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Puisqu’une de vos interrogations tournait autour de la voyellisation finale (marquage des genres) en russe et hindi : commençons alors par la question des voyelles en PIE.
(précision : la notation avec astérisque * exprime le caractère reconstruit des éléments exposés (phonèmes, racines, mots,etc…) soit entre hypothétique et probable)
Donc phonologie PIE probable : voyelles
Le système voyellaire PIE est supposé ne connaître au départ que deux voyelles notées : *o soit [ə] et *e [a], en le rapprochant d’un groupe linguistique présentant cette même caractéristique, le groupe des langues abkhazo-adygiennes, on suppose que d’un point de vue phonétique/phonologique le système voyellaire PIE s’apparentait à un jeu d’opposition entre une voyelle fermée et une ouverte.
A noter : la confusion *o&*e forme le /a/ en PIE (transition par le biais de [ä] ou [ɐ]), une loi linguistique phonétique formalise aussi cette mutation postérieure avec
Attention cependant, nous parlons du système voyellaire de base, ce qui n’implique pas l’absence de sons proches de nos voyelles actuelles : sons obtenus par diphtongue ou allophonie, (exemples : syllabes : *em,*om,*en,*on,*ew,*ow,*ey,*oy…où consonnes (ainsi que d’autres) *y et *w jouent le rôle de voyelles) : bref par association avec des consonnes et formations de segments syllabaires : d’où un système voyellaire secondaire où nous retrouverons *i et *u, et à nouveau un jeu d’opposition : *i,*u/*e,*o ; *e,*i/*o,*u plus la possibilité de voyelles longues *ē/*ō
Pour plus de détail, je vous renvoie à la notion d’alternance ou gradation vocalique, (en anglais indo-european ablaut) qui définit le système de gradations des timbres vocaliques propres au groupe indo-européen et au langage PIE.
passons maintenant aux voyelles dans les langues qui nous intéressent ou plutôt dans les groupes auxquels elles appartiennent : ceci afin de voir quelles lois linguistiques s’appliquent pour ces langues et donc quelles sont les divergences ou convergences possibles ou probables :
Russe : la langue russe connaît cinq phonèmes dans le registre voyelles : i, e, a, u, o ; voyelles présentant de nombreux allophones ; à cela les voyelles (ɨ) centrale fermée et (ə) centrale moyenne peuvent être considérées comme des voyelles en russe (bien que cela soit sujet à discussion : mais ceci est un autre débat).
Hindi(-Urdu) : la langue hindi connaît dix phonèmes dans le registre voyelles, construit selon un système fondé sur la symétrie entre 3 voyelles courtes ə, ɪ, ʊ et 7 voyelles longues aː, iː, uː, eː, oː, ɛː, ɔː ; à noter importance de la nasalisation
Notes :
ʊ = voyelle pré-fermée (mi-)postérieure arrondie comme dans foule en français
ɛ = voyelle mi-ouverte antérieure non arrondie comme dans bed en anglais
ɔ = voyelle mi-ouverte postérieure arrondie comme dans sort en français
remontons maintenant aux langues-mères les plus influentes dans la genèse du hindi et du russe soit le sanskrit et le vieux-slave, ainsi qu’aux proto-langues dont ils sont issus (bien entendu à nouveau exposé sommaire pour mettre en évidence les éléments les plus pertinents)
système voyellaire vieux-slave : i, y, u, ь, ъ, e, ę, o, ǫ, ě, a
les séquences voyellaires /aa/, /aě/ /ai/, /au/, /ao/, /oi/, /ou/, /oo/, /ěi/, /ěo/ sont attestées en vieux-slave mais n’apparaissent que dans un nombre restreint de morphèmes ou unités lexicales (lèmes)
système voyellaire sanskrit (fondé sur cette même symétrie voyelles courtes/longues que le hindi-urdu) : a/ā ; i/ī ; u/ū ; diphtongues : e, ai, o, au ; consonnes syllabiques (entendues comme voyelles) : ṛ, ṝ, ḷ, ḹ
petite pause : chère Arunah, le but de cet exposé n’est pas, je vous rassure de vous infliger la migraine, mais à partir de ces rappels sommaires remonter jusqu’aux points de divergences entre rameaux balto-slave et indo-iranien afin de mettre en évidence ce qui relève d’un fond commun (racines et étymons, certaines contraintes morphologiques, etc…) et le fait que le marquage des genres caractéristiques du russe ou hindi peut autant être considéré par la linguistique, que résulter de l’évolution de ces langues et des contraintes qui sont apparues lors de cette évolution. Enfin, le choix des voyelles comme fil conducteur est arbitraire mais aussi plus pratique pour plusieurs raisons : une approche par les consonnes serait trop longue et ardue (les systèmes consonnantiques étant beaucoup plus complexes) et mes commentaires atteindraient alors une densité intolérable pour certains de mes admirateurs…bahhhhh….
