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59 ans
Eurasien
Déçu

Tableau de bord

  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 11 janvier 2012 15:25

    Vous prouvez, avec d’autres, que la défiance a gagné les esprits.

    Alors qu’en cet hiver qui commence fort doucement, il aurait été l’occasion de parler des cas où l’hiver est rude, de parler de celui de 1954, de rappeler qu’il avait été possible de mobiliser beaucoup de gens (Beaucoup c’est seulement beaucoup, ça ne veut pas forcément dire 90% de la population), de rappeler le chemin de l’Abbé Pierre et de citer surtout le cas très peu connu d’Hélène Larmier, la propriétaire du luxueux hôtel Rochester qui l’avait mis à la disposition d’Emmaüs.
    Quand on tape « Hélène Larmier » sur Google, il sort 5 occurrences la concernant. Quand on tape Loana, il en sort 3 millions d’occurrences.



    L’idéal serait bien entendu que chacun ait sa maison. Mais comme ce n’est pas le cas et en attendant que ça le soit, les coups de main, les actions ponctuelles en dépannage, sont cruciales. 
    De toutes manières, en rapport à toutes les sortes de cataclysmes qui peuvent à tout instant survenir, jamais on ne pourra se passer du principe du coup de main ponctuel.
    Au delà de la question de la véritable construction de logements, nous devrions toujours cultiver le principe du coup de main ponctuel.

    Il m’apparaît qu’avant 1950, la masse des gens ne s’exprimait qu’en cercles restreints et quelque peu spécialisés. Bidochon ne n’exprimait que devant ses collègues ouvriers, ses camarades de bistro, sa famille, c’était à peu près tout. Les Bidochons considéraient donc assez clairement qu’il revenait aux patrons et politiques de penser les grandes organisations et qu’eux, les basiques, avaient à se consacrer à la sphère du coup de main, de la solidarité de proximité. A l’échelle de la paroisse, de la mine, du syndicat.
    La démarcation des rôles et responsabilités était telle que les masses pouvaient facilement interpeler les Grands sur leurs manquements étatiques (d’où les grèves, les manifestations et le turn over des gouvernements) et les Grands pouvaient aussi facilement interpeler les gueux sur leurs manquements à la solidarité de proximité (A commencer par l’endroit des tranchées)


    Puis tout s’est de plus en plus médiatisé et internationalisé à la fois.
    La confusion des rôles est apparue, l’épisode de l’hiver 54 marquant ce virage.

    Les Grands sont allés à se soucier de plus en plus de leur solidarité de caste de Grands, se sont sentis de moins en moins responsables des problèmes étatiques pendant que les gueux se sont sentis de moins en moins responsables des problèmes de proximité et se mêlant de plus de plus de grande politique.

    Aec Internet, nous voilà rendus en un contexte où tous les Bidochons d’expriment face à 60 millions de Français et où les Grands en sont à traiter les gueux un à un, de pauvre con ici, de fouilleur de poche là.

    Désormais, dès qu’un Bidochon voit une personne tomber d’un escalier, son réflexe est moins d’aller lui porter secours qu’à ouvrir un topic sur la Toile pour reprocher à l’Etat ses manquements.
    On va désormais bien moins à protéger directement une personne matraquée par la Police qu’à en filmer la scène pour la répandre sur le Net.
    Tenir son rôle de citoyen revient devient désormais à buzzer de quelque misère.



    Sans prétendre que plus personne n’opère seul, avec ses deux bras, face à la chute d’un voisin de palier, il ressort, du fait de l’importance de la médiatisation qu’avait découverte l’Abbé, que chacun a l’impression que son devoir ou rôle consiste surtout à tirer sur la sonnette d’alarme.
    A se demander alors si ce geste suffit et qui, au bout de la ligne sera vraiment en mesure de réagir efficacement.



    Dans le coup de l’hiver 54, il s’était donc produit deux faits d’importance, en termes de réaction d’urgence. Le premier c’est qu’un gueux s’était emparé du micro pour y tirer une sonnette d’alarme, cette action ayant été hyper admirée et suivie de millions d’autres selon la même mécanique. Le second était ce qu’avait fait Hélène Larmier qui avait consenti à bousiller sa fortune et la réputation de son hôtel pour le consacrer à un coup de main d’urgence, cette action n’ayant intéressé personne, personne ne s’en souvenant.

