@Decouz Grammaire, et lexicographie : l’influence est à l’inverse de ce que prétend Luxenberg, lequel ne fait que reprendre Mingana, les fixations lexicographiques syriaques sont postérieures à celle des arabes.
@popov N’oublie pas qu’il leur verse à boire également ! Les interprétations visant à expliquer l’arabe à partir du syriaque ne tiennent pas la route, les deux langues ont des structures différentes, Sans entrer dans les détails, la grammaire de la langue qui aurait servi à inspirer l’arabe coranique a été codifiée après la codification des grammairiens arabes, et les grammairiens syriaques se servent de l’arabe lorsqu’il y a des choses à préciser. Aussi : le système des voyelles est différent et la notation voyelles courtes/voyelles longues est propre à l’arabe, on ne peut faire un copié/collé des deux langues, cela bien sûr n’exclue pas les influences.
@Pascal L Accessible, si, il y a des saints musulmans, on peut les rencontrer, comme il y a des saints chrétiens que l’on peut aussi rencontrer, et comme il y a des saints même si le nom est différent, dans d’autres traditions, ces saints sont la présence visible de la divinité. Vous parlez de foi, je parle d’expériences, je ne peux que vous souhaiter de les vivre, ne serait que dans votre propre religion.
@Pascal L J’essaie juste de donner une interprétation parmi bien d’autres de la shahada, en opposant « ilaha » qui est la manière dont les hommes peuvent se représenter Dieu, manière toujours illusoire et l’Infini, Allah, qui est toujours au-delà de toute conception ou imagination, c’est l’aspect de Majesté. J’ajoutais qu’on peut également lire en mode descendant et dans ce cas toute formulation, adoration, dogmatisation autorisée sera l’image de la divinité dans un de ses attributs, c’est l’aspect de Beauté. Allah ( mais tout nom visant l’Essence une est acceptable) est la synthèse de la beauté et de la majesté, cette perfection de l’Essence divine est également présente dans le judaisme (la balance parfaite entre la rigueur et la miséricorde, pareillement au fond également dans le christianisme ou Marie représente la miséricorde, tandis que le Christ est tantôt représenté en majesté, tantôt sous un aspect de la clémence, mais son retour se fera sous l’aspect de Roi de Justice. Le Coran n’est pas qu"une norme juridique, c’est une vision juste, mais partielle, il contient aussi une modalité opérative intérieure qui est mise en oeuvre dans les voies spirituelles qui sont toujours vivantes.
Dire que l’islam en est resté à une conception ancienne et figée, celle de Moise et d’Abraham, caduque « dont le christianisme s’est dépouillé », « conception figée et ritualiste », c’est justement le point de vue qui s’est imposé après la défaite des judeo-chrétiens, mais ce n’est que le point de vue chrétien, pas celui des juifs, ni celui des hindouistes qui sont aussi très ritualistes.
Les pharisiens ont été caricaturés par les chrétiens, en réalité ils étaient pas systématiquement des hypocrites, mais un groupe proche du peuple, accordant autant d’attention à la loi orale qu’à la loi écrite, très souple et pragmatique dans l’interprétation de la loi. Leur culte, décentralisée et en opposition avec les grandes familles du Temple ont permis par la suite la survie du judaisme dans les synagogues.
L’islam se veut une voie du milieu, ni complètement ritualiste comme le judaïsme, ni complètement intériorisante comme le christianisme, mais ce ne sont que des tendances générales, dans le christianisme aussi il y a eu une codification sophistiquée des rituels, sans parler des abus de la casuistique dans le domaine de la morale qui valent bien toutes les arguties juridiques islamiques ou juives, et dans le judaisme, il y a un aspect intérieur, proche de l’islam pour certaines méthodes interprétatives.
Si l’islam considère le Christ comme un « rassoul », un prophète légiférant, c’est parce qu’il a aboli certaines prescriptions légales et en a allégé d’autres, il n’abolit pas la Loi (le mot « accompli » a été souvent compris par les chrétiens comme un abandon de la loi). La loi demeure, et le christianisme lui-même a du pallier ce qui ne se trouvait pas dans ses textes en codifiant avec le droit canon pour sa discipline interne et en intervenant auprès du politique pour l’ordre extérieur, les évêques ont été longtemps des hommes de pouvoir, possesseurs de terres, le pape avait son état.