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easy

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59 ans
Eurasien
Déçu

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  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 21 janvier 2012 16:43

    L’auteur aborde la question du Tibet selon des angles nettement pragmatiques et ne se fonde pas sur l’Histoire ancienne. 
    Mais très vite arrivent des commentaires qui tirent sur tous les élastiques possibles. Car la religion et l’Histoire ancienne, c’est très élastique et tout au bout, ça ne tient plus que sur de la fumée de laquelle on déduirait à sa guise non seulement le feu mais la chose incendiée et même la cause.

    Ne considérer, comme l’auteur, que les aspects pragmatiques et tels qu’ils sont imposés aujourd’hui par la Chine, pour la satisfaction de certains et la fureur d’autres, serait déjà laborieux mais au moins parlerait-on de choses tangibles. 
    En parler en ajoutant le fatras historique et religieux c’est à mon sens complètement vain face à la réalité actuelle fort pragmatique.

    Sinon un détail cher Robert. Dans le cas du Tibet, s’il y a eu, avant la mainmise de la Chine, une dictature, elle n’était pas exactement religieuse mais « de religieux »

    Une « dictature religieuse » serait au fond une impossibilité technique. Car une religion n’a pas de corps et ne peut jamais contraindre ou s’imposer. Il faut des personnes religieuses ou invoquant en tous cas la religion, pour réaliser une dictature.

    Idem bien entendu avec « Dictature communiste » « Dictature fasciste » « Dictature libérale » etc
    Dans la gamme des dictatures qu’on cite ici et là, la seule qui est juste d’un point de vue sémantique c’est « Dictature du prolétariat » Là au moins c’est clair car le prolétariat c’est vraiment des personnes bien physiques.

    Autre détail
    Je n’y connais pas grand chose en matière de tortures ou sévices mais la section du tendon du genou que vous rapportez m’étonne. Sans dire que c’est une impossibilité, ça me semble compliqué. Je connais un tendon important et facile à sectionner mais il se situe plus bas.


    Toujours en restant dans cette optique pragmatique que vous avez proposée, j’estime que si les Indochinois avaient été traités par les Français comme les Tibétains sont actuellement traités par les Chinois, Ho Chi Minh n’aurait pas coagulé autant de révoltés

    Quand les Indochinois ont été envahis par les Français, ils ont dû renoncer à beaucoup de choses de leur culture et ont même dû se convertir à une écriture à base de lettres latines (de toutes manières, ils avaient adopté l’éxcriture chinoise depuis des lustres)

    Tout en constituant une perte incontestable, le fait de se voir imposer la culture ou la vision d’un puissant vainqueur ne signifie pas se retrouver dans le vide. Ca signifie surtout qu’on subit ou profite d’un brassage des cartes jusque là en place. Et les cartes des Français, si ce n’était leur croyance en leur supériorité sur les autres peuples, n’étaient pas pourries, loin de là. 

    Les Français n’auraient pas traité les Viets comme des esclaves, ils les auraient convaincus et seuls les anciens profiteurs auraient protesté.

    Même si les Chinois écrasaient complètement la culture Tibétaine antérieure, même s’ils en interdisaient la langue, les costumes, les chants et la nourriture mais sans jamais traiter les Tibétains des êtres inférieurs, ils les convaincront bien plus qu’ils ne les vaincront.

    Il se trouve qu’à part la dynastie Ming (de sang Han) intermédiaire, la Chine a été gouvernée par des étrangers depuis 1200 et jamais ces vainqueurs extérieurs n’ont eu l’idée de traiter les Hans en esclaves. 
    Ils seraient plutôt allés à s’adapter eux-mêmes aux manières des Hans qui avaient de quoi séduire. Au point que malgré leur plaisir de détrôner les Manchous en 1912, ils en sont actuellement à pleurer le saccage du Palais d’été et bientôt à féliciter la Manchoue Cixi pour s’être empressée d’en reconstruire un autre. Elle ne le faisait pas pour elle, mais pour restituer à la Chine ses réalisations merveilleuses


    En France, nous avons eu plusieurs fois des Grands Intervenants étrangers mais pas au point qu’il puisse être considéré que nous avons été gouvernés par des dynasties d’étrangers. Du coup, nous n’avons pas l’habitude de nous considérer métissés. 
    Alors que les Anglais intègrent, comme les Chinois, leur mixité historique. 
    Et dans quelques siècles, s’ils sont toujours traités en égaux, les Tibétains intégreront aussi leur mixité historique. Surtout si entre temps, l’un d’entre eux sera devenu chef de l’ensemble.

