• AgoraVox sur Twitter
  • RSS
  • Agoravox TV
  • Agoravox Mobile

Antenor

Antenor

Terrien français né au milieu des années quatre-vingt. Passionné par l'histoire ancienne et la géographie humaine.

Tableau de bord

Rédaction Depuis Articles publiés Commentaires postés Commentaires reçus
L'inscription 0 2338 0
1 mois 0 4 0
5 jours 0 0 0

Derniers commentaires



  • Antenor Antenor 20 janvier 2021 18:17

    @ Emile

    Dans mon schéma, le Protévangile de Jacques peut tout à fait avoir été écrit dans la foulée des évènements qu’il décrit comme vous le pensez. Le problème, c’est la suite. Rien que dans les évangiles canoniques retenus par Nicée, vous mettez en avant les différentes factions esséniennes qui s’opposent quasiment dès l’époque de l’apparition de Jésus sur terre. Si on ajoute à cela toutes les autres factions chrétiennes ignorées par le canon du Nouveau Testament (gnostiques, nestoriens, arianistes...), cela fait du monde à mettre d’accord à chaque nouvelle construction d’église.

    A Notre-Dame-du-Port comme à Chalon, les différents courants chrétiens ont dû s’accorder a minima sur le contenu des chapiteaux. Résultat, à Clermont on se limite au Protévangile de Jacques et ignore les textes écrits ensuite pour ne vexer personne. A Chalon, on se contente d’Adam et Eve, d’un disciple anonyme aux pieds du Messie et d’un repas essénien auquel chaque chapelle accorde l’interprétation qui l’arrange. Pas de crucifixion, pas d’Evangile mis en avant plus qu’un autre. Les autorités peuvent souffler, la paix civile est sauvegardée. Il y a peut-être même une forme d’humour dans le chapiteau d’Abel et Caïn représentant les différents « lobbys » chrétiens, chacun persuadé d’être le meilleur serviteur de Dieu.

    En ce qui concerne les plus vieilles « églises », si on compare avec les temples orientaux, les sculptures et fresques de ces derniers font toujours référence à des récits (Osiris, Héraklès etc...). Et dans les chapiteaux des églises plus récentes, on peut clairement identifier des scènes des Évangiles. Que les chapiteaux des « églises » les plus anciennes n’aient qu’une dimension symbolique sans référence à des textes précis me paraît détonner dans ce contexte.

    En ce qui concerne les Druides, ce sont leurs idées pythagoriciennes qui m’interrogent. Ce pythagorisme est précisément leur point commun avec les Gnostiques judéo-chrétiens. Je me demande si ce gnosticisme judéo-chrétien n’est pas né en Egypte un peu avant le début de notre ère d’une rencontre entre des savants théologiens juifs en particulier esséniens (puis chrétiens) et gaulois/galates. Il aura ensuite été réimporté en Gaule cohabitant avec d’autres formes de Christianisme.



  • Antenor Antenor 19 janvier 2021 18:33

    @ Emile

    Si les chapiteaux de Mont-Saint-Vincent sont incontestablement d’inspiration orientale, on n’y trouve pas de représentation des divinités cananéennes : Baal, Astarté, El etc... Le Soleil et la Lune sculptés au Crest étaient considérés comme des divinités dans toutes les cultures connues. On ne peut pas dire qu’il s’agisse spécifiquement de cananéen. L’observatoire astronomique de Stonehenge a été bâti avant Byblos. Dans le Judéo-druidisme que vous proposez, je ne vois pas quel est l’apport gaulois. Les Druides n’auraient fait que copier les religions orientales, d’abord cananéenne puis juive, au fil des siècles sans jamais développer de pensée propre ?

    A Notre-Dame-Du-Port de Clermont, les commanditaires des chapiteaux se sont sans doute accordés sur le plus petit dénominateur commun entre les différentes factions chrétiennes locales. On y représente la naissance du Messie et ensuite chaque école de pensée prêche la suite qui lui convient. Certains courants rejetaient en particulier la crucifixion. Le Protévangile de Jacques a été écrit par un mouvement juif essénien dont on perd la trace après le siège de Jérusalem en 70. Il ne reste dans les textes que les Chrétiens/Nazaréens prêchant différents évangiles et les Juifs issus du Pharisianisme réformé à Tibériade qui rejettent ces mêmes évangiles.



  • Antenor Antenor 18 janvier 2021 18:51

    @ Emile

    Je suis bien d’accord sur le fait qu’on ne trouve pas de référence aux évangiles canoniques sur les chapiteaux de bon nombre d’églises romanes. Pour prendre l’exemple de Mont-Saint-Vincent :

    Le texte gnostique de la Pistis Sophia qui me paraît être la source d’inspiration des sculpteurs est une sorte de Genèse pythagoricienne expliquée aux disciples par un Jésus ressuscité. On a affaire à ce que vous appelez un « Jésus du Ciel ». Son passage sur terre y est anecdotique, l’important est son discours explicatif.

