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Terrien français né au milieu des années quatre-vingt. Passionné par l'histoire ancienne et la géographie humaine.

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  • Antenor Antenor 20 août 2020 17:21

    @ Emile

    Chez F. Josèphe, les trois courants sadducéens, pharisiens et esséniens sont mentionnés à partir de Jonathan Macchabées. Ce qui peut signifier qu’ils sont tous issus du mouvement assidéen. Certains des plus anciens textes de Qumran ont pu ainsi faire partie de l’héritage des trois courants.

    Jean Hyrcan Ier favorise les Sadducéens et se brouille avec les Pharisiens. C’est Alexandre Jannée qui va initier la réconciliation avec les Pharisiens à la fin de son règne. Les Esséniens sont peut-être des Pharisiens qui ont refusé cet accord et se sont retirés vers Damas. Ils se seraient ensuite rapprochés des Juifs babyloniens installés en Batanée par Hérode.

    S’estimant trahi par les Pharisiens au profit des Hérodiens, Jean-Baptiste (les asmonéens) se serait tourné vers les Esséniens du Nord en leur proposant la prêtrise tandis qu’il récupèrerait le pouvoir politique. D’où l’embrouillamini sur qui doit baptiser qui sur les rives du Jourdain.

    A la doublette Gamala-Bethsaid répondent deux autres doublettes : Jean et Jacques (asmonéens), André et Simon (esséniens). Les Esséniens semblant plutôt bien vus par Hérode, il est possible qu’ils aient remis un pied dans Gamala et cohabité avec des descendants d’Asmonéens. On aurait ainsi Simon et Jacques dans la citadelle et Jean et André dans la ville de Bethsaïd. Ces deux derniers ont logiquement fait le lien entre Jean-Baptiste et Gamala entraînant Philippe (babyloniens) au passage.



  • Antenor Antenor 19 août 2020 16:38

    @ Emile

    J’ai du mal à croire que la proximité entre les grottes et le site de Qumran soit due au hasard. Si ces rouleaux proviennent d’une bibliothèque de Qumran, cela ne veut pas dire qu’ils y ont été élaborés voir même recopiés. Le manuscrit de Damas nous donne la direction à suivre quant à leur origine.

    Concernant le contenu des rouleaux eux-mêmes, les traducteurs ne sont pas d’accord entre eux pour dire s’ils sont pro ou anti-asmonéens. Le flou littéraire laissé volontairement par les auteurs s’ajoutant à l’état parfois bien dégradé des matériaux. Il faut néanmoins tenir compte du fait que Qumran se trouve à seulement quelques encablures de Jérusalem. Quand on voit la violence déployée à cette période ; il parait suicidaire pour des anti-asmonéens d’y avoir stocker des pamphlets contre ces monarques.

    Et c’est peut-être précisément le règne d’Alexandre Jannée qui a marqué la rupture entre les Esséniens d’un côté et les Asmonéens alliés aux Pharisiens de l’autre. Qumran aurait été une sorte d’enclave essénienne autorisée par le pouvoir de Jérusalem sous réserve d’une stricte neutralité. Neutralité qui se serait prolongée à l’époque hérodienne, d’où l’absence de soutien fourni à Jean-Baptiste.

    En Galilée, les Esséniens se sont trouvés dans la situation paradoxale d’être plus libres vis à vis de Jérusalem et de devoir en même temps composer avec des populations moins judaïsées qu’en Judée. Il me paraît peu vraisemblable que l’idée de l’ouverture de l’alliance aux nations ait germé en Judée. On a plutôt l’impression d’une Jérusalem qui se recroqueville de plus en plus sur elle-même. Les Pharisiens se trouvant coincés entre le marteau romain et l’enclume essénienne.

    Chez F. Josephe, Macheronte est tenue par les Hérodiens. Et je me demande si ce n’est pas plutôt à Hyrcania que Jean-Baptiste a été emprisonné. Hérodiens et Esséniens semblent plutôt bien cohabiter. Le but initial de Jean-Baptiste, s’estimant trahi par les Pharisiens, étant sans doute de rallier les Esséniens à sa cause en les retournant contre les Hérodiens.

    http://remacle.org/bloodwolf/historiens/Flajose/juda15.htm#365

    On pourrait dire que les Evangiles sont esséniens sur la forme mais pas sur le fond. On retrouve des points communs avec le messianisme de Qumran mais leur vision de la société est radicalement différente. A Qumran, on prépare la Guerre Sainte. Dans les Evangiles, on cherche à convertir par la Parole.