Soit nouveau bond en arrière : continuons avec les caractéristiques propres aux groupes proto-indo-iranien et proto-balto-slave
Si j’ai insisté sur l’opposition/alternance voyelles longues/courtes en sanskrit et ne l’est pas jusqu’à ce stade évoquer quant au vieux-slave : c’est pour arriver à ce point précis : l’existence de ce système d’opposition/alternance des voyelles longues&courtes dans les groupes : balto-slave (et donc le proto-balto-slave ainsi que le proto-slave), ainsi que indo-iranien (et donc dans le proto-indo-aryen et proto-indo-iranien) et donc dans le PIE : ce qui nous renvoie au début de cet exposé avec le jeu d’opposition entre *o&*e .
Le vieux-slave rend en effet bien compte de cette alternance : ainsi avons-nous présenté le système voyellaire du vieux-slave : ь, ъ, i, y, u, e, ę, o, ǫ, ě, a
l’alternance voyelles longues/courtes apparaît alors ainsi :
/ь/ : /i/ ; /ъ/ : /y/ : /u/ ; /e/ : /ě/ : /i/ ; /o/ : /a/ ;/o/ : /e/ ;/ě/ : /a/ ;/ъ/ : /ь/ ;/y/ : /i/ ;/ě/ : /i/ ;/y/ : /ę/
Nous avons donc apparition d’un premier fond commun, qui dépasse le simple registre étymologique : puisque nous sommes là en face de particularités phonologiques donc structurelles partagées par des langues (ou groupes linguistiques) qui donc divergent vers -6900 BP mais qui conservent en vieux-slave (fixé au IXème siècle), sanskrit (app. entre IIème millénaire av JC et -1500 av JC), russe (app. XIVème siècle) et hindi (entre 7ème et 10ème siècle)
@arunah :
Suite donc…
Pour récapituler le commentaire précèdent : nous avons dressé un tableau général des langues russe et hindi : données qui apparaîtront certes pour des généralités mais qui sont essentielles afin de nous permettre de cibler les diverses pistes de recherches : comme vos interrogations intègrent les champs sémantique/lexical/phonétique d’une part et syntaxe/grammaire d’autre part : nous devrons comme dans l’énoncé succinct précédent opérer dans les registres : linguistique (filiation et rameaux linguistiques ) phonologique (structure) historique (migrations et ethnogénèse) enfin typologie syntaxique.
Rassurez-vous : cela fait de manière succincte mais suffisamment détaillée pour qu’apparaisse les éléments les plus pertinents.
Donc retour à la chronologie : nous ne pouvons lier russe et hindi sans évoquer leurs ascendants et les phases communes et de divergence de ces ancêtres.
Donc bond en arrière : divergence des rameaux portant les futurs langues slaves et indiennes. (Précision : notation anglo-saxonne en BP soit before present, bien entendu les dates exposées sont des estimations. A noter : estimations qui se rejoignent quelque soit la méthode utilisée)
-6900 les futurs rameaux balto-slave et indo-iranien divergent
-6500 le futur rameau balto-slave se sépare des futurs rameaux celtique, italique, germanique
-3400 le rameau balto-slave se sépare dans ce qui donnera les rameaux baltes et slaves
-1300 le rameau slave se divise en deux : un rameau portant les futures langues slaves méridionales slovène, macédonien, bulgare, serbocroate ; un second portant les futures langues slaves occidentales et orientales lusatiennes (=sorabe), tchèque, slovaque, ukrainien, biélorusse, russe, polonais
-quant au rameau balte de -3400 à -3200 : les langues lituanienne (différentes variantes) et lettone (+variantes) divergent et sont donc présentes vers -3200
Premier constat : les langues du groupe slave se différencient relativement tardivement ; comparativement au groupe balte prés de deux millénaires sépare différenciation des langues slaves de celle des langues baltes : d’où mon évocation précédente de la plus grande proximité entre langues baltes et sanskrit.