    Au bilan, ce n’est pas l’entreprise ultra personnelle d’une Hélène Larmier qui a été valorisée mais celle d’un tireur d’alarme.


    Je ne propose pas de considérer que de ces deux personnages, l’un était inutile et l’autre utile. Posons qu’ils aient constitué, par leur collaboration, la paire utile. 

    Et aujourd’hui, on en est où ?
    Des tireurs d’alarme, j’en vois passer 40 par jour rien que sur ce site qui tous interpellent l’Etat. Mais où sont les Hélène Larmier ?
    Des Brigitte offrant leur demeure à des animaux, j’en aurais plutôt vu de plus en plus depuis 60 ans. Mais des Hélène Larmier offrant abri à des êtres humains, je n’en ai plus vu aucune. 


    Ainsi, on peut trouver assez facilement des disciples de l’Abbé (Lui ayant consacré toute sa vie à la charité, les autres s’y consacrant ponctuellement), on peut trouver des Coluche ou des Cantona prenant bâton de pélerin pour alerter mais on ne trouve plus personne pour offrir ses propres murs en dépannage.

    (Les lois protégeant les locataires ainsi que celles interdisant d’héberger des sans-papiers, toutes pondues depuis 54, rendant l’offre d’hébergement provisoire très périlleuse)



    Si demain survenait un cataclysme, nous irions immédiatement et uniquement vers quelque clavier encore en état de fonctionner.



  • easy easy 10 janvier 2012 20:05



    «  » Attention à ne pas me caricaturer «  »


    Vous voilà instruit de l’effet boomerang.




    Shylock se sentait très sûr de lui, de son éthique, de sa probiité. Il était extraordinairment sûr de son éthique puisque, j’ai zappé ce détail, quand Bassiano, qui avait entretemps récupéré la dot de Portia, a déposé trois fois la somme en jeu aux pieds de Shylock en lui demandant de renoncer à la chair d’Antonio contre cette montagne d’or livrée avec un seul jour de retard, Sylock refuse.
    Son éthique très forte tient en ceci « Vous, les Chrétiens, vous m’avez craché dessus pendant des décennies en posant que seul le fric m’intéressait. Or, j’ai ma fierté et j’ai trouvé, avec la demande de prêt d’Antonio, le moyen de vous prouver à tous que je suis capable de renoncer à l’or pour lui préférer le respect absolu d’un contrat. Ce n’est pas l’argent qui pendouille au bout de ce respect qui m’intéresse, c’est de voir si vous, les railleurs, vous êtes capables de respecter un engagement. C’est le respect qui est en jeu, pas l’or »

    Oui, devant la Cour ; devant le doge, Bassiano avait déposé un immense trésor que Shylock avait repoussé, obsédé qu’il était par son combat pour l’honneur.

    Mais, ainsi protégé de toute corruption par son éthique et son objectif non matériel, on pourrait dire ainsi hyper protégé, il s’est senti tellement pur qu’il en est devenu ivre et il s’est donc retrouvé coincé par son rigorisme. Si les Juges l’avaient soumis au même rigorisme, il serait mort sous la torture.


    (Un taliban c’est aussi quelqu’un de désintéressé et de très incorruptible. Idem avec les Harédims)



    Vous avez titré votre papier avec « Il est nécessaire de briser ses disquettes mentales »
    Vous avez exposé une vidéo caricaturant le valet
    Vous prenez comme avatar l’incorruptible

    Mais vous voilà déjà à demander qu’on ne vous caricature pas.
    Vous vous voyez donc bien en Robespierre des grandes oeuvres mais vous zappez sur sa fin des plus pitoyables. Vous voulez bien juger les autres sévèrement en les caricaturant mais vous considérez ne pas avoir à subir la même épreuve.
    Vous me faites penser au juge Burgaud et au frère Lorenzo de l’Inquisition dans « Les fantômes de Goya »

    A 20 ans on n’a rien fait on n’a donc rien fait de répréhensible à part quelques tripotages de la frangine. On ne s’est même pas compromis en creusant un trou pour aider un ami à enterrer un cadavre. On n’a ni avorté, ni conduit son chien à sa dernière piqûre. On ne s’est pas encore prostitué, on n’a pas encore vendu ses dents pour payer une pension à quelque bâtard et on n’a même pas injecté un vaccin bourré d’hydroxyde d’aluminium à ses enfants. On est un ange et on se croit incorruptible ; C’est donc chez les jeunes qu’on recrute les meilleurs bourreaux.
    (Les Khmers rouges ont très facilement poussé les enfants de 10 ans à torturer leurs propres parents).



