Je serais interessé de savoir s’il y a des chapiteaux évoquant les constellations du taureau et des gémeaux. Je m’explique : j’ai lu il y a quelques temps un ouvrage qui m’a fort intrigué, la Géographie sacrée du Monde Grec de Jean Richer. En s’aidant de l’orientation des temples et des attributs des dieux qu’y étaient vénérés, l’auteur a reconstitué le ciel astrologique tel que se le réprésentaient les Egéens. Ils « voyaient » une roue astrologique tourner autour de chaque ombilicos (Delphes, Délos et Sardes) et dédiaient leur temple à tel ou tel divinité en fonction de sa position sur la roue. Je me suis demandé s’il n’y avait pas un système similaire chez les Gaulois. Logiquement, j’ai placé un ombilicos dans le pays carnute, là où César dit que les Druides tenaient leur réunion. Par rapport à Chartres, le pays éduen se trouve dans la zone du Lion, or les chapiteaux des églises de Bourgogne sont truffés de cet animal... Autre exemple, les Turonnes qui ont donné leur nom à Tours, se trouvent dans la zone du Taureau.
Poitiers se situant dans la zone des Gémeaux, pas très loin de la zone du Taureau ; il serait logique de trouver des symboles de ces constellations dans ses antiques lieux de culte.
Je rejoins Sobriquet, surtout ne vous privez pas d’expliquer quels sont les critères de réflexion pour positionner une fortification. C’est difficile de se remettre dans le contexte de l’époque. Un kilomètre sans véhicules à moteur ni armes à feu, ça fait beaucoup plus long.
La grande forêt celtique est en effet à ranger au rayon des légendes. Bien sûr les archéologues n’ont pas retourné tout le sol de Gaule mais les fouilles ont donné une image cohérente d’un dense semis de fermes. Je ne suis pas latiniste, le mot qu’utilise César et qu’on a traduit par « forêt » ne pourrait-il désigner un bocage relativement dense tout aussi pénalisant pour déployer de vastes cohortes ?
En ce qui concerne le droit, vous avez peut-être raison, encore que le système social décrit par César rappelle beaucoup la féodalité. Nous n’avons hélas pas de textes de lois gaulois pour nous renseigner. Saviez-vous qu’à la tête de la cité éduenne un magistrat « le Vergobret » était élu chaque année ou encore qu’il existait un druide suprême de Gaule désigné par une assemblée formée de druides venus de tou(te)s les cités/royaumes ?
Par contre, en ce qui concerne le « paysage des villes et des campagnes françaises » vous vous trompez.. Dans ce domaine les archéologues (répètons-le, on n’a rien contre eux) ont fait du très bon boulot. L’image que nous avons de la Gaule est maintenant celle d’une terre essentiellement agricole, où la forêt n’ a qu’une place très marginale. En gros, elle devait servir de réserve de bois pour le chauffage et la construction et un peu aussi pour la chasse.
L’époque romaine semble effectivement avoir été une période d’expansion pour les villes en Gaule avant qu’elles ne se rétractent au Moyen-Age. N’est-il pas logique de chercher le noyau gaulois des villes gallo-romaines à l’endroit où elles se sont rétractées au Moyen-Age ?
« Heureusement, il (Vercingétorix) perdit, sans cela nous ne serions pas ce que nous sommes »
Oui pour nos chevaliers blancs, on fait soit-disant l’apologie du nationalisme si on fait celle des Gaulois. Mais si on fait l’apologie des Romains, ne fait-on pas également celle du colonialisme ? Faire la guerre à l’Allemagne serait donc plus grave que d’envahir l’Afrique ?
L’historien n’a pas à se placer sur le plan moral, cela regarde le libre-arbitre de chacun. L’historien est un enquêteur, pas un juge.