Passons donc aux langues indiennes, ou indo-aryennes, soit le groupe indo-iranien.
A partir de -6900, le futur rameau indo-iranien se confond avec le rameau portant le futur rameau albanais
(rameau probablement thraco-illyrien même si nombre de questions demeurent en suspens : les langues thraco-illyriennes pouvant être apparentées au groupe centum parfois, d’autres au groupe satem : mais ceci nous éloigne de notre sujet)
Soit il faut attendre jusque -4600 avant que la première divergence apparaisse au sein du groupe indo-iranien, rameaux portant futures langues indiennes ou indo-aryennes se séparant de celui portant les futures langues iraniennes
-2900 première divergence sur le rameau indo-aryen avec apparition du futur rameau des langues dardiques (ex : kashmiri) et/ou nouristanies, peu après divergence dans deux directions notables : un premier rameau (romani, cingalais), un second rameau portant les futures langues principales du sous-continent indien (marathi, gujarati, penjabi, lahnda, hindi, bengali, etc…), enfin le groupe des langues népalaise et kashkura
-2500 première divergence sur le rameau iranien : deux axes principaux : divergence du groupe portant les futures langues : afghan, waziri ; second rameau portant la sous-branche de la future langue : baloutche (qui se sépare assez précocement), puis deux autres sous-branches : sur l’une groupes persan et tadjik, sur l’autre groupes ossète et wakhi
Premier constat : l’hindi et le russe apparaissent relativement tardivement, et les rameaux desquels ils sont issus se différencient à des périodes trop espacées (hindi (à entendre ensemble des proto-langues dont il est issu) vers -2900 BP soit app. -900 av JC, russe vers -1300 soit app. 8ème siècle ap JC) pour qu’on puisse établir des liens directs entre ces deux langues.
Donc nous devons revenir vers -6900 BP soit le Vème millénaire av JC et observer les évolutions respectives des groupes indo-iraniens et balto-slaves qui jusque là se situaient sur le même tronc.
Si l’on ajoute leur appartenance commune au groupe satem, un nouveau bon en arrière s’impose puisque la première divergence dans ce groupe se fait aux alentours de -7900 BP avec l’émergence du futur rameau tokkharien (différentiation tokkharien A et B apparaissant app. 1700 ans plus tard soit -6200 BP)
Donc, retour aux racines PIE et à la syntaxe/morphologie primitive du PIE
Bien entendu, impossible d’exposer ici l’ensemble des données issues de la reconstruction du PIE mais juste celles qui semblent pertinentes pour les groupes linguistiques qui nous intéressent (groupe balto-slave et groupe indo-iranien) ; de même pour les cultures relevant des périodes liées à ces divergences des groupes linguistiques, je vous renvoie à mes divers commentaires notamment sous l’article précédent de M. Mourey, ceci afin d’éviter un commentaire beaucoup trop long…(et m’éviter aussi le surmenage dactyle…)
« Les sources historiques nous apportent beaucoup de mots, qui sont des catégories abstraites. Certains estiment qu’un catalogue de catégories suffit à faire de l’histoire, je ne le crois pas. C’est au niveau de la manière d’articuler entre elles les sources qu’il y a une réflexion à mener, au niveau des principes d’organisation de la connaissance (le paradigme). Mr Mourey interroge le paradigme,… »
Bien entendu, vous ne vous êtes même pas rendu compte que Mr Badguru ne se réfère que rarement à des sources historiques mais principalement à des données et faits concrets et non abstraits issus des recherches dans des domaines aussi divers que ne le sont la linguistique, l’archéologie, l’anthropologie, l’ethnologie, la génétique, etc…
Bien entendu, vous ne vous êtes pas rendu compte que le but de ces longs commentaires désobligeants envers l’interlocuteur, Mr Badguru s’attachait à cet exercice d’articulation des sources et faits que vous préconisez. Mais bien entendu, vous vous prétendez à même de décréter que Mr Badguru est un connard prétentieux, obsédé du Dogme et enfermé dans un paradigme.