    La représentation de cette « Génèse valentinienne » pourrait bien être la preuve que le Mont-Saint-Vincent possède la plus ancienne « église romane » jamais construite. Le chapiteau orné d’un V me semble être la signature des Valentiniens.

    Les Gnostique valentiniens peuvent être qualifiés de Chrétiens ultra-hellènistes dans le sens où s’ils admettent la messianité de Jésus-Christ, ils remettent totalement en question ce que nous appelons l’Ancien Testament jugeant incompatibles Jésus-Christ et le vieux « YHWH des armées ».

    En cela, ils sont à l’opposé de ceux que les auteurs catholiques romains appelaient les Ebionites, Chrétiens (ou plutôt Nazaréens) orientaux continuant d’appliquer la Torah à la lettre et rejetant l’entrée des nations païennes dans l’Alliance. L’Évêque de Rome tentant de faire la balance entre les deux.

    Si les Gaulois s’étaient convertis en masse au Judaïsme, on en aurait des traces écrites et archéologiques. Un rapprochement entre druidisme et judaïsme n’a pu se faire sur la seule base d’un messianisme qumranien pur et dur vouant les païens aux gémonies. Il paraît plus vraisemblable qu’ils se soient d’abord accordés sur des conceptions plus œcuméniques dont le Pythagorisme aura été la pierre d’angle. La première figure du Gnosticisme, Philon, juif d’Alexandrie, est contemporaine de celle de Jésus de Nazareth. Il est peut-être le premier exemple connu de Judéo-Druidisme. Les deux mouvements ont ensuite dû s’influencer l’un l’autre au fil du temps et peut-être fusionner en Gaule.


    Le texte de la Pistis Sophia :
    http://remacle.org/bloodwolf/apocryphes/pistissophia.htm


    Les chapiteaux de Mont-Saint-Vincent :
    https://sites.google.com/site/artromanfrance/bourgogne/mont-saint-vincent



  • Antenor Antenor 17 janvier 2021 16:26

    @ Emile

    Saint-Marcel de Chalon a été condamné pour avoir dénoncé le culte aux idoles. S’il y a du judaïsme dans cette histoire, il est du côté de Saint-Marcel et pas de ceux qui vénéraient des statues. Comment reconnaître des chapiteaux « judéo-druidiques » si on n’a pas les textes pour les identifier ? Imaginez qu’on tente de comprendre les fresques de Doura Europos sans connaître l’Ancien Testament.

    A Mont-Saint-Vincent et Gourdon, les seuls textes que j’arrive à relier aux chapiteaux sont ceux des gnostiques. Le chapiteau de la chouette me semble être une représentation de la Pistis Sophia / Fidèle Sagesse. La figure du lion est omniprésente aussi bien dans ces chapiteaux que dans les textes gnostiques. Les Loggias de Thomas, le plus célèbre des textes gnostiques présents à Nag Hammadi, font également référence à l’Homme-Lion.

    Cette figure du lion est peut-être à mettre en lien avec la ville des Oniades : Léontopolis. Une partie des Esséniens d’Egypte constatant l’impasse des textes de Qumran aura commencé à s’ouvrir à des influences extérieures, en particulier Galates/Gauloises. Le messianisme ne doit pas être l’arbre qui cache tout le reste de la philosophie religieuse de l’époque. A quoi bon construire des temples si on s’attend à une fin du monde imminente ?

    Eusèbe de Césarée rapproche les Druides du Judaïsme et Clément d’Alexandrie les rapproche du Pythagorisme. Ce n’est donc là encore pas un hasard si ce Gnosticisme alexandrin est précisément une tentative de conciliation du judaïsme évangélisé avec les doctrines de Pythagore. Voilà qui correspond a priori à ce qu’on pourrait appelé du judéo-druidisme ! La science des nombres pythagoricienne que les druides ont déployée dans les objets laténiens s’est perpétuée chez leurs héritiers jusque dans les cathédrale gothiques.



  • Antenor Antenor 16 janvier 2021 14:40

    @ Emile

    Je ne dis pas que les textes retrouvés à Nag Hammadi ont forcément été écrits en Egypte, leur rédaction s’échelonne probablement sur une longue période. Par contre, ils appartiennent à un courant appelé gnosticisme valentinien originaire d’Alexandrie particulièrement craint par les auteurs catholiques antiques et qui sont signalés comme étant très présents en Gaule. Les Esséniens se revendiquant de la succession du Grand Prêtre Simon le Juste étaient et sont toujours à Rome.

    La principale faille dans votre thèse « judéo-druidique » est que ce courant n’apparaît nulle part chez les auteurs chrétiens qui pourtant s’évertuaient à lutter contre toutes formes d’hérésies dans leurs écrits. Pour faire simple, je pense que ce que vous appelez « judéo-druidisme » correspond à ce qu’ils appelaient « gnosticisme ». Il faudrait faire un recensement à grande échelle mais j’ai bien l’impression que les motifs des chapiteaux des églises romane sont inspirés en très large part de thèmes qu’on retrouve dans les écrits dits « gnostiques ».

Voir tous ses commentaires (20 par page)


Publicité


Publicité



Palmarès

Publicité


Agoravox.tv