Comment être sûr que les pierres taillées représentées à
Gourdon évoquent celles de la tour de Taisey et non d’un autre bâtiment ?
D’autant qu’à Gourdon, elles sont rouges. La pièce utilisée comme
modèle par l’artiste était sans doute bien connue dans la région et très fréquentée afin d’être facilement reconnue.
Cela me semble difficilement applicable à un ouvrage militaire. Je pense
plutôt à un lieu d’accueil des pèlerins. Une abbaye ?
Pour moi la fresque de « la pièce à la fenêtre ouverte sur Jérusalem » représente l’intérieur de la synagogue d’Emmaüs comme l’artiste se l’imaginait. C’est pour cela qu’elle se trouve à côté de la fresque de Cléophas. Si vous percez une vraie fenêtre dans le mur sud de l’église où elle a été peinte, vous verrez Mont-Saint-Vincent à la place de Jérusalem.
Le commanditaire de l’œuvre a voulu faire un parallèle entre Jérusalem - Emmaüs et Mont-Saint-Vincent - Gourdon. On retrouve ce parallèle dans les trois « Maries » (Mary, Marigny et Marizy) implantées au pied de Mont-Saint-Vincent. Peut-être que Chalon était perçu comme la Césarée (tour de Straton / tour de Taisey) d’où arrivaient les Romains. Autun aurait alors été identifiée à Sephoris ???
Même questionnement pour l’Auvergne ; le quartier du Port à Clermont a pu être mis en parallèle avec Bethléem au pied de Jérusalem (ici Clermont). D’où les chapiteaux essentiellement dédiés à la Nativité.
J’insiste sur le Grand Prêtre Jason parce que s’il est effectivement présenté comme philhellène dans le second livre des Macchabées, ce n’est pas du tout le cas chez Flavius Josèphe. L’un des deux auteurs ment.
Chez les Chrétiens, le messie est déjà venu. Le Protévangile de Jacques raconte sa naissance à l’époque d’Hérode. Je ne comprends pas pourquoi vous n’appliquez pas la même grille de lecture à Notre-Dame-du-Port et à l’autel de Pergame par exemple. A Pergame, les Grecs ont utilisé le combat mythique des Dieux olympiens contre les Géants pour représenter leur guerre contemporaine contre les Gaulois.
A mon sens, c’est une idée similaire qui a dirigé la construction de Notre-Dame-du-Port. Cette église a sans doute été construite à une période compliquée pour l’Auvergne, un peu comme la Judée à l’époque d’Hérode et ses constructeurs se sont identifiés aux familles de Marie et Elizabeth. Mais cela ne veut pas dire qu’ils s’imaginaient qu’un nouveau messie allait apparaître. Simplement qu’ils allaient suivre l’exemple des Anciens. Pas plus que les Grecs ne se prenaient pour des Dieux, les Arvernes ne se prenaient pour des Messies en puissance.
J’ai attiré votre attention sur le grand-prêtre Jésus/Jason parce que justement la piste d’Onias et de sa descendance semble être une impasse. La construction du temple d’Onias en Egypte n’est guère compatible avec ce qu’on sait du Maître de Justice. Leur père, le grand-prêtre Simon n’ayant jamais été exilé, il ne reste que ce Jésus/Jason à condition que la version de Flavius Josèphe soit la bonne. Je me demande même si « l’homme du mensonge » des rouleaux de Qumran ne désignerait pas l’auteur du Second Livre des Macchabées. Qui sait si après Sparte, ce Jésus/Jason n’est pas allé se réfugier jusqu’en Gaule à l’abri des intrigues judéo-grecques ?
Au Vème siècle, cela faisait un bout de temps que le conseil suprême essénien n’existait plus. Comment donner du sens au Protévangile de Jacques sans l’accompagner des Evangiles dans ce contexte ? D’où était censé sortir le messie et par qui serait-il légitimé ? Et surtout en quoi ces histoires juives intéressaient-elle la population arverne qui avait ses propres dieux qui ont simplement été remplacés par les saints chrétiens ?
Remarque accessoire : la différence de traitement du Grand Prêtre Jésus/Jason, frère de Onias, par Flavius Josèphe et l’auteur du Second Livre des Macchabées est vraiment frappante. Si c’est Flavius Josèphe qui est dans le vrai et que l’auteur des Macchabées a déformé la réalité au profit des Hasmonéens alors le Maître de Justice de Qumran pourrait bien être ce Jésus/Jason. Ce qui expliquerait pourquoi le messie des Evangiles s’appelle Jésus et non Simon ou Onias.
Dans une société en crise, celui qui porte les insignes du pouvoir revêt forcément aussi les habits du sauveur. C’est simplement un problème de conjoncture. En temps de prospérité, l’Oint est un simple « gérant », il maintient l’ordre établi. En des temps troublés comme ceux que connaissait le Judaïsme au début de notre ère ; on attendait forcément beaucoup plus de lui. Les Evangiles sont allés encore plus loin en faisant de leur Oint un être divin.