Donc Mr Badguru, somme toute, plus que saôulé, par votre incapacité à le comprendre et votre prétention à l’analyser, vous renvoie à nouveau à la lecture de ces commentaires désobligeants envers l’interlocuteur…Mr Badguru tient à vous rappeler que tout comme vous l’avez rappelé, l’occultation de l’espace danubien et de l’importance de l’axe danubien a été la source de nombre de ses objections à l’encontre des hypothèses de M. Mourey ou celles d’Antenor : bien entendu, que cela ne vous empêche pas de considérer Mr Badguru comme un orthodoxe timoré et obsédé…
L’orthodoxie n’a pas encore intégré par métabolisation académico-universitaire ni cet axe danubien, ni l’axe Est-Ouest qui obsède tant Mr Badguru : tout simplement à cause de la longue parenthèse soviétique qui a empêché pendant longtemps les échanges et la progression des recherches dans les espaces danubien, balkanique, ponto-caucasien,…ainsi que la confrontation des résultats de ces recherches : donc Mr Badguru est loin de toute forme d’orthodoxie, mais suit de très prés les évolutions dans les domaines qui nous concerne.
Mr Badguru fera l’impasse sur vos pseudo-leçons quant aux confusions opérées entre sources et peuples, puisque ces rappels seraient plus efficaces si ils s’intéressaient à M. Mourey par exemple, seul qui se permet de telle confusion. Mr Badguru s’étant suffisamment expliqué sur ces questions et sa pratique intensive de la non-confusion, renvoie Mr Ffi à ces longs commentaires désobligeants envers l’interlocuteur.
Mr Badguru fera aussi l’impasse sur les explications en matière d’histoire pour élève de CM2 de Mr Ffi mais pointera par exemple ceci : « Un autre exemple de cet impérialisme culturel, est exprimé dans l’ancien testament : Il s’agit pour l’oligarchie hébreux d’expulser, d’abord culturellement, puis physiquement, le peuple cannanéen du pays de Cannan….. »
Depuis quand l’Ancien Testament peut-il être considéré comme une source fiable en matière historique ou autre ? les Cananéens d’un n’ont pas disparu et n’ont donc pas eu à se réfugier ailleurs, de deux les populations puniques d’Afrique du Nord sont bien d’origine phénico-cananéennes avec métissage avec les peuples berbères indigènes mais n’étaient sont pas des boat-people de l’Age du Bronze ou du Fer…
Mr Badguru laissera l’appréciation des renvois sur sites du genre interbible ou akadem aux autres intervenants de ce fil, et par la même occasion expliquera à Mr Ffi pourquoi lui-même évite les renvois sur lien : tout simplement parce qu’un renvoi sur lien est généralement subjectif et donc issu d’un choix volontaire et généralement orienté afin se supporter la thèse présentée : donc Mr Badguru estimant que les références exposées dans ces commentaires étant suffisantes, laisse la liberté à ces interlocuteurs de faire leur propre recherche et ainsi de faire leur propre conclusion : donc Mr Badguru n’impose pas une seule vision en la soutenant avec une multitude de renvois sur site soutenant telle ou telle vision…d’ailleurs généralement Mr Badguru propose nombre d’alternatives…
Maintenant Mr Badguru invite Mr Ffi à reconsidérer ses a priori vis-à-vis de sa personne et/ou commentaires désobligeants envers l’interlocuteur et rappelle à Mr Ffi que Mr Badguru n’a fait au départ que demander à M. Mourey quels étaient les arguments qu’il apportait pour soutenir ses hypothèses et son exercice de destruction des paradigmes, et qu’ensuite Mr Badguru s’est vu confronté soit à des questions l’entraînant à écrire ces longs et désobligeants commentaires (non par pédance connarde et arrogante mais par espoir que s’installe un vrai débat) soit au silence méprisant de M. Mourey.
Sur ce, Mr Badguru apprécie moyennement ces attaques répétitives, non fondées, ou plutôt fondées sur un a priori à l’encontre de toute personne compétente dans les domaines qui nous concernent ici…
Question-conclusion à Mr Ffi : une personne de votre connaissance ou entourage souffre de symptômes que vous ne pouvez même après googlage intensif expliquer : Mr Badguru vous demande donc sur une échelle de 1 à 10 de noter la pertinence des diagnostics établis par 1) Monsieur Boubakar Diouf , Grand Marabout, spécialisé ès Filtres d’Amour & Molesse du Bambou 2) M’am Ginette, habitant le lieu-dit Bois-Fleuri, spécialisé ès tisanes&cataplasmes 3) Docteur S. diplômé de médecine, biochimie, biologie, etc…des universités de…, de…, de…, etc…ayant x années d’expérience et une plus qu’honorable réputation que ce soit parmi ses collègues que parmi ses patients…
Sur ce, Mr Badguru espère que Mr Ffi le lâchera
et face à l’intolérable souffrance que semble procurer ses longs et
désobligeants commentaires à Mr Ffi, invite ce dernier à ne pas les lire et laisse bien entendu libre Mr Ffi de considérer
qu’un intervenant un minimu sérieux n’est qu’un connard prétentieux,
dogmatique, ou autre…
@Ffi :
Si vous vous lancez dans une tentative de profilage de ma personne ou dans l’exégèse ou la critique de mes commentaires : je vous conseillerai dans un premier temps de me lire avec attention, avant de sortir des contre-vérités voir conneries et de dénaturer mes propos ou de m’inventer une soi-disant rigidité dogmatique supportant la doxa dominante.
