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Le titre de l’article est complètement abusif, l’article lui-même tombe dans la tactique facile du bouc émissaire avec Valérie Trierweiler. Qu’elle soit maladivement jalouse, on s’en doutait après l’affaire du twitt sur Ségolène Royal. Là, elle le confirme sans ambage. Dont acte. Cela veut donc dire qu’elle n’avait rien à faire à la place de femme du président. Je ne regrette donc en rien qu’elle ait quitté cette position. Mais ce n’est pas elle qui ternit l’image de la France ; car François Hollande le fait très bien tout seul. Ce que certains reprochent à Trierweiler, ce n’est pas tant d’être une ancienne compagne indigne ou de révéler des secrets d’alcove par bassesse, même si effectivement elle ne manque pas de bassesse.
Ce qu’ils lui reprochent vraiment, c’est bien de révéler un Hollande retors, manipulateur, froid, hautain, méprisant, un homme politique qui ne fait pas de sentiment ; un politicien tout à fait typique, quoi. Auquel le qualificatif de psychopathe peut s’appliquer. Ce dont on pouvait facilement se douter en suivant sa politique, notamment sur la Syrie. En bref, il y avait au moins un point sur lequel il n’avait pas menti : il est bien un président normal, comme les autres. Nombre de ses soutiens ne veulent simplement pas voir les choses en face.Hélas, les tenants de la politique traditionelle continuent à s’aveugler, et ne pas voir leurs dirigeants pour ce qu’ils sont.
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PARTIE 5 : la dissonance cognitive
En répondant à la question posée par le titre de cet essai, le chapitre du mois dernier, la partie 4, a abordé le problème de la « double pensée » (ou avis divergents), inventé par George Orwell. Le concept de « double pensée » ne fait pas partie du vocabulaire de la psychologie occidentale, mais il s’agit néanmoins d’une stratégie défensive, par laquelle nous faisons cohabiter dans notre esprit deux croyances contradictoires en même temps, et utilisons l’une ou l’autre, en fonction de la situation, un peu comme un caméléon qui change de couleur pour rester en conformité avec son environnement.
Nous continuons l’analyse de Mme Shure dans la partie 5 avec les mécanismes de défense de déni et de la dissonance cognitive.
« J’avoue que je résiste fortement à n’importe qui altérant ma vision du monde », a déclaré une amie lorsqu’elle se précipita hors de la chambre que nous occupions toutes les deux.
Je n’ai pas eu l’occasion de reconnaître son honnêteté à l’époque. Lorsque je l’ai reçue des semaines plus tard, elle n’avait aucun souvenir d’avoir fait de telles déclarations. Les gens qui sont réfractaires à l’évaluation des preuves sur le 9/11 oublient souvent qu’ils ont fait des déclarations honnêtes comme celles-ci, même après quelques minutes. Je crois que cet oubli témoigne de la profondeur de leur résistance, et de la force de leurs mécanismes de défense, quand il s’agit d’aborder le 9/11.
Une personne pleine d’imagination m’avait dit : « Je peux imaginer tant d’autres explications pour ces événements du 11 Septembre. » Cette diversion défensive face aux preuves était une tentative de démontrer son intelligence et de minimiser ce qu’elle avait entendu de ma part, mais il ne s’agissait pas d’une véritable enquête .
Une bonne amie m’avait dit : « Vous ne pouvez pas attendre de quelqu’un qu’il écoute des informations qui mettent son monde sans dessus dessous. » Cinq minutes plus tard, je lui ai demandé de répéter ce qu’elle avait dit, mais elle ne pouvait se rappeler ses paroles et elle a perdu le fil de la conversation.
Et enfin, une déclaration plus révélatrice a été rapportée par Richard Gage, AIA (American Institute of Architects), dans l’introduction de la partie « Chercher à comprendre » du film « 9/11 : les preuves explosives – les experts se prononcent » : « Je ne voudrais pas croire ça même si c’était vrai ! »
Lorsque nous sommes confrontés à une information qu’il n’est pas évident d’accepter, nous rejetons purement et simplement cette information ou nous minimisons son importance. Ce mécanisme de défense psychologique est connu sous l’appellation de déni.
