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easy

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Eurasien
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  • Premier article le 17/11/2009
  • Modérateur depuis le 16/07/2010
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Derniers commentaires



  • easy easy 1er janvier 2012 15:45

    Je pense que c’est une très bonne idée de chercher à réaliser un travail à visée utile à tous. C’est prométhéen, ce n’est pas forcément utile de manière absolue, c’est aussi hystérisant, c’est alors schizophrénisant, mais c’est en tous cas comme ça que l’Occident a toujours fonctionné et ce n’est pas à railler.

    Je pense aussi que c’est une excellente idée, quand il s’agit d’un film, de s’y prendre comme vous vous y êtes prise avec cet épisode final consistant, une fois teaser fait, à lever une souscription. Beaucoup de grandes oeuvres prométhéennes, elles aussi pas absolument utiles et hystérisantes, ont commencé de cette manière. Cf l’entreprise d’Albert Schweitzer, d’Henry Dunant...

    Je dis que ces oeuvres méritantes, magnifiques et admirables ne sont pas absolument utiles parce que je place l’absolu très, très haut et finalement en dehors des raisonnements humains.
    A un certain niveau de raisonnement, il peut paraître très utile de soigner les blessés des champs de bataille. A un autre niveau, vu ce qui s’est passé depuis la création de la Croix Rouge, il peut être considéré que l’existence de ce secours aura levé les derniers scrupules de ceux qui décident les guerres. D’où nos pensées et attitudes schizophréniques.

    Je me sens incapable de juger de manière absolue ce que fait l’Homme, y compris quand il fonce droit dans un mur écologique ou démographique.


    De manière relative, seulement relative, ce que vous entreprenez est admirable.
    En toute relativité bien comprise, je ferais cependant à votre entreprise la même critique que j’aurais faite à mon idole Dunant. « Bravo cher Henry d’avoir conçu qu’il fallait soigner les blessés. Bravo d’avoir réuni autour d’une même table des belligérants enragés. Bravo d’avoir constitué un corps de sauveteurs. Mais vous n’avez pas remis en cause le concept des guerres et vous lui avez probablement offert de nouvelles lettres de noblesse » 


    Les considération d’un état ne sont jamais les considérations des individus. Un état va à considérer la survie de la nation et il est disposé à se couper un Bras, donc à sacrifier des millions de soldats, pour sauver l’essentiel de son Corps (qui, considéré en sa masse, repousse).

    Face à un risque d’épidémie, à une invasion de sauterelles ou d’envahisseurs, un état raisonne comme toujours de manière massive et les raisonnements valables pour les masses ne sont pas valables pour chacun des individus qui les composent.

    La logique d’un état face à une attaque militaire, consiste à lever des troupes et des soldats vont donc énormément souffrir à titre individuel pour le profit supposé de la masse.

    La logique d’un état face à une attaque de sauterelle pourrait consister à ordonner une destruction par le feu d’une large bande végétale pour constituer une zone où ces insectes crèveront de faim. Une partie des agriculteurs seront alors ruinés par cette décision étatique.

    La logique d’un état face à un risque d’épidémie consiste à vacciner à tour de bras une masse significative, dite critique, de citoyens pour que le microbe ait du mal à se propager.

    Si face à un risque -même faible ou discutable- d’épidémie, un état ne prend aucune disposition de vaccination et que les gens tombent comme des mouches, il va sauter. Tout état averti par quelque détecteur sanitaire qu’il se pointe un risque d’épidémie supérieur à la normale, se retrouve contraint de réagir.


    Vous pouvez donc discuter et rediscuter toute votre vie de ce qu’a fait Bachelot si ça vous chante mais même vos interlocuteurs les plus enthousiastes éluderont le principe de l’état qui est paradoxal.

    Faut-il ou non un état alors qu’il ne raisonne jamais comme un individu ?

    Les démocrates deviennent schizophrènes parce constamment, à mille propos, dès qu’on place leur voiture à la fourrière, ils attaquent le principe de l’état en avançant qu’il n’est pas démocratique.

    Même selon les formules les plus élaborées de la démocratie comme certains en proposent en ce moment de grandes interrogations, avec toutes sortes de mécanismes de turn over, de sélection des élus par le hasard des dés, par des mandatures très courtes etc., il faudra toujours que l’état raisonne autrement que les citoyens.

    On aura beau inventer la démocratie la plus démocratique, il y aura toujours un colonel qui ordonnera à des soldats de subir la mitraille et ceux qui seront hachés trouveront souvent -mais pas toujours- cette décision stupide, inutile, coûteuse, injuste, non démocratique.

