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Bovinus

Tableau de bord

  • Premier article le 04/10/2011
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Derniers commentaires



  • Bovinus Bovinus 22 décembre 2011 00:16

    Abou Antoun :
    Avec ou sans Sarko faudra se faire à l’idée de cracher au bassinet tous les jours un peu plus.

    À condition que l’on procède équitablement, cela ne devrait pas poser de problèmes insurmontables. Ne serait-il pas logique que ceux qui possèdent énormément plus que ce dont ils ont besoin pour vivre décemment « crachent » énormément plus que ceux qui ne possèdent rien, ce qui sous-entend forcément des confiscations et des nationalisations ? L’enjeu majeur il est là, que l’on vote Méluche, MLP ou Hollande, ça n’y changera rien, parce qu’aucun d’entre eux n’aurait les couilles de dire : fini les conneries, on sort de l’UE, de l’euro et de l’OTAN et on lance une réforme intégrale des institutions du pays.



  • Bovinus Bovinus 22 décembre 2011 00:01

    Je soutiens la position de Yoann. L’informatique, j’ai laissé tomber au début des années 2000, et suis passé à un domaine totalement différent. Cela dit, j’ai pas oublié mes bases, et d’un point de vue strictement économique, les deux points-clefs de la controverse sont ceux-là :

    Marc Bruxman :
    Des dizaines de jours hommes économisés d’un coté contre 300$ de hardware en plus ? Et vous choisissez quoi ?

    À quoi Yoann répond ceci :
    Vous faites l’apologie de la médiocrité...
    Prenez une cuillère en plastique et une cuillère en métal. L’une des deux fera bien mieux sont boulots pendant plus longtemps et avec un meilleur rendement pour l’acheteur.

    La question ici est celle de l’arbitrage entre divers facteurs, tels que la consommation de ressources, l’investissement dans la production de hardware plutôt que dans le développement, la valeur de l’argent par rapport aux ressources et aux « jours-hommes », et l’arbitrage entre capital humain et capital industriel. Ces questions touchent aux choix socio-économiques fondamentaux de la société où tout ceci se déroule. Les adeptes de la solution « hardware » estiment qu’avec un simple upgrade hardware relativement bon marché, l’entreprise économise des capitaux sur les charges personnel, ce qui la rend plus efficace et se traduit par un meilleur rendement du capital investi pour les investisseurs. C’est pas faux, et c’est en effet la meilleure solution dans le cadre de notre système économique actuel.

    Maintenant, examinons les conséquences concrètes d’une telle situation. Plutôt que d’employer un développeur de plus, nous importons du matos américain (les CPUs relèvent du duopole Intel-AMD), ce qui provoque une fuite de capitaux de l’économie locale vers l’économie américaine correspondant grosso-modo à la somme que nous dépensons en hardware. De plus, la production de CPU étant fortement automatisée, l’argent de ces CPU s’en va dans la poche du très riche capitaliste propriétaire de la machine qui fabrique ces CPU, et qui, de toute façon la fait fonctionner dans quelque pays misérable du Tiers-Monde pour un bol de riz les 10 Quadcores. Quant au capitaliste, l’argent sera au choix, réinvesti dans le développement et le marketing du prochain CPU encore plus puissant que le précédent, placé chez un banquier ou bien en bourse, c’est à dire, détourné vers l’économie dite « virtuelle ». Enfin, comme ces CPU nous dispensent d’embaucher un codeur de plus, on fabrique un chômeur supplémentaire, ce qui signifie que celui-ci a été formé en vain. On est dans un schéma de rentabilisation maximale du capital par externalisation de coûts environnementaux (ressources inutilement gâchées pour produire les CPU) et sociaux (délocalisations, chômage, gaspillage de capital humain).