Nous avons recours au déni afin d’éviter la dissonance cognitive, ce sentiment inconfortable et parfois inquiétant de perdre notre équilibre émotionnel lorsque nous sommes confrontés à de nouvelles informations qui ne cadrent pas avec notre vision du monde, ou lorsque nous sommes accrochés à des croyances qui sont en contradiction avec les faits connus. Le malaise nous incite soit à changer notre comportement, à changer notre connaissance, soit à justifier notre comportement en acquérant une connaissance secondaire. Cette dynamique est le fait de nous tous. [1]
La locution « dissonance cognitive » a été inventée par le psychologue social Leon Festinger et ses collègues. [2] Festinger avait infiltré un petit groupe de personnes vouant un culte aux OVNI, [3] dirigée par une femme au foyer de Chicago, Dorothy Martin, qui avait expérimenté l’écriture automatique ou « channeling ». Pour protéger sa vie privée, l’étude lui a donné le pseudonyme de « Marion Keech. » Les membres de ce groupe étaient informés par le biais de l’écriture automatique de Keech que la fin du monde surviendrait par inondation le 21 Décembre 1954. Cependant, selon le « channeling » [reçu par Keech], ce petit groupe de croyants serait sauvé de cette apocalypse à un moment précis par des aliens venant d’une planète nommée « Clarion », à bord d’une soucoupe volante.
http://img4.hostingpics.net/pics/410905LeonFestfinger.jpg
Leon Festinger
Le psychologue social Festinger avait prédit avec précision le comportement de ce groupe quand les extraterrestres ne se sont pas présentés comme annoncé. Lorsque à l’heure prévue n’y avait aucun signe des aliens, la dissonance cognitive (la tension, la peur) créé par la croyance mise à mal (comme un mythe sacré pour ce petit groupe) a été résolue par un autre message automatique de Keech, disant que Dieu avait épargné la Terre de la destruction en raison de la lumière transmise par ce petit groupe de vrais croyants. Ainsi, une connaissance secondaire a été créé pour atténuer la dissonance cognitive provoquée par la prédiction qui ne s’était pas vérifiée. Comme Festinger et ses collègues l’ont prédit, le groupe s’est lancé dans un prosélytisme intensif, plutôt que de répondre de façon plus logique en reconsidérant la validité de la croyance d’origine (en changeant la connaissance initiale) puis en agissant en conséquence (par un changement de comportement).
Il se peut que les disciples de Keech aient été des personnes gravement atteintes psychologiquement, qui avaient besoin de croire qu’elles seraient sauvées. Bien que la plupart d’entre nous ne se seraient pas laissés influencer par un personnage du type de Keech avec une telle illusion, nous pourrions bien nous laisser influencer par un autre leader charismatique plus expérimenté dans les techniques de manipulation et/ou avec une illusion moins flagrante.
Lorsque les preuves du 9/11 contredisent la version officielle (qui est un mythe sacré de notre culture), nous observons que certaines personnes essaient de résoudre la tension de la dissonance cognitive en inventant des croyances secondaires comme les disciples de Marion Keech. Une ardente défenderesse de George W. Bush m’a déclaré avec enthousiasme que depuis qu’elle ne pouvait plus nier la réalité de la démolition contrôlée des trois bâtiments du WTC, elle avait une explication : « Je sais comment c’est arrivé. Lors de la reconstruction de la Tour Nord du WTC consécutive à l’attentat de 1993, les explosifs ont été placés dans les Twin Towers par les membres du clan de Bill Clinton. »
Mais attendez. De l’autre côté de l’échiquier politique, une femme m’a dit, « Obama n’était sûrement pas au courant de ces preuves sur le 11 Septembre avant d’être élu. [4] Peut-être qu’il sait maintenant, mais il ne peut rien nous dire. Si le pays connaissait la vérité sur le 11 Septembre, ce serait le chaos ; le marché boursier s’effondrerait. Il aimerait probablement nous dire, mais il ne peut pas. »
Concevoir des croyances secondaires pour tenter de concilier la dissonance cognitive est banal, et permet ainsi de garder confiance et une foi naïve envers les présidents.
Il nous appartient, que nous soyons militants pour le 9/11 ou non, de reconnaître l’importance de notre propre objectif de devenir véritablement autonomes, des individus (humains), de sorte que nous soyons psychologiquement plus en sécurité, et par conséquent moins vulnérables à ces réactions inconscientes. Nous devons également cultiver notre discernement, de sorte que lorsque nous rencontrons des preuves qui ne cadrent pas avec une « histoire officielle » ou ce qu’un leader charismatique peut nous dire, nous pouvons trouver le courage de nous prononcer avec des informations solides.
Le fait d’être seul à avoir une opinion radicalement différente de celle d’un groupe composé de nos pairs, demande beaucoup plus de courage que d’affronter ceux qui sont perçus comme un ennemi commun, surtout quand vous contestez un mythe sacré. Nos craintes de rejet, d’isolement, et, finalement, le bannissement de la part de ceux que nous aimons et estimons, sont sans doute parmi les plus grandes craintes humaines que nous ayons. Comme nous le verrons dans les expériences de conformité d’Asch décrites ci-après, ces types de craintes pourraient avoir généré le comportement de sujets qui ont laissé tomber leurs propres perceptions correctes pour adhérer aux mauvaises réponses de leurs pairs.