    On examinerait tous gens de 40 ans selon la grille de leurs prétentions quand ils avaient 20 ans, je te garantis qu’ils seraient tous à pleurer leur mère.



    Selon la Bible, Jésus aurait dit « Que celui qui n’a jamais péché lui lance la première pierre »
    Jusque là, tout le monde trouve ça pertinent et ça semble être le summum de ce qu’on peut dire devant un début de lapidation

    Or il y avait mieux à dire.
    Par exemple

    « Que celui qui finira sa vie sans avoir péché lui lance la première pierre ».



    En effet, si à 10 ans, à 15 ans, à 20 ans je suis vraiment pur et comment ne le serais-ja pas, je peux, selon Jésus, lapider à tour de bras n’importe qui. Que ma cible soit pure ou pas ne compte pas. Il suffit que je sois pur pour lapider qui je veux sans jugement puisque Jésus ne dit pas qu’il faut perdre son temps à juger.

    Et une fois que j’aurais ainsi exterminé de bon droit 7 milliards d’impurs, devenant ici et là impur à mon tour, comment vais-je trouver juste d’avoir lapidé des impurs de 60 ans ? 
    Etant devenu, par mon zèle robespierrien, le dernier des être humains, qui m’infligera le châtiment dû aux impurs ? 

    Ainsi, ce qui doit retenir notre bras ce n’est pas notre pureté passée et prouvée mais la perspective que dans le futur, nous pourrions bien chuter à notre tour. Ne pas envisager cette éventualité c’est être idiot. Juger les fautifs en croyant qu’on ne fautera pas, qu’on ne sera jamais lâche, c’est être aveuglé de prétention.



  • easy easy 10 janvier 2012 18:09



    «  »«  Tout crime doit être puni, même s’il est perpétré par des puissants »«  »

    Mais comme beaucoup, vous haranguez déguisé en humaniste
     
    Ce faux humanisme là me glace le dos, surtout quand il se confirme avec la prétention d’incorruptibilité.



    La maitère humaine est par essence corruptible car la probité n’est pas naturelle. La probité résulte d’une nécessité sociale. Il revient à chacun, parce que nous sommes tous amoureux de du grouillant humain (sinon nous vivrions seuls dans des déserts) , de mettre un frein à son humanité assez explosive, pour sélectionner de lui ce qui serait le plus compatible avec les nécerssités sociales.
    Il s’agit là d’un arrangenement au mieux possible du naturel capricieux de l’homme avec le social. Cet arrangement, cette police intérieure, ce nomos, fait ce qu’il peut. Et il a très souvent du mal à s’y retrouver car le corps social est loin d’avoir des besoins unidirectionnels. Le corps social peut dire lundi qu’il faut être pacifiste et dire jeudi que ceux qui refusent de tuer les Boches seront fusillés.

    Etre véritablement humaniste (ce n’est pas naturel, ça se travaille et on ne peut pas l’être à 20 ans) c’est être disposé à analyser mille tenants et aboutissants avant de juger quelqu’un. A ne surtout pas se précipiter pour le condamner. 

    Or votre phrase que j’ai reportée ici démontre que vous êtes bien plus pressés de condamner que de vous fatiguer à procéder à une analyse complète avant.

    Non, un crime ne doit pas être puni. Il doit essentiellement être jugé. C’est en jugeant proprement, contradictoirement et longuement chacun de nos crimes que nous apprécierons ce que nous sommes.