Enfin, si vous renvoyez à ma personne dans mes commentaires, interpellez moi directement et évitez de déformer mon pseudo (badugru, badrugu…) : il me semble que dans votre commentaire où péniblement vous tentiez de me dépeindre comme un connard prétentieux pas une seule fois vous n’avez dénaturé mon pseudo…
Soit :« Ma foi échange est un bien grand mot. Ecrire de longs monologues est désobligeant pour l’interlocuteur car cela l’oblige à en écrire tout autant s’il veut répondre de manière exhaustives. Sur un forum, l’exhaustivité de la discussion est plutôt atteignable sur l’ensemble des messages que dans un seul. La meilleur cadence étant une ou deux idées par intervention. »
Si le mot échange vous paraît trop grandiloquent préférez lui alors celui de transfert d’informations entre intervenants, transfert réciproque où l’émetteur devient récepteur et inversement au cours du fil de commentaires : principe simple du ping-pong.
Si vous considérez qu’écrire de longs commentaires (et non des monologues puisque ces longs commentaires ont toujours été des réponses donc dialogue et ne sont pas apparus par miracle ou spontanée génération est désobligeant envers l’interlocuteur : comment considérez-vous l’absence de réponses tout court ? ou bien grosso modo, considérez-vous que : des (pseudo)réponses volontairement vagues et imprécises, que des digressions dont le seul but est à nouveau de ne pas répondre, que des renvois sur liens après sélection subjective, que des citations erronées voir falsifiées, que des interprétations ou fallacieuses ou non étayées, que des sources non fiables, etc…sont moins désobligeants envers votre interlocuteurs ?
Alors, encore une fois, et ce sera la dernière : mes commentaires sont venus en réponse des questions posées par M. Mourey ou Antenor : comment voulez-vous donc que je réponde à M. Mourey sur des questions relevant de la linguistique sans entrer dans un minimum de détails, d’autant plus que M. Mourey reconnaissait sa méconnaissance de ce domaine ? Comment voulez-vous que je réponde à Antenor sur sa question sur l’ethnogénèse des groupes celtes et leur émergence en tant que groupe identifiable si je ne soutiens pas mon propos avec des données linguistiques, historiques, anthropologiques, ou autres, etc… ?
Et je tiens à préciser que ces commentaires avaient une dimension synthétique et étaient loin d’exposer l’ensemble des arguments, sources ou éléments soutenant tel ou tel de mes propos.
« Sur un forum, l’exhaustivité de la discussion est plutôt atteignable sur l’ensemble des messages que dans un seul. La meilleur cadence étant une ou deux idées par intervention. »
Ainsi donc vous avez théorisé les échanges sur forum virtuel et nous livrez vos résultats en la matière : bref que du blabla à nouveau pour ne rien dire, si ce n’est que mes longs commentaires vous font chier…ce qui est une manière beaucoup plus simple de le dire et moins grotesque que de pseudo-théories cybernétiques…
« Si j’utilise le mot
« racialiste », ce n’est certes pas que j’accuse badugru de racisme,
non, je ne connais pas Badrugu, loin de moi cette idée. J’utilise le mot « race » du point
de vue de son étymologie ratio = « catégorie ». Les sources historiques
nous apportent beaucoup de mots, qui sont des catégories abstraites. Certains
estiment qu’un catalogue de catégories suffit à faire de l’histoire, je ne le crois
pas. C’est au niveau de la manière d’articuler entre elles les sources qu’il y
a une réflexion à mener, au niveau des principes d’organisation de la
connaissance (le paradigme). Mr Mourey interroge le
paradigme, Mr Badrugu rappelle l’orthodoxie.”