    Dans ce schéma monstrueux, où la machine pourtant censée aider les hommes, le seul à bénéficier des retombées du processus productif est celui qui possède la grande Machine à fabriquer les machines. Ce type de système, poussé à son paroxysme, nous donne fatalement une situation où quelques riches possèdent tous les outils de production et exploitent sans vergogne une armée de misérables qui eux ne possèdent rien, et n’ont pas la moindre sécurité économique. C’est évidemment très simplifié, mais néanmoins vrai. L’arbitrage entre embaucher, c’est à dire, faire faire le travail par les hommes, ou bien, concentrer le capital, c’est à dire, investir dans l’outil de production est un choix de société et débouche, comme on l’a vu, vers des conséquences sérieuses . La question qu’on devrait se poser n’est pas de savoir combien d’heures-homme je « gagne » si je remplace mes ordinateurs par des ordinateurs plus récents et performants, mais de savoir à QUI ces gains d’efficacité profiteront-ils, et sont-ils justifiés eu égard au projet de société en vue. Il existe évidemment des situations où une économie de ce type est justifiée, par exemple, une situation de guerre économique, ou de guerre tout court. Mais ce qu’il faut saisir, c’est que le choix de mettre en œuvre une économie de guerre doit relever de la société et non de quelques individus.

    Si la machine permettait de libérer l’homme afin qu’il puisse se consacrer à autre chose, alors, je dirais : vive la machine ! Malheureusement, chacun sait qu’il n’en est pas ainsi dans nos démocraties capitalistes. La machine sert, depuis au moins l’époque des filatures de Manchester et de Lyon, à écraser les salaires des misérables qui font fonctionner la machine (le chômeur ne coûte rien au capitaliste, et de plus, fait office d’épouvantail pour ceux qui ont encore un emploi, ce qui les pousse à accepter des salaires plus faibles ou des conditions de travail plus dures). Le propriétaire de la dite machine, s’enrichit scandaleusement, tandis que la société en supporte les conséquences (chômage, misère sociale, ressentiment, etc.).

    Maintenant, considérons la réponse que Marx apporte à ce problème qu’il a eu le mérite d’avoir formulé en ces termes que je viens d’exposer plus haut : le capitalisme d’État, où le capitaliste propriétaire de la machine n’est pas un individu mais le Léviathan étatique. Cela n’a pas eu les résultats espérés, mais même en admettant que cela fonctionne comme Marx l’entendait (c’est à dire, alléger dans une certaine mesure le fardeau du travail de production), on peut se retrouver confronté à des problèmes d’un tout autre genre. Par exemple, le désœuvrement, la dépendance excessive du système productif envers la machine, ou encore sur-concentration de pouvoirs dans les mains de l’État avec tout le cortège de risques funestes que cela implique (bureaucratisation, totalitarisme, violence sociale).

    Ce qui me conduit à conclure que la réponse capitaliste à l’arbitrage entre capital et main d’œuvre, qu’elle soit privée ou étatique est rarement la bonne. Gardons-nous d’en conclure trop vite que la machine et les outils sont préjudiciables à la sanité sociale ; ce que je cherchais à montrer, c’est que c’est la machine qui doit servir l’homme et non l’inverse. Quand le capitaliste se sert du capital pour réduire les charges de personnel, en vérité, il asservit ce personnel par le jeu du mécanisme ci-dessus décrit. Il semble que la société, dans son ensemble, a tout à gagner à préférer l’embauche de main d’œuvre supplémentaire à l’acquisition de machines. À moins, bien sûr, que ces machines ne fassent ce qu’on en attend généralement : décharger l’homme de tâches ingrates, et démultiplier son potentiel.



  • Bovinus Bovinus 21 décembre 2011 15:36

    @ Faelivrin

    Gardez espoir ! Parfois, il ne faut pas grand-chose pour se réveiller. L’ouverture de la conscience dont vous parlez n’est pas conditionnée par un certain niveau de soumission ou de souffrance , même si il est indéniable que cela a une influence. Le déclic est une chose personnelle à chacun, ça peut très bien provenir de la prise de conscience de la situation d’un autre, ou de la découverte qu’il existe des modèles politiques « alternatifs » et efficaces. Il n’y a pas de fatalité. Il me semble que l’élément déterminant qui peut amener une prise de conscience collective, c’est simplement que les gens soient attentifs à ce qui les entoure. Pour cela, il suffit de cultiver son propre potentiel de contemplation.