Note de la rédaction : à suivre dans notre prochain bulletin à la partie 6 : les expériences sur la conformité de Solomon Asch et la théorie de la « La Spirale du silence »
Notes :
1 http://changingminds.org/explanations/t … onance.htm ; http://www.beyondintractability.org/bi- … issonance.
2 Leon Festinger, Henry W. Riecken, et Stanley Schachter, L’Échec d’une prophétie, (d’abord publié par University of Minnesota Press, 1956 ; puis par Imprimante & Martin Ltd, 2008) ; Leon Festinger, Théorie de la dissonance cognitive, (Université de Stanford, Stanford, Californie, 1957)
3 Tout point de vue qui se situe hors de la pensée conventionnelle, y compris la question des OVNI, peut favoriser le ridicule ; ce n’est pas mon intention ici.
4 Le défunt colonel Robert Bowman, directeur du programme Star Wars sous les présidents Ford et Carter alors qu’il était encore secret, et qui a ensuite présenté ce programme comme offensif, et non défensive, a déclaré dans une communication personnelle à plusieurs d’entre nous à Denver qu’il a parlé pendant plus d’une heure au directeur de campagne d’Obama, pendant la campagne présidentielle de 2008, au sujet des preuves qui montrent que le récit officiel du 9/11 ne peut être authentique.
(Excellente mise au point sur la façon dont les mécanismes du conformisme et de la dissonance cognitive se complètent. J’ais cependant une petite précision à faire : la description de la réaction du groupe de Dorothy Martin (son vrai nom étant largement connu, parfois même utilisé à longueur d’ouvrage, autant l’utiliser) peut donner l’impression que tous ses membres étaient unanimes, ce qui n’était pas exact. Le groupe avait perdu beaucoup de membres, seul le noyau dur des plus déterminés ayant adhéré à sa « théorie » selon laquelle leurs prières avaient sauvé le monde. C’est en fait l’évolution qu’on voit à chaque fois qu’une large collectivité fondée sur certaines valeurs et croyances est confrontée à un événement disrupteur, certains remettent leurs préjugés en cause alors que d’autres s’accommodent d’explications faciles. Comme avec le 11-9, l’assassinat de John Fitzgerald Keennedy, AZF, l’affaire Saint-Aubin, la mort de Robert Boulin, l spreuves d el’agression contre la Syrie etc...)
PARTIE 4 : les avis divergents (double pensée)
En répondant à la question posée par titre de cet essai, le chapitre du mois dernier, la partie 3, a abordé le thème de « l’obéissance et de l’estime de l’autorité », qui a été restitué lors des expériences de Stanley Milgram, de Jane Elliott, et de Philip Zimbardo, lesquelles démontrent toutes notre propension humaine à faire confiance et à obéir à l’autorité, même en violation de fortes valeurs morales, conduisant au développement d’identités et de croyances erronées en plus d’aboutir à des décisions hasardeuses qui ont souvent une incidence négative sur les autres.
Nous continuons l’analyse de Mme Shure ce mois-ci dans la partie 4 avec le concept des « avis divergents » [Ndt : littéralement « double pensée »], développé par George Orwell.
Nous allons commencer par un peu de légèreté, avec le concept génial de « double pensée » de George Orwell. Dans le roman classique d’Orwell, 1984 (1), le concept des avis divergents signifie la capacité de faire cohabiter deux croyances contradictoires en même temps dans son esprit, et d’accepter les deux.
Dans le roman pas si fictif d’Orwell, le terme « double pensée » est un mot tirée de la « Novlangue » (2) qui remplace le terme de l’Ancilangue (2), « le contrôle de la réalité. » La Novlangue est un nouveau langage politiquement correct disposant d’un vocabulaire très limité, mis au point par les organes de contrôle (le Parti) aux fins de contrôler la vision du monde que peut avoir le public, et en limitant la possibilité d’une pensée indépendante. En d’autres termes, le contrôle des mots autorisés dans la langue aboutirait au contrôle des pensées que les gens seraient en mesure d’avoir.
Le concept des avis divergents d’Orwell est le processus cognitif d’induire consciemment l’inconscience, de sorte que l’on détient deux croyances contradictoires en même temps et que l’’on utilise chacune d’elles en fonction de la situation actuelle, afin de rester en conformité avec la « tribune » officielle du moment. Dans le roman 1984, il est essentiel que les citoyens aient bien intégré la compétence hypnotique de la « double pensée », car si le Parti veut conserver son pouvoir de contrôle permanent, la condition mentale qui prévaut dans le pays doit être celle de la folie, les citoyens eux-mêmes utilisant ce processus subtil de contrôle de la pensée afin de rester en dehors de la réalité.