    Il est regrettable que les juges soient corrompus mais ce c’est là qu’humanité réveillée à l’occasion de quelque tentation ponctuelle.
    Au lieu de regretter ça, il vaut mieux se demander pourquoi nous continuons à confier des pouvoir exorbitants à un seul homme ou à quelque Personne jugeant en secret, telle l’Inquisition.
    Le pire n’est pas la corruption des juges. C’est l’incorruptibilité des bourreaux, de ceux qui exécutent concrêtement les condamnations. Heureusement que quelques bourreaux ont été corrompus par une parcelle d’humanité et ont parfois consenti à tricher en étranglant très vite le condamné pour ne plus avoir à supplicier qu’un cadavre

    Quelle chance que de prendre une balle dans la tête en tout préambule !


    Duch, le bourreau Khmer rouge, était hélas réellement incorruptible. 

    Il n’avait pas agi seul. Il s’était retrouvé chef de ce lycée et il lui avait été confié la mission d’en faire un enfer purificateur selon une idéologie très similaire à celle de Robespierre où c’est finalement une police strictement obéissante et incorruptible qui réalise les tortures et massacres





    L’empire Perse avait commencé, pour ce qu’on en sait grâce à Hérodote, vers 650 avant JC, avec Cirus (1er du coup). Le roi suivant a été Cambyse 1er. Avec Mandane, Cambyse a un fils (le futur Cyrus II) mais Astyage, le roi des Mèdes voisins, croit que cet enfant prendra son trône et il ordonne à Harpage, un de ses proches, de tuer le bébé. Harpage capture cet enfant, l’amène au bouvier Mithridates pour qu’il le tue. La femme de ce bouvier vient juste d’avoir un enfant mort-né. Elle propose à son mari d’élever l’enfant condamné à mort et de présenter à Astyage le cadavre de son mort-né.

    Astyage se fait avoir et ne se fait donc plus de souci. Jusqu’au jour où il découvre avoir été berné et il considère immédiatement qu’Harpage s’est laissé corrompre puisqu’il n’avait pas strictement obéi à ses ordres. 
    Le roi Astyage ne dit rien sur le coup mais plus tard, il fait tuer le fils d’Harpage et oblige ce dernier à le manger.


    Le fils de Cambyse grandit donc et devient le roi Cyrus II. Un jour, quelqu’un se plaint à lui que le juge Sisamnes s’est laisser corrompre et a donc rendu un jugement inique.
    Cirus II fait arrêter ce juge et innove un supplice. Il fait éplucher, bande par bande et à vif, la peau de ce juge posé comme corrompu. Le malheureux en meurt évidemment et Cyrus II ordonne que le fils de Sisamnes devienne juge à la place de son père supplicié, son siège étant consituté des bandes de peau de son père. Comme si cele ne suffisait pas, Cirus II croit utile d’ajouter « Prends la place de ton père et n’oublie jamais sur quoi tu es assis »




    Une autre histoire, fictive celle-là ;
    Shaskespeare fait un montage de plusieurs légendes et compose sa pièce Le Marchand de Venise.
    Il pose qu’à Venise, il y avait un riche Juif, Shylock, qui était vomi par les Chrétiens parce qu’il prêtait contre intérêts. Mais un jour, le notable Antonio se retrouve contraint de lui emprunter une fortune pour aider Bassiano, un jeune ami désargenté qui projetait d’aller conter fleurette à Portia, une dame lointaine fortement dotée
    Antonio compte que ses navires de marchandises vont bientôt revenir et qu’il pourra aisément rembourser Shylock. Mais ce dernier n’accepte ce prêt qu’à condition qu’Antonio accepte qu’en cas de défaut à la date fixée, Shylock se rembourse en prélevant sur lui une livre de chair. Sûr de lui Antonio accepte malgré les protestations de son protégé Bassiano
    A la date de remboursement, les navires d’Antonio ne sont toujours pas revenus. Shylock exige que le contrat soit respecté et veut alors prélever une livre de chair sur Antonio. le malheureux proteste tout ce qu’il peut mais le doge de Venise et les notables chrétiens ne voient pas comment casser ce terrible contrat.
    Au moment où Shylock s’apprête à découper son dû, survient la dame Portia déguisée en homme et « il » demande à intervenir comme avocat, ce que personne ne lui refuse ; Cet avocat réexamine les termes du contrat et admet, à la grande satisfaction de Shylock, qu’il n’est pas possible de reculer.
    Mais à l’instant où Shylock va enfoncer son couteau dans Antonio attaché, cet avocat le previent que selon le contrat, il est question d’une livre de chair, exactement une livre, pas un iota de plus ou de moins et qu’il n’a aucunement été prévu que soit versé la moindre goutte de sang. A la moindre erreur, c’est Shylock qui serait condamné pour au moins tentative de meurtre. Shylock découvre qu’il est piégé, il recule et entame un départ. Mais le jeune avocat dit alors qu’en toute rigueur, le contrat DOIT être exécuté car il n’était pas prévu d’autre alternative.