  • Antenor Antenor 18 août 2020 21:02

    @ Emile

    Le problème est que le site de Qumran étant à ce jour unique, on ignore dans quel mesure il est représentatif de l’ensemble des Esséniens. En tout cas, on n’y trouve pas trace des Evangiles en général et de celui de Jean en particulier. C’est pour cette raison que j’ai de gros doutes quant au fait que Jean Baptiste à qui vous attribuez les idées principales de cet Evangile ait séjourné longtemps à Qumran.

    On peut même se demander si ce ne sont pas plutôt les Esséniens du Nord dont on n’a hélas pas de trace directe qui ont commencé à évoluer avant l’époque de Jésus à l’inverse de ceux de Qumran. Cela expliquerait pourquoi Jean Baptiste s’appuie sur ceux de la « Galilée des Nations » pour lancer le mouvement. Jean Baptiste ne semble trouver aucun soutien dans le Sud au contraire de Jésus dans le Nord. Ce qui laisse penser que les Esséniens du Sud ne l’ont pas suivi.

    L’évangile de Jean n’affronte pas directement la question de la Loi cependant à travers les exemples mis en avant, on n’y sent pas un rigorisme rigide. Chez Marc, c’est déjà plus ambigu parce que les actions de Jésus contredisant la loi mosaïque sont très souvent justifiées par d’autres exemples tirés eux-mêmes de la Bible. Il n’y a que Luc qui met les pieds dans le plat avant que Matthieu ne vienne le tempérer.

    Concernant la mystérieuse ville prise par Jannée, je me demande s’il ne s’agit pas de Bethanie qui semble être l’unique lieu où Jésus disposent de soutiens actifs en Judée. Est-ce que l’épisode de Lazare n’évoquerait pas la résurrection symbolique de ces martyrs ?



  • Antenor Antenor 18 août 2020 16:19

    « Esséniens réformateurs » me semble être un oxymore. A Qumran, pas la moindre trace de libéralisation de la religion. C’est probablement de l’autre côté du Jourdain, chez les Nabatéens que s’est réfugiée Elisabeth à la naissance de Jean Baptiste.

    En refranchissant le Jourdain en sens inverse au pied de Jéricho environ quarante ans plus tard tout en proclamant l’arrivée d’un nouveau Josué, Jean Baptiste (les Asmonéens) affichait clairement ses intentions.

    Jean de Bethsaïde symboliserait dans cette optique les partisans galiléens de Jean-Baptiste tentant de rallier à leur cause des Israelites de toutes origines symbolisés par Jacques le Majeur.

    Le seul personnage qu’on peut qualifier d’essénien réformateur est André. Il représenterait justement la faction essénienne souhaitant se réconcilier avec Jean-Baptiste et essayant de convaincre les dirigeants esséniens (Simon-Pierre) de suivre la bannière de Jésus. Le nom d’André est d’ailleurs intéressant, il signifie l’Homme. Ce qui signifie que c’est dans cette communauté qu’on s’attendait à voir surgir le « Fils de l’Homme ».

    Concernant l’exil des huit mille, dans Guerre des Juifs comme dans Antiquités Judaïques, il est précisé qu’il prend fin à la mort de Jannée. Cet exil pourrait correspondre à la retraite dans le désert de Joachim dans le Protévangile de Jacques ?



  • Antenor Antenor 1er août 2020 14:15

    Hypothèse :

    Dans les trois evangiles synoptiques, les femmes/populations galiléennes observent la crucifixion de loin parce qu’elle a lieu à Jérusalem en Judée. La galiléenne Marie de Magdala n’arrive au tombeau qu’accompagnée par une autre Marie, sans doute celle de Bethanie, village de Judée situé au pied de Jérusalem ; parce qu’elle connaît mal les lieux.

    Dans l’évangile de Jean, les Maries/populations galiléennes se tiennent au pied de la croix parce que la crucifixion a eu lieu à Tibériade en Galilée. Marie de Magdala arrive seule la première au tombeau parce que Magdala se situe juste à côté de Tibériade.

    Pour Cléophas, il faut sans doute chercher une connection égyptienne entre la Gaule et la Judée via les mercenaires gaulois qui y ont transité pendant des décennies.

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