Ce
qui explique aussi que d’autres courants de pensée, non issus du
socialisme (ne vous en déplaise), firent leurs la notion d’"Homme
nouveau" : certes les fascistes et les nazis mais
aussi les jacobins montagnards à travers leur "Culte de l’être
suprême« , voire certains catholiques à travers la revue »Homme
nouveau" qui existe toujours en France.
Et
pourtant, pour revenir aux jacobins, les principes et valeurs qu’ils
ont défendu dès la fin du 18s siècle, n’imprègnent-ils pas
aujourd’hui en grande partie les fondations socio-politiques de la
République française, sans pour autant faire de celle-ci (bien
qu’elle soit loin d’être parfaite) un « vaste goulag » -
malgré ce que vous laissez entendre ?
« Je
pense que beaucoup font cela pour charrier, sans voir qu’à la fin
du XIXe, Hitler aurait été de gauche,. et en bonne compagnie :
raciste comme Jules Ferry, eugéniste comme Galton et antisémite
comme Bakounine, Toussenel et Marx lui-même ».
Quelle
malhonnêteté cher ami ! Sauf que le racisme et l’antisémitisme
supposés de certains hommes de gauches n’en constituaient nullement
pour autant des piliers des doctrines qui étaient leurs, et ce
contrairement au nazisme justement. En clair et dit autrement,
l’antisémitisme et le racisme ont traversé maints courrants
idéologiques au 19e siècle, temporel comme spirituel,
sans que ceux-ci ne constituent des piliers de ces mêmes idéologies,
contrairement encore une fois au nazisme d’Hitler. Là encore votre
comparaison fait chou blanc, cher ami...
Quant
à l’assertion faisant de Marx un antisémite, elle peine à tenir la
route. Exactement de 1843 à 1845
(c’est-à-dire à une époque où il n’était pas encore « marxiste »),
il a écrit quelques textes sur le sujet - dont le célèbre "A
propos de la question juive" qui l’a fait passé pour antisémite
- , pour ne plus revenir dessus par la suite. L’antisémitisme supposé
de Marx a là aussi été contredis à maintes reprises et notamment
par Hannah Arendt :
"Si
le Juif Karl Marx pouvait s’exprimer de la même façon que ces
extrémistes antijuifs, c’est que, réellement, cette sorte
d’argumentation antijuive avait vraiment bien peu à voir avec un
véritable antisémitisme. Marx, en tant que Juif, était aussi peu
gêné par ces arguments contre « les Juifs » que, par
exemple, Nietzsche par ses propres attaques contre l’Allemagne. Il
est vrai que Marx ne traita plus jamais ensuite de la question juive
et n’émit même plus d’opinion à ce sujet ; mais rien ne
laisse supposer qu’il ait jamais changé fondamentalement sa
conception initiale. Il se préoccupait exclusivement de la lutte des
classes, phénomène intérieur à la société, et des problèmes de
la production capitaliste à laquelle les Juifs ne prenaient aucune
part, ni comme acheteurs ni comme vendeurs de force de
travail."(Arendt, Sur
l’antisémitisme,Points-Seuil
p.71)
Pour
ce qui est de la notion d’« Homme nouveau », si certains
courant socialistes l’ont adopté, ce n’est pas le cas de tous,
loin s’en faut. Dans votre diatribe, vous semblez amalgamer
tous les courants
socialistes. Même si tous reposent sur un socle de valeurs communes
(comme tout courant de pensée, temporel comme spirituel,
christianisme inclus), des nuances
de taille existent néanmoins. C’est un peu comme de dire que tous
les musulmans sont islamistes ou que tous les chrétiens sont
intégristes, que tous les nationalistes de droite (comme vous) sont
fascistes. Ne saviez-vous donc pas que nul courant de pensée, nulle
idéologie ou doctrine, temporelle comme spirituelle, n’est à
l’abri d’un détournement pervers du fait de ses éléments les
plus dogmatiques, à commencer par le républicanisme, dont nous nous
réclamons tous plus ou moins en France, aux applications
sporadiquement liberticides, voire mortifères (terreur jacobines,
crimes de masse du directoire, crimes à caractère colonial ou
social..., perpétrés aux noms des idéaux républicains inspirés
des Lumière) ?