    Or, on le voit bien, notre mode de vie actuel nous pousse tout au contraire vers l’isolement, par l’occupation, la distraction, la sollicitation et même la peur : transport, boulot, carrière, soucis de toute sorte, télévision, publicité, consommation et loisirs. Tout est fait pour contrarier, perturber et empêcher la sérénité et le calme de notre esprit. Seulement, la sérénité est une condition incontournable à la contemplation et à l’introspection. C’est pourquoi, pour retrouver cet état d’esprit, il faut se ménager des périodes où l’on puisse se poser, prendre son temps, regarder autour de soi et penser.

    Il fut un temps où on savait très bien faire ça, dans ce pays. À cette époque-là, la France était grande, majestueuse et admirée du monde entier. Au fur et à mesure qu’on le désapprenait, on se retrouvait davantage aux abois. On devenait de plus en plus inquiets, anxieux, pressés, affairés, agités. Et on a fini par se retrouver au point où on a mis à l’Élysée le parangon de ces « qualités » : M. Sarkozy.



  • Bovinus Bovinus 21 décembre 2011 00:37

    Bonjour,

    Merci de votre réaction. Je suis allé voir votre site, et, au risque de paraître trop direct, j’avoue que je n’ai pas compris son intérêt. À quoi bon mettre en ligne une énième plateforme web, où on peut d’ailleurs lire la chose suivante : "vous pouvez participer activement sur notre site en donnant vos idées pour la réalisation de “Le programme des français pour 2012” que nous allons envoyer à tous les présidentiables et grands médias avant les élections.« , si on ne peut ni s’inscrire ni publier ?

    À vrai dire, je me suis déjà un peu intéressé à votre »mouvement« , il y a de cela plusieurs mois, mais j’aurais tendance à le ranger dans la même catégorie que tous les autres »produits politiques« disponibles sur le »marché« , c’est à dire : bon à rien. L’emballage est dans l’air du temps, mais ce qu’on y trouve ne vaut pas mieux que ce qu’on peut trouver chez les Verts ou le NPA (ex-LCR). Je n’en suis que plus déçu de constater que ça n’a pas bougé d’un iota, et que ces »indignés" sont toujours aussi bons à rien. Vous avez une occasion historique de faire quelque chose de vrai, de concret, de réellement différent et vous la gâchez. C’est dommage.

    Je vous encourage néanmoins très vivement à me prouver que j’ai tort.

    Bien à vous.



  • Bovinus Bovinus 20 décembre 2011 23:54

    Toujours la même chose : arguments d’autorité et affirmations à l’emporte pièce. Aucun fait, aucun argument raisonnable, aucune preuve. Bref, pas le moindre intérêt.

    Le Courrier de Russie est un journal de merde fondé par des occidentaux francophones à très faible tirage destiné à vendre au lecteur occidental francophone ce qu’il a envie de lire sur la Russie : la Russie, c’est caca (ça peut éventuellement concerner le très rare Russe francophone qui se prend pour un Occidental). Ben ouais, sinon le torchon se vendrait pas. Suffit de regarder ce qu’il ont sur leur une, par exemple : http://www.lecourrierderussie.com/2011/12/20/cour-europeenne-droits-homme-condamne/ ou encore http://www.lecourrierderussie.com/2011/12/16/russie-lache-leste-sujet-syrie/ (article mensonger vu qu’il reprend le ton que je dénonçais plus haut chez l’Express, le Figaro, Le Point et TF1 news par exemple).

    The Moscow Times c’est la même chose, sauf que c’est destiné au lecteur occidental anglophone, (ou à la limite, le Russe anglophone qui se prend pour un occidental).