    Alors que les Anglais se considéraient profondément métissés d’Angles, de Saxes et de Normands, leur stratégie dans leurs colonies a essentiellement consisté à diviser les colonisés pour mieux les dominer. Il suffit de voir la carte de l’Inde lors du Raja britannique pour s’en persuader. 
    Dans cette stratégie, les Anglais avaient clairement entrepris de faire du Tibet un état tampon entre Russie + Chine d’une part et leurs Indes d’autre part. Et actuellement, les Américains jouent aussi de division en pourrissant les tentatives de regroupement qu’entreprend la Chine. Mais considérons que cette entreprise américaine est en train de se terminer. Le monde entier est en train de finir son deuil d’un Tibet indépendant. Ceux qui moulinent encore de protestations font du petit vent pour rien. 

    Ainsi la seule chose à « surveiller » depuis l’étranger c’est l’état du traitement que font les Chinois des Tibétains et cela sous un angle très pragmatique. Sont-ils bien dans un égalitarisme avec la gueusaille tibétaine ou sont-ils dans le mépris ?
    Il me semble qu’ils sont dans l’égalitarisme (avec la gueusaille seulement. Car avec les moines qui persistent à un retour à leur âge d’or, ils sont probablement très autoritaires)



    A part ça, je serais allé au Tibet il y a un siècle, je n’aurais pas eu besoin de lire cent livres exposant « la vérité sur les moines tibétains » pour comprendre à la seule vue du Potala dominant la haute vallée, qu’il servait de château à une caste très dominatrice de la gueusaille.

    L’architecture, l’urbanisme révèle tout des mentalités et des rapports de force. Tout nid d’aigle parle de lui-même. Toute architecture élevée et d’accès réservé traduit une prétention à dominer, à frapper les esprits. Il était donc bien logique que le Potala fascine les esprits habitués à raisonner en termes de domination.
    Et des dzongs et des monastères tout aussi impressionnants, il y en avait des dizaines dans l’Himalaya.

    A notre époque et plus que jamais depuis un certain 11 septembre, plus aucun bâtiment élevé n’impressionne des militaires et la Chine ne voit donc aucun inconvénient à en reconstruire qui auraient été détruits au Tibet tant ça verse dans la seule conservation de patrimoine architectural (idem pour la Grande Muraille) mais avant l’aviation, ces citadelles étaient très constitutives d’une force centrale (avec rois et barons) donc d’une féodalité n’ayant rien à envier à celles des autres civilisations à solides bâtiments.

    Il est même tout à fait possible de considérer, toujours parce que de telles places fortes ne valent plus rien de nos jours sur le plan militaire, que la Chine a tout intérêt à préserver toutes les preuves de cette féodalité dont elle ne veut plus. D’où la pluie de films qui nous viennent de Chine et qui traitent de son époque féodale où seule l’adresse à l’épée l’emporte.

    (En France, les films historiques portent surtout sur une époque plus récente et traitent essentiellement des débats d’idées. Même sur fond de Révolution, de colonialisme ou de guerre mondiale)



  • easy easy 21 janvier 2012 11:20

    «  »« Le niveau d’endettement actuel de la Grèce se situe entre 150 et 168% du PIB. SI vous baissez ne serait ce que de 50% le niveau d’endettement, vous êtes de toute manière à plus de 100% du PIB. D’accord ? »«  »"
    Ici, vous commettez la confusion courante entre pourcentage et point



    La suite du § ne comporte plus le même genre de confusion mais tombe dans un travers de raisonnement lui aussi commun