Le concept de « double pensée » n’est pas un terme accepté dans le vocabulaire de la psychologie, mais il devrait l’être, à mon avis, car c’est un mécanisme de défense psychologique banal. La « double pensée » est un concept qui s’est installé dans notre culture, décrivant ainsi la capacité de l’esprit humain à se contorsionner quand il entend un compte rendu officiel résolument prononcé sur une question – le 9/11 n’étant qu’un exemple – alors qu’il est en même temps au courant de témoignages contredisant cette déclaration officielle. La double pensée a la même signification qu’un autre terme Orwellien, « noirblanc », qui signifie la possibilité de prétendre de manière éhontée que le noir est blanc, en contradiction flagrante avec la preuve irréfutable.
Par exemple, exaspérée par une amie, je lui ai déclaré : " Je sais que tu penses que le 9/11 était une opération sous fausse bannière et que nous sommes au Moyen-Orient pour leurs ressources naturelles, mais tu continues de parler de la « guerre au terrorisme », comme si c’était la vraie raison pour laquelle nous avons envahi l’Afghanistan et l’Irak et pourquoi nous utilisons maintenant des drones pour tuer des soi-disant terroristes. Pourquoi fais-tu ça ?! "
Elle répliqua d’air air irrité : « Eh bien, l’histoire officielle nous est martelée ; elle est partout, à la télévision, dans les journaux, chez nos enseignants et nos amis, à l’école, au travail. Qu’est ce que je peux y faire ?! »
La « double pensée » était sa stratégie insensée de survie afin de rester saine d’esprit.
Un échange similaire s’est produit avec une amie qui avait inclus dans son récent livre des termes corroborant le mythe officiel du 9/11, dont je savais qu’elle ne croyait pas un mot. Frustrée, je me suis confronté à elle : « Pourquoi utilises-tu ces termes ? Je sais que tu n’y crois pas. »
Avec irritation, elle a répondu : « Écoute, je sais que l’on nous a menti. Mais mon travail dans ce monde est très important pour moi, et si je suis en mesure de poursuivre, je suis sûre de ne pas être contrôlée par les Impôts ! »
Elle avait peur de représailles de la part des autorités corrompues, et donc elle avait adopté le moyen de défense consistant à faire cohabiter les deux visions du monde dans son esprit, en utilisant chacun selon les occasions – un phénomène de « double pensée » classique. Merci, George Orwell !
Le concept des avis divergents, ou « double pensée », est donc une stratégie défensive consistant à avoir deux opinions contradictoires à l’esprit en même temps, et à les utiliser de façon semi-consciente tel un caméléon, en changeant de couleur selon l’environnement.
Une stratégie alternative de défense est l’utilisation du déni pour éviter la dissonance cognitive.
Note de la rédaction : à suivre dans notre prochain bulletin dans la partie 5, "Le déni et la dissonance cognitive".
Notes :
1 - George Orwell, 1984 (Harcourt Brace and Company, 1949). Voir aussi http://www.orwelltoday.com/.
2 - Novlangue : Le novlangue (traduit de l’anglais Newspeak, masculin dans la traduction française d’Amélie Audiberti) est la langue officielle d’Océania, inventée par George Orwell pour son roman 1984 . Par analogie, l’Ancilangue est l’ancienne langue.
Suite de la partie 3 :
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Dans une étude remarquablement similaire à l’enseignante de troisième année Jane Elliott, la célèbre expérience de la prison de Stanford menée par le psychologue social Philip Zimbardo dans le début des années 1970 montre que cette hypothèse parfaitement admissible est erronée.
Zimbardo et ses collègues ont utilisé 24 étudiants de sexe masculin en tant que sujets, en les divisant arbitrairement en « gardiens » et « détenus » dans une fausse prison. Zimbardo a chargé les « gardiens » d’agir avec oppression envers les « prisonniers », en clair d’endosser le rôle d’une autorité.
Tous les étudiants savaient que c’était une expérience, mais surprenant même les expérimentateurs, ils se sont néanmoins rapidement imprégnés de leurs rôles de gardiens sadiques, brutaux, brisant émotionnellement les prisonniers. Le « système carcéral » mis en place par les expérimentateurs et la dynamique subséquente qui s’est développée a eu un effet tellement délétère parmi les sujets que l’étude a pris fin le sixième jour. Cependant, cela [l’arrêt de l’expérience] n’arriva que lorsque l’étudiante diplômée en psychologie Christina Maslach – avec laquelle Philip Zimbardo sortait et qui par la suite est devenue son épouse – portât à sa connaissance les conditions de l’expérimentation contraires à l’éthique. (6)
http://img11.hostingpics.net/pics/178024prisonexperiment.jpg
Photos de sujets lors de l’expérience de la prison de Stanford
Tout comme les études de Milgram et Elliott, cette expérience démontre la tendance humaine à croire et à suivre l’autorité. Les études de Zimbardo et Elliott démontrent que nos identités mêmes sont impactées par ce que l’autorité nous dit et que cette pression de nos pairs renforce grandement ces tendances humaines. En conséquence, les sujets de Milgram, les élèves de troisième année de Elliott, et les étudiants adultes de Zimbardo ont commis des atrocités, y compris en violation de valeurs morales fortes.