    Bah... de toute manière, comment peut-on prêter le moindre crédit à un mec qui invite ceux qui éprouvent une sympathie spontanée (et donc, désintéressée) envers la Russie (de Poutine, notez qu’il précise, pour qu’on se rappelle qu’il trouve tout à fait acceptable la Russie de Gorby ou de Eltsine), l’Iran (ah, là il n’a pas précisé... sans doute considère-t-il que l’Iran est forcément un pays peu recommandable), la Libye (pareil), à « ne pas s’informer » ? Quant au mystérieux « etc. », j’imagine qu’il inclut probablement la brochette des États faisant partie de l’Axe du Mal (à savoir : Corée du Nord, Venezuela, Cuba). Ce qui est bien avec ce genre d’individu, c’est que, pour employer une métaphore russe, ils « puent » si fort qu’on les repère rien qu’à l’odeur avant même de les avoir vu ou entendu.

    Pour la presse, vous faites pas d’illusion. Si on veut de vraies infos, on ne les trouvera certainement pas dans la presse occidentale. Le mérite de pouvoir exploiter la presse russe est simplement que cela permet de voir quels sont les thèmes que le pouvoir russe fait figurer à l’ordre du jour. Les infos « véritables », on peut en trouver auprès de certains milieux, et un peu aussi sur le net (surtout russophone, mais pas que).

    Quelques sites, en langues étrangères :

    La Pravda : média d’info en ligne, rien à voir avec l’ex-Pravda soviétique qui existe toujours mais a été rachetée par le Parti Communiste de la Fédération de Russie. Au moins, il est russe et semble être effectivement « indépendant », du moins d’après mes recherches personnelles.

    Nikolay Starikov : site personnel d’un journaliste d’investigation qui fait du bon boulot, a écrit plusieurs ouvrages de bonne facture au sujet de certaines périodes historiques-clefs (révolution d’octobre, 2e gm par exemple) et a fondé un mouvement politique patriote qui s’appelle « Profsoyouz Grajdan Rossii » (Syndicat des Citoyens de Russie) et par ailleurs ressemble beaucoup plus à une réelle alternative politique que les partis au sein de la Douma ou ceux à la marge du spectre politique russe, financés par l’Occident (genre Iabloko ou le mouvement qu’avait essayé de monter Kasparov en 2008).

    RIAN : équivalent russe de l’AFP. Rien que du très officiel, donc forcément dans la ligne gouvernementale. Néanmoins, intéressant car permet d’avoir un regard alternatif sur l’actualité internationale et de voir plus ou moins ce qui se passe en Russie.

    Russia Today : chaîne d’info en anglais, diffusée à l’international et financée par la Douma (parlement russe). Intéressant en ce qu’elle offre un riche contenu multimédia et offre une version « alternative » des événements (sans toutefois exagérer). Orientée en priorité au public des États-Unis, certains analystes y voient un véritable organe de contre-propagande dont la vocation serait d’exercer une influence favorable aux intérêts russes sur l’opinion occidentale. En effet, c’est l’un des rares médias accessibles au citoyen occidental lambda qui parle de gens comme Ron Paul...

    Kommersant United Kingdom : « The only russian business newspaper published in the UK », lit-on sur la page d’accueil. Appartient au groupe Berezovsky, propriétaire également de Nezavissimaïa Gazeta où travaillait la martyre Anna Politkovskaïa (largement connue du public francophone car soi-disant éliminée par le méchant Poutine). Étonnant que notre ami Eric ne l’ait pas mentionné, ce canard, c’est tout à fait dans le genre de Courrier de Russie ou du Moscow Times. Berezovsky est l’un de ces oligarques eltsiniens qui ont cherché à s’opposer à Poutine, et qui, si il ne s’était pas réfugié au Royaume-Uni à temps aurait probablement fini dans la cellule voisine de celle ou crèche son collègue Khodorkovsky. Par ailleurs, Kommersant est très apprécié de notre corps diplomatique et plus généralement de l’intelligentsia française amenée à travailler sur la Russie, au point qu’elle croit voir en toutes les publications du groupe Berezovsky des « journaux indépendants ». Ne me demandez pas pourquoi Poutine les tolère (130 000 de tirage pour Kommersant en langue russe, quand même), je l’ignore. Les mauvais esprits y verront probablement un alibi de pluralisme à peu de frais. Toujours est-il qu’on ne peut que difficilement taxer Kommersant de faire dans le poutinisme engagé.

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