Ainsi
en est-il du socialisme traversé par de multiples courants,
eux-mêmes subdivisés (pour aller très vite) pour chacun en 3
principales tendances : les modérés, les radicaux (près aux
compromis), les extrémistes (écartant tout compromis).
Pour
revenir à la notion d’« Homme nouveau », elle fut adoptée
par les courants les plus extrémistes du socialisme (qui, je
rappelle, est un terme générique), et notamment par les diverses
obédiences issus du marxisme-léninisme - qui n’est qu’une lecture
particulière du marxisme, lui-même étant une lecture particulière
du socialisme. Ils l’ont adopté parce qu’ils partaient du
postulat (inspiré de Rousseau) que l’Homme naissait naturellement
« bon » et « généreux » mais était corrompu par un
environnement qui le
rendait « mauvais ». Or tous les socialistes n’adhèrent
pas (ou n’ont pas adhéré) à ce postulat. Pour ma part (et pour
bien d’autres), on naît ni bon ni mauvais, mais on le devient car
ce sont les circonstances et l’environnement qui, en grande
partie, fabriquent l’Homme. La nuance est fondamentale... la
question étant : non pas comment faire pour éradiquer les
« défauts » humains (ce qui aboutit à coup sûr à la mise
en place d’une dictature, temporelle comme spirituelle), mais
comment faire pour esquiver toute exacerbation des
« défauts » sus-mentionnés ?
C’est
pourquoi, pour ma part, je n’aspire nullement à édifier la "Cité
idéale", qui est au fond le propre de toutes volontés
autoritaires ou totalitaires, quelle soit de gauche, de droite,
communiste, nationaliste, libéral, conservatrice, chrétienne,
musulmane...
« Je
n’ai peut-être pas saisi vos propos, mais vous, vous n’avez pas
saisi ce que sont le fascisme et le nazisme. L’un et l’autre se
proposait de générer un homme nouveau, c’est-à-dire de
transformer la nature humaine - on y revient toujours. Le
national-socialisme voulait sélectionner les individus d’une race
supérieure qui constituerait l’aristocratie du Reich de mille
ans ».
Ne
prenez pas vos interlocuteurs pour plus ignorant qu’ils ne le sont en
réalité, je vous prie. Pour les avoir étudié notamment dans le
cadre de mes activités professionnelles, je sais ce que furent le
fascisme et le nazisme. Je sais aussi qu’ils se distinguent du
« socialisme » (pour utiliser un terme générique) par
leurs postulats de base, même si par certains aspects, qui relèvent
essentiellement de la rhétorique, ils peuvent se rejoindre.
Première
différence : le socialisme n’est pas une idéologie politique –
contrairement au nationalisme et ses expressions extrêmes que sont
le fascisme et le nazisme -, mais une théorie à
caractère essentiellement socio-économique. Une théorie
relativement récente puisqu’elle est née au 19e
siècle. Laquelle se fonde (pour synthétiser ses diverses
obédiences) sur une gestion égalitaire
et démocratique des
moyens de productions et des services par l’ensemble des
travailleurs (toutes catégories confondues) pour le bien-être de
tous. Le but premier de l’économie n’étant plus l’enrichissement
individuel (qui dans les faits aboutit à l’enrichissement d’une
poignée au détriment de la masse), mais de répondre aux besoins
essentiels de l’ensemble des humains. Le
socialisme, par ailleurs (là encore toutes tendances confondues),
vise soit la destruction immédiate de l’Etat (les anarchistes) soit
son dépérissement graduel (toutes les autres tendances et notamment
les marxistes). Ce qui signifie qu’il est intrinsèquement
anti-étatique puisque l’Etat n’est nullement une fin en soi et doit
de toute façon disparaître à terme. Pourquoi ? En premier
lieu, parce que l’Etat moderne est, selon les socialistes,
consubstantiel à la bourgeoisie et au système qui l’a porté au
pouvoir, à savoir le capitalisme. D’où leur volonté de le détruire
in fine pour aboutir à une société humaine autogérée par
l’ensemble des individus libre et égaux politiquement, socialement
et économiquement. Libre économiquement au sens où à la faveur de
la sécurité matérielle que lui procurera notamment le revenu
universel, l’individu pourra (ou pas suivant la nature de l’activité)
coopérer et s’associer avec la ou les personnes de son choix.