    Tant qu’il n’y aura pas au monde de soldats ayant la plus grande liberté de choisir où quand et comment charger la baïonnette au fusil, il y aura des gens qui trouveront que l’état abuse

    Notons que même sur ce sujet de la guerre et des baïonnettes, il a existé beaucoup de généraux, de rois, d’empereurs, ayant trouvé bien ou logique de risquer très personnellement leur peau ainsi que celle de leurs enfants.

    Rudyard Kipling n’avait lui-même jamais eu à affronter la mitraille mais il a fait des pieds et des mains, pour que son fils myope puisse aller combattre en France contre les Boches et John Kilpling en était, a priori, tout à fait d’accord, sans doute encore dans les dernières secondes de sa vie, lors de sa première sortie de tranchée.

    Ainsi, lorsque les individus se retrouvent désignés par l’état pour servir de « part du feu » à sacrifier, ils protestent souvent, ils invoquent souvent les chefs planqués mais leurs critiques sont en grande part injustes et injustifiées.
    A moins de convenir de supprimer l’état.


    Ici, j’ai beaucoup évoqué la guerre alors que votre sujet ne porte que sur une épidémie de grippe mais la mort étant la problématique essentielle de la vie, toute notre problématique sociétale peut et doit s’analyser à l’aune de ce qu’il y a de plus dur et de plus marquant de la vie des Société : les guerres.


    Si vous trouvez le moyen de résoudre proprement la problématique du soldat sacrifié, vous saurez tout résoudre. Si vous trouvez le moyen de faire en sorte que chaque soldat crève utilement à sa Société, même en toute relativité de cette utilité, par exemple nationale, vous aurez résolu le plus ardu des problèmes. En attendant, son irrésolution rend valide tous les sacrifices ou injustices ou faits du prince inutiles.


    Les profits pécuniaires que tirent ici ou là, les uns et les autres de ces injustices ou décisions dites arbitraires, sont des injustices qui découlent directement de cette irrésolution fondamentale.

    Ainsi, quand bien même votre film trouvera 10 millions de spectateurs emballés, ce sera vain d’effets. Chacun vous félicitera en face mais conservera in petto la conviction qu’il faut qu’un état nous gouverne et que cette Bestiole ne doit pas raisonner comme les individus qui l’alimentent.


    Pierre Rhabi est très gentil mais s’il y avait une guerre, sauf à nous proposer une stratégie inédite, il conviendra qu’il faut que l’état prenne des décisions allant à l’encontre des intérêts de chacun pris individuellement. Il trouvera normal, utile, efficace que l’état donne l’ordre à ses enfants de combattre et il n’hurlera pas au scandale si l’un d’eux finit en miettes.

    Les vaccinations obligatoires, à côté de ça, c’est du pipi de chat.

    Je veux bien que chacun de nous, à défaut d’être capable de résoudre le paradoxe du concept d’état, se contente de chercher à résoudre des problèmes d’un niveau de difficulté inférieur.
    C’est logique.
    Mais je verrais mieux qu’en liminaire de chaque discussion sur un sujet mineur, il soit rappelé que le paradoxe de l’état reste insoluble. Et que s’il n’est pas destiné à être résolu, ça veut peut-être dire que les problèmes mineurs que nous nous posons n’ont pas à être résolus et que le prométhéisme est un concept artificiel, inutile, ne résolvant des choses qu’en apparence.




  • easy easy 29 décembre 2011 21:01

    Vos remarques sont tout à fait pertinentes.



  • easy easy 29 décembre 2011 16:08

     

    Vous faites bien de dire que l’énormité biaise le raisonnement et le jugement

    On dit « too big to fail » mais c’est en réalité « too big to be judged »

     

    Alors je ne sais juger la Chine. Comme je ne sais juger le Monde

    Si ce n’était à l’aune des problèmes planétaires du genre démographie + épuisement des ressources, et exception faite des cas de pays vivant des conditions flagrantes de misère à tombereaux de cadavres, j’aurais bien du mal à dire que les pays du Monde sont en bon état de marche pour certains et en mauvais état de marche pour d’autres.

    Idem concernant les familles.

     

     

    Un pays doit-il, pour être considéré en bon état de marche, être uni voire uniformisé ?
    Est-il bon qu’un pays ayant comporté sur son territoire plusieurs ethnies, plusieurs cultures, plusieurs dialectes ou langues, vivant sur des territoires différents ou indéterminés (nomades, transhumances) s’efforce de lisser ces différences pour aller vers un idéal très homogène ?