Zimbardo est devenu un témoin expert de la défense pendant la Cour Martiale de l’un des gardiens de nuit de l’infâme groupe des « Sept d’Abu Ghraib », Ivan « Chip » Frederick. En raison de son expérience avec l’histoire de la Prison de Stanford, Zimbardo a fait valoir que c’était la situation qui avait généré ces comportements aberrants chez des gens d’ordinaire bons. Alors que l’armée décrivait ces gardes comme quelques « pommes pourries » dans un pourtant bon cageot de l’armée américaine [NdT : litteralement « barrel » signifie « canon » ou « tonneau » ; le terme est ici à prendre au sens du commandement de l’Armée], Zimbardo a fait valoir que ces gardiens étaient tout à fait normaux, de bonnes pommes dans un cageot pourri.
Chip Frederick a plaidé coupable et a été condamné à une peine de huit ans de prison, le témoignage de Zimbardo n’ayant eu que peu d’effet sur la sentence. Les autres gardes, reconnus coupables, furent condamnés à des peines allant de zéro à dix ans ; la différence dans les quantum de peines semblait n’avoir aucun sens.
Quelle est la vérité ? Ces gardiens de nuit étaient-ils seulement quelques « pommes pourries » dans un bon cageot, ou le cageot lui-même était-il altéré ? L’armée elle-même a déclaré que, depuis Octobre 2001, on comptait plus de 600 accusations de mauvais traitements sur des détenus. Bien d’autres n’ont pas été signalés, y compris les abus envers des « détenus fantômes », ces malheureuses personnes qui, sous le contrôle de la CIA, n’ont jamais été identifiées et ont souvent été « fournies » pour torture d’État. Beaucoup de ces victimes étaient simplement portées « disparues ». Par extension, il y avait évidemment aussi beaucoup d’ « agresseurs fantômes », lesquels n’ont jamais été reconnus responsables.
Pour appuyer son accusation selon laquelle le cageot, plutôt que les pommes, était pourri, Zimbardo a mis le système lui-même à l’essai dans « l’Effet Lucifer » (7). Il a constaté que les ordres, les attentes, et la pression de la torture venaient du sommet de la chaîne de commandement, et ses analyses mettaient en évidence la culpabilité du Secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld, du directeur de la CIA George Tenet, du lieutenant général Ricardo Sanchez, du général Geoffrey Miller, du vice-président Dick Cheney, et du président George W. Bush.
Les analyses détaillées de Zimbardo concluent que « ce cageot de pommes a commencé à pourrir de haut en bas. » Pourtant, il fait aussi l’éloge de nombreux héros, ces dénonciateurs du bas vers le haut de la hiérarchie militaire, ces êtres humains qui ont risqué leur vie et leur carrière en se levant et se montrant déterminé face à ce système toxique. (7)
Pourquoi certaines personnes agissent conformément aux attentes du système tandis que d’autres trouvent le courage de rester fidèles à leurs principes ? Tout au long de cet essai apparaissent des éléments de réponse dans la perspective du développement de la psychologie profonde, mais explorer ce sujet extrêmement important en détail nécessiterait un travail séparé. Zimbardo, cependant, a commencé cette exploration du point de vue d’un psychologue social, déclarant que nous sommes tous des « héros potentiels », et il a offert des pistes sur la façon de résister aux influences sociales indésirables. (8)
Mon intime conviction est que les sceptiques du 9/11 – et tous les vrais sceptiques devant n’importe quel changement de paradigme et n’importe quel sujet tabou – qui exposent publiquement les mensonges et les mythes [Ndt : littéralement « empereurs nus » (12)] sont des héros qui se sont réveillés, malgré que nous avons souffert du ridicule et de la colère de ces empereurs, de leurs serviteurs, et tout simplement de la peur.
Ces trois études – l’étude de Milgram sur l’obéissance à l’autorité, l’expérience des Yeux bleus / Yeux bruns d’Elliott, et l’expérimentation de la Prison de Stanford menée par Zimbardo – démontrent notre propension humaine à faire confiance et à obéir à l’autorité. Une autre question se pose à nous : est-ce que cette prédisposition est génétique ? Des preuves apparaissent à l’appui de cette hypothèse.
