Vous laissez quand même entendre que la séparation entre christ venu et christ à venir, a lieu entre le protévangile de Jacques et les Evangiles :
« Il est clair que dans le Protévangile, le jésus n’est qu’annoncé. C’est donc à partir de là que s’explique la séparation entre ceux qui croient que ce Christ est toujours à venir et ceux qui croient qu’il est venu dans les évangiles. »
S’il ne s’appuyait pas sur les Evangiles, vous pensez que Posthumus avait en sa possession des rouleaux semblables à ceux de Qumran comme l’écrit de Damas ou le Règlement de la Guerre ?
Vous mettez vous-même en parallèle les évènements décrits dans le Protévangile de Jacques avec le récit de Flavius Josèphe. Il peut être pris comme une prophétie au premier degré mais pas dans sa lecture allégorique qui décrit des actions bien réelles. S’il n’y croyait pas fermement, l’aurait-il écrit ? A ce moment-ci, la machine est lancée même si on ne sait pas trop qui est aux commandes. Jacques, prudent, ne dit pas que Jésus est allé se réfugier en Egypte.
Je ne pense pas qu’on puisse séparer le Protévangile de Jacques du reste des Evangiles. En le faisant, vous entérinez l’erreur de l’Eglise. Les Juifs ont cru dans d’autres messies que celui de Nazareth mais chez Jacques, c’est bien du cousin de Jean dont il est question. Jacques lie les destins de Jésus et de Jean. Et à l’époque de Posthumus, Jean était mort depuis longtemps. Le Jésus de Jacques ne pouvait se manifester que du vivant du Baptiste pour être crédible. Seul Jean pouvait l’authentifier. Les Juifs n’ont pas attendu le Protévangile de Jacques pour croire en un messie à venir. Ce texte est une tentative essénienne de faire s’accomplir leur croyance. Jean en est l’épine dorsale.
Vous imaginez Posthumus présenter un messie en utilisant le protévangile de Jacques ? La foule des croyants lui répondra : Où est Jean ?
Mais Jésus de Nazareth est un christ du ciel ! Vous êtes le premier à dire dans vos ouvrages que lorsque les disciples s’adressaient à Jésus, ils étaient tournés vers le ciel. Rien dans la forme ne peut distinguer le Christ des Evangiles d’un autre. Reconnaissez qu’à Chalon, avec seulement deux chapiteaux, on ne peut argumenter dans un sens ou dans l’autre.
A Gourdon, rebelote, on a à nouveau le nom de Cléopas qui apparaît. Je veux bien qu’il ne désigne qu’une diaspora essénienne spécifiquement chalonaise mais cela ne change rien au fond du problème, au contraire. Ce nom résonne comme un rappel : « Souvenez-vous d’Emmaüs »
Chez Luc, Cléophas est un des premiers à reconnaître Jésus après sa résurrection. Chez Jean, Marie-Cléophas est une des trois femmes au pied de la croix. On n’a pas affaire ici à un Simon-Pierre hésitant.
Saint-Marcel venait de Lyon, il se situe dans la lignée des Saints du catholicisme romain légitimé par Nicée. Ceux qui l’ont mis à mort n’avaient peut-être pas la même lecture des Evangiles que lui.
La Genèse ne parle pas de la Méditerranée Occidentale, de l’Afrique Sub-Saharienne, de l’Inde, de la Russie, de l’Asie Orientale, de l’Océanie, des Amériques... Pourquoi l’arche ne s’est-elle pas posée au sommet du Mont-Everest ?
Comme par hasard, l’arche de Noé s’est posée au sommet d’une montagne du Proche-Orient. Comme par hasard, l’arche de Deucalion s’est posée au sommet d’une montagne grecque. Je suppose que les Gaulois devaient aussi avoir leur version du déluge dans lequel l’arche de leur héros fondateur se posait au sommet du Mont-Blanc.
Tous ces noms, Sem, Mistraïm, Canaan désignent des clans entiers colonisant des terres de plus en plus éloignées de la Haute-Mésopotamie mais cela ne veut pas dire qu’elles étaient inhabitées ! Mistraïm par exemple désigne un clan proche-oriental tentant de coloniser l’Egypte. Il ne désigne absolument pas ceux que nous appelons les Egyptiens anciens qui étaient là depuis bien plus longtemps. Les textes égyptiens parlent pendant des siècles des tentatives d’infiltration des asiatiques dans le Delta du Nil.
Je pense qu’Eber qui a donné son nom aux Hébreux désigne une dynastie d’Ebla dont Harran était vassale. La haine des Hébreux pour les Amorites vient du fait que ces derniers se sont emparés d’Ebla et de sa région. Le Déluge biblique symbolise la guerre remportée par Ebla sur Mari vers -2400.
Héraklès s’est emparé de Troie quand Priam était encore enfant. La guerre de Troie a eu lieu vers -1200 donc Héraklès a vécu un peu avant. Si on a compris que derrière ces noms de héros se cachent des dynasties entières, cela situe Héraklès vers -1300. Soit mille ans avant que les Galates ne mettent les pieds en Anatolie. Le passage d’Héraklès en Gaule coïncide avec le début du Bronze Final. Mais cela ne veut pas dire que les Celtes n’existaient pas déjà avant.
L’aire linguistique celte si on en exclut l’Anatolie, allait de l’Atlantique au Danube. La Gaule est en plein milieu et bien malin qui peut dire où, quand et comment se sont diffusées les langues celtes. Néolithique ? Campaniforme ? Age du Bronze ? On ne sait pas trop...