    Fondamentalement, un système économique ne peut servir ou payer des intérêts qu’avec ce qu’il dégage comme bénéfice ou marge nette (Et par exemple une croissance de chiffre d’affaire n’est pas forcément accompagnée d’une croissance de la marge ou du bénéfice)

    S’il y a une logique à ce qu’un prêteur exprime le loyer qu’il demande en pourcentage de la somme qu’il offre, s’il est également logique que l’emprunteur cherche sur le marché le prêteur qui lui demandera le plus petit taux, l’endetté doit constamment ou immédiatement convertir ce pourcentage en valeur absolue. Ce n’est pas un pourcentage qu’il aura à rembourser mais un montant absolu.

    Et pour payer ce montant absolu, un emprunteur doit, s’il ne veut pas pratiquer le Ponzi, réaliser chaque année une marge nette, un excédent, un bénéfice supérieur ou au moins égal
    Un ménage, une entreprise, un état ne doit accepter une charge de 10€ de remboursement annuel que s’il est certain de disposer, à son échéance, de 10€ superflus par rapport à ses dépenses incompressibles.
     


    Ce qu’on a échoué à rembourser en montant une année, même si le créancier nous en fait exceptionnellement cadeau, on ne peut réussir à le rembourser l’année suivante que si l’on réalise cet excédent

    Concernant un état, s’il a des recettes fiscales, où est son excédent ?
    Contrairement à un foyer et à une entreprise commerciale, sauf de temps en temps et par surprise, un état n’a jamais d’excédent budgétaire (l’état saoudien n’a pas d’excédent budgétaire et il est même fortement endetté) 


    Si un état se retrouve une année avec un excédent de recettes fiscales par rapport avec ce qu’il avait prévu comme dépenses, il le garde en réserve mais si ça se produit trop souvent, il doit baisser les impôts pour ne plus faire d’excédent

    Quand un état a tous les ans une charge de dette à rembourser, son budget, les impôts qu’il collecte, couvrent donc une part de dépenses de fonctionnement-investissement et une part de remboursement

    Si cette charge de dette augmente de 10€ il faut que l’état encaisse 10€ d’impôts de plus pour parvenir à la payer. Et s’il ne peut encaisser ces 10€ de plus, même en dépit d’une augmentation des taux d’impositions, il doit rogner ses dépenses étatiques de 10€. Et plus il rogne sur les indispensables, plus il conduit à ce qu’on appelle la rigueur par euphémisation mais qui devrait s’appeler faillite.



    En dépit de la corrélation entre croissance de PIB et croissance de l’impôt, 10€ de croissance ne produisent pas forcément 10€ d’impôts de plus et 10% de croissance ne produisent pas forcément 10% d’impôts de plus

    Bien qu’il soit assez probable qu’une croissance de PIB permette de mieux rembourser une dette du budget national, vous avez tort de croire qu’il faut ou suffit d’une croissance du PIB de 4% pour payer l’annuité d’une dette valant schématiquement le poids du budget frappé du taux d’intérêt de 4% et divisé ou amorti par le nombre d’année prévues pour ce prêt






  • easy easy 20 janvier 2012 21:11

    Concernant les oeuvres cinématographiques, c’est tout l’inverse sur bien des angles.

    Là c’est au contraire le public avec 5€ qui va financer l’oeuvre, jamais un milliardaire (à des gouffres cinématographiques près, du genre de ceux que faisait Howard Hughes)

    Alors que le succès d’une oeuvre plastique se détermine uniquement par l’acceptation d’un gestionnaire d’espace classique à la recevoir sur un trône et que ce contrat suffit au plasticien pour vivre (parfois très luxueusement), le succès d’un film se détermine par le nombre de tickets vendus aux Bidochons et s’il veut survivre, c’est cet objectif là qu’il doit viser.
    Du coup, les palmes que les professionnels accordent à un film, si elles consacrent très certainement son insolence ou sa pertinence, si elles lui confèrent une aura artistique certaine, ne suffisent pas à la réussite.
    Au bilan du cinéma on a donc, aux extrêmes des cas, des films reconnus artistiques qui ont été boudés du public (Là son réalisateur ne peut que se consoler de palmes) et des films méprisés par les juges professionnels qui ont rencontré un énorme succès auprès du public (Leur réalisateur se retrouvant alors méprisé par les artisticiens et bourré de thunes)



  • easy easy 20 janvier 2012 20:54

    Malgré mes explications, vous ne comprenez toujours pas.