Pour survivre en tant que bébés et jeunes enfants, nous sollicitons systématiquement nos parents pour apprécier la sécurité ou le danger.
Les chimpanzés, avec lesquels notre patrimoine génétique est commun à au moins 94% (9), ont généralement un ou plusieurs mâles dirigeants Alpha, bien que ceux-ci soient souvent choisis par les femelles de la troupe (10). Les bonobos, avec un génome proche de celui des chimpanzés et donc de l’homme, disposent d’un système matriarcal avec une femelle à la tête du groupe (11).
Et, bien sûr, les communautés humaines ont des dirigeants. Ainsi, la nécessité d’un chef, d’une autorité, semble être génétiquement encodée. Si nous avons été élevés dans un cocon familial autoritaire et que avons suivi un cursus scolaire de même nature, alors cette tendance à compter sur des figures autoritaires pour apprécier la réalité est probablement renforcée. Inversement, si nous sommes élevés dans une famille, un système scolaire, et un contexte culturel qui promeut l’esprit critique et respecte nos sentiments et nos besoins, alors la tendance à compter sur des figures autoritaires serait susceptible d’être amoindrie.
Dans notre société américaine, beaucoup de nos Officiels nous mentent régulièrement pour nous abuser. Néanmoins, de nombreux citoyens continuent à se tourner vers eux pour obtenir la vérité et la sécurité, surtout quand leur peur est accentuée. Cette forte tendance à croire et à obéir à l’autorité est un autre obstacle avec lesquels les sceptiques de la version officielle du 9/11 doivent composer.
En obéissant et en croyant aveuglément l’autorité, nous développons et perpétuons des identités erronées, des mythes, et pour couronner le tout, nous prenons de très mauvaises décisions, qui affectent souvent négativement les autres. Cela peut également s’appliquer pour les quatre prochains penchants humains étudiés par les psychologues sociaux : les raisonnements pervers, la dissonance cognitive, la conformité, et les raisonnements grégaires.
Note de la rédaction : à suivre dans notre prochain bulletin dans la partie 4 : « les avis divergents (double pensée) », une brillante observation de George Orwell
Notes :
1 Stanley Milgram, obéissance à l’autorité : une approche expérimentale (Harper & Row Publishers, Inc., 1974).
2 Stanley Milgram, « Les périls de l’obéissance » Harpers Magazine (1974). Peut être consultée http://www.age-of-the-sage.org/psycholo … 1974.html.
3 Ibid.
4 Dennis Linn, Sheila Fabricant Linn, et Mathew Linn, « Cicatriser le futur : le rétablissement personnel des blessures sociétales » (Paulist Press, 2012) 56-60. William Peters, A Class Divided : Then and Now, éd élargi. (New Haven : Yale University Press, 1971) ; ce livre comprend un apport de Jane Elliott qui a mené une expérience similaire avec des adultes employés dans du Iowa Department of Corrections. Des documentaires évoquant aussi cette histoire sont « L’oeil du Cyclone », ABC Nouvelles, 1970, distribué en DVD par Admire Productions, 2004, http://www.admireentertainment.com, et une classe divisée, par Yale University Films, 1986 , présenté sur Frontline et distribués en DVD par PBS Home Video, www.pbs.org ; les deux programmes comprennent des guides d’étude pour une utilisation en groupes.
5 Dennis, Sheila, et Matthew Linn, Guérir l’avenir, 57-58.
6 Philip Zimbardo, L’effet Lucifer : comprendre comment de bonnes personnes sont capable de faire du mal (Random House Trade Paperbacks, 2008). Aussi, voir http://www.simplypsychology.org/zimbardo.html.
7 Zimbardo, « l’Effet Lucifer », 324-443.
8 Ibid, 444-488.
9 http://www.scientificamerican.com/artic … e-gap-wide
10 http://en.wikipedia.org/wiki/Chimpanzee
11 http://en.wikipedia.org/wiki/Bonobo3.
12 Expression utilisée pour désigner une situation où beaucoup de personnes croient quelque chose qui n’est pas vrai (voir http://fr.urbandictionary.com/define.ph … %20clothes)
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PARTIE 3 : OBEISSANCE ET FOI DANS L’AUTORITE
En répondant à la question posée par le titre de cet essai [Ndt : titre aussi de ce sujet], le chapitre du mois dernier (partie 2) a abordé le problème par l’étude anthropologique, la diffusion des innovations, et nous a expliqué comment le changement se produit dans les sociétés. Ces anthropologues ont découvert que, dans les diverses cultures, on peut trouver des groupes dont l’ouverture à de nouvelles idées et technologies est variable – groupes que l’on peut représenter par une jolie courbe en cloche. Le succès de la diffusion d’une technologie innovante ou d’une idée nouvelle dépend essentiellement d’un point : si oui ou non les leaders d’opinion vont se porter garant pour elle. Dans ce contexte, les médias grand public peuvent à juste titre être considérés comme des vecteurs de la promotion du mythe officiel du 9/11, et ont donc aidé et encouragé les crimes du 11 Septembre 2001.