Mr Badguru ne rappelle nullement l’orthodoxie : ce que vous sauriez si vous aviez prêté une réelle attention à mes commentaires avant de tenter d’en faire l’analyse : Mr Badguru ne rappelle pas l’orthodoxie puisque Mr Badguru ne se cantonne jamais à une seule perspective, de même que Mr Badguru ne se limite pas à la linguistique mais envisage la plupart des sources pertinentes dans le sujet qui nous concerne : bien entendu pour savoir ce de quoi Mr Badguru parle : il faut le lire avant de se lancer dans sa critique qui s’assimile de plus en plus à une forme de croisade et/ou diatribe à l’encontre de toute personne ayant des connaissances dans les domaines que ce débat impose d’évoquer.
Enfin Mr Badguru n’est pas télépathe et n’est pas sensé savoir quelle acception autre que celle communément admise vous donnez au terme « racialiste ».
@arunah,
Bonjour,
Je vais donc essayer de répondre à vos interrogations, de manière succincte (votre énoncé me semblant s’inscrire dans une perspective globale : groupes linguistiques : slave (balto-slave)/indien (indo-iranien)) et je l’espère compréhensible…(note : mon ton distant ou froid voir pédant ne saurait être assimilable à de la connarde arrogance de la part de Son Ôguste Insanité…bahhhhhh…)
Première remarque : il me semble qu’il y ait confusion de votre part d’un entre champ sémantique/lexical et grammaire, de deux entre les langues (sanskrit/hindi ; vieux slave/russe)
Exemple : vous partez des marqueurs féminin/masculin en hindi et les comparer aux marqueurs en russe : « Par exemple le marqueur féminin en hindi est -i alors que le masculin est en a ce qui correspond en russe respectivement au génitif singulier féminin et masculin. »
-nous sommes là dans le registre grammatical et non plus sémantique
-L’hindi (hindi-urdu) ne connaît que deux genres (masculin/féminin) ; russe et sanskrit en connaissent trois (masculin, féminin, neutre)
-en sanskrit (pouvant être différencié entre sanskrit classique et sanskrit védique), par exemple la plupart des noms avec un a long final sont féminins : il y a évolution des marqueurs de genre entre sanskrit et hindi
Second exemple : « Certains mots sont très proches, tels Agni, le dieu du feu et le mot ogon’ /gén. ogni pour le feu en russe. En fait, ce qui me turlupine, c’est que ce soit le génitif qui soit le plus proche du sanscrit... »
-là, nous sommes dans le registre sémantique et non plus grammatical
-nous pouvons bien entendu comparer hindi et russe, en recherchant des racines PIE mais pour cela il nous fait remonter aux racines probables PIE, et donc le fonds commun entre ancêtres du russe et du hindi au moment de la divergence entre les futurs rameaux balto-slave et indo-iranien
- c’est pour cela que nous ne pouvons confondre registres grammaticaux et sémantiques/lexicaux : les premiers nous renvoient à des langues figées avec des grammaires fixées artificiellement/arbitrairement, les seconds eux nous permettent de suivre l’évolution des diverses familles linguistiques et donc de déterminer les règles linguistiques/morphologiques/phonétiques qui expliquent les mutations, variations, etc…
-nous avons donc deux perspectives :
une évolutive(champ sémantique/phonétique/morphologie) et naturelle ( à entendre liée à des facteurs environnementaux, culturels, etc…changeants et aléatoires), la seconde (grammaire) étant historique et artificielle/arbitraire (à entendre s’intéressant à une (ou des) langue(s) à un instant(t)
l’idée essentielle étant que si l’on s’inscrit dans une ascendance/perspective PIE : la phonétique ou la grammaire ne sont pas suffisamment relevantes :
la phonétique étant soumise à des contraintes et règles précises, la grammaire elle résultant de choix arbitraires faits à un moment donné ( à entendre choix excluant et/ou exclusif lors de la fixation définitive de la langue) :
en matière de rapprochements linguistiques à partir d‘un substrat PIE : la morphologie ( à entendre comme squelette du mot avec racines primitives persistantes et communes) et l’étymologie (filiation, ascendance, etc…) interviennent en premier :
ainsi les rapprochements phonétiques/grammaticaux que vous présentez entre russe et hindi peuvent autant s’expliquer par un fond commun issu du PIE que par le simple hasard ( à entendre préférences ou contraintes linguistiques/phonétiques propres à ses langues (ex. : nombre de phonèmes ou sons) ).