    Je ne sais pas répondre à ce premier point. A peine puis-je dire qu’il est bon que les Alsaciens remisent en partie leurs singularités et adoptent en partie un fonds de valeurs hexagonales, qu’ils adoptent donc Jeanne d’Arc. Mais je ne saurais préciser les bonnes proportions de ces composantes régionales/nationales. Je suis seulement capable de dire qu’en la situation actuelle -qui peut basculer demain- les Alsaciens nouvelle mouture (car il n’existe plus d’Alsaciens mouture 1850) ont, avec les autres Français, trouvé un modus vivendi, donc des dosages qui rendent la vie ensemble possible. (Qu’on aille par exemple sur un écart d’imposition très important entre l’Allemagne et la France et l’on verra ces mêmes Alsaciens mouture 2000 revendiquer de passer à l’Allemagne)


    On l’a constaté sur une vidéo, bien des Français sont incapables de répondre correctement à la question « De qui Danielle Mitterrand était-elle l’épouse ? »
    Les Français de mouture 2010, qui ont perdu plein de Français mouture 1930 et où la proportion de Français mouture 1990 domine, sont donc en moyenne différents de ceux de 1980.

    Les Tibétains de 2010 sont globalement différents de ceux de 1954 et ils sont probablement moins choqués de voir Pékin régenter le plateau hymalayen d’autant qu’ils bénéficient de privilèges. Ce qui facilite bien entendu l’assimilation-fusion.

    Il en est ainsi de toutes les ethnies qui autrefois peuplaient la Chine et qui, progressivement, bon gré mal gré, fusionnent avec le grumeau central (Chacun tendant à la fusion quand il y trouve avantage et la dénonçant quand il la trouve désavantageuse)

    Si cette fusion se poursuit, les Chinois de 2100 parleront tous anglais et s’en porteront aussi bien que les Français qui parlent tous français depuis 1880, depuis Jules Ferry.

    (Tiens, même les Basques espagnol les plus conservateurs ont fini par capituler et à se ranger au grumeau central)

     

    Une fusion risque la confusion, alors les états qui la veulent et l’idéalisent ont tendance à l’imposer à marche forcée (En Chine il y a toujours eu des empereurs visant un idéal d’unification et ils n’ont à peu près réussi cet objectif qu’à partir de 1200 par le biais d’un Gengis Khan surgi d’ailleurs. En France, on peut considérer que c’est à partir de Jeanne d’Arc seulement que le concept d’hexagone unifié a commencé à apparaître)

    La France de N III et de la troisième puis quatrième république aurait pu laisser les colonisés s’adapter naturellement, mais alors très lentement, à la culture hexagonale. Elle ne l’a pas voulu, elle a exigé que cette fusion soit rapide et a donc imposé la version « Nos ancêtre les Gaulois » à tous ses négres.


    Depuis 1950, la Chine force donc ses ethnies à la fusion et cela autour d’un noyau surgi de nulle part ou de partout à la fois qui manque donc d’esthétique.
    Alors oui les nouvelles productions ne ressemblent à rien sinon à un brouet.
    Mah, je ne suis pas certain que ce soit grave. Sachant que le mieux que nous ayons su faire par ici a le plus souvent consisté à récupérer les colonnes et frontons antiques et que je ne vois pas bien en quoi les esthétiques de la Défense, de Chicago ou d’Evry seraient parfaites. (Notre capitale aurait été entièrement passée au cordeau de Haussmann, elle ferait peur)
     

     

    «  »«  »«  » La Chine a eu la chance de ne pas être christianisée et a donc échappé au virus de l’individualisme. Comme l’a dit quelqu’un, le monde est plein d’idées chrétiennes devenues folles. Le monde entier ? Certes, à l’exception de la Chine... «  »«  »«  »

    Ici, vous avez sauté l’épisode de la révolution Tai Ping ( 30 millions de mort quand même)
    Or Hong Xiuquang avait eu son illumination par des jésuites qui lui ont inculqué le concept de messie de valeurs morales. Sans doute à l’issue d’une fièvre délirante, il s’était mis en tête qu’il représentait le premier messie de Chine et avait prétendu installer de nouvelles valeurs très égalitaristes (hommes et femmes strictement égaux, zéro corruption donc hommes et femmes devant vivre séparément, même mariés)
    Il y aurait eu apparemment beaucoup de Chinois séduits par ce concept. Mais, cassé par les Occidentaux qui tenaient à profiter de l’injection d’opium et d’alcool, et débordé par ses capitaines qui sont revenus à la corruption, Hong Xiuquang a fini par être écrasé.
    Qu’a été la révolution culturelle de Mao survenue peu de temps après sinon un retraitement du concept Tai Ping (la séparation homme-femmes en moins) ?