    Shylock se découvre obligé d’accomplir les termes de son contrat en sachant qu’il ne pourra l’exécuter proprement et qu’il en sera donc condamné à mort.
    Il se roule alors par terre en implorant qu’on lui permette de se retirer de cette très mauvaise affaire et ce n’est finalement que grâce à la bonne compréhension de la Cour, à la véritable humanité du doge que chacun peut enfin rentrer chez lui sain et sauf.




  • easy easy 10 janvier 2012 14:35



     «  »«  »« Ainsi la fameuse « Charge de la Brigade légère », la derniere fois dans l’histoire ou la cavalerie, sabres au clair, s’est follement lancée – et a emporté ! – une positon tenue par des types jouant de la mitrailleuse, c’était eux…  »«  »« 

    Je crois que vous confondez la charge de la brigade légère (composée d’Ecossais et d’Anglais) lors de la bataille de Balaklava le 25 octobre 1854 (guerre de Crimée) contre les Russes
    et les diverses brigades légères australiennes ayant combattu en 1917 contre les Turcs-Allemands en Palestine et qui se sont particulièrement illustrées lors de la bataille de Beersheba mais avec des armes à feu.

    Ainsi la charge héroïquement absurde qui a fait l’objet de milliers de commentaires et réflexions était celle de cavaliers Anglais qui s’étaient enfoncés dans le fond d’un U ennemi et qui se sont fait canarder de tous côtés en même temps.


    Cela dit, en dépit des méfaits de certains Australiens en Australie commis selon la culture Occidentale, les Australiens d’aujourd’hui se dirigent de plus en plus vers une attitude isolationniste virant à un discours international en  »Ne nous impliquez plus dans vos conflits et nous deviendrons ainsi plus pacifistes"


    Leur dureté face aux nouveaux immigrants -surtout occidentaux- tient à une sorte de refus de subir encore et toujours la culture occidentale dont ils renie les valeurs conduisant aux guerres


    Je les ai connus les Australiens armés jusqu’aux dents qui opéraient autour de chez moi pendant la guerre du Vietnam.
    Chaque fois qu’arrivaient des troupes fraîches autour des Américains, il courait une rumeur sur leurs caractéristiques ou réputations (Plus avant, en 1945, quand les Anglais étaient arrivés à Saigon en relais des Japonais sur le départ et dans l’attente des Français qui y revenaient, ils étaient accompagnés de Gurkhas trimballant eux aussi une forte transcendance)

    Concernant donc les Australiens, je puis seulement en dire que devant leur défilé, la population répandait une rumeur selon laquelle ils étaient imprégnés de l’esprit de Baden Powell (qui n’a pourtant jamais mis les pieds en Australie).

     A part ça, ils ont certainement été courageux au combat mais n’ont pas été spécialement remarqués




    Quant au fond de votre religion, je vous préfère à croire ainsi en quelque solution respectant la vie qu’en rincé de toute illusion comme vous apparaissez trop souvent.


    A ce titre, je vous fais remarquer qu’en 1859, en pleine bataille aux alentours de Solférino, avait surgi dans la tête d’un homme, en l’espace de quelques heures, un concept totalement inédit dans l’Histoire et qu’il a su, alors que ce concept n’était le fruit d’aucune sorte de religion ou culture, l’imposer en quelques semaines aux belligérants enragés.

    De façon totalement inattendue, alors que pas un seul homme sur Terre n’avait pu le prévoir, pas même Henry Dunant lui-même, il est apparu à tous une paradoxale évidence : Il faut soigner les blessés, de quelque camp qu’ils soient.