    Concernant les grandes ferrailles de Bernard Vernet, je propose de parler de Richard Serra, plus connu et plus précurseur du genre après Calder.

    Serra avait donc ressenti, en frôlant des navires en cale sèche, une émotion forte et inédite comme nous la ressentirions tous. La muraille de la coque nous apparaît immense, gauche, indéfinissable, très lourde, instable et susceptible de nous écraser au moindre caprice. On se sent très humble et on se demande quels géants ont ainsi plié ces immenses tôles de 5 cm d’épaisseur

    Alors il a travaillé le sujet et n’a fabriqué rien d’autre que des ambiances de ce genre. Des ambiances où le mur de tôle oblique nous impressionne jusqu’à nous fait peur et cauchemarder.

    Mais où les exposer ?
    Dans un chantier naval où il est si facile de les manipuler et les stocker ?
    Bin non, elles seraient vite confondues avec les morceaux de navire et surtout, ces oeuvres ne toucheraient pas les chaudronniers qui vivent cette émotion en permanence depuis des années.
     
    (Tous les ateliers, chantiers et labos -interdits au public- induisent des ambiances extraordinaires, provoquent des émotions extraordinaires, tant dans le domaine de la biologie hyper dangereuse que dans les aciéries et il est bien dommage que seuls les ouvriers les connaissent. Il nous serait très enrichissant d’émotions et de regards de visiter plein de vrais chantiers)

    Et de toutes manière ce n’est pas Bidochon qui peut acheter à Serra ces décors de chantier navals. Il voit donc tout de suite qu’au-delà de son feu plasticien, il lui faut forcément convaincre des gestionnaires d’espaces publics vastes. Et plus il y réfléchit, plus il voit qu’il serait plus choquant, étonnant, renversant, pour le visiteur peu habitué aux chantiers navals que sa rencontre avec les immenses tôles se produise de manière inattendue, absurde, incongrue.

    Du genre en plein milieu du Sahara, mais hélas, il n’y passe pas grand monde.

    Résultat, il convainc assez facilement des gestionnaires ou décideurs d’espaces publics qui sont tout de suite épatés par l’émotion qu’ils ressentent au passage dans ces décors de tôles penchées et menaçantes, traitées de manière brute donnant l’impression que personne n’entretient la chose et que personne ne viendra les sauver en cas d’écrasement. (Idéalement il vaut mieux les visiter seul)

    Alors il obtient des commandes et ses oeuvres fleurissent dans des endroits où l’on ne serait pas attendu à voir de tels monuments de ferraille brute. 

    (A souligner que ces plasticiens de l’extrême poussent des industriels et artisans à des performances qu’ils ignoraient et font alors avancer les techniques. Exactement comme quand il avait fallu fondre d’énormes statues de bronze autrefois)

    Les gens s’y confrontent, trouvent ça fort de café, trouvent que ça vaut le coup mais ceux là qui ont trouvé l’oeuvre utile, n’en n’ont déjà plus besoin (ils ne vont pas passer dedans mille fois) Même les plus conquis estiment, une semaine après, que la place doit être libérée. Ils zappent alors sur le fait que plein d’autres personnes ont encore à découvrir cette émotion. 
    Après quelques semaines, on se retrouve donc avec des gens qui ont été charmés mais qui ont déjà envie d’autre chose et des gens qui n’ont même pas envie d’essayer s’étant contentés d’hystériser au loin. 