Nous continuons l’analyse de Mme Shure dans la partie 3 avec les expériences sur l’autorité menées par Stanley Milgram, Jane Elliott, et Philip Zimbardo.
Dans sa célèbre expérience consacrée à l’obéissance à l’autorité en 1961 (1), le psychologue de l’Université de Yale Stanley Milgram a entrepris de répondre aux questions suivantes : « Se pourrait-il que Eichmann et ses millions de complices de l’Holocauste aient tout simplement suivi des ordres ? Peuvent-ils être tous considérés complices ? »
Trois personnes composaient chacune des expériences de Milgram : l’expérimentateur (l’autorité) ; le sujet de l’expérience, un bénévole à qui il avait été dit qu’il ou elle était un « enseignant » ; et un complice (que l’on appelle une « plante ») que le sujet pensait être un « étudiant » ou un « apprenti », mais qui était en réalité un acteur.
Le « professeur » (le sujet) envoyait une légère décharge électrique que l’« étudiant » (acteur) était supposé recevoir. Ensuite, le professeur lisait une liste de paires de mots à l’étudiant, et l’étudiant devait appuyer sur un bouton pour donner sa réponse. Si la réponse était correcte, l’enseignant passait à la prochaine liste de paires de mots, mais si la réponse était fausse, l’enseignant était chargé d’administrer une décharge électrique à l’étudiant. Cela continuait avec des décharges augmentant de 15 volts pour chaque réponse incorrecte successive. En réalité, aucune décharge n’était effectivement administrée, mais des sons pré-enregistrés de cris de douleur étaient diffusés lors de certaines décharges. À un niveau élevé des décharges supposées, l’acteur frappait sur le mur le séparant de l’enseignant, et se plaignait de son état cardiaque. A un niveau de décharges encore plus élevé, tous les sons de l’étudiant avaient cessé.
Chaque fois qu’un enseignant voulait arrêter l’expérience, l’autorité disposait d’un ensemble prédéterminé de réponses verbales, données dans cet ordre :
1. S’il vous plaît continuez.
2. L’expérience exige que vous continuez.
3. Il est absolument essentiel que vous continuiez.
4. Vous n’avez pas d’autre choix. Vous devez continuer.
Si, après la quatrième réponse, le sujet insistait toujours sur son désir d’arrêter, l’expérience était interrompue. Sinon, l’expérience prenait fin seulement lorsque le sujet adressait ce qu’il pensait être une décharge maximale de 450 volts trois fois de suite.
http://img11.hostingpics.net/pics/718582milgramstudydiagram.jpg
La configuration de l’expérience de Milgram
Ces résultats étonnèrent les participants d’un sondage précédent, donné aux étudiants en dernière année de psychologie à Yale, les collègues de Milgram et certains psychiatres locaux, qui avaient tous prédit qu’une très petite fraction des sujets aurait d’administré la décharge maximale. Car Milgram a mis en évidence qu’environ les deux tiers de ses sujets auraient volontiers administré ce qu’ils pensaient être la décharge maximale, potentiellement mortelle, de 450 volts à un « étudiant », bien que beaucoup étaient très mal à l’aise au moment de le faire.
Dans son article, « Les dangers de l’obéissance », Milgram a résumé les résultats de son étude révolutionnaire :
« L’autorité rigide affrontait les forts impératifs moraux des sujets de ne pas blesser les autres, et, malgré les cris des victimes dans les oreilles des sujets, l’autorité l’a remporté le plus souvent. L’extrême détermination des adultes à répondre à presque tous les ordres d’une autorité constitue le point d’orgue de l’étude, et le fait demandant le plus urgemment des explications. » (2)
Une version modifiée de cette expérience a révélé quelques bonnes nouvelles à ceux d’entre nous confrontés aux mensonges et aux abus des autorités : dans une variante, trois enseignants (deux acteurs et un sujet réel) géraient le test et les décharges. Lorsque les deux acteurs désobéissaient à l’expérimentateur et refusaient d’aller au-delà d’un certain niveau de décharge, trente-six des quarante sujets rejoignirent leurs pairs désobéissants et refusèrent également. (3)
La leçon pour les sceptiques du 9/11 n’est pas difficile à comprendre : si nous continuons à aller au delà de nos propres barrières tabous, au delà de la résistance des autres, et que nous continuons de parler en toute confiance de notre vérité avec des informations étayées, nos pairs à travers le monde se joindront progressivement à nous.