    J’insiste sur le côté archi imprévisible de cette révélation. Il est contraire à tous les raisonnements philosophiques et psycho culturels qu’il puisse surgir en quelques jours, un concept paradoxal, sans la moindre racine culturelle, et que cette idée nouvelle puisse s’imposer de façon universelle.

    Plus on prend conscience de ce miracle, plus on se prend à croire qu’il puisse s’en produire d’autres.

    Du reste, il suffirait désormais de creuser dans le sillon de Dunant pour renverser bien des valeurs.
    Par exemple, nous devrions profiter que nous ne sommes pas spécialement en conflit entre’ Occidentaux pour poser l’idée que la Croix Rouge soit, en cas de mobilisation, la première Armée où tout le monde aurait le droit prioritaire de s’inscrire.
    En clair, si une mobilisation est lancée, tous ceux qui s’inscriront dans la Croix Rouge, quelle que soit la date de leur inscription, seront désormais hors d’atteinte des militaires.
    Le pouvoir neutraliste de la croix rouge ou du croissant rouge doit devenir supérieur au pouvoir des militaires.



    Je ne suis pas en train de dire que nous sommes devenus pacifistes, nous le serions devenus, la Croix Rouge serait déjà multi milliardaire de dons et aurait un énorme puissance neutraliste.
    Nous sommes majoritairement attachés au principe de la condamnation, nous sommes majoritairement enclins à sévir, à punir, à faire mal à des gens que nous jugeons mal.
    Mais si Dunant avait attendu que la majorité des gens se mette à soigner les ennemis à terre pour installer sa croix rouge, elle n’existerait toujours pas.

    La minorité neutraliste doit donc, sans plus attendre, greffer toutes sortes de branches sur le tronc de la croix rouge mais en le grandissant, pas en le dissimulant.
    Je veux dire que si les milliers d’ONG sont bel et bien les fruits de la Croix Rouge et s’il étgait nécessaire d’élargir l’assise du principe de bienveillance universelle anti hystérique, elles ont tendance à renier leur filiation, donc la Croix Rouge.

    Il me semble que les ONG auront plus de pouvoir apaisant, pourront intervenir dans toutes les prisons et faire cesser toutes les tortures si elles répétaient qu’elles étaient les filles de la Croix Rouge

    L’incroyable Croix Rouge avait surgi de nos conflits internes. Elle avait mis sous notre nez nos propres folies que les guerres industrielles amplifiaient. Elle avait donc installé le doute sur nous-mêmes. Or les ONG ont eu plutôt tendance à protester contre les méchancetés des Autres, des Lointains. A quelques Greenpeace et WWF ou Armée du Salut près, nous ne nous sentons pas interpelés par les ONG. Nous n’avons pas la forte impression qu’Amnesty International nous concerne.

    Alors que la Croix rouge a su surgir et s’imposer dans le champ des guerres, aucune organisation ne surgit dans le champ de la police. 

    Or la police, dans tous les pays du monde, c’est une autre sorte de guerre mais permanente, civile et interne.

    Le principe de la guerre a été interpelée par Dunant.
    Personne n’a encore interpelé le principe de la police.

    Vous avez dit qu’en cas de mobilisation, vous vous enfermerez en fort Chabrol. Très bien.
    Mais ce sera la police qui vous en délogera et aucune ONG n’existe encore qui vous protègera des tortures que vous subires ensuite.



  • easy easy 9 janvier 2012 22:08

    Il est très intéressant de creuser cette question 

    Il se trouve que de façon quasiment universelle, le premier corps pensant, le plus évident, celui qui saute aux yeux est l’individu à la Vitruve. Quand il y a à couper une tête, c’est le plus souvent celui d’une personne.
    Quoiqu’il existe des visions tendant à couper des millions de tête en même temps, l’ensemble étant alors traité comme un Sujet pensant unique, c’est le plus souvent un individu et un seul qui est crucifié ou envoyé en prison. Il en découle qu’il ressort plus logique de considérer que la principale voire unique personne pensante est l’individu de 70 kilos.