Autres
différences notables : le fascisme repose (pour synthétiser)
sur les piliers suivants : nationalisme (ethnico-culturel, ce
qui implique une conception inégalitaire de l’humain,
donc tout le contraire du socialisme),
totalitarisme étatique (contrairement au socialisme qui
aspire au dépérissement de l’Etat. Le totalitarisme fasciste
n’abolit pas la propriété privée des moyens de production à
condition néanmoins que les « propriétaires » prêtent
allégeance au régime), corporatisme (donc tout l’inverse
de la lutte des classes puisqu’il s’agit
au contraire d’encourager
la collaboration entre classes), anti-parlementarisme (qui va de pair
avec le culte du chef, lequel établie un lien direct avec le peuple
sans passer par des corps
intermédiaires, contrairement au socialisme),
impérialisme (qu’il ne faut pas confondre avec l’internationalisme
cher aux socialistes. L’impérialisme fasciste vise à apporter au
monde entier les « lumières » ethnico-culturelles du
pays où le régime est établi).
Je n’ai pas dit que vous étiez un adepte du fascisme et du nazisme. J’ai simplement dit que les principes sur lesquels reposent votre doctrine (semble-t-il proche de celle défendue par le FN) forment l’assise des applications sectaires, dogmatiques, totalitaire... de cette même doctrine, lesquelles applications répondaient au nom de fascisme et de nazisme. Et cela que vous le vouliez ou non, cher ami...
Cela est un fait qui semble grandement vous déranger, vous et vos pareils, vu vos tentatives malhonnêtes d’apparenter le communisme au fascisme et au nazisme (faisant de ces derniers des doctrines de gauche !), et ce pour bien vous dédouaner d’une quelconque collusion idéologique de votre part avec ces deux derniers.
« Pour moi, avant de distinguer entre ce qui est raciste et ce qui ne l’est pas, je cherche à déterminer ce qui est vrai et ce qui esf faux. Et si le vrai est « raciste » - ce qui est souvent le cas - et bien tant pis pour l’antiracisme ».
Sauf que le racisme est par essence une théorie erronée et que vous n’avez pas la science infuse. D’autre part, Myers n’a pas la science infuse non plus, et le Press Council of Ireland a estimé que son article rompait avec les règles propres aux pratiques rédactionnelles du métier de journaliste, autrement dit qu’il relevait de la propagande digne du café du commerce.
« Il faut voir par qui »
Par qui ? Entre autres par le Press Council of Ireland qui, ne vous déplaise, est une organisation on ne peut plus sérieuse.
« Ca dépend pour qui... Parce que je ne vois pas une seule affirmation mensongère dans ce qu’a écrit Myers, et non sans talent. »
Ce n’est pas parce que ce qu’il avance abonde dans votre sens idéologiquement que ce qu’il dit est vrai. Si vous étiez un tant soit peu sérieux, vous auriez admis que ses interprétations reposent sur des poncifs éculés et des a priori fondés sur son intime conviction ; et qu’à aucun moment il ne cherche à comprendre et chercher les racines du « mal ». Bref, Myers a fait là un travail d’idéologue de bas étage et non de journaliste.
« Quant à ses contempteurs, s’il existait le prix Nobelinet de la bien-pensance médiatique, ils l’auraient amplement mérité... »
Mais vous y aspirez, vous, à cette « bien-pensance » médiatique, laquelle se ferait le porte-voix de vos principes. Vous êtes donc un bien-pensant en puissance cher ami.
« Mais vivement quand même qu’on soit débarrasser de ce genre d’engeance ».
Vivement l’avènement d’un futur Duce ou Fuhrer pour nous débarrasser de cette engeance ? C’est cela ?