    Ce n’est donc pas simple car déménager ces installations, c’est un peu injuste pour ceux qui n’y ont pas goûté et c’est fort coûteux
    C’est tout aussi problématique que bien des oeuvres dites classiques qui ont été très encombrantes tel Le Christ quittant le prétoire ou les Nymphéas

    Finalement, les grands bazars finissent souvent par rester sur place ou s’ils sont déplacés une fois ou deux, finissent dans quelque casse

    Et il serait bien réducteur de ne voir dans ces installations en plein milieu d’une place de promenade qu’une provocation méchante ou arrogante. Non, c’est une provocation mais généreuse.

    Il est très fréquent que des milliardaires installent des oeuvres pareilles dans leur parc, sur leur plage, pour le plaisir de leurs visiteurs privilégiés. Ils gâchent l’horizontalité de leur magnifique plage de sable blanc, en bordure d’une belle eau turquoise, par un très vilain tas de ferraille qui produit ainsi un plus grand choc émotionnel, une contrariété, un choc, un étonnement, une surprise, bref mille sentiments intéressants. Pour ces milliardaires joueurs, cela revient à se promener en public avec un carré Hermès tailladé aux ciseaux. Il ne faut pas tomber dans la réduction jalouse et primaire consistant à crier à l’arrogance méchante ou humiliante pour nous. Non, c’est la manière des millionnaires de dire qu’ils ont leur part de non alignement et d’excentricité ou de loufoquerie. Non les milliardaires ne font pas qu’aligner en bon ordre des chaises longues sur une piscine bien droite et symétrique.
    Et autant préciser que ces grands bazars, une fois installés chez des milliardaires, ne sont quasiment jamais revendus. Ce ne sont pas du tout des placements financiers.
    A leur mort, leur villa devient le plus souvent un musée et le public peut alors pour le prix d’une place de cinéma profiter de ces folles dépenses.



  • easy easy 20 janvier 2012 18:31

    Vous avez abattu un gros travail. Félicitations
    (Dommage que la rédaction ait planté votre oeuvre)

    Pour ma part, bien que je trouve le caviar surfait, trop cher et problématique à la survie des esturgeons, je ne ressens pas le besoin d’en faire un papier pour la simple raison que je fais confiance à mes compatriotes pour penser à peu près la même chose.
    A la rigueur trouverais-je utile de le dire chez Petrossian et à ses clients mais ici, sur AVox, ce ne serait d’aucune nécessité et ne correspondrait plus qu’à une vidange personnelle

    Si j’en restais à la valeur intrinsèque d’une oeuvre, je partagerais très largement vos pensées mais ne verrais d’utilité à les dire qu’en plein milieu de la FIAC ; pas ici où je sais d’avance que le cas Buren est largement plombé



    Et les thèses comme la vôtre pullulent. Alors pourquoi répéter encore et encore.


    Ce que je trouverais nouveau et original, donc valable à exposer, ce serait de faire autre chose d’une analyse d’intrinsèque.
    Je veux bien discuter un peu de la valeur intrinsèque d’un boxeur, mais vu son boulot essentiel, ce qui compte c’est qu’il ait gagné ou perdu son combat

    Je serais donc plus accueillant envers une thèse traitant non de la valeur intrinsèque des colonnes de Buren mais de la bataille qu’il a livrée et comment il l’a gagnée car il l’a clairement gagnée. J’aimerais bien connaître les détails croustillants concernant ses manoeuvres non strictement plastiques pour s’imposer à ses commanditaires.

    Il s’agirait donc d’exhumer des documents hyper secrets. Ce qu’aucun d’entre nous ne peut faire, hélas 

    Et pour faire bonne mesure, cette thèse examinerait selon le même biais les cas de deux anciens du genre Michel Ange ou Turner.


    Car s’il saute aux yeux que le facteur Cheval et Séraphine de Senlis n’ont jamais arpenté les cabinets ministériels ni lancé le moindre cocktail, s’il est notoire que Beethoven était profondément insoumis, ce n’est pas le cas de la plupart des artistes devenus célèbres, surtout si l’on tient compte du maillon très spécial que représente leur galeriste ou mécène, ces personnes qui ont énormément fait en termes de stratégie pour que la mayonnaise prenne. On y examinera également les stratégies des musées et des acheteurs célèbres ou locomotives.




