contrôle déjà la localité irakienne d’Al-Qaïm en Irak, selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme (OSDH).
Cet acte d’allégeance survient alors que l’EIIL progresse dans la province de Deir Ezzor, dont fait partie Boukamal, dans l’Est de la Syrie sur la frontière avec l’Irak, a précisé cette organisation.
Un jihadiste de l’EIIL a confirmé l’information sur Twitter et a posté une photo montrant un commandant égyptien du Front al-Nosra avec un chef tchétchène de l’EIIL.
Issues toutes des deux d’Al-Qaïda en Irak, les deux organisations sont devenues rivales en Syrie et se combattent.
Ils sont rivaux mais ce sont tous les deux des jihadistes et des extrémistes. Cette allégeance créera des tensions avec les autres groupes rebelles, y compris les islamistes, qui contrôlaient la ville et ses environs, a précisé le directeur de l’OSDH Rami Abdel Rahmane.
Un militant à Boukamal, qui utilise pour des raisons de securité le pseudonyme de Hadi Salamé, a affirmé à l’AFP, via internet, que la tension est vive dans la localité et la situation va empirer car cette fusion causera de graves problèmes avec les tribus locales qui ne vont pas accepter ces changements, car elles sont hostiles à l’EIIL.
Un autre militant, Abdel Salam al-Hussein, a expliqué que cette fusion est intervenue après une déclaration des chefs de brigades islamistes locales excluant le Front al-Nosra du tribunal islamique, qui exerce de facto le véritable pouvoir dans beaucoup de régions rebelles.
L’allégeance (à l’EIIL) est survenue dans un climat de tension entre Al-Qaïda et les rebelles locaux, a-t-il dit.
En avril, le Front al-Nosra allié aux rebelles islamistes avait repoussé une attaque de l’EIIL sur cette ville, faisant une centaine de morts.
Excédés par les
exactions attribuées à l’EIIL et sa volonté d’hégémonie, les
rebelles islamistes et modérés et le Front al-Nosra avaient
retourné début janvier leurs armes contre leurs ex-alliés dans le
combat contre le régime de Bachar al-Assad, dans les zones sous leur
contrôle.
L’EIIL contrôle la
province de Raqa (Nord) ainsi que des parties de celles de Hassaka
(nord-est) et Deir Ezzor (Est).
Dans le Nord et l’Est de
la Syrie, plus de 6.000 personnes ont été tuées dans ces
affrontements depuis janvier, selon l’OSDH.
Le chef d’Al-Qaïda Ayman al-Zawahiri avait déclaré le Front al-Nosra comme la branche officielle d’Al-Qaïda en Syrie, désavouant clairement l’EIIL, qui voulait s’imposer comme le représentant du réseau extrémiste à la fois en Irak et en Syrie.
(©AFP / 25 juin 2014 12h03)
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Mais dans aucun lien que
vous avez mit, il a été démontré que les américains ont entrainé
directement l’EIIL.
Il est dit que certains membres de ‘lEIIL sont passé par des camps d’entrainement avec des instructeurs américains , c’ est vrai mais c’ est aussi le cas pour des instructeurs Syriens , Irakiens etc.
Si vous déduisez qu’à cause de cela l’EIIL est sous les ordres des américains, pourquoi ne pas déduire qu’ ils sont sous les ordres du régime Assad ? Ca n’a pas de sens …
Vous donnez là dans la même stratégie de confusionnisme : les membres de l’EIIL ont bien été entraînés par les occidentaux en tant que tels, quand l’EIIL existait déjà. On se fiche de ce que certains l’ont été par des syriens et irakiens il y a dix, vingt ou trente ans, ça c’était dans le cadre de l’armée syrienne ou irakienne, pas dnas le cadre de la formation d’un groupe rebelle islamiste, et de toute façon ils sont maintenant devenus leurs ennemis. Donc, non, il n’y a pas de symétrie entre les accusations de soutien occidental et de soutien syrien ou irakien.
-D’abord, l’EIIL est issu directement d’Al Qaïda en Syrie
Ca c’est faux, l’EIIL est issus d’Al Qaïda en Irak ( et ils y ont combattu les troupes américaines ) et aujourd’hui ils combattent militairement Al Qaïda en Syrie , ça c’ est un fait .
