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Analis

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  • Analis 20 septembre 2013 14:56

    Les propos du Pr Sellstrom, à supposer qu’il les ait vraiment dit tels quels, n’engagent que lui. Il ne semble pas que cela ressorte du rapport lui-même. Quant à une collusion des suédois avec les USA, cela ne serait pas la première fois, il suffit de voir l’affaire Assange.

    La seule chose qui soit claire, c’est que les quelques conclusions qui nous parviennent, qui font état de roquettes sol-sol, ruinent les accusations du ridicule et sinistre propagandiste sioniste Fabius :

    http://www.bfmtv.com/international/direct-syrie-la-ligne-rouge-est-franchie-586502.html

    " si il y a eu utilisations d’armes chimiques, tous les spécialistes disent qu’elles viennent de Bachar, pourquoi ? Parce que les gaz auraient été apportés par les avions, par les missiles et, là, les résistants n’ont pas la possibilité d’avoir ces armes là."

    Alors, toujours la même question : Mr Laurent (je m’adresse à vous par votre prénom puisque vous parlez des autres ainsi), montrez-nous les éléments solides qui vous permettent de dire ça, ou fermez-là. Les russes ont déjà procuré des photos satellites qui montrent les deux tirs suspects provenant des zones rebelles. Les occidentaux n’ont eux procuré aucune de leurs preuves photographiques, pour la simple raison qu’à l’évidence ils n’en ont pas.

    La neutralité elle-même des commissions soit-disant indépendantes de l’ONU est d’ailleurs sujette à caution. Les USA sont le principal financier des Nations Unies, et on a déjà vu ce qu’il pouvait en coûter à des inspecteurs de l’ONU qui se voulaient vraiment indépendants des USA, comme Hans Blix et Mohammed El-Baradei.


    Ensuite, rien ne dit que les rebelles » ne disposent que d’armes chimiques artisanales. Il est possible qu’ils s’en soient fait donner par des services occidentaux ou arabes, notamment séoudiens.

    Les irakiens disaient certes que les armes chimiques qu’ils avaient saisies avaient été conçues par les terroristes eux-mêmes – donc qu’elles étaient artisanales.

    http://www.lapresse.ca/international/moyen-orient/201306/01/01-4656732-demantelement-dune-cellule-dal-qaida-en-irak.php

    Du côté des turcs, c’était beaucoup moins clair. Certains articles affirmaient que la police était toujours à la recherche de qui pouvait les leur avoir fournies. Ce qui d’ailleurs ressemblait fort à une menace : le gouvernement Erdogan voulait sans doute faire comprendre clairement aux occidentaux qu’il était hors de question qu’il serve de victime expiatoire à leur échec. Message apparemment reçu, vu comme les critiques envers sa répression des manifestations qui ont eu lieu à cette époque se sont tues.

    http://www.legrandsoir.info/la-police-turque-a-trouve-du-gaz-sarin-chez-les-terroristes-d-al-nosra.html

    La phrase qui tue :

    « La police enquête actuellement sur les pistes qui ont permis aux terroristes de se procurer cette arme chimique. »

    Mais « étrangement », plus rien n’est parvenu depuis...

    Diverses pistes possibles pour expliquer la possession par les terroristes syriens d’armes chimiques de qualité militaire :

    L’armée turque, à la demande des occidentaux :

    http://www.voltairenet.org/article180261.html

    La fourniture par un traître syrien :

    http://www.voltairenet.org/article180213.html

    Les services secrets séoudiens du prince Bandar Ben Sultan, ancien ambassadeur aux USA et grand suppôt de l’impérialisme occidental :

    http://conscience-du-peuple.blogspot.fr/2013/08/des-rebelles-syriens-ont-admis-un.html

    Il n’est donc pas impossible qu’ils aient utilisé aussi bien des composés sophistiqués que primaires. Sans oublier que la traîtrise au même moment d’un officier d’artillerie syrien a pu fournir la cerise sur le gâteau.


    Dans tous les cas, les vidéos sont bidonnées, et leur couplage avec une campagne d’ « information » instantannée et étonnament réactive va dans le même sens.

    http://www.voltairenet.org/article180196.html

    http://www.voltairenet.org/article180127.html

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    En résumé, les services états-uniens, britanniques et français sont à 100 % certains que l’armée arabe syrienne a gazé un nombre indéterminé de civils :

    1. Elle a pour cela utilisé une nouvelle sorte de vieux gaz sarin qui ne touche pas les femmes.

    2. Les États-Unis ont observé durant quatre jours la préparation du crime sans intervenir.

    3. La veille de son utilisation, ce gaz magique a tué des enfants qui avaient été enlevés par des jihadistes deux semaines plus tôt à plus de 200 kilomètres de là.

    4. Les événements sont connus grâce à des films authentiques tournés, et parfois postés, à l’avance sur YouTube.

    5. Ils sont confirmés par une interception téléphonique réalisée par l’ennemi israélien.

    6. Les services occidentaux ont un procédé secret pour identifier le gaz sarin sans avoir à cultiver les tissus humains.

    7. Comme il s’agirait de la quinzième opération de ce type, le «  régime » aurait franchi une « ligne rouge » et devrait être «  puni » par des bombardements le privant de ses moyens de défense.