    Les paquebots de croisière actuels ont une esthétique qui pourrait largement être discutée. Mais ça représente une telle richesse et un aspect si amalthéen que les villages côtiers sont fiers de recevoir leur visite rapprochée. Du coup l’un et l’autre se soutiennent et se valorisent mutuellement. Bravo d’un côté, bravas de l’autre et la mayonnaise prend sur lit d’abondance

    Le villlage de Rovaniemi est devenu le village officiel du Père Noël grâce à Eleonore Roosevelt en 58
    L’ours en peluche est relié à Théodore Roosevelt, l’oncle d’Eleonore
    Le sac Lady Dior doit sa gloire à Bernadette Chirac et Lady Diana
    Giverny doit sa gloire à Monet et ne le lâchera jamais
    Lanzarote s’était offerte à Cesar Manrique
    Paris se doit à Eiffel
    Hitler et Goebbels ; David et Napoléon ; Jules II et Michel Ange ; sont liés
    Etc
    Et encore l’Histoire n’aura-t-elle retenu de ces cas que les personnages principaux alors que d’autres personnes auront fait partie des rouages telle Gala entre Dali et Florence Gould

    Il y a donc des alliances qui se sont constituées en bonne intelligence pour faire la mayonnaise et son haut prix.





    Pour réussir un bataille, il faut bien entendu qu’une oeuvre possède quelque qualité intrinsèque dont celle de posséder un aspect singulier et un potentiel coagulateur. Si la coagulation prend sur un objet singulier alors cet objet, son style, devient phare et devient référence


    (Notons que si de nos jours il nous semble que c’est le Palais Royal qui profite aux fades colonnes de Buren, ce palais, construit à seule fin de rendement locatif, avait été controversé, avait ruiné son propriétaire et avait frôlé la démolition).

    A remarquer alors qu’une exposition de Klein au CGPompidou tomberait de nos jours à plat et qu’elle ferait bien plus d’effet dans le Palais de Versailles où elle ressortirait plus iconoclaste, insolente et renversante.
    Un homard de 5 m ferait bien plus parler de lui s’il est suspendu dans la grotte de Lourdes ou s’il était posé sur le Concordia agonisant que s’il était exposé dans un Guggenheim
    Ca montre que le public doit constater qu’il y a eu un combat idéologique, une confrontation de valeurs et que l’oeuvre présentée l’ayant emporté, cela prouve qu’elle est plus forte.

    La partie est gagnée par l’artiste et son galeriste lorsqu’ils sont parvenus à exposer l’oeuvre dans un endroit qui vantait jusque là une autre valeur solidement installée. On doit donc considérer que tout s’est joué en coulisses entre eux et le gestionnaire de cet endroit qui va servir au vainqueur, de faire-valoir renversé.

    S’il nourrit quelque ambition de ne pas paraître poussiéreux et s’il ouvre alors ses portes à une oeuvre insolente, c’est in fine le gestionnaire ou conservateur d’un cadre célèbre et devenu classique qui fait tout le succès et donc la valeur d’une oeuvre (même si le grand public ne suit pas la proposition car ce n’est de toutes manières pas Bidochon qui achètera le winer)

    Sont d’arrière-garde ou trop tardives, les discussions qui cherchent à remetre en question la valeur d’une oeuvre artistique en examinant ses qualité intrinsèques alors qu’elle a déjà gagné la partie en trônant sur la place où régnait jusque là une valeur établie
     
    Il est complètement vain et puéril de discuter de la valeur des oeuvres de Christo alors qu’elles ont déjà emballé et dominé à la vue aussi bien le Pont Neuf que le Bundestag

    Thierry Erhmann a parfaitement compris ce point essentiel et a donc barbouillé son ancien relais de toutes les nouvelles valeurs qu’il voulait promouvoir.

    Mutatis mutandis et à son échelle, le tag urbain joue de ce principe. Imposer sa présence insolente quelque part, n’importe où, assez longtemps pour que ce soit constaté par du monde, c’est avoir gagné la partie. Planter son drapeau sur une Lune ayant toujours résisté à toute conquête, idem.



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