Il s’agissait là d’une malheureuse erreur de frappe de ma part, qui changeait en effet tout le sens de ma phrase. Il est vrai que le lien donné la corrigeait, mais pour préciser : Daech est en effet une composante d’Al Qaïda en Irak, appendice notoire des Séoudiens, de la CIA et de leurs alliés (qui l’avaient amené en Irak afin de semer le chaos et de briser la résistance irakienne unifiée chiite-sunnite du début, peu importe si au passage ils tuaient des soldats étatsuniens), et le Front Al-Nosra en est une dissidence (d’obédience qatarienne).
Concernant le réseaux voltaire et sa propagande, cela fait un certain temps que je ne les prends plus aux mots , je les ai vu faire de vulgaire manipulation de faits dans certains de leurs articles.
Ils font parfois des erreurs, mais ce n’est rien par rapport aux montagnes d’inexactitudes et de mensonges délibérés des médias occidentaux. En tout cas, au Proche-Orient, les choses se passent à peu près comme ils l’annoncent (l’exemple de la Syrie est à cet égard édifiant).
Pour le reste, les raisons des affrontements supposés entre groupes djihadistes, on en a données de plausibles, déterminer exactement lesquelles, ce n’est pas très important. J’écris supposés car on ne sait même pas dans quel mesure ils sont vrais, la presse occidentale dit souvent n’importe quoi à dessein. Ce qui est évident, c’est que Daech n’est pas autonome, il crève les yeux qu’ils ne pouvaient pas progresser ainsi en Irak sans une aide extérieure massive, forcément du côté des pro-occidentaux et/ou occidentaux (et pas la peine de me ressortir toutes ces explications bien trop légères selon lesquelles l’Irak est divisé et n’est pas une nation, que son armée n’est pas motivée etc...). Ils auraient du être écrasés en un rien de temps. J’avais employé des formulations de prudence, mais elles ne sont en réalité pas de mise en l’espèce : cette histoire de groupe amateur et isolé qui met en fuite une armée régulière, bien équipée et beaucoup plus nombreuse qui plus est (et certainement motivée à combattre des djihadistes sunnites car sans doute composée principalement de chiites), ça ne tient tout simplement pas debout. Déjà, s’ils étaient vraiment ennemis de Al Nosra et de l’armée de l’Islam, et isolés, ils n’auraient pas tenu le coup, ces deux groupes étant soutenus de l’extérieur et fournis à foison en finances et en armes. Donc tout le reste au sujet de ces guerres entre groupes rivaux, c’est de la poudre aux yeux.
Une autre information au sujet des tergiversations turques (et où on voit encore que l’EIIL est directement soutenu par les pro-occidentaux, même si en l’occurence les turcs pourraient avoir été doublés par leurs alliés) :
L’opposition
turque affirme détenir un document prouvant le soutien du
gouvernement Erdogan aux groupes djihadistes présents en Syrie. Des
accusations qui fragilisent le pouvoir turc, alors que 80
ressortissants sont retenus par l’EIIL en Irak.
Des députés du
principal parti d’opposition turc, le Parti républicain du peuple
(CHP), ont demandé des explications au gouvernement de Recep Tayyip
Erdogan à propos du soutien supposé des autorités aux
organisations djihadistes impliquées dans le conflit syrien,
rapporte le quotidien turc « Hurriyet » dans son édition du
17 juin. Alors que le consul de Mossoul et 79 autres Turcs résidant
dans la ville du nord de l’Irak sont otages de l’État islamique
en Irak et au Levant (EIIL) depuis le 11 juin, ces nouvelles
révélations ajoutent à l’embarras du pouvoir turc.
Ce n’est pas la
première fois que le gouvernement d’Erdogan est accusé d’aider
les djihadistes en Syrie. Mais cette fois-ci, l’opposition affirme
détenir des preuves de ces liens. Ihsan Özkes, le député
d’Istanbul, a récemment déclaré être en possession d’une
circulaire envoyée par l’ancien ministre de l’Intérieur au
gouverneur de la région d’Hatay, frontalière avec la Syrie. Le
document demanderait ouvertement aux autorités locales d’aider les
combattants du Front al-Nosra, l’un des deux principaux groupes
djihadistes présents en Syrie, avec l’EIIL.
“La province
d’Hatay a une importance stratégique concernant le franchissement
de la frontière entre notre pays et la Syrie. Le soutien logistique
aux groupes islamiques, leur entraînement et la prise en charge des
blessés seront principalement assurés à partir de cette région.
L’Organisation nationale du renseignement (MIT) et les autres
institutions concernées ont été chargées de ces missions“,
stipule cette circulaire, d’après Ihsan Özkes.