    En réalité, les lynchages le prouvent, il existe plusieurs personnes pensantes de périmètres différents, depuis la personne seule jusqu’à toute l’Humanité entière en passant par le couple, la classe, le collège, l’armée, la commune, la race.
    Et dans chaque enveloppe, il y a des débats d’idées


    L’individu étant alors à associer l’a-tome. C’est l’unité pensante en dessous de laquelle il n’y a plus de pensée.



    Concernant les commons.
    Ces espaces ouverts et accessibles à tous permettaient que s’expriment, sur le plan des terres, plusieurs périmètres de pensée non individualiste. 
    Là où la terre devient la propriété d’une personne de 70 kilos, les autres personnes de 70 kilos ainsi que celles de 700 et de 70 000 kilos ne peuvent s’y coaguler en messes. Aucun groupe de personnes ne pense quoi que ce soit sur les terres privatisées.

    La propriété privée serait même définie comme étant la chose au sujet de laquelle ou sur laquelle personne d’autre que son propriétaire ne peut faire de messe, de projets ou de rêves

    Il n’en ressortait donc que plus salutaire qu’il puisse exister des commons où des Personnes multiples et composites pesant bien plus de 70 kilos puissent y penser donc y vivre.



    Au regard des concepts de patrie, des bâtiments d’église et des mairies, il ressort qu’au quotidien, de façon ordinaire, les terres non privatisées représentaient certainement le plus bel espace d’initiative multipersonnel. 
    Car au fond, concernant la patrie, c’est si vaste, si lointain et abstrait que les Personnes, même de grand périmètre, ne peuvent guère spéculer dessus. Concernant les églises, mairies et lavoirs, les Personnes pouvaient également assez peu y modifier quoi que ce soit. Alors que sur les terres communes, les Personnes de tout périmètre pouvaient y bâtir ou soutenir des fantasmes et projets, des modes de survie.

    Les nomades en particulier, qui avaient très souvent des bêtes, les Gitans, les gens des cirques, les forains, pouvaient individuellement et collectivement spéculer leurs avernir sur ces espaces gérés par une collectivité.
    Il n’y avait pas de vide juridique sur les communs. Ils avaient un statut mais collectif. Ainsi, une communauté de voyageurs communiquait, commerçait, négociait avec une communauté gestionnaire de commons et c’est ce qui créait l’esprit communautaire.

    Oui, ça aurait pu perdurer.

    Les communs n’ont pas disparu en raison de la logique égoïste de chacun mais plutôt en raison d’une nouvelle idéologie productiviste très bien vendue. Cette logique imposant les regroupements de parcelles elle a conduit rapidement à la disparition des miettes de terres libres.


    Les nouveaux culivateurs n’étaient pas une génération soudainement plus égoïste mais bien une génération soudainement productiviste

    Ce n’est pas l’égoïsme qui a fait le productivisme alors cynique, systémique et procédurier, c’est le productivisme qui a rompu les traditions communautaires pour nous plonger dans un comportement aux allures égoïstes. Et une fois le productivisme généralisé par la compétition internationale, l’égoïsme est devenu son compagnon par dépit.

    Depuis 60 ans nouys nous accusons tous mutuellement d’égoïsme alors que nous ressentons tous confiusément que notre égoïsme n’est là que par dépit. Nous sommes des égoïstes honteux de l’être devenus


    Récemment, l’apparition des problèmes de limites écologiques auront mis un bémol au productivisme, donc à l’égoïsme qui l’accompagnait par dépit. Pour contrer les perversions et méfaits de ce productivisme, ses opposants n’évoquent plus l’intérêt du communitarisme présent mais plutôt celui de l’intérêt des générations futures. Concept inédit dans l’Histoire.

    Alors que nous nous accusions tous d’égoïsme, nous voilà à prouver notre altruisme extrême en réagissant des l’intérêt extraordinairement lointain des « générations futures »

    Si sous prétexte de productivité nos différentes Personnes pensantes ont capitulé pendant 50 ans, elles reviennent en force sous un prétexte futuriste.

    L’esprit communautaire a les propriétés du phénix.


    Les polypes, les fourmis, les termites, les abeilles et les éléphants pensent selon différentes enveloppes unitaires, les hommes aussi. Nous serions essentiellement des égoïstes, nous nous disperserions dans les déserts au lieu de nous entasser dans d’immenses cités.


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