Néanmoins, les données provenant des expériences originales de Milgram peuvent toujours nous « choquer », comme cela a été le cas dans le monde des années 1960. Pour moi, en tant qu’étudiante de premier cycle, il était inquiétant et bouleversant d’entendre que les deux tiers d’entre nous auraient administré une décharge potentiellement mortelle à une personne impuissante et malade : ayant été élevée par des parents clairement autoritaires, je savais qu’il était probable que j’eus également suivi ces ordres ! Je résolus donc de ne jamais suivre aveuglément l’autorité, mais plutôt d’écouter et de faire confiance à mon intime conviction et à ma conscience.
Mais ces conclusions s’appliquent-elles au point de croire fermement ce qu’une autorité nous dit ? Nous pourrions parfois soupçonner que nous suivons les ordres d’une autorité, mais que nous ne croyons pas toujours intimement ce que cette autorité proclame (par exemple, que 19 musulmans nous ont attaqués parce qu’ils détestent nos libertés). Mais des données empiriques montrent pourtant que ces résultats s’appliquent bien, surtout si notre peur s’est intensifiée et que nous respectons cette autorité en particulier (par exemple, George W. Bush ou Barack Obama).
Une expérience sociale étonnante menée par l’enseignante de « troisième année » [Ndt : équivalent à une classe de CM1, âge 8-9 ans] Jane Elliott démontre la puissance de notre propension humaine à croire une autorité établie [Ndt : littéralement « de confiance »], et même à développer notre identité en nous basant sur ce que cette autorité nous dit sur nous-mêmes. Après l’assassinat de Martin Luther King Jr. [1968], Elliott voulut aider ses élèves d’une communauté blanche d’une petite ville de l’Iowa à comprendre les préjugés. Un jour, elle leur dit :
« Aujourd’hui, les personnes aux yeux bleus seront au fond et les personnes aux yeux bruns devant. Ce que je veux dire c’est que les gens aux yeux bruns sont meilleurs que les gens aux yeux bleus. Ils sont plus propres que les personnes aux yeux bleus. Ils sont plus civilisés que les personnes aux yeux bleus. Et ils sont plus intelligents que les personnes aux yeux bleus. »
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Enseignant de troisième année Jane Elliott
Les personnes aux yeux bruns étaient autorisées à rester plus longtemps en pause, à utiliser le terrain de jeu plus grand, et étaient prioritaires pour déjeuner et pour un second service. Elliott a donné pour instructions aux personnes aux yeux bleus de ne pas jouer avec les gens aux yeux bruns, à moins de le demander, et de s’asseoir dans le fond de la salle. Chaque enfant aux yeux bruns s’est vu remettre un collier à mettre autour du cou d’un enfant aux yeux bleus. Tout au long de la journée, l’enseignante a ressassé que les enfants aux yeux bruns étaient des enfants supérieurs et que ceux aux yeux bleus étaient inférieurs.
A midi, l’unique comportement des enfants montrait s’ils avaient les yeux bleus ou bruns : les enfants aux yeux bruns étaient heureux, alertes, profitant de la vie. Et ils produisaient un travail bien meilleur qu’ils ne l’avaient jamais fait auparavant. Les enfants aux yeux bleus étaient malheureux. Leurs postures, leurs expressions, toutes leurs attitudes étaient celles de la défaite. Leur travail en classe a fortement régressé par rapport à la veille. En une heure ou deux, ils semblaient inférieurs et agissaient, de fait, comme s’ils l’étaient. C’était choquant.
Mais ce qui était encore plus effrayant était la façon dont les enfants aux yeux bruns s’en prenaient à leurs amis de la veille .... (4)
Jane Elliott a inversé l’expérience le lendemain, étiquetant les enfants aux yeux bleus comme supérieurs, et la même chose s’est produite dans le sens inverse.
À la fin de la journée, elle a dit à ses élèves que c’était seulement une expérience et il n’y avait aucune différence entre les personnes aux yeux bleus et aux yeux bruns. Les enfants ont enlevé leurs colliers et se sont étreints, se sentant grandement soulagés d’être égaux et de nouveaux amis. Un aspect intéressant de l’expérience est comment cela a affecté leur apprentissage .... Une fois que les enfants ont réalisé que leur pouvoir d’apprendre dépendait de leurs propres convictions, ils étaient persuadés d’être intelligents et de ne pas se laisser avoir une nouvelle fois. (5)
Bien évidemment, on pourrait penser que les adultes seraient à l’abri de telles pressions sociales et de telles manipulations, non ? Les adultes ne seraient-ils pas capables de discerner et de résister à ce à quoi les enfants ne peuvent pas ? Certainement, en tant qu’adultes, notre identité ne serait pas affectée par de telles manipulations, n’est ce pas ?
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