Des combattants
d’Al-Nosra contre le PKK
Le député
d’Istanbul accuse, par ailleurs, le ministère des Affaires
religieuses d’avoir remis de l’argent collecté pour des œuvres
de charité aux combattants djihadistes, et d’avoir autorisé des
membres d’Al-Nosra à utiliser des dortoirs du ministère, toujours
dans la région d’Hatay.
Le document révèle
également, selon Ihsan Özkes, comment les services de renseignement
turcs ont utilisé des membres d’Al-Nosra pour combattre le Parti
de l’Union démocratique (PYD), le parti kurde syrien affilié au
PKK.
En plus de la
circulaire incriminée, le Parti républicain du peuple (CHP)
présente un autre élément à charge : une photo d’un homme sur
un lit d’hôpital. D’après le parti d’opposition, il s’agit
d’Abou Mohammed, un commandant de l’EIIL, soigné à l’hôpital
public d’Hatay après avoir été blessé dans des combats à
Idlib, en Syrie. L’image, qui serait datée du 16 avril, a
largement circulé sur Internet le 9 juin dernier, lors de la prise
de Mossoul par l’EIIL. Le chef du groupe parlementaire du CHP,
Muharrem İnce, a exigé des explications des autorités à propos de
ce cliché.
"Si nous nous
taisons maintenant, c’est pour laisser le gouvernement travailler
et empêcher tout dommage pour notre peuple, notre drapeau et notre
pays. Mais nous allons parler de la situation dans laquelle les
mauvaises politiques ont entraîné notre pays, et du genre de
problèmes que nous créent tous ceux que ces politiques ont nourris,
soignés et aidés" a déclaré Muharrem İnce le 12 juin
dernier devant le Parlement turc, à Ankara.
Black-out
médiatique sur les otages de Mossoul
Le gouvernement
d’Erdogan se retrouve donc dans une position délicate, alors que
80 Turcs, enlevés à Mossoul, sont retenus en otages par l’EIIL en
Irak, et qu’Ankara a évacué mardi son consulat à Bassora, dans
le sud du pays. Signe de la fébrilité du pouvoir dans cette
affaire, une décision de justice a interdit aux médias turcs, mardi
17 juin, de rapporter la moindre information sur la prise d’otages.
Seules les autorités sont désormais autorisées à s’exprimer sur
le sujet.
Cet enlèvement a
encore ravivé la polémique sur les liens entre le gouvernement turc
et les groupes djihadistes. En janvier, une enquête menée par des
journalistes des quotidiens « Hurriyet » et « Radikal »
avait déjà démontré l’implication des services de renseignement
dans l’acheminement d’armes aux rebelles syriens, dont certains
groupes extrémistes.
Mais le régime d’Ankara continue de nier toute aide à ces groupes, même si la position anti-Assad du gouvernement Erdogan ne fait de doute pour personne. Avec la prise d’otages de Mossoul, les autorités turques se retrouvent brutalement confrontées à leurs contradictions sur le dossier syrien.
Première publication : 17/06/2014
La cause est entendue, et il faut être de mauvaise foi pour ne pas le reconnaître. Après, peut-on répondre à la question de savoir s’ils sont toujours sous leur contrôle, ou s’ils leur ont échappé après qu’ils aient échoué à détruire la Syrie ? Certainement, leurs sponsors peuvent voir un intérêt à un affaiblissement de l’Irak. Non, Daech ne s’attaque pas à des alliés des occidentaux et des pétromonarchies. Il faut voir que les monarchies du Golfe considèrent toujours l’Irak comme un adversaire, un membre du « Croissant chiite », et elles lui en veulent d’avoir laissé passer l’aide irannienne à la Syrie. Les occidentaux peuvent penser la même chose, sans oublier qu’ils peuvent trouver intérêt à avoir une zone d’instabilité succeptible de générer les menaces justifiant une politique sécuritaire (en bref, ils pourraient chercher un remplaçant à Al Qaïda pour commettre de nouvelles attaques sous faux drapeau).
Les mobiles potentiels sont là. Certes, ça ne veut pas forcément dire que l’offensive de Daech est soutenue par ses anciens sponsors, ou certains d’entre eux. Mais divers éléments laissent fortement penser que oui. Notamment, la vitesse avec laquelle une simple armée djihadiste peu nombreuse, sensée mal équipée, mal entraînée et dirigée par des commandants qui n’ont rien de grands stratèges, a pu progresser contre une armée régulière laisse béat.