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    http://www.voltairenet.org/article180246.html

    Où l’on voit que les mêmes victimes et les mêmes parents apparaissent à plusieurs endroits, sous des identités différentes. 



  • Analis 20 septembre 2013 13:14

    Qu’il y’ait eu une part de manipulation est probable.

    Que les manifestations ait été massive est certains.

    Maintenant, la question que nous pouvons nous poser est : est-il vraissemblable que la CIA ait les moyens de mettres des millions de Syriens dans la rue avec quelques bloggers confortablement assis à Londres ou ailleurs ???

    La CIA a-t-elle suffisament d’agents de terrains en Syrie qu’ils soient capable de faire le travail de terrain pour mettre des millions de Syriens dans la rue ?

    J’ai tendance à croire que non. Et peut être que les américains ont légèrement aidé le mouvement social syrien a ses débuts. Mais ils n’en ont pas été la cause première, et les syriens qui étaient dans la rues par millions l’ont fait selon leurs vraies convictions.


    Enfin, quant à la présence de groupes armés étrangers dès le début des manifestations pour jouer la provocation... La simple lecture de la presse de l’époque permet d’attester du contraire.


    Mettre des millions de syriens dans la rue à distance, je ne crois pas que la « CIA » en soit capable, mais ce chifffre de « millions » est très douteux. Pour ne pas dire franchement inventé. Ce à quoi on a eu droit, ce sont des manifestations d’ampleur limitée, d’obédience diverse. Il y en avait d’islamistes, d’autres qui demandaient simplement des réformes libérales et contre la corruption.


    Les premières manifestations s’inspiraient des printemps arabes et étaient pacifiques. Il n’était cependant pas question de révolution. Mais les groupes armés sont arrivés cependant assez vite. En fait, la suite de votre texte retranscrit assez bien ce qui s’est passé.


    Lors des premières manifestations, même le régime n’a jamais parler d’éléments étrangers et de terroristes. Il a même commencé à entammer des réformes sociales. Puis, il a commencé à user de la force, puis des soldats se sont mutinés.

    Puis quand les soldats mutins ont commencé à être rejoints par des civils et les accrochages à se faire plus fréquent, le régime lui même a commencé à parler d’éléments terroristes étrangers.


    Donc la lecture seule de la propagande officielle du régime permet d’affirmer que les groupes armés étrangers n’étaient pas sur le sol syrien dès le début.


    Le pouvoir a en effet joué le jeu au départ. Ce qui a provoqué le changement et entraîné une répression, c’est justement l’arrivée des groupes armés qui infiltraient les manifestations et multipliaient les provocations. Répression qui semble d’ailleurs avoir été exagérée sur l’ensemble du pays (voir le récit de l’ambassadeur de France) ; quand les gouverneurs ont eu la main trop lourde, ils ont été limogés, comme celui de Deraa. Choses qui n’ont pas été répercutés dans la presse occidentale, car cela aurait tué dans l’oeuf la légende naissante du dictateur sanglant qui massacre son peuple.

    Quant aux mutins et déserteurs de l’armée, il est devenu manifeste que leur nombre avait été exagéré par cette même presse occidentale. On n’en entend plus guère parler. Ce qui amène à se demander combien d’autres nouvelles étaient fausses.


    Ces groupes armés apparaissent bien avoir été alimentés de l’étranger. La précision des tactiques qu’ils employaient va bien dans le sens d’une formation précise. Pour ces raisons et d’autres, les occidentaux et leurs alliés turcs et du Golfe apparaissent comme les responsables de la situation en Syrie.


    Encore faut il ne pas avoir une mémoire de poisson rouge et avoir suivi le conflit syrien dès le début.

    Je ne le fais pas dire. Mais avoir une mémoire longue ne mène pas aux mêmes conclusions que vous. 



  • Analis 20 septembre 2013 11:53

    Néanmoins, on est en droit de penser qu’un monde bipolaire avec deux impérialismes au lieu d’un n’est pas forcément un gain significatif. Cela ne correspond en tout cas pas à ma vision du mot « multipolaire ». En tout cas, on est en droit de ne pas être naïf sur la question et d’avoir conscience que la Russie est elle aussi impérialisme.


    Je ne suis aucunement naïf sur la Russie. Et Poutine n’est pas à mon goût. Mais il faut ouvrir les yeux : l’alternative est entre un monde unipolaire dominé par un dangereux impérialisme, et un monde pluripolaire où plusieurs impérialismes peuvent se neutraliser. À un méchant, j’en préfère plusieurs. Ce n’est pas dans l’absolu une bonne solution, c’est une solution de moindre mal, mais pour le moment on ne peut avoir rien de mieux.