    C’est donc en tripotant des concepts chrétiens que la Chine en est arrivée à la situation actuelle.
    Par opposition, la Chine serait restée orientée selon l’esprit de Cixi ou Tseu Hi, son esthétique serait très Qing-Ming-Yuan-Jing-Tong-Tang

    Les Français et Anglais avaient saccagé l’ancien Palais d’Eté (la Cité Interdite aura bien failli y passer aussi) et Mao aura poursuivi ce geste de « modernisation » équivalent à celui qu’il y a eu en France après 1789 où tant de choses de l’ancien Régime ont été saccagées.

    Deux autres points qui ne facilitent pas, eux non plus, un jugement manichéen

    Les Anglais avaient envahi et écrasé le Tibet prétendant même à un moment qu’au fond le Tibet leur était inféodé (ce que la population anglaise n’a pas trop apprécié)

    En 1980, le secrétaire général du parti communiste chinois, Hu Yaobang, avait considéré qu’il était bon d’accorder au Tibet une plus grande autonomie ou singularité. Mais dès sa mort, cette tolérance a cessé.
    (Le cas du Tibet est bien entendu emblématique m’enfin toutes les régions de Chines, toutes les ethnies, ont été soumises à une fusion forcée et accélérée)

     



  • easy easy 29 décembre 2011 13:35

    Je partage vos considérations 

    «  »« A en croire René Girard, le Roi est des sa création comme institution, une victime potentielle.
    Il pense même qu’il a du être au départ une victime désignée réelle destinée a nourrir la divinité »«  »

    Il existe indiscutablement une part de ça.
    Par exemple, pour nous en tenir à ce qui s’est passé en France récemment, après la décapitation de Charles 1er d’Angleterre, nos rois ont commencé à ressentir fortement ce côté bouc émissaire ou victime expiatoire. Et après la décapitation de Louis XVI, l’anéantissement de sa famille, plus fortement encore. Louis XVIII avait eu très peur, Charles X aussi et Louis-Philippe aussi.
    Nicolas II de Russie, s’est mis à avoir lui aussi très peur pour sa vie et il est arrivé bien des moments où ces monarques en voie de remise se sont mis à redouter que des Blancs foncent à leur secours car ça rendait les révolutionnaires plus diligents à les exécuter. 
    Ils pensaient alors « Surtout, ne venez pas me sauver, ça va va exciter ou alarmer les rouges et ils vont donc me tuer » 

    Les présidents élus n’ont jamais ressenti aussi fortement le risque d’être lynché. Il y en a eu pas mal qui ont été assassinés mais par des paranos isolés ou par des groupuscules bien planqués, pas par des masses hystérisées. Ils n’ont jamais eu leur famille décimée alors que selon les principes de lignage royalistes, tous les descendants étaient menacés.

    Et c’est précisément parce qu’il nous apparaît désormais fou de tuer tous les descendants d’un chef que si nous retablissons une monarchie, elle ne sera probablement pas fondée sur une hérédité, sur un lignage.



  • easy easy 29 décembre 2011 12:22

    J’ai dit ici qu’il n’y a aucune raison de fermer définitivement l’option monarchie.

    Mais j’ai ajouté que cette option, comme celle des républiques, n’assainissait pas spécialement les comportements.

    Vous voulez des exemples de monarques qui ont d’une part joué d’influence, d’autre part eu des ambitions très personnelles ?

    Faisons plutôt le contraire. Citez-moi des monarques n’ayant ni joué d’influence (au profit de leur nation), ni eu des ambitions plus personnelles (au profit de leur peau, de leur gloire, de leurs descendants, de leur lit, de leur caste, de leur amour, de leur ventre, de leur fortune et de leur au-delà)

    J’ai dit qu’il a existé des monarques désintéressés (de même qu’il y a eu des présidents désintéressés) et j’en ai proposé une liste. Mais ils sont rares.

    Allez-y, proposez donc des noms à ajouter à ma liste (vous pouvez considérer la Planète entière et remonter aussi loin qu’il vous plaira)



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