Là, l’argument selon laquelle l’armée irakienne est peu motivée en raisons des dissensions communautaires entretenues par un gouvernement sectaire et mal commandée me paraît bien insuffisant. Après tout, l’EIIL souffre de défauts aussi graves. Certes, Nouri Al-Maliki n’est pas Bachar Al-Assad, qui a su unifier son pays contre l’agression extérieure en pratiquant une politique inter-communtaire, ouverte à tous les syriens. Au contraire, Al-Maliki a ouvertement favorisé les arabes chiites et délaissé les sunnites. Mais cela ne peut suffire à expliquer le détricotage si rapide de tant de grandes unités irakiennes. Certainement, il se passe autre chose. Daech est fournie en armes lourdes et bénéficie d’appui logistique, toutes choses qui ne sont pas à sa portée. Cette observation est capitale :
http://www.voltairenet.org/article184365.html
• Le gouverneur de la province de Ninive, Assir al-Noujaïfi, a accueilli les jihadistes, donné l’ordre à l’armée de se disperser et appelé la population à se soumettre.
Au début du mois, Assir al-Noujaïfi se trouvait en Turquie. Il y a été reçu personnellement par le Premier ministre, Recep Tayyip Erdoğan, et par le chef du MIT (services secrets), Hakan Fidan.
La corruption semble le seul moyen par lequel ce résultat a pu être obtenu. Ces moyens et cette influence ne sont pas à la portée de Daech. Les turcs semblent avoir joué un grand rôle, manifestement pour le compte de leurs alliés. Qui peut croire aussi que les USA, avec leurs satellites, n’ont rien vu venir ? L’Irak apparaît bien comme la cible d’une vaste offensive extérieure, comme l’a été la Syrie.
Au moins du côté turc, les choses pourraient cependant commencer à changer :
http://www.voltairenet.org/article184319.html
L’armée turque a t-elle changé de stratégie ?
Réseau Voltaire | 16 juin 2014
L’Armée arabe
syrienne a repris la ville de Kassab qui était occupée par des
mercenaires du Front Al-Nosra (Al-Qaïda) et de l’Armée de l’islam
(pro-Saoudien).
Les jihadistes, qui
étaient entrés en Syrie accompagnés par l’armée turque [1], ont
été —pour la première fois en trois ans— empêchés de se
replier en Turquie par la même armée turque qui a fermé sa
frontière. Ils se sont donc dispersés dans la campagne avoisinant
Idleb.
Tout semble indiquer
que l’armée turque a changé de stratégie et a cessé son soutien
aux Contras après la percée de l’Émirat islamique d’Irak et du
Levant (ÉIIL) en Irak. Une victoire des mercenaires en Irak
déboucherait sur la partition du pays en trois États indépendants
dont un Kurdistan appelé à s’étendre sur la Turquie actuelle.
Contradiction avec ce qui
précède ? Pas forcément. Il y aurait juste évolution de la
position turque, car ils se seraient rendus compte de certaines
choses :
http://www.voltairenet.org/article184270.html
Plus grave, lors de
la prise de Mossoul, l’ÉIIL a fait prisonniers 15 diplomates turcs
et leurs familles ainsi que de 20 membres des forces spéciales
turques à leur consulat, provoquant la colère d’Ankara. L’ÉIIL
avait également arrêté des chauffeurs de poids lourds qui ont été
relâchés ultérieurement. La Turquie, qui a assuré la logistique
de l’attaque de l’ÉIIL, se sent trahie sans que l’on sache
pour le moment si elle l’a été par Washington, Riyad, Paris ou
Tel-Aviv. Cette affaire n’est pas sans rappeler l’arrestation, le
4 juillet 2003, de 11 membres des forces spéciales turques par
l’armée états-unienne à Souleimanieh (Irak) popularisée par le
film La vallée des loups Irak [5]. Cet épisode avait provoqué la
plus importante crise des soixante dernières années entre les deux
pays.
L’hypothèse la
plus probable est qu’Ankara ne prévoyait pas de participer à une
offensive aussi large et a découvert en cours de route que
Washington programmait de réaliser la création du Kurdistan qu’il
avait échouée en 2003. Or, toujours selon la carte publiée en
2006, celui-ci doit inclure une partie de la Turquie, les États-Unis
ayant prévu de disséquer non seulement leurs ennemis, mais aussi
leurs alliés. L’arrestation des diplomates et forces spéciales
turcs serait un moyen d’empêcher Ankara de saboter l’opération.
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