    Et pour le moment, les méchants qui font le moins de mal, ce sont bien la Chine et la Russie. Ce sont eux qui respectent le droit international. Et ce sont eux qui ont fait échec à une nouvelle manipulation et agression en Syrie.


    Je suis en tout cas beaucoup plus interressé par l’idée des BRICS, par ce qui se passe en amérique latine que par Poutine qui rappelle qu’il est une grande puissance à coup de Véto au Conseil de Sécurité et de missiles S300 pour défendre un dictateur.


    N’oublions pas que la Russie fait partie des BRICS. À terme, ce pays n’est certes pas le plus fort. Je pense d’ailleurs que la Chine l’a déjà dépassé comme adversaire numéro 1 des USA, et que ceux-ci ne veulent pas le dire en public. On a donc déjà un monde tripolaire.

    Quant à l’Afrique du Sud, elle est beaucoup survendue. En Amérique, il faut aussi tenir compte de la montée d’autres pays influents comme l’Argentine. Le Brésil est cependant le seul vrai poids lourd, mais son influence reste encore limitée. Comme membres d’un bloc régional, ils peuvent faire bouger les choses. L’Inde est un peu moins « méchante » que les autres, elle a son poids démographique pour elle, mais elle reste elle aussi encore en retrait. Il n’empêche que ce sont ces pays qui jettent les bases d’un monde équilibré.


    Quant à l’Union Européenne, la question n’est pas son degré d’unité, mais le fait qu’elle ne pèsera rien tant qu’elle se comportera en faire-valoir des USA.



  • Analis 20 septembre 2013 11:06

    Vous y voyez de la désinformation, mais ce que disent ces sondages, si on en croit ces sources, est assez clair. D’abord, ils ne parlent pas d’Al Qaïda, mais bien des rebelles. Où est donc là la désinformation ? On a donc 70 % des syriens qui préfèrent le gouvernement d’Assad aux rebelles, et seulement 10 % qui préfèrent ces derniers. Et donc 20 autres % qui les renvoient dos à dos. On voit que ceux qui ne veulent pas des « rebelles » représentent 90 % de la population. Sans commentaires.

    On peut penser que les pro-Assad le sont souvent par défaut. C’est probablement le cas de nombre d’entre eux. Mais il n’empêche qu’ils le préfèrent aux « rebelles ». Il bénéficie là de l’aura de tout chef de guerre.


    Ce dégoût des groupes terroristes vient sans doute de leurs exactions. Et il est inutile de sortir un argument du genre « la population s’est laissée ensorceler par les boniments de la propagande officielle ». D’abord, les arabes sont sans doute beaucoup moins naïfs et cyniques que nous pout tout ce qui touche à leurs gouvernements. La notion de « théorie du complot » est d’ailleurs considérée là-bas comme un non-sens. Elle décrit simplement pour eux la façon normale d’agir de l’Etat. Ensuite, les syriens ont souvent des proches, de la famille ou des amis présents dans diverses régions du pays. Ils ont pu donc en les écoutant savoir ce qui se passait vraiment, et qui était le plus proche de la vérité.

    Et n’oublions pas que l’armée syrienne est une armée de conscription. Dans un pays qui comporte 70 % d’arabes sunnites, il n’aurait jamais été possible pour le gouvernement de tenir s’il avait reposé seulement sur la communauté alaouite plus les chrétiens et les druzes.



  • Analis 20 septembre 2013 10:41

    Le propos l’article est quand même à nuancer fortement. D’abord, parce que si les africains du Nord ne sont en majorité pas génétiquement originaires de la péninsule arabique ni du Proche-Orient, cela n’a aucun effet sur leurs sentiments identitaires. Beaucoup d’entre eux se sentent arabes, et solidaires des Proche- et Moyen-Orientaux. Cette affirmation laisse en effet de côté tous ceux qui tiennent à leurs racines berbères, et s’est parfois exprimée agressivement à l’encontre de ces derniers par le biais d’Etats acquis à une idéologie arabiste. En cela, le nationalisme (quoi que cela veuille dire) ces Etats, tous d’inspiration française, tient bien de l’idéologie nationaliste jacobine française. Toute personne vivant dans les frontières de l’Etat est tenue, c’est à dire sommée, de se conformer à cette idéologie nationale. Les dissidents sont combattus violemment et leurs nouvelles générations font l’objet de campagnes d’éducation brutales visant à les formater. Kabyles et Chleuhs en Algérie et Bretons, Savoyards, Alsaciens ou Basques en France, même combat. Que le Maroc s’écarte de ce modèle est une évolution positive.


    Ensuite, beaucoup des arabes ou arabisés maghrébins des côtes s’opposent eux-mêmes à la berbérité, et les racines en sont plus vieilles que l’ère post-coloniale. Je connais un Algérien d’Alger, dont la famille a des racines séoudiennes assez récentes, qui s’en prévalait, et s’opposait aux revendications des Kabyles. Pas mal d’Algériens « côtiers » se revendiquent ainsi de leur sang arabe de souche par opposition aux algériens berbères de l’intérieur.

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