Ok, un peu trop théorique voir abscons…donc retournons au sanskrit, russe, hindi et vieux slave…ainsi qu’au PIE reconstruit et aux proto-languages desquels ils sont issus.
Premier point : chronologie et divergences entre rameaux :
Nous allons remonter à rebours en partant du russe et de l’hindi :
. ces deux langues ont connu une fixation assez récente, de même elles ont connues pour cela des influences diverses voir interpénétration de groupes linguistiques très différents
Le russe :
-d’un point de vue linguistique (classification) : le russe appartient au groupe slave oriental
-d’un point de vue phonologique (à ne pas confondre avec phonétique : l’important ici réside dans la structure de la langue/énoncé) : le système phonologique semble être fixé aux alentours du début XIVème siècle
-d’un point de vue historique : le russe est issu du vieux-slave (registre liturgique principalement), du vieux slave oriental ( appartenance ethnolinguistique) mais est aussi influencé par les langues du groupe germanique, (notamment le gothique), ainsi que le vieux norrois et le grec byzantin.
-d’un point de vue typologie&grammaire : le russe a une typologie syntaxique synthétique et flexionnelle (morphologie synthétique prédominante), la syntaxe elle est dérivée de 1) du vieux-slave (liturgique) 2) du vieux-slave oriental (à entendre comme langue vernaculaire) 3) un système grammatical arbitrairement inspiré/construit (autour) de ceux d’Europe Occidentale
L’hindi : ( à entendre comme un ensemble de variantes, le hindi standard officiel en étant une)
-d’un point de vue linguistique (classification) : l’hindi appartient au groupe indo-aryen, et s’apparente plus à un continuum linguistique (soit groupe de variantes dialectales) qu’à une langue à proprement dit comme le russe peut l’être. (ce qui n’interdit pas l’existence de variantes dialectales en russe bien entendu)
- d’un point de vue phonologique : hindi et urdu partagent le même système phonologique, issu du dialecte Khari Boli ou Kauravi (Uttar-Pradesh et Dehli) (entendu en linguistique comme un diasystème), lui-même étant issu du fond indo-aryen
- d’un point de vue historique : le hindi (vieil hindi) se différencie progressivement des autres langues/dialectes du groupe indo-aryen entre le 7ème siècle et le 10 ème siècle, langues dialectales identifiées par les grammairiens indiens par le terme apabhraṃśa soit une variété dialectale dérivant du sanskrit classique : définition plus explicite : un langage corrompu et non-grammatical ; l’évolution continuera notamment à partir du shauraseni médiéval soit une langue vulgaire et/ou vernaculaire indo-aryenne dérivée à la fois et du sanskrit et de dialectes indo-aryens (Hindustan) (le shauraseni étant considéré comme une prākrit dite dramatique : car issue des dialogues vulgaires du théâtre antique indien) : cette filiation détaillé n’a pas pour but de vous enfouir sous une tonne de noms exotiques mais de mettre en évidence un point essentiel : l’hindi (ainsi que d’autres langues indiennes) ne dérive pas directement du sanskrit mais aussi de nombre de langues/dialectes indiens et indo-aryens.
-enfin d’un point de vue typologie&grammaire : hindi et urdu partagent la même, celle du hindi (ici=langue officielle) ayant été standardisée arbitrairement après l’Indépendance de l’Inde ; le hindi est une langue SOV, mais a aussi la particularité d’être ergative parfois, l’influence du sanskrit en fait une langue hautement flexionnelle
Voilà, la première partie de mon commentaire-réponse (la suite arrivera plus tard) : l’essentiel à retenir étant : que la comparaison brute entre russe et hindi n’est pas suffisamment pertinente : ces deux langues étant de fixation récente, voir fixation arbitraire ; enfin que l’analyse des diverses influences et donc de l’évolution (notion de mouvement s’opposant à celle de fixation ou observation à un instant(t) ) permettra mieux de définir les rapports ou liens que l’on peut établir entre ces deux langues.
Sur ce, l’observation à un instant(t) ayant été rapidement résumée dans ce commentaire, le prochain s’intéressera à l’évolution des groupes linguistiques (notamment les moments de divergence) dont ces langues sont issues, nous continuerons donc à remonter le fil de l’Histoire et peut-être (je l’espère) vos interrogations trouveront un début de réponse.
Cordialement,
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